Estimation du nombre d’années de vies gagnées et perdues dans le cadre d’un dépistage du cancer de la prostate
Objectifs.- La publication en 2009 des deux essais randomisés sur le dépistage du cancer de la prostate n’a pas permis d’apporter de conclusion clair sur l’utilité d’un dépistage par dosage PSA. Nous avons évalué l’impact d’un tel dépistage en terme d’années de vie gagnées et perdues considérant l’impact de sur-traitement et la mortalité associée à la biopsie prostatique.
Méthodes.- Nos calculs ont reposé sur les résultats de l’étude européenne ERSPC avec une vie gagnée pour 48 cancers de la prostate diagnostiqués et 1410 personnes dépistées. Le dépistage par dosage PSA s’applique à une population « jeune », entre 50 et 65 ans ; un décès due à un sur-traitement ou associé à la biopsie a un poids plus important sur le nombre d’années de vies que le gain pour une vie sauvée par le dépistage. Nous avons considéré qu’un décès lie au dépistage entraine une perte de 17,1 années de vie (espérance de vie d’un homme à 65 ans).
Résultat.- Une vie sauvée par le dépistage permet un gain moyen de 9,3 années de vie. Le sur-traitement représente 4,1 années de vie perdues. La biopsie prostatique est associée à une mortalité spécifique d’environ 2 décès pour 1000 biopsies, et elle contribue à une perte moyenne de 11,6 années de vie. Au final, le solde net d’années de vie est une perte moyenne de 6,4 années de vies pour 1410 hommes dépistés. En analyse de sensibilité, le nombre net d’années de vie ne devient positif que pour un taux de mortalité de biopsie prostatique inferieur à 0,9 décès pour 1000 biopsies.
Conclusion.- La biopsie prostatique n’est actuellement pas une procédure totalement bénigne. En conclusion, si l’on appliquait en France un dépistage du cancer de la prostate, tel que celui réalisé dans l’étude ERSPC, l’impact en population serait négatif.