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Traitement du cancer localisé de prostate par ultrasons focalisés haute intensité et préservation des bandelettes neurovasculaires. Evaluation prospective de son impact sur la fonction érectile

Type de financement : PHRC

Objectifs.- S’agissant des modalités thérapeutiques classiques du cancer localisé de prostate (CaP) de nombreuses études de qualité de vie effectuées auprès des patients traités, montrent que le retentissement sur la fonction érectile de ces traitements est connu, attendu et l’analyse de son occurrence prévisionnelle, selon tel ou tel schéma thérapeutique, fait maintenant partie intégrante des discussions en réunion de concertation pluri disciplinaire. La thermothérapie par Ultrasons Focalisés Haute Intensité (HIFU) représente aujourd’hui une alternative thérapeutique reconnue dans le traitement du CaP. Quelques études rétrospectives de qualité de vie en rapportent le retentissement sur l’érection et feraient état de son moindre impact sur l’érection. Ce travail prospectif monocentrique, supporté par un PHRC, propose une technique HIFU préservant les bandelettes neurovasculaires et en vérifie l’impact sur la fonction érectile.

Méthodes.- Critères d’inclusion : cancer de prostate de faible risque (T1c – T2, PSA<10, SG<7), biopsies négatives à l’apex, activité sexuelle normale avant traitement, absence de comorbidité associée, couple stable, consentement des 2 partenaires. Le traitement HIFU a préservé en première intention une marge prostatique périphérique de sécurité étendue de l’apex à la base (nerve sparing HIFU). En cas de retraitement cette marge n’a pas été respectée. L’évaluation de la fonction érectile : réalisée en pré et en post thérapeutique (1 mois, 6 mois, 12 mois, puis tous les ans pendant 5 ans), cette évaluation est basée sur des auto questionnaires (IIEF, Partenaire, Qualité de Vie), un dosage de la testostérone sanguine totale, un pharmaco-échodoppler pénien et un enregistrement de la qualité des érections nocturnes.

Résultat.- 52 patients répondants aux critères d’inclusion ont bénéficiés d’un traitement nerve sparing HIFU et ont pu être évalués, entre octobre 2003 et octobre 2008. L’âge moyen est de 67,5 ans. Le recul moyen est de 51,2 mois [36-60]. Concernant le traitement du cancer de prostate, tous les patients ont actuellement des paramètres compatibles avec l’interprétation d’une maladie contrôlée. Le taux de biopsie systématique positive à 1 an est de 15 % (8 patients). Le taux de retraitement est de 23% (12 patients). Analyse du taux de succès 77,9 % (critères de Phoenix). L’évaluation de la fonction érectile à un an, pour 52 patients (100%), ne montre aucune différence significative dans les résultats chiffrés entre la période pré et post traitement HIFU. Tous ces patients ont recouvrés des érections spontanées à 1 an (délai moyen 6,6 mois [2-9]). 32 patients (62%) ont eu recours aux IPDE5 (durée moyenne 3,8 mois [1-9]) En cas de retraitement, dans 100% des cas on assiste à une dégradation significative des résultats chiffrés de l’évaluation de l’érection. 4 patients (8%) en retraitement recouvrent des érections spontanées (délai moyen 12,6 mois [9-18]).Les 8 autres (15%) allèguent une dysfonction érectile définitive nécessitant un traitement systématique. Aucune dégradation de la fonction érectile n’est observée avec le temps.

Conclusion.- En définitive la technique de nerve sparing Hifu pour les CaP faible risque permet une préservation des érections spontanées dans 84% des cas (44 patients). L’efficacité carcinologique n’est pas remise en cause.