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20 novembre 2025

L’AFU organise pour la troisième année une journée d’information dédiée à tous les patients, hommes et femmes et à leurs accompagnants. Venez à la rencontre des associations de patients et des médecins experts dans toutes les aires thérapeutiques de l’urologie.

 Au programme de cette journée, de nombreux ateliers, moments d’échanges et de débats autour des grands enjeux actuels en urologie.

Téléchargez le programme 

Inscription en ligne

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Trois fonctions principales structurent les usages actuels de l'intelligence artificielle en urologie : la détection diagnostique, l'aide à la décision et l'accompagnement interventionnel. Parmi les techniques mobilisées, le deep learning se distingue par sa capacité à traiter directement les données brutes, sans sélection préalable des variables.

 

En urologie, c'est l'imagerie diagnostique qui concentre les développements les plus visibles de l'IA. Les réseaux de neurones convolutifs améliorent la détection des lésions invisibles à l'œil humain. Ils s'appliquent notamment à l'IRM prostatique et à la cystoscopie. Dans le cancer de la prostate, des systèmes d'IA d'aide au diagnostic basés sur l'analyse d'images multiparamétriques ou histologiques permettent de distinguer les formes cliniquement significatives et d'améliorer la stratification du risque (1). Les performances diagnostiques dépassent 0,85 d'AUC (aire sous la courbe ROC) pour les cancers urologiques. Certaines atteignent même 0,99 (2). Une étude récente a confirmé cette tendance, avec une AUC de 0,945 pour un modèle combinant réseau de neurones convolutifs (CNN) et mémoire à long terme (LSTM) appliqué à l'IRM multiparamétrique de la prostate (3).

Même si certaines de ces approches sont déjà testées cliniquement, la plupart en sont encore au stade exploratoire. Le champ ouvert est stimulant, pour la recherche comme pour la clinique. Comme l'a rappelé Zine-Eddine Khene, responsable de la commission IA à l'Association française d'urologie, lors des JITTU 2025, les algorithmes sont désormais capables d'analyser automatiquement une cystoscopie et d'identifier les tumeurs vésicales en temps réel, ce qui constitue une avancée importante.

 

Quand l’IA explore les fonctions reproductives

Dans la reproduction masculine, Prediction One (Sony), un outil d'apprentissage automatique sans codage requis, a prédit avec une précision de 74,42 % le risque d'infertilité à partir des taux hormonaux sériques seuls. Il a aussi atteint un taux de concordance de 100 % pour les cas d'azoospermie non obstructive en 2021 et 2022 (4).

Bien que ces modèles aient été construits à partir de données biologiques homogènes, leur logique s'applique à des ensembles de données plus complexes. Plus largement, l'IA permet d'exploiter des sources hétérogènes - cliniques, biologiques, radiologiques. Mais Zine-Eddine Khene insiste sur un point : « On peut construire avec l’IA des modèles prédictifs très puissants à partir de simples tableurs Excel ou d'images radiologiques, à condition d'avoir des données bien structurées. »

Dans ce champ, plusieurs limites spécifiques ont été identifiées, notamment la forte variabilité inter-centres des protocoles et la rareté relative des données, qui compliquent la reproductibilité à grande échelle (6). Des perspectives se dessinent également dans l'analyse automatisée des images embryonnaires et la prédiction du succès des cycles de fécondation in vitro (6).

 

Aide à la décision clinique

Au-delà des applications spécifiques à la reproduction, l'intelligence artificielle soutient également la prise de décision thérapeutique dans les pathologies urologiques les plus fréquentes.

L'aide à la décision thérapeutique repose sur des modèles croisant données cliniques, biologiques et radiologiques. Dans les cancers urologiques, ces outils permettent de modéliser des trajectoires évolutives (par exemple la probabilité de récidive) et de prédire les réponses aux traitements. Pour le cancer de la vessie, l'analyse radiomique assistée par IA anticipe les récidives et guide la stratégie chirurgicale ou systémique (2). En urologie fonctionnelle, des modèles permettent une lecture standardisée des bilans urodynamiques, réduisant la variabilité inter-observateur (5). Cette capacité à intégrer des sources variées suppose un travail important de normalisation. « La principale difficulté aujourd'hui, c'est la normalisation des données. Chaque image médicale est différente selon les machines, les protocoles, les centres », observe Zine-Eddine Khene.

 

Bloc opératoire et robots : vers une synergie homme-machine

Au bloc opératoire, l'IA est intégrée à la chirurgie robotique pour l'aide à la reconnaissance anatomique, à la navigation et à l'évaluation des gestes techniques. En prostatectomie radicale, la segmentation tissulaire en temps réel permet d'assister la préservation des bandelettes neurovasculaires. Par ailleurs, des modèles de langage spécialisés à l’instar d’UroBot (voir encadré), entraînés sur les recommandations européennes, peuvent répondre à des questions de spécialité avec des taux de réussite supérieurs à ceux des urologues en exercice (7). Pour Zine-Eddine Khene, « les modèles de langage comme UroBot ne remplaceront pas le clinicien, mais ils peuvent renforcer son expertise, à condition d'être correctement encadrés. »

 

L’IA au service de la formation

Au-delà des usages cliniques, l'IA commence aussi à transformer les pratiques pédagogiques, notamment dans la formation chirurgicale.

