Complications des bandelettes sous urétrales : une revue de la littérature par le Comité d’urologie et pelvipérinéologie de la femme de l’Association française d’urologie
La mise en place d’une bandelette sous-urétrale est le gold standard dans la prise en charge chirurgicale de l’incontinence urinaire d’effort de la femme en France. L’efficacité de ce matériel n’est plus à démontrer mais les complications per- et postopératoires font l’objet à l’heure actuelle d’une controverse importante en Europe mais également outre-Manche et outre-Atlantique ayant conduit à la modification des indications opératoires. En France, la réglementation évolue également avec un encadrement plus strict des indications opératoires par RCP et une obligation de suivi postopératoire à court, moyen et long terme.
Dans ce contexte, le CUROPF a entrepris de réaliser une revue de la littérature rassemblant les preuves scientifiques disponibles concernant la survenue de complications per- et postopératoires relatives à la pose de BSU.
La recherche bibliographique a été réalisée à partir de la base de données Medline et 123 articles ont été retenus.
L’analyse des données met en évidence des complications variées, dépendantes du matériel implanté, du terrain initial et de l’indication opératoire. La bandelette sous-urétrale rétro-pubienne est pourvoyeuse de plus d’effraction vésicale peropératoire (jusqu’à 14 %), plus de douleurs sus pubiennes (4 %) et plus de rétention aiguë d’urine et dysurie en postopératoire (jusqu’à respectivement 19,7 % et 26 %). La bandelette sous-urétrale trans obturatrice est responsable de plus d’effraction vaginale peropératoire (10,9 %), plus de douleur de membre inférieur d’origine neurologique (jusqu’à 26,7 %). Le risque de survenue d’un syndrome d’HAV est similaire dans les 2 voies d’abord (33 %). Mais ces risques de complications sont à pondérer par un fort impact de la chirurgie de l’incontinence urinaire sur l’amélioration de la qualité de vie globale de ces femmes.
Ainsi la connaissance de ces risques ne doit pas limiter l’indication de la prise en charge de l’incontinence urinaire d’effort par la pose de la BSU mais doit permettre de pondérer les indications opératoires en fonction du terrain, d’informer les patientes de manière éclairée et les surveiller étroitement sur long terme.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.