Impact sur la qualité de vie des injections répétées de toxine botulique A chez les patients ayant une hyperactivité détrusorienne idiopathique
Objectifs.- Evaluer l’impact d’injections répétées de toxine botulique A sur la qualité de vie des patients ayant une incontinence urinaire par hyperactivité détrusorienne idiopathique (HDI).
Méthodes.- Entre 2003 et 2009, 42 patients (7 hommes-35 femmes), d’âge moyen 51,6±15,4 ans, ont été traités par injections intradétrusoriennes de toxine botulique Botox®, 200 U, pour une incontinence urinaire secondaire à une HDI réfractaire. Les patients remplissaient le jour de l’injection et 1 mois après les versions courtes validées des questionnaires UDI-6 (Urogenital Distress Inventory) et IIQ-7 (Incontinence Impact Questionnaire) et le questionnaire généraliste EQ-5D. Les patients étaient retraités après réapparition des symptômes et mise en évidence urodynamique de la récidive de HD.
Résultat.- Le nombre moyen de réinjections était de 2,6±0,9, maximum 5. L’intervalle moyen entre 2 injections était de 17,1±8,6 mois. Après les injections, 96% des patients étaient aux autosondages. Les scores UDI-6 et IIQ-7 étaient statistiquement significativement améliorés dans une proportion identique après chaque injection. Les variations de l’UDI-6 étaient de -4,5±3,9, -4,8±3,5, -4,8±2,4, -4,2±2,6 et -6,0±1,4. Pour l’IIQ-7, ils étaient de -7,3±5,5, -6,6±5,2, -5,8±5,8, -6,8±8,2 et -8,5±2,1. Il n’y avait pas de différences entre les résultats obtenus avant chaque injection. Les résultats de l’EQ-5D n’étaient pas modifiés après les injections. Cependant, le sous-score anxiété-dépression était amélioré à partir de la première injection et le restait y compris avant chaque nouvelle réinjection.
Conclusion.- Malgré la nécessité de réaliser des autosondages, les injections intradétrusoriennes de toxine botulique améliorent la qualité de vie des patients ayant une incontinence urinaire secondaire à une HDI et cette amélioration persiste après chaque nouvelle réinjection. De plus, les scores d’anxiété et de dépression s’améliorent après la deuxième injection et le restent ensuite y compris avant chaque réinjection.