L'étude bibliométrique de Deniz et Kayra (8) souligne un intérêt croissant pour l'intégration de l'IA dans la formation des chirurgiens urologues, notamment via l'analyse automatisée des vidéos opératoires et l'évaluation des compétences techniques. Ces usages pédagogiques permettent d'objectiver les gestes et de structurer les parcours d'apprentissage.

Ils s'accompagnent aussi d'innovations dans l'évaluation théorique : un essai prospectif a montré que des QCM générés par une IA amélioraient significativement la performance des internes, en couvrant de manière pertinente les attendus de compétence (9).

Cette dynamique se reflète également dans les publications scientifiques. Parmi les 100 articles les plus cités entre 2018 et 2024 par Deniz et Kayra, la majorité porte sur l'oncologie (prostate, vessie), suivie par les soins aux patients, les maladies lithiasiques, l'andrologie et la chirurgie robotique. Ces publications sont majoritairement issues d'équipes nord-américaines et européennes.

Parallèlement, l'urologie pédiatrique bénéficie d'un effort de structuration avec la création d'un référentiel vivant recensant les modèles disponibles, témoignant d'une amélioration progressive de leur qualité et de leur diversité (10).

 

Des conditions d’intégration à parfaire

Malgré cette dynamique, plusieurs obstacles techniques freinent encore l'intégration de l'intelligence artificielle en urologie. Outre l'hétérogénéité des données, l'absence de validation externe et la faible interopérabilité des systèmes hospitaliers limitent la reproductibilité et la généralisation des modèles (6). Ces contraintes ralentissent leur déploiement à grande échelle (8).

Des freins cliniques s'ajoutent à ces limites structurelles. L'usage en pratique courante reste difficile, en partie à cause de l'opacité des modèles, de leur faible généralisation hors des jeux de données initiaux, et de l'absence de validation multicentrique (6).

Enfin, plusieurs défis éthiques sont régulièrement soulignés : opacité des systèmes, responsabilité médicale, biais algorithmiques, protection des données sensibles. Ces dimensions appellent à une vigilance accrue et à l'adoption de cadres normatifs internationaux, tels que ceux proposés par l'OMS, l'ISO ou le référentiel DECIDE-AI (11).

En résumé, l'intelligence artificielle ne remplace pas l'expertise médicale, elle l'étaye. Sa bonne intégration nécessite quatre conditions : la transparence des algorithmes, la validation continue, la formation des professionnels et un encadrement éthique rigoureux.

Zine-Eddine Khene ajoute : « L'intelligence artificielle est un outil puissant, mais elle ne vaut que par la qualité des données, la rigueur de son encadrement, et la capacité des cliniciens à s'en emparer de façon critique. »

Ce n’est que par la prise en compte de ces paramètres que l'IA pourra réellement contribuer à fiabiliser les décisions, réduire les inégalités d'accès aux soins spécialisés et renforcer la pertinence des parcours. Elle ne vise pas à automatiser la médecine, mais à la rendre plus robuste.

Pierre Derrouch

UroBot : un modèle spécialisé en urologie

Développé par le Centre allemand de recherche sur le cancer (DKFZ) et la clinique universitaire de Mannheim, UroBot est un agent conversationnel fondé sur les modèles GPT, et entraîné à partir des recommandations 2023 de l'European Association of Urology. Il utilise une architecture RAG (Retrieval-Augmented Generation), une technique qui permet de produire des réponses contextualisées et vérifiables en s'appuyant sur des sources documentaires spécifiques.

Testé sur 200 questions extraites des examens de l'European Board of Urology, UroBot-4o a obtenu un taux de réponses correctes de 88,4 %, contre 68,7 % en moyenne pour les urologues en exercice. Chaque réponse est accompagnée des sources précises utilisées, garantissant une traçabilité complète.

À ce jour, UroBot reste un outil de recherche. Il n'est pas encore intégré aux systèmes d'information hospitaliers, ni validé pour un usage clinique en routine. (7)

L'intelligence artificielle appliquée aux explorations urodynamiques

 

Les explorations urodynamiques peuvent-elles, à leur tour, profiter d'une interprétation automatisée par l'intelligence artificielle ? Les études ne manquent pas. Mais les résultats sont-ils au rendez-vous ?

 

Une synthèse issue du consensus ICI-RS 2023 (International Consultation on Incontinence - Research Society) recense les principales approches : l'analyse des tracés cystométriques, l'interprétation de débitmétrie par apprentissage automatique et la prédiction de la réponse thérapeutique. Malgré des performances encourageantes, l'utilité clinique reste à démontrer en raison de l'absence de validation externe, du manque de standardisation et de la variabilité des données utilisées (12).

Ces travaux ont été prolongés par plusieurs présentations lors des congrès de l'International continence society (ICS). En octobre 2024, Batista Miranda et al. ont comparé deux approches d'interprétation automatisée des contractions détrusoriennes : un modèle convolutionnel de type VGG16, avec une précision de 75 %, et une méthode hybride associant vision par ordinateur, ondelettes Daubechies (outil de traitement du signal permettant de localiser finement les variations) et classification supervisée. Cette dernière a atteint une précision de 84,2 %, une sensibilité de 86,3 % et une spécificité de 82,6 %. Elle permet aussi de localiser les contractions dans le temps et de réduire les artefacts liés aux mouvements ou à la toux (13).

