La néphrolithotomie percutanée est-elle réellement une technique mini-invasive ?
Objectifs.- La nephrolithotomie percutanée (NLPC) a révolutionné le traitement des lithiases rénales. Cependant, cette technique n’est pas dénuée de risques. Notre but est d’étudier les complications inhérentes à cette chirurgie.
Méthodes.- Notre étude est rétrospective. Elle comporte 260 cas de NLPC pratiquées en 10 ans (1995- 2009). 58 complications sont été signalées chez 51 patients (19.6%). L’âge moyen des patients ayant eu ces complications est de 45.8 ans (21-80 ans).
Résultat.- 33.3% des 51 patients étudiés avaient au moins une tare et 18 patients (35%) ont dans leurs antécédents un traitement pour lithiase urinaire (LEC 7 cas ; NLPC 5 cas ; chirurgie 6 cas). Il s’agissait d’une lithiase coralliforme dans 19 cas (37.2%). L’ECBU préopératoire était positif dans 4 cas uniquement. Les complications per-opératoire sont dominées par l’hémorragie (20.7%) avec 5 cas de conversion dont deux néphrectomies d’hémostase. Les complications à court terme représentent 62.1% des cas. Elles sont dominées par les complications infectieuses : un syndrome fébrile de plus de 48 heures sans foyer évident dans 22 cas (37.9% des complications) ; une prostatite aigue dans quatre cas (6.9%) ; un phlegmon périnéphritique dans deux cas et un choc septique dans deux cas. L’hémorragie post-opératoire est retrouvée dans trois cas dont un décès suite à un tableau de CIVD. Les complications tardives représentent 10.3% des cas : à type de syndrome de la jonction pyélo-urétérale secondaire dans six cas. Le délai moyen d’apparition est de 7.33 mois (3-18mois). La durée moyenne d’hospitalisation dans les cas compliqués est de 12.9 jours (3-34jours).
Conclusion.- La NLPC, qui est une technique séduisante et considérée comme mini-invasive, n’est pas aussi anodine qu’elle ne le parait. En effet, ses complications notées dans 20% des cas de notre série, sont parfois très graves mettant en jeu le pronostic vital et/ou fonctionnel. Les patients entrent parfois dans un cercle vicieux d’iatrogénie qui altère considérablement leur qualité de vie. En plus, la chirurgie devient très laborieuse après une NLPC à cause des phénomènes inflammatoires et fibreux qui s’installent.