Apport des polymorphismes génétiques dans la prédiction du résultat des biopsies prostatiques
Type de financement: PHRC national
Objectifs.- Différents polymorphismes simples pour un nucléotide (SNP) ont été associés au risque et/ou à l’agressivité du cancer de prostate (CaP). Le but de cette étude est d’étudier l’utilité en pratique clinique du génotypage préalable aux biopsies de prostate pour le calcul du risque de CaP.
Méthodes.- 598 patients caucasiens adressés pour biopsies de prostate suite à un dépistage individuel ont été inclus dans cette analyse. Les données recueillies rassemblaient les antécédents personnels et familiaux de cancer, l’âge, le taux de PSA, l’indice de masse corporelle (IMC), le volume prostatique mesuré par échographie, et le génotypage pour 3 SNPs (rs1447295 (locus 8q24), rs6983267 (locus 8q24) et rs4054823 (locus 17p12)). L’âge, la densité de PSA, l’IMC et la présence d’un allèle à risque ont été corrélés au résultat des biopsies (cancer ou absence de cancer) et à l’agressivité du cancer (score de Gleason ?6 ou score de Gleason>6) par régression logistique.
Résultat.- L’âge moyen des patients étudiés était de 65±7,7 ans (40-93), le taux de PSA moyen de 8,8±6,1 (0,5-40), et le volume prostatique moyen de 46,8±24 (10-230). 16% des patients présentaient un antécédent familial de CaP. La présence de cancer sur les biopsies était associée à l’âge (p=0,008), à la densité de PSA (p<0,0001), au variant rs6983267 (p=0,004), et de façon non significative au variant 1447295 (p=0,07). La gravité des lésions selon le score de Gleason était corrélée à la densité du PSA (p=0,03) et une tendance était retrouvée entre l’allèle à risque de rs1447295 et le risque de Gleason>6 (p=0,079).
Conclusion.- Ces résultats confirment sur une cohorte de patients caucasiens français que certains SNPs sont associés, aux côtés des facteurs traditionnels, à un risque de biopsie positive. Le génotypage pourrait ainsi être utile avant biopsie, lors du dépistage, pour affiner le risque individuel de CaP.