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Impact pronostique de l’invasion lympho-vasculaire chez les patients traités pour carcinome urothélial des voies excrétrices urinaires supérieures : résultats d’une série monocentrique avec relecture histopathologique

Objectifs.- L’invasion lympho-vasculaire (ILV) est un facteur de mauvais pronostic des carcinomes urothéliaux des voies excrétrices urinaires supérieures (CUVEUS). Ce critère n’est pas toujours recherché et mentionné dans les comptes-rendus de pathologie. Nous avons évalué son impact pronostic dans une série rétrospective avec relecture histopathologique des pièces opératoires.

Méthodes.- Entre 1995 et 2009, 146 patients consécutifs ont eu un traitement chirurgical pour CUVEUS dans notre centre. Les 83 patients pour lesquels un suivi était disponible et une relecture histopathologique possible ont été inclus dans cette étude. Les paramètres pathologiques (stade, grade, présence de CIS, envahissement ganglionnaire, ILV et statut des marges chirurgicales) ont été évalués, comme facteurs pronostiques de survie, en régression selon le modèle de Cox. Les survies spécifique, sans récidive et sans métastase étaient calculées selon la méthode de Kaplan-Meier.

Résultat.- L’âge médian était de 69 ans [Ecart interquartile (EIQ) :58-75].Au suivi médian de 21 mois[EIQ : 11-37], 18% des patients avaient développé une métastase et 20% étaient décédés de leur maladie. Une ILV était présente dans 14% (12/83) et 26% (22/83) des cas, respectivement avant et après relecture histologique. En analyse univariée, le stade pathologique, l’ILV, le statut des marges et la présence de CIS étaient des facteurs prédictifs de survie spécifique et seuls l’ILV et le statut des marges chirurgicales étaient prédictifs de la survie sans métastase. Pour la survie sans récidive, le stade pathologique, le statut des marges chirurgicales et l’ILV étaient des facteurs prédictifs en analyse univariée et seul la présence d’une ILV (risque relatif:10,5; IC95% : 2,1-50.8; p=0,003) constituait un facteur prédictif indépendant en analyse multivariée. Les survies spécifique, sans récidive et sans métastase à 2 ans étaient de 93%, 76% et 96%, respectivement en absence d’ILV comparées à 40%, 13% et 38% en présence d’ILV (p<0,001).

Conclusion.- Une ILV était présente dans un quart des cas et constituait le facteur pronostique le plus péjoratif associé au risque de récidive, de décès et de métastase après traitement d’un CUVEUS dans notre série. Sa recherche doit être systématique et des traitements adjuvants doivent être évalués chez les patients ILV+ dans le cadre d’essais cliniques randomisés.