Ressenti du personnel soignant un an après la mise en place d’une activité de prélèvement d’organes sur donneurs à coeur arrêté
Objectifs.- Entre février 2007 et fevrier 2008, nous avons procédé à une double activité de prélèvement d’organes sur donneur à cur arrêté (DCA) et en état de mortencéphalique (EME). Nous dressons ici un premier état du retentissement psychologique de cette procédure sur les soignants.
Méthodes.- Etude monocentrique prospective d’évaluation du ressenti psychologique, selon les recommandations des tutelles. Un questionnaire anonyme a été proposé à l’ensemble des personnels concernés par cette nouvelle activité (coordinatrices, infirmières, aide soignants, médecins et chirurgiens). Pour les pélèvements DCA, nous utilisons la machine à masser (Autopulseâ) et la sonde de Gillot.
Résultat.- Soixante soignants ont répondu au questionnaire (29 IDE, 5 AS,, 9 réanimateurs,6 IBODE,4 urologues, 4 internes). Leur souvenir le plus marquant concerne l’aspect du corps des DCA (hémorragie, traumatisme…) pour 30% d’entre eux, la planche à masser (16%), la détresse de la famille (14%). A l’annonce de l’arrivée d’un DCA, le personnel ressent du stress (36%), de l’angoisse (12%) ou un sentiment d’urgence (14%). L’Autopulseâest décrite comme violente (47%), bruyante (40%), impressionnante ou barbare (26%, 28%), mais utile et efficace (35%). La sonde de Gillot est jugée simple d’utilisation (24%), mais l’exsanguination évoque une saignée (40%) et du dégoût (43%). 11% se demandent si "c’est bien là leur métier". Si le prélèvement est impossible (contre-indication, refus ) 56% éprouvent de la déception. Sortis de l’hôpital, les soignants ne pensent globalement pas plus souvent aux DCA qu’à leurs patients habituels ni n’en parlent à leurs proches. Les soignants considèrent que les améliorations à apporter à cette activité seraient un local dédié, recevoir des informations sur les donneurs et l’allocation d’une prime (20%).
Conclusion.- La prise en charge de DCA est donc plus stressante, éprouvante et impressionnante que celle des EME mais elle ne semble pas remettre en question l’adhésion des soignants à l’activité de prélèvement d’organes toujours jugée nécessaire, utile et intéressante.