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La transplantation rénale au cur du trafic d'organe et de la prise en charge des réfugiés
Si on peut se passer d'un rein, sa vente n'en est pas moins illégale en Europe. Cependant, les situations géopolitiques actuelles incitent au contournement des règles bioéthiques en place. Sur les 75 000 greffes annuelles dans le monde, 10 à 15 000 sont issues d'un trafic. Les problématiques de l'accès à la transplantation et du trafic d'organes restent indissociables des mouvements de réfugiés de guerre dont le nombre ne cesse d'accroitre.
En France chaque année, 200 patients sur liste meurent faute de greffe. Les besoins de greffons, les disparités socio-économiques et les impasses du système d'accès à la greffe peuvent inciter le crime organisé, et ce malgré des lois éthiques en place dans de nombreux pays. Un sujet qui a fait l'objet d'une session thématique du comité de transplantation et d'insuffisance rénale chronique de l'AFU, lors du Congrès Français d'Urologie 2017.
Une disparité socio-économique à l'origine des trafics d'organes
Les aspects géopolitiques, notamment les vagues migratoires et les problèmes de trans-nationalités, exercent une pression sur cette problématique éthique, fragile de nature. Les coûts et le profit de la transplantation attirent le crime organisé. Il peut prendre plusieurs formes, des plus violentes avec des prélèvements contre la volonté des personnes, à des formes plus subtiles comme le contournement du libre arbitre ou des détournements de soins d'urgence.
D'après le dernier rapport des Nations Unies, le trafic d'organe représenterait 1% des cas de trafic humains, la 2e source de profits du crime organisé. « Malheureusement, en pratique, il n'y a que peu de preuves explicites de trafic, et donc très peu de poursuites judiciaires qui aboutissent. » a expliqué Olivier Bastien de l'Agence de la biomédecine. « Pour lutter contre ce trafic, il faut maintenir une cohérence internationale. Diminuer les disparités et les inégalités, et favoriser l'accès au développement des programmes de transplantation permettraient de diminuer ce risque de déviance. »
Le suivi exhaustif et fiable des différentes filières du don d'organe, tant en amont dès la constitution du dossier des patients, au tout début de la prise en charge, qu'en aval, reste une des clés pour limiter les trafics. Une vigilance particulière envers les techniques de contournement des filières d'urgence est essentielle.
Un trafic qui profite aux plus riches
L'OMS le souligne, ce sont les pauvres qui vendent aux riches. L'Asie du Sud est devenue le centre du tourisme médical. Chaque année, plus de 2 000 indiens vendent leurs organes aux plus offrants, souvent étrangers et ce mouvement risque d'être amplifié par l'accroissement du nombre de réfugiés qui sont prêts à tout pour survivre.
En Iran, les reins font l'objet d'un commerce. Le gouvernement paie un forfait de 900 à 1200 dollars, complété d'une assurance santé d'1 an et d'un paiement du donneur par le receveur de 2300 à 4500 dollars. Plus de 30 000 greffes ont ainsi été réalisées. Est-ce si absurde sachant qu'un rein sur deux permet une vie normale et que le risque de l'opération est du même ordre que la liposuccion ?