En mai 2025, Malallah et al. ont présenté une revue portant sur 20 études et 15 958 patients (14). Les modèles évalués (réseaux convolutifs, forêts aléatoires, Support vector machine (SVM)) affichaient des performances élevées pour la détection de différentes entités cliniques (AUC de 0,72 à 0,95), avec une précision atteignant 96,7 % pour la débitmétrie automatisée. Mais la majorité des études restaient rétrospectives, multicentriques et non validées en externe.

Ces travaux imposent une évaluation prudente du potentiel des modèles. Leurs performances sont prometteuses, mais leur maturité technologique reste variable.

Références

(1) Kim et al. Emerging trends in artificial intelligence-based urological imaging technologies and practical applications, Int Neurourol J 2023 ; 27 (Suppl 2) : S73-81, https://doi.org/10.5213/inj.2346286.143

(2) Pak S et al. Applications of artificial intelligence in urologic oncology. Investig Clin Urol. 2024 May ; 65 (3) : 202 – 216. https://doi.org/10.4111/icu.20230435

(3) Xu Y et al. Feasibility study of AI-assisted multi-parameter MRI diagnosis of prostate cancer, Si Rep. 5, Article number : 10530 (2025) https://doi.org/10.1038/s41598-024-84516-8

(4) Kobayashi H et al, A new model for determining risk of male infertility from serum hormone levels, without semen analysis, Sci Rep. 14, 17079 (2024) https://doi.org/10.1038/s41598-024-67910-0

(5) Speich JE, Klausner AP. Artificial intelligence in urodynamics (AI-UDS) : the next « Big thing ». Continence. 2025 ; 13 : 101754. https://doi.org/10.1016/j.cont.2025.101754

(6) Kobayashi H, Potential for artificial intelligence in medicine and its application to male infertility, Reprod Med Biol. 2024 ; 23 : e12590. https://doi.org/10.1002/rmb2.12590

(7) Hetz MJ et al., Superhuman performance on urology board questions using an explainable language model enhanced with European Association of Urology guidelines, ESMO Real World Data and Digital Oncology, Volume 6, 100078 https://doi.org/10.1016/j.esmorw.2024.100078

(8) Deniz ME, Kayra MV, Top 100 articles on artificial intelligence in urology. J Urol Surg. 2025 ; 12 (1) : 1-5. DOI : 10.4274/jus.galenos.2024.2024-11-2 - https://jurolsurgery.org/pdf/a426c3a3-a110-40af-a6dd-1b2b563ce9ac/articles/jus.galenos.2024.2024-11-2/1-5.pdf

(9) Başaranoğlu M et al. AI-generated questions for urological competency assessment : a prospective educational study. BMC Med Educ 25, 611 (2025). https://doi.org/10.1186/s12909-025-07202-x

(10) Khondker A et al. A living scoping review and online repository of artificial intelligence models in pediatric urology : Results from the AI-PEDURO collaborative. J Pediatr Urol. 2025 Jun ; 21 (3) : 765-772. https://doi.org/10.1016/j.jpurol.2025.01.035

(11) Verma R et al. Ethical aspects of artificial intelligence : what urologists need to know. Cur Opin Urol 35 (3) : p 224-229, May 2025. https://doi.org/10.1097/mou.0000000000001278

(12) Gammie A, Arlandis S, Couri BM, Di Benedetto P, Goldman HB, Groen J, et al.
Can we use machine learning to improve the interpretation and application of urodynamic data ? ICI-RS 2023. Neurourol Urodyn. 2024 Jun ; 43 (6) : 1337 – 1343.
https://doi.org/10.1002/nau.25319

(13) Batista Miranda JJE, Ruiz de la Cuesta L, Puigvert A, Rodríguez A, Amparore D, Porpiglia F. Artificial intelligence to read urodynamic tracings: could we skip a human reading ? Abstract présenté à l’International Continence Society (ICS) Annual Meeting ; 2024 Oct 24 ;  https://www.ics.org/2024/abstract/107

(14) Malallah M, Graham H, Mahfouz W, et al. Artificial intelligence in urodynamics: a systematic review of diagnostic, analytical, and predictive applications in lower urinary tract dysfunction, E-poster présenté à l’International Continence Society (ICS) Annual Meeting ; 2025 May ; https://www.ics.org/2025/abstract/554

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L'Association française d'urologie lance MentorAFU, un programme de mentorat destiné aux internes, assistants, et jeunes praticiens. Cette initiative propose d’appliquer à l’urologie une pratique courante dans d'autres secteurs, en s'appuyant sur les résultats d'enquêtes menées par l'Association française des urologues en formation (AFUF).

 

Tout est parti de récentes enquêtes menées par l’AFUF. L’une, sur la santé psychologique, a mis en évidence des cas de burn-out en début de carrière. L’autre, consacrée au harcèlement moral et sexuel, a révélé qu’environ 70 % d’internes déclaraient avoir été confrontés à ces situations.

Face à ces constats, et dans un contexte hospitalier marqué par des tensions démographiques et une amplitude de travail importante, l’AFU a imaginé une réponse : MentorAFU.

Ce programme a pour objectif d’aider les jeunes urologues à construire plus sereinement leur parcours professionnel. « 83 % d’entre eux ont exprimé leur intérêt pour un dispositif de mentorat. Ils jugent qu’un tel accompagnement leur serait utile et regrettent de ne pas en avoir bénéficié plus tôt », rapporte Géraldine Pignot, membre du conseil d’administration de l’AFU.

 

Les principes du mentorat adapté à l'urologie

MentorAFU privilégie le partage d'expériences et l'écoute attentive, plutôt qu'un coaching directif. Il ne s’agit pas de prescrire un parcours.

