Enquête du CCAFU sur la pratique des biopsies prostatiques par les urologues en France en 2009
Objectifs.- Les biopsies prostatiques sont un geste technique spécialisé faisant l’objet de recommandations de pratiques par l’AFU et par l’EAU. L’enquête du CCAFU vise à comparer les pratiques à ces recommandations pour en apprécier la pertinence et l’applicabilité.
Méthodes.- Un questionnaire de 44 items portant sur la pratique des biopsies prostatiques dans les services d’urologie a été soumis en ligne aux membres de l’AFU en septembre 2009, avec une relance à 2 mois.
Résultat.- 332 réponses ont été analysées, provenant de praticiens du secteur privé à 61%, public à 34%, mixte à 5%. La médiane du nombre de biopsies annuelles était de 200. Seuls 53% des urologues retiennent un PSA seuil de 4 ng/mL pour poser l’indication de biopsies, qui sont répétées en moyenne à 5 mois en cas de négativité. L’antibioprophylaxie est réalisée dans 99% des centres, 31% des urologues choisissant une anesthésie loco-régionale par bloc prostatique pour réaliser leurs biopsies. Le geste est écho-guidé dans 95% des centres, les patients étant autant en position de lithotomie que latérale. 75% des urologues réalisent 10 à 12 prélèvements mais seuls la moitié les adresse en anatomopathologie en 6 flacons différents. Dans la majorité des cas, ces services d’anatomopathologie donnent leurs résultats en 5 à 10 jours, ce qui permet une annonce au patient dans les 7 à 15 jours suivants les prélèvements. Il n’y a pas de différence de pratique des biopsies entre les secteurs public et privé en France.
Conclusion.- Les recommandations françaises et européennes pour la pratique des biopsies sont inégalement suivies. Les principales divergences concernent les indications de l’examen, de sa répétition, et son encadrement anesthésique. Certaines pratiques anticipent des évolutions à intégrer dans les recommandations.