Selon le Pr Delaigue, Professeur d'économie de Lille 1, ce montage n'évite cependant pas le trafic, et certains tentent même d'acheter des reins dans des pays encore plus pauvres à moindres couts. « Donner une somme relativement large d'argent, soulage et déculpabilise la conscience des riches. Mais l'argent est généralement dépensé dans des frivolités, et les conditions de vie des donneurs ne s'améliorent pas pour autant », a complété le Dr Julien Branchereau, urologue. « Ils le regrettent pour la plupart. Après un don de reins, 80% des patients iraniens ont une qualité de vie décrite comme très inconfortable, 75% ont encore des douleurs après 1 an et 76% déconseilleraient l'opération totalement. »
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Malgré cela, les options thérapeutiques sont en pleine évolution. Le Pr Grégoire Robert, Responsable du comité des troubles mictionnels de l'homme, nous aide à faire le point. L'hypertrophie bénigne de la prostate se caractérise par une augmentation de la taille de la prostate qui peut comprimer l'urètre tout en faisant pression sur la vessie. Divers problèmes urinaires peuvent en résulter. Presque tous les hommes sont sujets à l'hypertrophie bénigne de la prostate, en vieillissant. En effet, plus de 50 % des hommes âgés de 60 ans en sont atteints ; un chiffre qui s'élève à 90 % pour les plus de 80 ans. Cependant, tous n'en souffrent pas : environ 1 homme atteint sur 2 en est incommodé. « Si les traitements médicamenteux peuvent améliorer les symptômes dans les phases précoces, dès qu'ils deviennent trop gênants, il faut avoir recours à une prise en charge chirurgicale classique ou parfois à des techniques alternatives. » rappelle le Pr Grégoire Robert. Les techniques chirurgicales évoluent et changent Les techniques chirurgicales ne cessent d'évoluer. La chirurgie ouverte a presque entièrement été remplacée par des techniques endoscopiques par laser, moins invasives. L'utilisation du laser permet de réduire la durée moyenne de séjour des patients à l'hôpital, ainsi que le taux de complications et le risque hémorragique. Grâce à ces évolutions, la morbidité des traitements chirurgicaux a considérablement diminué. Cependant, certains effets secondaires sexuels persistent inévitablement - troubles de l'éjaculation, troubles de l'orgasme et parfois même dysfonction érectile. Des techniques chirurgicales modifiées peuvent alors être proposées pour limiter ces risques. Mais l'indication et les résultats fonctionnels de ces techniques restent à valider. « Une chirurgie partielle peut être utile pour certains patients qui redoutent les conséquences sexuelles d'une intervention plus complète mais uniquement après les avoir correctement informé des incertitudes qui persistent sur ce type de prise en charge en particulier vis-à-vis des résultats fonctionnels sur le long terme. Cela ne concerne bien évidemment pas tous les patients. » modère Grégoire Robert. Sur quelles autres techniques peut-on compter ? La liste des techniques alternatives à la chirurgie qui ont été proposées comme des solutions miracles avant d'être abandonnées est très longue. Actuellement, seule la pose d'implants UroLift® intra-prostatiques a été officiellement validée, par les sociétés savantes internationales et par l'HAS en 2017. » précise Grégoire Robert. La pose d'UroLift® est associée à une amélioration des symptômes chez plus de 80 % des patients après un an de suivi. Cependant, les patients doivent répondre à des critères précis pour être éligibles. Avoir plus de 50 ans, ne pas avoir d'antécédent de chirurgie prostatique ni d'infection urinaire, avoir un volume prostatique inférieur à 80 mL et ne pas avoir de lobe médian. D'autres techniques sont en cours de validation. Parmi elles, la technique Rezum a reçu l'autorisation de la FDA en 2015. « Les autorisations européennes et françaises n'ont pas encore été accordées mais les résultats préliminaires sont très encourageants. » conclue-t-il. 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La télémédecine en urologie, c'est pour bientôt ?
Certaines disciplines médicales commencent à adopter la télémédecine. En urologie, les pratiques sont encore très confidentielles, mais il sera peut-être bientôt possible de consulter son spécialiste depuis chez soi.
La télémédecine ressemble à la rumeur : on en parle beaucoup, mais on la voit peu. Une situation qui pourrait changer. La porte s'ouvre doucement, sous l'impulsion de pouvoirs publics qui y voient une solution à la désertification médicale. De nouvelles législations font leur apparition pour la faciliter.
Mais pour l'urologie, il y a encore du chemin à faire. « En France, l'essentiel de l'activité de la télémédecine concerne la cardiologie, avec le suivi des maladies cardiovasculaires, et la dermatologie », explique le Dr Adnan El Bakri, urologue à Reims et président du conseil national de la e-santé (CNeS). « En urologie, nous sommes pour l'instant très en retard, mais le champ de développement est très large », assure-t-il.
Une relation à distance
À commencer par la télé-expertise. A la différence d'une consultation, il s'agit d'un médecin qui demande un avis spécialisé à distance pour une situation clinique qu'il prend en charge. Le recours à cet outil aurait tout son sens dans des domaines où la compétence est concentrée dans seulement quelques centres experts, comme c'est le cas pour la neuro-urologie. Plutôt que de faire déplacer les patients pour une consultation à l'autre bout de la France, le spécialiste local pourrait directement avoir recours aux conseils d'un expert, explique le médecin.
Plus contraignante, la téléconsultation aurait néanmoins tout son sens dans le suivi des maladies chroniques. « Dans l'hyperplasie bénigne de la prostate, par exemple, je pourrais tout à fait faire la première consultation avec le patient, puis les consultations de suivi à distance », estime Adnan El Bakri. Il suffirait pour cela de numériser les questionnaires comme l'IPSS, et de disposer des résultats biologiques au format numérique. Les patients économiseraient ainsi de nombreux déplacements.