Le dispositif repose sur un appariement personnalisé selon les besoins et projets de chacun. L'une de ses forces est l'indépendance, qui crée la confiance. Mentors et mentorés n'exercent ni dans le même centre ni dans la même ville. Géraldine Pignot précise : « Cette distance géographique et hiérarchique garantit la confidentialité des échanges, les mentors s'engageant formellement à ne jamais communiquer avec la hiérarchie du mentoré. »

 

Deux axes d'accompagnement

Ce nouveau programme de l’AFU s’articule autour de deux axes principaux : d’une part, l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle, avec des difficultés liées au rythme de travail, à l’isolement ou aux tensions hiérarchiques ; d’autre part, le développement de carrière, en exercice libéral comme en milieu universitaire.

Concrètement, les mentors répondent aux interrogations spécifiques de leurs mentoré(e)s. Lorsqu’un(e) jeune praticien(ne) envisage de s’installer en clinique, ses questions portent sur des aspects pratiques : constitution de la patientèle, gestion administrative, choix des modalités d’association. En cas d’ambition universitaire, l’accompagnement concerne les spécificités d’un parcours perçu comme exigeant par les nouvelles générations.

Le programme favorise un échange mutuel, souvent enrichissant aussi pour les mentors. « Cette relation leur permet de mieux percevoir les réalités professionnelles auxquelles sont confrontés les jeunes praticiens », souligne Géraldine Pignot.

L'AFU formalise actuellement cette démarche par la rédaction d'une charte de mentorat précisant les principes et modalités du programme.

 

par Pierre Derrouch

Calendrier de déploiement

  • Mi-juin: Appel à candidatures auprès des urologues souhaitant devenir mentors bénévoles. Formation par visioconférence de trois sessions de deux heures couvrant les bases du mentorat et les écueils à éviter ;
  • Septembre: Appel à candidatures pour les mentorés lancé par l’AFUF auprès des internes, assistants et chefs de clinique ;
  • Octobre-novembre: Processus de mise en relation personnalisée entre mentors et mentorés selon les profils et projets professionnels.
  • Lancement officiel prévu lors du CFU 2025 en novembre
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Du vendredi 12 au samedi 13 septembre 2025 à la MUR

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L’application RecoAFU de l’Association française d’urologie va prochainement s’enrichir de nouvelles recommandations pour la prise en charge du cancer de la vessie. Après une décennie sans innovations majeures, à l’exception du nouveau standard de prise en charge en première ligne des carcinomes urothéliaux métastatiques, combinant enfortumab vedotin et pembrolizumab, plusieurs avancées significatives modifient désormais l’approche de cette pathologie à un stade plus précoce.

 

Pour rappel, l’association d’un anticorps conjugué à une chimiothérapie (enfortumab vedotin) avec une immunothérapie, à savoir le pembrolizumab, dans la prise en charge en première ligne du cancer de la vessie au stade métastatique, est recommandée par l’AFU depuis fin 2023. Elle a été complétée par une innovation encore plus récente concernant les stades localisés de la maladie, spécifiquement pour les cancers de la vessie infiltrant le muscle (TVIM).

 

L’immunothérapie en sandwich

Une nouvelle avancée scientifique arrive dans RecoAFU, avec l’introduction de l’immunothérapie en contexte périopératoire. L’étude NIAGARA, présentée à l’ESMO 2024 puis actualisée à l’EAU et à l’AUA 2025, a montré l’intérêt d’ajouter du durvalumab (anti-PD-L1) à la chimiothérapie néoadjuvante (gemcitabine-cisplatine) avant une cystectomie totale, suivi d’un traitement par durvalumab en adjuvant, chez des patients atteints d’une tumeur de la vessie infiltrant le muscle localisée. Ces travaux rapportent une réduction significative du risque de récidive et une amélioration du taux de réponse pathologique complète dans le bras expérimental, ainsi qu’une amélioration significative de la survie globale.

« C’est un changement notable dans nos pratiques puisque, depuis 30 ans, nous utilisions uniquement la chimiothérapie néoadjuvante pour ces patients, même si depuis 3 ans, nous avions la possibilité de prescrire de l’immunothérapie en situation adjuvante après la cystectomie pour des tumeurs considérées comme à haut risque de récidive et présentant une surexpression du marqueur PD-L1 », indique Géraldine Pignot, membre du Conseil d’administration de l’AFU. Désormais, l’immunothérapie en sandwich est disponible, avant et après la chirurgie, en complément de la chimiothérapie néoadjuvante. De plus, elle peut être proposée à tous les patients, indépendamment de marqueurs d’expression comme le PD-L1.

Cette évolution soulève toutefois une problématique pour les urologues français, habitués au protocole de chimiothérapie MVAC dose-dense (ddMVAC) en situation néoadjuvante, et dont l’efficacité supérieure en survie sans progression et en survie globale a été démontrée par l’étude française VESPER.

Faut-il alors que les urologues français changent complètement leur stratégie en se tournant vers l’association gemcitabine-cisplatine et en y associant l’immunothérapie en périopératoire ? Faut-il préserver le protocole MVAC en néoadjuvant, puis rediscuter au cas par cas de l’immunothérapie par nivolumab en adjuvant, uniquement pour les patients PD-L1 positifs ?

