Le priapisme : quels changements à propos d’une série rétrospective de 89 cas pendant 25 ans ?
Objectifs.- Depuis la découverte des injections intra-caverneuses (IIC) de drogues vaso-actives, la prise en charge des troubles érectiles a considérablement progressé. Mais, à la différence de l’insuffisance érectile, la rareté du priapisme explique qu’il reste mal connu. Pour cette raison, une analyse rétrospective des priapismes observés dans notre service (centre andrologique référent) a été faite sur une période de 25 ans.
Méthodes.- Les principales caractéristiques (fréquence, mécanisme, étiologie, traitement, résultat) des priapismes hospitalisés ont été comparées entre deux périodes similaires (1985-1996 et 1997-2009) dans notre hôpital.
Résultat.- 1) 1985-1996 : 46 cas (3.8 / an) âge moyen 39 ans (15 à 72), tous veineux dont 35 iatrogènes (29 post-IIC), 5 hématologiques et 6 idiopathiques. Dix cas d’étiologie variée (2 hématologiques, 2 idiopathiques, 6 iatrogènes dont 2 post IIC), âge moyen : 40.5 opérés (22%) après échec du traitement médical (ponction + IIC d’alphastimulant) après délai moyen de 43 heures (18-144); 2) 1997-2009 : 43 cas (3.4/ an) âge moyen 48 ans (10 à 82), de mécanisme plus varié : a) 24 veineux dont 12 iatrogènes (8 post-IIC), 1 hématologique et 11 idiopathiques. Huit priapismes veineux (6 idiopathiques et 2 iatrogènes d’âge moyen 57.6) opérés (33%) après échec du traitement médical après délai moyen de 87.5 heures (24-360), b) 4 artériels post-traumatiques traités avec succès par embolisation, c) 15 priapismes intermittents chroniques d’origine indéterminée (mais hors drépanocytose) dont 14 médicalement traités car invalidants avec amélioration constante mais variable.
Conclusion.- Cette étude observationnelle rétrospective sur 25 ans montre 5 faits : 1) le priapisme reste rare (même dans un centre référent), 2) le priapisme veineux reste une urgence urologique sans réel progrès (proportion et délai préthérapeutique similaires pour chirurgie), 3) l’anastomose d’Alghorab est notre technique de référence, 4) la régression de l’étiologie iatrogène, 5) l’augmentation inattendue des priapismes chroniques difficiles à traiter.