Les pouvoirs publics investissent
Des initiatives se dessinent également en téléchirugie. Le robot permet la télémanipulation : les chirurgiens ont montré que l'intervention à distance était possible depuis 2001. Une patiente avait alors été opérée à Strasbourg, depuis l'autre côté de l'Atlantique. « À mon avis, ça ne se fait pas vraiment aujourd'hui parce que le robot est encore réservé à certains centres », note Adnan El Bakri, avant de préciser que la baisse attendue des coûts des robots pourrait en aider le développement.
Dans un contexte de démographie médicale en berne, les pouvoirs publics souhaitent miser sur la télémédecine. Mais pour le Dr El Bakri, ce sont avant tout les initiatives locales qui ont vocation à faire de ce champ, encore très prospectif, une réalité. « Il y a de l'argent pour ça », ajoute-t-il, rappelant que le gouvernement prévoit d'investir cinq milliards d'euros dans l'innovation en santé.
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En France, cette maladie représente le troisième motif de transplantation rénale avec environ 15% des patients inscrits sur liste d'attente (4). Mais, en raison des kystes, le volume des reins natifs peut être un réel obstacle par manque de place à la réalisation d'une transplantation rénale imposant alors une néphrectomie pré-transplantation. L'évaluation de l'espace nécessaire se fait au scanner et une néphrectomie première est à envisager si le rein natif descend sous la ligne joignant les deux crêtes iliaques. Le choix du côté de la néphrectomie dépend du caractère symptomatique des reins natifs, du site prévisionnel de la transplantation rénale et des antécédents du patient. Elle est classiquement effectuée en amont de la transplantation rénale.
L'embolisation des reins polykystiques a récemment été décrite comme une alternative efficace à cette chirurgie. Cornelis et al. ont rapporté une réduction moyenne du volume des reins embolisés de 42 à 54% à 6 mois avec une levée de contre-indication à la transplantation rénale à 3 mois chez 36% des patients (5). L'embolisation est une intervention mini-invasive, sous anesthésie locale, à faible morbidité avec un risque faible de transfusion sanguine mais peut nécessiter une néphrectomie seconde en cas d'échec.
De là est né un PHRC qui va débuter en 2018 dans 22 centres nationaux de transplantation rénale : un essai randomisé de non infériorité de l'embolisation des reins polykystiques vis-à-vis de la chirurgie qui permet, elle, dans 100% des cas la transplantation seconde. Chacun des deux bras devra inclure 78 patients.
Seront éligibles les patients dialysés porteurs d'une polykystose rénale et contre-indiqués pour une transplantation rénale en raison du volume trop important de leurs reins natifs. Les patients seront suivis pendant 6 mois après traitement. Les objectifs secondaires s'attacheront à évaluer les complications de chacun des deux traitements, la douleur post-procédure ou la durée moyenne de séjour.
Changerons-nous de prise en charge pour ces patients ?
Résultats attendus pour 2020
- Grantham JJ. Autosomal dominant polycystic kidney disease. Ann Transplant 2009;14/86-90.
- Kanaan N, Devuyst O, Pirson T. Renal transplantation in autosomal dominant polycystic kidney disease. Nat Rev Nephrol 2014;10:455-65.
- Cornec-Le Gall E, Audrezet M-P, Chen J-M, Hourmant M, Morein M-P, Perrichot E, et al. Type of PKD& mutation influences renal outcome in ADPKD. J Am Soc Nephrol 2013;24:1006-13.
- Agence de la biomédecine. Rapport annuel medical et scientifique; 2015.
- Cornelis F, Couzi L, Le Bras Y, Hubrecht R, Dodré E, Geneviève M, et al. Embolization of polycystic kidneys as an alternative to nephrectomy before renal transplantation : a pilot study : kidney embolization in PKRD before graft. Am J Transplant 2010;10:2363-9.
Calculs rénaux, leur analyse permet d'éviter la récidive
L'urétéroscopie souple et la lithotritie extracorporelle sont aujourd'hui les traitements de référence pour les calculs rénaux. Mais, ces techniques ne permettent pas d'étudier les causes et facteurs d'apparition de ces calculs. Une préoccupation qui était au cur des débats du 111ème congrès de l'AFU qui s'est déroulé du 15 au 18 novembre 2017.