 

Des critères décisionnels pour guider les praticiens

L’approche de l’AFU et de son comité de cancérologie – cancer de la vessie ne va pas supprimer une stratégie au détriment de l’autre, mais plutôt proposer deux options dans l’arbre décisionnel : soit poursuivre avec le MVAC et l’immunothérapie adjuvante, soit suivre le modèle de l’étude NIAGARA avec chimiothérapie néoadjuvante par GC plus durvalumab, suivie de durvalumab en adjuvant après la cystectomie.

Plusieurs critères vont guider le choix de la stratégie la plus adaptée. La fonction rénale est déterminante. « L’étude NIAGARA a inclus des patients avec une clairance de la créatinine entre 40 et 60 ml/min, alors que le protocole MVAC nécessite une clairance supérieure à 60 ml/min », précise Géraldine Pignot. « Peut-être pourra-t-on proposer la stratégie GC plus durvalumab à des patients qui, aujourd’hui, étaient inéligibles au MVAC parce qu’insuffisants rénaux », ajoute-t-elle.

L’état général du patient et ses comorbidités constituent un second critère important. La toxicité plus élevée du MVAC, un peu plus difficile à supporter que le GC, conduira éventuellement à orienter certains patients un peu « fragiles » vers la stratégie GC plus durvalumab plutôt que vers le MVAC.

Troisième facteur à prendre en considération : l’expertise française avec le protocole MVAC peut justifier, dans certains centres où les équipes maîtrisent parfaitement sa gestion, de maintenir cette option thérapeutique malgré les résultats de NIAGARA.

 

Une nouvelle étude NIAGARA en vue pour optimiser la stratégie

Une nouvelle étude, NIAGARA 2, devrait apporter des éclaircissements. Ce nouvel essai, inspiré de NIAGARA mais adapté à la pratique française, évaluera l’efficacité et la tolérance du MVAC seul en néoadjuvant versus MVAC associé à du durvalumab en néoadjuvant, suivi de durvalumab seul en adjuvant.

« Ce n’est pas tout à fait une étude de phase 3 au sens où l’on ne va pas vraiment pouvoir conclure que c’est un nouveau standard, mais elle montrera très certainement que les bénéfices sont du même ordre », observe Géraldine Pignot. Les premières inclusions devraient démarrer en France fin 2025 : « Cela permettra aux oncologues et urologues français, familiers du protocole MVAC, d’apprécier cette association MVAC-durvalumab, et de voir si, en termes de tolérance, il n’y a pas d’autres signaux. »

Avoir deux standards thérapeutiques peut-il être un problème ? « Au contraire, disposer de plusieurs stratégies pour nos patients est toujours bénéfique », conclut-elle.

 

par Pierre Derrouch

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4ème édition du Mont Ventoux pour la santé de l’homme organisée par l’Association Française d’Urologie !

 

Nous sommes ravis de vous inviter à participer à notre événement exceptionnel au Mont Ventoux, organisé par l'Association Française d'Urologie.

Cet événement a pour objectif de sensibiliser le public à la santé de l'homme et, en particulier, à la prévention des pathologies urologiques dont les cancers. 

Le Mont Ventoux, symbole de défi et de solidarité, sera le cadre idéal pour cette journée dédiée à la sensibilisation avec cette année encore plus de 600 participants en vélo musculaires ou électriques.

En participant, vous contribuerez non seulement à une noble cause pour le fond d’innovation en urologie et soutenir des projets de recherche pour la santé de l'homme, mais vous aurez également l'occasion de rencontrer d'autres passionnés de la santé.

 

Détails de l'événement :

Date : 30 aout 2025

Heure : 9h

Lieu : Bédouin

S’inscrire

Ensemble, encourageons la prévention et soutenons la recherche !

 

Pr. Alexandre de la Taille
Président de l’Association Française d’Urologie (AFU)

After Movie 2024

https://www.youtube.com/watch?v=ZylasROjTIQ Historique

Campagne 2024 – Campagne 2023Campagne 2022Journée européenne de la prostate 2018Journée européenne de la prostate 2017 

[post_title] => Roulons pour la santé de l'homme [post_excerpt] => [post_status] => publish [comment_status] => open [ping_status] => open [post_password] => [post_name] => roulons-pour-la-sante-de-lhomme [to_ping] => [pinged] => [post_modified] => 2025-06-04 11:02:51 [post_modified_gmt] => 2025-06-04 09:02:51 [post_content_filtered] => [post_parent] => 0 [guid] => https://www.urofrance.org/?p=111953 [menu_order] => 0 [post_type] => post [post_mime_type] => [comment_count] => 0 [filter] => raw ) [6] => WP_Post Object ( [ID] => 112380 [post_author] => 6357 [post_date] => 2025-05-03 10:13:16 [post_date_gmt] => 2025-05-03 08:13:16 [post_content] =>

Jeudi 12 et vendredi 13 juin 2025 à Grenoble

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L’AFU se mobilise à nouveau pour faire parler de ce cancer, de ses symptômes et de ses facteurs, notamment le tabac.

