Recommandations du Comité d’Andrologie et de Médecine Sexuelle de l’AFU concernant la prise en charge de la vasectomie
Répondre aux principales questions cliniques que se posent les praticiens et les hommes consultant pour une demande de vasectomie.
La méthode RPC (Recommandations pour la pratique clinique) a été utilisée. Une recherche bibliographique Pubmed sur la période 1984–2021 a identifié 508 références, parmi lesquelles 93 ont été retenues et analysées.
La vasectomie est une contraception permanente, potentiellement réversible. Il s’agit d’une intervention sûre. Les complications chirurgicales (hématomes, infections, douleurs…) sont rares. La fréquence des douleurs scrotales prolongées affectant la qualité de vie est de 1–2 %. La vasectomie n’a pas des conséquences négatives sur la sexualité. La vasectomie est contre-indiquée chez le patient mineur ou présentant un handicap intellectuel ou en cas d’impossibilité d’identifier et d’exposer le canal déférent. Les patients à risque majoré de regret sont les hommes célibataires, divorcés ou séparés, sans enfant et d’âge inférieur à 30 ans. La conservation de sperme sera discutée. Quelle qu’en soit la raison, la loi laisse au chirurgien la possibilité de refuser de pratiquer la vasectomie. Il doit en informer le patient dès la première consultation. L’anesthésie locale devrait être considérée en première intention. L’anesthésie générale peut notamment être envisagée en cas d’anxiété, de sensibilité du patient, et de difficulté prévisible de la procédure. Deux points paraissent améliorer l’efficacité de la vasectomie : la coagulation de la muqueuse déférentielle et l’interposition de fascia. Laisser libre l’extrémité testiculaire du canal déférent paraît diminuer le risque de survenue du syndrome post-vasectomie sans augmenter le risque d’échec, ni de complications. La vasectomie mini-invasive, dont la technique « sans bistouri », paraît associée à un risque plus faible de complications postopératoires que la vasectomie conventionnelle. Il est recommandé de réaliser un spermogramme à 3 mois post-vasectomie et après 30 éjaculations. S’il persiste des spermatozoïdes à 3 mois, un contrôle 6 semaines plus tard est recommandé. En cas de spermatozoïdes mobiles ou de plus de 100 000 spermatozoïdes immobiles/mL à 6 mois (définissant l’échec), une nouvelle vasectomie devra être envisagée. Une contraception doit être maintenue tant que l’efficacité de la vasectomie n’est pas confirmée.
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