L'urétéroscopie souple, la lithotritie extracorporelle et la chirurgie percutanée sont les trois techniques employées pour détruire les calculs rénaux. La dernière, plutôt réservée aux calculs supérieurs à 2 cm, est de plus en plus marginalisée grâce à une détection précoce des gros calculs rénaux. Les deux premières assurent donc une grande partie des 50 000 traitements de calculs rénaux en France.
Si leur efficacité est avérée, elles présentent toutefois un inconvénient : la destruction du calcul ne permet plus d'en faire l'analyse morphologique complète. Celle-ci est pourtant nécessaire pour comprendre l'origine de la maladie lithiasique (on parle de bilan étiologique) et éviter les récidives. Ce bilan contribue également à repérer une néphrocalcinose (excès de dépôt calcaire dans les reins) ou une maladie rare. Scanner, images endoscopiques de calculs et analyse biologique guident cette démarche étiologique.
En savoir plus...
- La lithotritie extracorporelle
- L'urétéroscopie souple
- Règles diététiques de prévention des calculs urinaires
Cancer du testicule : la surveillance surpasse-t-elle le traitement ?
Une nouvelle étude semble affirmer que la surveillance simple des tumeurs germinales testiculaires de stade IS est aussi efficace qu'un traitement au regard de la survie globale des patients. Cependant, les faiblesses méthodologiques de cette étude ne permettent pas de conseiller un changement des pratiques pour une surveillance normalisée. La chimiothérapie reste le traitement de référence en cas de tumeur IS confirmée.
Le cancer du testicule est une tumeur rare puisqu'il ne concerne que 1 à 1,5% seulement des cancers de l'homme, tous âges confondus. Il s'agit toutefois de la tumeur la plus fréquente chez l'homme jeune, entre 20 et 35 ans. La plupart des tumeurs du testicule sont issues des cellules dites "germinales", celles qui aboutissent à la formation des spermatozoïdes. On en distingue 2 types, séminomateux (30-40 %) et non-séminomateux (TGNS), qui ont des traitements, pronostics et fréquences différents, les tumeurs séminomateuses étant particulièrement sensibles à la radiothérapie.
Le cancer du testicule est le plus souvent curable. La surveillance des tumeurs germinales testiculaires de stade I (séminomes ou TGNS) est une option répandue et valide pour la prise en charge de ces cancers. Une étude américaine publiée en 2015 (1) l'a confirmé. En effet, sur 2483 patients, le taux de survie globale à 5 ans était supérieur à 99 %, et les taux de récidive étaient de 19 % (TGNS) et 13 % (séminomes).
Les tumeurs de stade IS constitue un sous-groupe particulier défini par un stade I avec un scanner thoraco-abdominopelvien normal mais des marqueurs en augmentation après l'orchidectomie. Le faible niveau de preuve disponible pour ces stades a conduit l'AFU, comme l'EAU (l'association européenne d'urologie), à considérer ces tumeurs certes de bon pronostic comme métastatiques, et donc à proposer une chimiothérapie aux patients.
Surveillance ou chimiothérapie : une survie équivalente
Une nouvelle étude (2) sur 1362 patients atteints de tumeurs germinales de stade IS a retrouvé que la survie globale (> 95 % à 5 ans) après chirurgie, selon la mise en place d'une surveillance ou d'un traitement, est quasiment identique (98-99 %), que ce soit dans le sous-groupe des séminomes ou dans celui des TGNS. Ce qui justifierait donc l'usage de la surveillance des stades IS, déjà en progression ces dernières années aux Etats Unis où 53 % des TGNS IS font l'objet d'une surveillance.
Il n'est pourtant pas dit que cette étude, de loin la plus importante en termes d'effectifs, réussisse à peser sur les pratiques de l'autre côté de l'Atlantique.
Mais des informations incomplètes font faiblir les données
En effet, si l'étude démontre une survie identique entre surveillance et traitement, elle n'indique pas le nombre de rechutes.
De plus, les auteurs ne précisent pas les critères retenus pour caractériser le stade IS, d'autant qu'aucune relecture de scanner ne vient conforter la classification. De plus, la définition du traitement adjuvant à la chirurgie, se limite à « radiothérapie ou chimiothérapie » sans précision. Or, cette question est cruciale pour déterminer l'efficacité et les effets secondaires du traitement proposé.