Découvrir le pathologie

[post_title] => MOIS DE MAI – SENSIBILISATION AU CANCER DE VESSIE [post_excerpt] => [post_status] => publish [comment_status] => open [ping_status] => open [post_password] => [post_name] => mois-de-mai-sensibilisation-au-cancer-de-vessie-2 [to_ping] => [pinged] => [post_modified] => 2025-06-04 11:05:09 [post_modified_gmt] => 2025-06-04 09:05:09 [post_content_filtered] => [post_parent] => 0 [guid] => https://www.urofrance.org/?p=111365 [menu_order] => 0 [post_type] => post [post_mime_type] => [comment_count] => 0 [filter] => raw ) [8] => WP_Post Object ( [ID] => 112415 [post_author] => 6357 [post_date] => 2025-04-29 08:52:31 [post_date_gmt] => 2025-04-29 06:52:31 [post_content] =>

Les nouvelles recommandations 2025 de l’Association européenne d’urologie (EAU), publiées dans European Urology, actualisent la prise en charge des tumeurs de la vessie infiltrant le muscle (TVIM) et métastatiques. Fondées sur une revue systématique de la littérature, elles classent les recommandations selon leur niveau de preuve et insistent sur la multidisciplinarité et la décision partagée. Elles peuvent différer des référentiels établis par l’AFU et son comité de cancérologie de la vessie (CCAFU).

L’application de ces nouvelles recommandations pourrait influer sur les stratégies diagnostiques et thérapeutiques des patients atteints de TVIM. Plusieurs points changent la pratique.

 

Éléments nouveaux et modifications majeures

L’association enfortumab védotine + pembrolizumab devient un standard en première ligne métastatique, avec une survie globale (SG) médiane de 31,5 mois contre 16,1 mois avec la chimiothérapie (hazard ratio [HR] : 0,47). Cette association est indiquée chez les patients ayant un statut de performance ECOG 0–2, une fonction rénale conservée (débit de filtration glomérulaire [DFG] >30 ml/min) et une neuropathie < grade 2.

L’erdafitinib est recommandé chez les patients présentant des altérations du gène FGFR3 en situation avancée. En cas de surexpression HER2, le trastuzumab deruxtecan devient une option thérapeutique. À l'inverse, le sacituzumab govitecan n'est plus recommandé après retrait de son autorisation par la FDA.

En adjuvant, le nivolumab est validé pour les patients pT3/4 et/ou pN+ sans chimiothérapie néoadjuvante, avec une amélioration de la survie sans récidive (SSR) : 20,8 vs 10,8 mois ; HR : 0,70. Le nivolumab est approuvé par la FDA quel que soit le statut PD-L1, mais son indication par l’EMA est restreinte aux patients avec une expression PD-L1 ≥1 %.

La radiothérapie préopératoire est abandonnée ; la radiothérapie adjuvante peut être proposée en cas de marge positive ou d’atteinte ganglionnaire, sans preuve d’amélioration de la SG. La cystectomie reste indiquée pour les stades T2–T4a N0M0 et certains cas de tumeurs non infiltrantes à haut risque. Le volume opératoire est un critère de qualité, avec un seuil de 20 cystectomies/an recommandé. La reconstruction par néovessie orthotopique est contre-indiquée en cas de tumeur invasive de l’urètre ou au niveau du site de dissection urétrale.

 

Stadification initiale et rôle de l’imagerie

L’imagerie par résonance magnétique (IRM) multiparamétrique avec score VI-RADS est recommandée avant la résection transurétrale d’une tumeur vésicale (RTUV) pour la stadification locale. Le score nacVI-RADS pourrait prédire la réponse aux traitements néoadjuvants, mais nécessite une validation prospective. Le bilan d’extension inclut une tomodensitométrie thoraco-abdominopelvienne. L’IRM ou la tomographie par émission de positons couplée à la tomodensitométrie (TEP/CT) peuvent être utilisées selon les situations. La recherche de biomarqueurs (altérations FGFR3, expression de PD-L1, ADN tumoral circulant [ctADN]) est intégrée à certaines décisions thérapeutiques.

 

Stratégies selon le stade tumoral

Chez les patients cT2–T4a N0M0, une chimiothérapie néoadjuvante à base de cisplatine est recommandée (schéma dose-dense méthotrexate, vinblastine, adriamycine, cisplatine [dd-MVAC] ou schéma gemcitabine + cisplatine [GC]), avec un gain de SG absolue à 5 ans de 8 %. En cas d’inéligibilité au cisplatine, l’immunothérapie seule reste réservée aux essais cliniques. Le traitement trimodal (RTUV complète + chimiothérapie + radiothérapie) est une alternative validée chez les patients sélectionnés, avec des taux de survie spécifique à 10 ans comparables à ceux de la cystectomie. Une surveillance prolongée est indispensable après traitement conservateur, compte tenu d’un risque de récidive non infiltrante (25 %) ou infiltrante (10–15 %) pouvant nécessiter une cystectomie de rattrapage.

 

Traitement de la maladie métastatique

Chez les patients éligibles, l’association enfortumab védotine + pembrolizumab est le nouveau standard de première ligne, avec un taux de réponse objective de 67,7 %, dont 29 % de réponses complètes. En l’absence d’accès à l’enfortumab, les associations gemcitabine + cisplatine suivies d’un traitement de maintenance par avelumab, ou gemcitabine + cisplatine + nivolumab, sont recommandées. Les patients inéligibles au traitement combiné peuvent recevoir une immunothérapie seule si le statut PD-L1 est positif. En deuxième ligne, les options dépendent du traitement initial. L’erdafitinib est indiqué en cas d’altération FGFR3. Le trastuzumab deruxtecan est proposé en cas de surexpression HER2. Les inhibiteurs de points de contrôle immunitaire (pembrolizumab, nivolumab) conservent une place centrale, y compris après échec du cisplatine.

