Substituer la leuproréline par degarelix améliore la survie sans récidive biologique des patients atteints d’un cancer de la prostate
Objectifs.- Un essai international de phase III CS21 comparant chez les patients atteints d’un cancer prostatique hormono-dépendant, l’efficacité et la tolérance du dégarélix, antagoniste de la GnRH versus leuproréline, agoniste de la GnRH, a déjà été présenté. De nouvelles données résultant de l’étude de prolongation CS21A, qui incluait, conformément au protocole, les patients traités par leuproréline pendant un an et acceptant de poursuivre l’hormonothérapie dans le groupe dégarélix, ont permis d’évaluer la survie sans progression du PSA après substitution de la leuproréline par dégarélix.
Méthodes.- Les patients atteints d’un cancer prostatique ont été répartis en trois groupes ; 1er : dose initiale dégarélix 240 mg, suivie de 80 mg/mois (N=207), 2ème : dose initiale dégarélix 240 mg, suivie de 160 mg/mois (N= 202), 3ème : leuproréline LP 7,5 mg/mois (N=201). Au-delà d’un an, les patients sous leuproréline ont été randomisés entre dégarélix 240/80 mg et 240/160 mg. La survie sans progression du PSA à long termea été définie par le délai jusqu’à échappement du PSA ou jusqu’au décès.
Résultat.- La survie à un an sans récidive biologique était significativement supérieure dans le groupe dégarélix versus leuproréline (p = 0,0495). Au-delà d’un an, la substitution du dégarélix à la leuproréline réduit significativement le risque d’échappement biologique, passant de 0,20 évènement/an à 0,09 après substitution (p=0,006). Dans le groupe dégarélix, les risques correspondant étaient de 0,11 et 0,14. Les patients traités par dégarélix ont présentés moins d’évènements indésirables musculo-squelettiques.
Conclusion.- Ces données suggèrent que les patients traités par dégarélix ont une survie sans progression biologique (PSA) plus longue que ceux traités par leuproréline durant la première année de traitement et que la substitution du dégarélix à la leuproréline entraîne une amélioration de la survie sans progression biologique (PSA). Ces résultats devront être confirmés par d’autres essais cliniques.