Trouver le juste milieu
On ne peut donc pas tirer de conclusions définitives. Cependant, on peut retenir l'importance d'envisager l'évolution potentielle de la maladie avant de proposer les options thérapeutiques, avec le souci d'éviter des résistances à la rechute.
Ainsi, si une tumeur de stade IS peut être diagnostiquée, la chimiothérapie sera considérée en premier lieu. Mais en cas de doute, une surveillance rapprochée peut être envisagée, avec mise en route d'un traitement dès qu'une éventuelle évolution tumorale est confirmée.
Sources :
- Kollmannsberger et al., Patterns of relapse in patients with clinical stage I testicular cancer managed with active surveillance, Journal of Clinical Oncology, 2015.
- Kamran et al., Contemporary treatment patterns and outcomes for clinical stage IS testicular cancer, European Urology, sous presse.
Il existe depuis 2006 un décret définissant « l'accréditation des médecins et des équipes médicales exerçant en établissements de santé ». Ce socle réglementaire précise la notion d'équipe médicale comme les médecins d'une même spécialité exerçant en établissement de santé.
Les fondamentaux de l'accréditation sont retrouvés dans l'approche en équipe puisque les médecins de l'équipe mettront en uvre un programme annuel défini par leur spécialité comportant un volet évaluatif par le repérage, l'analyse et la déclaration d'événements indésirables et un volet cognitif consistant à la mise en uvre de recommandations et la réalisation d'activités favorisant le développement d'un socle de connaissances partagées.
Le programme OA AFU de l'accréditation en équipe comporte annuellement la déclaration d'un EIAS (évenement indésirable associé aux soins) par membre de l'équipe, le suivi et l'évaluation de deux recommandations, la participation à une activité de formation et une activité d'évaluation de pratique obligatoire spécifique d' équipe.
L'équipe réalise chaque année une évaluation de sa réponse aux exigences du programme définit par l'organisme agréé. Cette évaluation, examinée par un expert de l'organisme agréé, permet de porter une appréciation externe sur le fonctionnement de l'équipe et sur l'implication individuelle de chaque médecin. Au vu de cette appréciation, la HAS délivre une attestation de réalisation de la démarche d'accréditation en équipe ainsi qu'un certificat individuel d'accréditation aux médecins.
Ce certificat permet d'obtenir pour les libéraux le remboursement partiel de sa prime de Responsabilité Civile Professionnelle et pour les hospitaliers fait partie des critères d'obtention de la part complémentaire variable.
Si vous êtes intéressés, déterminer dans votre équipe un référent. Celui-ci contactera les Gestionnaires de l'OA AFU (secretariat@urorisq.org) qui aiderons à la mise en route de l'accréditation en équipe.
Stéphane Bart, Bertrand Pogu
Gestionnaires OA AFU
Fertilité masculine : l'urologue en première ligne
Aujourd'hui en France, près de 10% des couples souffrent d'infertilité. Alors que le passage chez la gynécologue est quasi automatique, il l'est beaucoup moins chez l'urologue. Il est pourtant le référent naturel de l'homme sur la fertilité et a un rôle clé à jouer. Le Pr Éric Huyghe, du comité d'andrologie et de médecine sexuelle de l'AFU, revient sur l'importance d'investir ce pan de la spécialité.
Les chiffres inquiètent. En un peu plus de 40 ans, la qualité du sperme des hommes occidentaux a diminué de moitié, ce qui concerne tant la concentration des spermatozoïdes, que leur quantité totale. « On observe également une hausse des cancers du testicule, et des malformations testiculaires ou génitales », complète le Pr Éric Huyghe (CHU Toulouse), membre du comité d'andrologie et de médecine sexuelle de l'AFU.
Les perturbateurs endocriniens en cause
Pour beaucoup de chercheurs, ces troubles sont notamment dus à une exposition croissante à des perturbateurs endocriniens, ces substances omniprésentes dans notre environnement, capables d'interférer avec notre système hormonal.
« Il y a au moins 30 000 produits potentiellement actifs, et 3000 très suspects, mais une centaine seulement ont été étudiés, et une dizaine ont été retirés », explique l'andrologue toulousain. La toxicité de ces substances, actives à très faibles doses et avec des effets synergiques, est souvent difficile à définir.