 

Adaptation du traitement à la fragilité et modalités de prise en charge

L’évaluation de la fragilité (score G8, indice de Charlson, statut de performance ECOG) guide les choix thérapeutiques. La cystectomie avec préservation des organes sexuels est envisageable chez les patients sélectionnés. Chez les hommes, cette option concerne les patients très motivés présentant une maladie organo-confinée sans atteinte prostatique, col vésical ni urètre. Chez les femmes, la préservation est possible en l’absence de tumeur dans les zones concernées, avec un bénéfice attendu sur la fonction vésicale après néovessie. Le suivi post-thérapeutique inclut une surveillance prolongée, notamment après traitement conservateur. Une prise en charge dans des centres à haut volume est recommandée, ainsi qu’une discussion systématique en réunion de concertation pluridisciplinaire.

par Pierre Derrouch

 

Référence

van der Heijden AG, Bruins HM, Carrion A, et al. European Association of Urology Guidelines on Muscle-invasive and Metastatic Bladder Cancer: Summary of the 2025 Guidelines. Eur Urol. 2025. https://doi.org/10.1016/j.eururo.2025.02.019

[post_title] => Recommandations 2025 de l’EAU sur les tumeurs de la vessie infiltrant le muscle et métastatiques : quelles évolutions pour la pratique ? [post_excerpt] => [post_status] => publish [comment_status] => open [ping_status] => open [post_password] => [post_name] => recommandations-2025-de-leau-sur-les-tumeurs-de-la-vessie-infiltrant-le-muscle-et-metastatiques-quelles-evolutions-pour-la-pratique [to_ping] => [pinged] => [post_modified] => 2025-06-05 09:22:16 [post_modified_gmt] => 2025-06-05 07:22:16 [post_content_filtered] => [post_parent] => 0 [guid] => https://www.urofrance.org/?p=112415 [menu_order] => 0 [post_type] => post [post_mime_type] => [comment_count] => 0 [filter] => raw ) [9] => WP_Post Object ( [ID] => 112346 [post_author] => 6357 [post_date] => 2025-04-22 16:27:59 [post_date_gmt] => 2025-04-22 14:27:59 [post_content] =>

La SafeTeam Academy est très fière d'accompagner les urologues dans ce programme piloté par URORISQ.

Pensé pour s'adapter aux contraintes horaires des praticiens, ce programme est accessible 24/7 en distanciel. Nous utilisons la vidéo simulation immersive pour vous plonger dans votre environnement.

Ce programme innovant est constitué de plusieurs parcours tels que la gestion d'une urgence hémorragique en chirurgie robot assistée, l'optimisation de l'usage de la checklist chirurgicale et du travail en équipe, l'annonce d'un dommage associé aux soins. L'objectif est d'analyser ses routines et de réfléchir entre collègues aux pistes d'amélioration et plan d'actions à mettre en œuvre dans sa pratique.

Découvrir le programme S'inscrire Pour en savoir plus : SafeTeam Academy : formation pour la sécurité et la qualité des soins   [post_title] => Formation e-learning en partenariat avec Safe Team Academy [post_excerpt] => [post_status] => publish [comment_status] => open [ping_status] => open [post_password] => [post_name] => formation-e-learning-en-partenariat-avec-safe-team-academy [to_ping] => [pinged] => [post_modified] => 2025-04-22 16:31:00 [post_modified_gmt] => 2025-04-22 14:31:00 [post_content_filtered] => [post_parent] => 0 [guid] => https://www.urofrance.org/?p=112346 [menu_order] => 0 [post_type] => post [post_mime_type] => [comment_count] => 0 [filter] => raw ) [10] => WP_Post Object ( [ID] => 111371 [post_author] => 6357 [post_date] => 2025-02-19 11:02:28 [post_date_gmt] => 2025-02-19 10:02:28 [post_content] =>

10-11 avril 2025
Novotel Paris Tour Eiffel

Découvrir l'évènement

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Un besoin soudain, impérieux et irrépressible d’uriner ? Vous souffrez peut être d’hyperactivité vésicale.

Découvrir la pathologie

[post_title] => SEMAINE DE LA CONTINENCE 2025 [post_excerpt] => [post_status] => publish [comment_status] => open [ping_status] => open [post_password] => [post_name] => semaine-de-la-continence-2025 [to_ping] => [pinged] => [post_modified] => 2025-02-20 12:52:30 [post_modified_gmt] => 2025-02-20 11:52:30 [post_content_filtered] => [post_parent] => 0 [guid] => https://www.urofrance.org/?p=111368 [menu_order] => 0 [post_type] => post [post_mime_type] => [comment_count] => 0 [filter] => raw ) [12] => WP_Post Object ( [ID] => 111426 [post_author] => 6357 [post_date] => 2025-02-18 18:14:37 [post_date_gmt] => 2025-02-18 17:14:37 [post_content] =>

Le congrès 2025 de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO) sur les cancers génito-urinaires, qui s’est tenu du 13 au 15 février à San Francisco, a mis en avant des résultats clés issus de plusieurs essais cliniques. Ces nouvelles analyses confirment l’intérêt des thérapies ciblées et de l’immunothérapie, avec des avancées significatives en matière de survie et de qualité de vie. Certaines associations thérapeutiques semblent émerger comme de nouveaux standards de traitement, avec la possibilité d’améliorer la prise en charge des patients atteints de cancers avancés de la prostate, de la vessie et du rein.

