Traitement du cancer de prostate localisé par ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU) : étude d’une population multicentrique traitée en 1re intention selon les critères du CCAFU
Objectifs.- Evaluer les résultats carcinologiques et fonctionnels de patients traités en 1ère intention par HIFU pour cancer de la prostate dans 3 CHUs. Les patients répondaient strictement aux critères d’inclusion du CCAFU 2007 et avaient un minimum de suivi de 3 ans.
Méthodes.- Il s’agit d’une étude rétrospective avec recueil prospectif des données, tricentrique, concernant 73 patients ayant subi au moins une séance d’HIFU pour cancer de prostate localisé, entre Octobre 2005 et Avril 2007. L’âge moyen des patients était de 75,7 (+/- 2,8) ans. Le PSA initial moyen était de 7,8 (+/- 2,9) ng/ml pour un volume prostatique initial de 23,8 cc en moyenne (+/- 7,7). 67,1 % des patients avaient un score de Gleason biopsique initial ? 6 et 32,9 % égal à 7. Les critères d’évaluation étaient : l’échec de l’HIFU (PBPs de contrôle positives et/ou récidive biologique selon définition de l’ASTRO avec critère de Phoenix (= PSA à Nadir + 2 ng/ml) et/ou traitement de rattrapage), le PSA Nadir, la survie sans récidive (= survie sans échec), la survenue de complications post opératoires induites par l’ HIFU.
Résultat.- Le PSA Nadir médian était de 0,11 ng/ml (0-9,6) et était obtenu 12,4 (+/- 10,3) semaines après le traitement. Le volume prostatique avant HIFU était significativement différent entre les patients selon que leur PSA Nadir était ? ou > 0,2 ng/ml : p = 0,046. Après un suivi médian d’au moins 3 ans (3 à 4,5 ans), 83 % des patients étaient sans récidive biochimique selon la définition de Phoenix de l’ASTRO alors que 14 patients étaient en échec de traitement (19,2%). 84 % des biopsies de contrôle réalisées au sixième mois post-opératoire étaient négatives (n=38). 24,6 % des patients présentaient une incontinence urinaire d’effort aux dernières nouvelles. 26 % des patients ont subi au moins un épisode obstructif post-HIFU dont 79% résolutifs après un traitement médical dans les 3 mois. 16 patients ont présenté une aggravation de leur statut érectile alors que > 80% des autres avaient une DE préexistante. Il n’est survenu aucune complication grave type fistule recto-urethrale ou brûlure rectale.
Conclusion.- Les UltraSons Focalisés de Haute Intensité constituent une alternative mini-invasive fiable et reproductible aux autres thérapeutiques dans le traitement du cancer de prostate localisé chez des patients de plus de 70 ans.