Le gynécologue ne doit pas être le seul interlocuteur du couple infertile
Dans ce contexte de baisse de fertilité masculine, les consultations se multiplient : un couple sur 10 a recours à l'aide médicale à la procréation (AMP). Si les gynécologues sont souvent consultés en première option, le problème est purement masculin dans 30% des cas. Dans ce cas, l'urologue, spécialiste de la fertilité masculine a un rôle majeur à jouer. « Parfois le gynécologue prescrit un spermogramme, [ qui analyse les différentes caractéristiques du sperme], et si tout est normal, l'homme ne sera pas orienté vers un urologue », déplore Éric Huyghe.
Pourtant, le spermogramme est loin de suffire. « Ce n'est pas parce qu'on a un spermogramme normal qu'on ne peut pas améliorer sa fertilité », rappelle le spécialiste toulousain. Il précise également que l'analyse de la fragmentation d'ADN, qui permet d'identifier des cassures de l'ADN des spermatozoïdes, est aussi un indicateur à ne pas négliger. En effet, en cas de spermatogénèse anormale ou de stress important, une altération de l'ADN des spermatozoïdes peut être observée qui peut avoir des effets négatifs sur le développement embryonnaire.
De plus, 40% des patients atteints d'une infertilité avérée présentent des varicocèles, une dilatation des veines du cordon spermatique qui peut elle aussi être à l'origine de cette fragmentation.
Traiter la varicocèle pour contourner l'infertilité masculine
Traiter la varicocèle peut s'avérer crucial pour restaurer une fertilité masculine. Après des années de doutes, il est désormais incontestable que la cure chirurgicale utilisée en cas de varicocèle, deux fois plus efficace contre les rechutes que l'embolisation, permet d'améliorer la qualité du sperme, en nombre et en mobilité, mais aussi de réduire la fragmentation d'ADN.
Pour Éric Huyghe, la cure chirurgicale a ainsi vocation à demeurer le traitement de référence. Un sujet d'avenir, incontestablement.
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Dédiée pour une part à la communauté médicale, l'association met en avant la recherche médicale et scientifique sur les tumeurs du rein. Tous les deux ans, elle organise à Chantilly, dans l'Oise, un congrès scientifique francophone, réservé aux professionnels de la santé, et réunissant chirurgiens, oncologues, radiologues, anatomopathologistes, chercheurs Ce rendez-vous dresse un état des lieux des avancées médicales sur le cancer du rein. Le 7ème congrès se déroule du 26, 27 et 28 octobre 2017. Artur accompagne également les chercheurs en leur attribuant une bourse d'étude consacrée aux tumeurs du rein et présentée lors du congrès.
Egalement pour les patients
Mais Artur, c'est aussi un espace dédié aux patients et à leur entourage, proposant des informations claires et validées par des médecins, régulièrement actualisées ainsi que des fiches pratiques, un glossaire, ou encore des liens vers d'autres sites consacrés au cancer du rein notamment. La plateforme internet donne par ailleurs accès à un forum d'échanges pour les patients et leurs proches. Et, en écho au congrès pour les spécialistes de la pathologie, se déroulent chaque année des rencontres pour patients, avec à la clef une information sur les nouveautés médicales et les recherches en cours. Les 12èmes rencontres patients auront lieu à l'Institut Imagine, à Paris, le jeudi 5 avril 2018.
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Le 20 septembre 2017, à l'occasion de la journée européenne de la prostate, l'Association Française d'Urologie (AFU) a invité le grand public à poser des questions à des spécialistes lors d'une grande campagne de sensibilisation et d'information visant à briser les tabous autour de cet organe intime.
Une vidéo, dévoilée par AFU début septembre, encourageait les internautes à poser leurs questions sur la prostate, son cancer et ses enjeux. Objectifs : libérer la parole sur le sujet et apporter des informations utiles aux patients, tout en les invitant, au besoin, à consulter.
L'AFU a organisé un live chat sur Facebook ouvert à tous, une première pour cet événement mais pas pour l'association ! Testé maintenant depuis deux ans dans le cadre de la semaine de la continence, l'AFU a constaté que les internautes répondaient présents, faisant le succès de tels rendez-vous.
