Peut-on proposer l’anastomose pyélo-urétérale de première intention en transplantation rénale ? Etude prospective de 280 receveurs
Objectifs.- Evaluer les résultats de l’anastomose pyélo-urétérale comme dérivation urinaire de première intention lors de la transplantation rénale
Méthodes.- Entre 2007 et 2008, une étude prospective bicentrique a inclus 280 receveurs dans deux centres français :151 anastomoses pyélo-urétérales (groupe 1) de première intention et 129 anastomoses urétéro-vésicales (groupe 2) comme technique de référence pour chacun des centres. Les données concernant le donneur, le greffon et l’incidence des complications étaient répertoriées. Les résultats on été analysés en 2009 avec un minimum de 12 mois de recul. Le test exact de Fisher était utilisé pour comparer les moyennes des deux groupes.
Résultat.- Pour les groupes 1 et 2, l’âge moyen des receveurs était de respectivement 53 et 47ans. Il s’agissait de greffons issus de donneurs en mort encéphalique dans respectivement 78% et 86% des cas, de donneurs vivants dans 22% et 3.9% des cas et de donneurs à cur arrêté dans 10.1% des cas du groupe 2. La durée moyenne d’ischémie froide était de respectivement 1122 et 1011 minutes. Une sonde double J était mise en place dans respectivement 68.9% et 21.7% des cas. Le taux global de complications urologiques était comparable dans les deux groupes (9.3% groupe 1 et 13.2% groupe 2, p=0.15) mais le risque de reprise chirurgicale pour réfection de l’anastomose urinaire était plus faible dans le groupe 1 (1.3 vs 5.4, P<0.05). Aucun greffon n’a été perdu pour une complication urinaire
Conclusion.- L’anastomose pyélo-urétérale de première intention est une technique sûre permettant, dans les limites de cette étude, une diminution du taux de reprise chirurgicale pour complication urinaire. De plus, le risque théorique de se retrouver sans possibilité de réfection, soulevé par les détracteurs de cette technique, n’a pas été observé.