 

Cancer de la prostate :

Essai TALAPRO-2 : Les résultats finaux de l’essai de phase 3 TALAPRO-2, présentés à l’ASCO GU 2025, confirment que l’association talazoparib + enzalutamide améliore  la survie globale et la survie sans progression radiographique (rPFS) en première ligne chez les patients atteints de cancer de la prostate métastatique résistant à la castration (mCRPC), indépendamment des altérations des gènes de réparation de l’ADN (HRR).

Avec un suivi médian de 52,5 mois, la survie médiane atteint 45,8 mois avec talazoparib + enzalutamide contre 37,0 mois avec enzalutamide seul (HR 0,796 ; p = 0,0155). La rPFS médiane est également prolongée (33,1 vs 19,5 mois, HR 0,667 ; p < 0,0001).

Le profil de tolérance reste maîtrisé, avec des effets indésirables de grade ≥3 principalement hématologiques (anémie 49 %, neutropénie 19 %) et une absence de nouveaux signaux de sécurité.

Ces résultats renforcent l’intérêt de l’association talazoparib + enzalutamide comme option de première ligne dans le mCRPC, avec un bénéfice clinique significatif sur la survie.

https://www.asco.org/abstracts-presentations/ABSTRACT472362

ClinicalTrials.gov ID : NCT03395197

 

Cancer de la vessie :

Essai NIAGARA : Présentée à l’ASCO GU 2025, l’étude de phase 3 NIAGARA confirme que le durvalumab  associé à une chimiothérapie néoadjuvante améliore la survie des patients atteints d’un cancer de la vessie infiltrant le muscle. Comparé à la chimiothérapie néoadjuvante seule, ce traitement réduit de 33 % le risque de métastases ou de décès et de 31 % la mortalité spécifique du cancer de la vessie, sans compromettre la cystectomie radicale.

Un point clé de cette étude réside dans l’analyse post hoc explorant l’impact de la réponse pathologique complète (pCR). Les patients atteignant une pCR après chimiothérapie néoadjuvante ont un meilleur pronostic global, avec une survie sans événement (EFS) et une survie globale supérieures. Il ressort de ces données que l’ajout du durvalumab améliore ces deux critères, y compris chez ceux qui ne présentent pas de pCR : avec pCR : EFS (HR 0,58), OS (HR 0,72) ; sans  pCR : EFS (HR 0,77), OS (HR 0,84).

Ces résultats suggèrent que le durvalumab apporte un bénéfice indépendant du statut pCR, ouvrant la voie à une adoption plus large du traitement.

Concernant la tolérance au traitement, les effets indésirables immunitaires restent majoritairement de faible intensité, et sont principalement des dysfonctionnements thyroïdiens.

Avec ces données, le durvalumab périopératoire s’impose comme un nouveau standard potentiel dans le traitement du cancer de la vessie infiltrant le muscle, offrant une amélioration significative de la survie.

https://meetings.asco.org/abstracts-presentations/242845

ClinicalTrials.gov ID :  NCT03732677

 

Cancer du rein :

Étude LITESPARK-003 : Les derniers résultats de l’essai LITESPARK-003 confirment l’efficacité durable de l’association belzutifan + cabozantinib dans le carcinome rénal à cellules claires avancé (ccRCC).

Avec un suivi médian de 34,4 mois en première ligne et de 49,9 mois après traitement préalable, la survie sans progression (PFS) médiane atteint 30,3 mois en première ligne et 13,8 mois en seconde ligne, avec des taux de réponse de 70 % et 31 %, respectivement. Plus de 50 % des répondeurs maintiennent leur réponse au-delà de 24 mois.

Le profil de tolérance reste conforme aux attentes, sans nouveaux signaux de sécurité. Ces résultats confortent le potentiel de l’inhibition de HIF-2α associée à un anti-VEGFR et justifient de nouvelles études de phase 3.

Détails de l’étude : https://meetings.asco.org/abstracts-presentations/242629

ClinicalTrials.gov ID : NCT03634540

 

Pierre Derrouch

[post_title] => ASCO GU 2025 (1ère partie) : De nouvelles avancées pour le traitement des cancers de la prostate, de la vessie et du rein [post_excerpt] => [post_status] => publish [comment_status] => open [ping_status] => open [post_password] => [post_name] => asco-gu-2025-1ere-partie-de-nouvelles-avancees-pour-le-traitement-des-cancers-de-la-prostate-de-la-vessie-et-du-rein [to_ping] => [pinged] => [post_modified] => 2025-03-20 11:00:25 [post_modified_gmt] => 2025-03-20 10:00:25 [post_content_filtered] => [post_parent] => 0 [guid] => https://www.urofrance.org/?p=111426 [menu_order] => 0 [post_type] => post [post_mime_type] => [comment_count] => 0 [filter] => raw ) ) [post_count] => 13 [current_post] => -1 [before_loop] => 1 [in_the_loop] => [post] => WP_Post Object ( [ID] => 113823 [post_author] => 6357 [post_date] => 2025-09-09 11:37:27 [post_date_gmt] => 2025-09-09 09:37:27 [post_content] =>

20 novembre 2025

L’AFU organise pour la troisième année une journée d’information dédiée à tous les patients, hommes et femmes et à leurs accompagnants. Venez à la rencontre des associations de patients et des médecins experts dans toutes les aires thérapeutiques de l’urologie.

 Au programme de cette journée, de nombreux ateliers, moments d’échanges et de débats autour des grands enjeux actuels en urologie.

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