Ainsi, grâce au Facechat « Tout savoir sur le cancer de la prostate » les internautes, notamment patients et proches, ont pu poser les questions de leurs choix à un groupe d'experts urologues mobilisés pour l'occasion. Les principales interrogations et leurs réponses détaillées ont été diffusées au cours de la journée sur la page Facebook de l'association et y sont toujours disponibles. Des exemples :
C'est quoi la prostate ? (Question 1)
Dr Christian Castagnola, vice-président de l'AFU : « La prostate, c'est une petite glande de l'homme de la taille d'une prune qui se situe sous la vessie, et qui sert à la reproduction. »
Le cancer de la prostate est-il une maladie héréditaire ? (Question 18)
Pr Mongiat Artus, secrétaire général adjoint de l'AFU « Pour que le cancer de la prostate soit dit "maladie héréditaire", encore faut-il qu'il y ait 3 cas dans la famille de cancer soit du sein ou soit de la prostate au premier ou deuxième degré ou deux cas de ces cancers avant 55 ans. Le cancer de la prostate dans cette forme héréditaire est un cancer rare qui touche environ moins de 5% des cas. »
Un toucher rectal est-il nécessaire ? (Question 10)
Les experts de l'AFU : « Oui ! Il est même indispensable et fait intégralement partie de l'examen clinique quel que soit l'âge du patient. Il permet d'apprécier la taille et la structure de la glande et, en cas d'anomalie, d'orienter vers la réalisation de biopsies de la prostate, quel que soit le taux de PSA. »
Y a-t-il des facteurs de risque liés au mode de vie ? (Question 14)
Pr Mongiat-Artus, Drs Dominique et Pettenati : « Même si plusieurs sont suspectés, aucun facteur de risque lié au mode de vie ou environnemental n'a été prouvé à ce jour, à l'exception d'un seul, le chlordecone qui est un insecticide utilisé dans les bananeraies des Antilles. »
Pourquoi faire la publicité pour le dépistage puisque le cancer de la prostate est un cancer à développement lent et peu virulent ? (Question 21)
Les experts de l'AFU : « Le cancer de la prostate tue encore 9000 personnes par an en France et est la 3ème cause de mortalité par cancer chez l'homme. Face à ce défi, l'AFU a choisi de faire non pas la publicité du dépistage mais de délivrer une information éclairée sur la détection précoce, qui reste une démarche individuelle. La détection précoce, combinée à l'amélioration des traitements, est la meilleure stratégie pour diminuer la mortalité par cancer de la prostate. »
Retrouvez toutes les questions réponses sur la page Facebook Urofrance.
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Un français sur sept est touché par le cancer de la prostate, le plus fréquent chez les hommes. Lorsqu'un traitement s'avère nécessaire, une thérapie hormonale peut être indiquée, le plus souvent combinée à un autre traitement. Elle permet un blocage androgénique en réduisant les taux de testostérone.
Cette hormonothérapie n'est pas sans effets indésirables, effets qui pour la grande majorité sont consécutifs à la suppression hormonale recherchée. Une fiche d'information, disponible sur le site de l'AFU, permet de répertorier les principaux effets indésirables et les conseils à suivre. En voici un aperçu commenté par le Pr Michel Soulié, chef du service d'urologie de l'hôpital Rangueil (CHU Toulouse).
Risque cardiovasculaire
Les patients sous hormonothérapie ont un risque de mortalité cardiovasculaire accru de 57%. Ce risque est d'autant plus important si le patient a une pathologie cardiaque ou coronarienne sous-jacente.
Pour lutter contre cette complication, depuis deux ans, les cardiologues américains ont formalisé des modalités préventives dans le risque cardiovasculaire propre à l'hormonothérapie. En voici la formule :
- A (awareness & aspirin) sensibilisation aux signes cardiovasculaires à surveiller et prescription d'aspirine en prévention ;
- B (blood pressure) contrôle de la tension artérielle ;
- C (cholesterol & cigarettes) traitement anti-cholestérol et arrêt du tabac,
- D (diabetes & diet) contrôle du diabète et régime alimentaire adapté ;
- E (exercise) pratique d'une activité physique modérée.
« Toutes ces informations sont facilement accessibles en simple consultation, aussi est-il possible de les prendre en charge avec le spécialiste adapté », souligne le Pr Michel Soulié.
Risque osseux
« Il ne faut pas négliger l'impact osseux de l'hormonothérapie, qui peut avoir des conséquences dès la première année, surtout pour les patients déjà fragilisés », rappelle le Pr Michel Soulié. Plusieurs facteurs contribuent à la fragilité osseuse : l'âge, les problèmes articulaires, la sédentarité, la dénutrition, le fait de consommer de l'alcool ou du tabac et même la présence de maladies cardiovasculaires. Un certain nombre d'entre eux peuvent faire l'objet d'une prise en charge pour réduire ce risque.
Déclin cognitif
L'hormonothérapie peut également entraîner une forme de déclin cognitif et mnésique parfois difficilement détectable. Les patients peuvent ainsi connaitre une diminution des capacités cognitives sensible à partir de 6 mois de traitement. Une association entre ce traitement et la maladie d'Alzheimer est reconnue. « Il convient de sensibiliser très tôt sur ce point, informer le patient et son entourage qu'il peut avoir à cultiver sa mémoire, via des jeux adaptés, et ne pas hésiter, au besoin, à recourir à un psycho-oncologue », commente le Pr Michel Soulié.
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Si on peut se passer d'un rein, sa vente n'en est pas moins illégale en Europe. Cependant, les situations géopolitiques actuelles incitent au contournement des règles bioéthiques en place. Sur les 75 000 greffes annuelles dans le monde, 10 à 15 000 sont issues d'un trafic. Les problématiques de l'accès à la transplantation et du trafic d'organes restent indissociables des mouvements de réfugiés de guerre dont le nombre ne cesse d'accroitre.
En France chaque année, 200 patients sur liste meurent faute de greffe. Les besoins de greffons, les disparités socio-économiques et les impasses du système d'accès à la greffe peuvent inciter le crime organisé, et ce malgré des lois éthiques en place dans de nombreux pays. Un sujet qui a fait l'objet d'une session thématique du comité de transplantation et d'insuffisance rénale chronique de l'AFU, lors du Congrès Français d'Urologie 2017.
Une disparité socio-économique à l'origine des trafics d'organes
Les aspects géopolitiques, notamment les vagues migratoires et les problèmes de trans-nationalités, exercent une pression sur cette problématique éthique, fragile de nature. Les coûts et le profit de la transplantation attirent le crime organisé. Il peut prendre plusieurs formes, des plus violentes avec des prélèvements contre la volonté des personnes, à des formes plus subtiles comme le contournement du libre arbitre ou des détournements de soins d'urgence.
D'après le dernier rapport des Nations Unies, le trafic d'organe représenterait 1% des cas de trafic humains, la 2e source de profits du crime organisé. « Malheureusement, en pratique, il n'y a que peu de preuves explicites de trafic, et donc très peu de poursuites judiciaires qui aboutissent. » a expliqué Olivier Bastien de l'Agence de la biomédecine. « Pour lutter contre ce trafic, il faut maintenir une cohérence internationale. Diminuer les disparités et les inégalités, et favoriser l'accès au développement des programmes de transplantation permettraient de diminuer ce risque de déviance. »
Le suivi exhaustif et fiable des différentes filières du don d'organe, tant en amont dès la constitution du dossier des patients, au tout début de la prise en charge, qu'en aval, reste une des clés pour limiter les trafics. Une vigilance particulière envers les techniques de contournement des filières d'urgence est essentielle.
Un trafic qui profite aux plus riches
L'OMS le souligne, ce sont les pauvres qui vendent aux riches. L'Asie du Sud est devenue le centre du tourisme médical. Chaque année, plus de 2 000 indiens vendent leurs organes aux plus offrants, souvent étrangers et ce mouvement risque d'être amplifié par l'accroissement du nombre de réfugiés qui sont prêts à tout pour survivre.
En Iran, les reins font l'objet d'un commerce. Le gouvernement paie un forfait de 900 à 1200 dollars, complété d'une assurance santé d'1 an et d'un paiement du donneur par le receveur de 2300 à 4500 dollars. Plus de 30 000 greffes ont ainsi été réalisées. Est-ce si absurde sachant qu'un rein sur deux permet une vie normale et que le risque de l'opération est du même ordre que la liposuccion ?
Selon le Pr Delaigue, Professeur d'économie de Lille 1, ce montage n'évite cependant pas le trafic, et certains tentent même d'acheter des reins dans des pays encore plus pauvres à moindres couts. « Donner une somme relativement large d'argent, soulage et déculpabilise la conscience des riches. Mais l'argent est généralement dépensé dans des frivolités, et les conditions de vie des donneurs ne s'améliorent pas pour autant », a complété le Dr Julien Branchereau, urologue. « Ils le regrettent pour la plupart. Après un don de reins, 80% des patients iraniens ont une qualité de vie décrite comme très inconfortable, 75% ont encore des douleurs après 1 an et 76% déconseilleraient l'opération totalement. »
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