Les séquences d’IRM standard n’améliorent pas la sélection des patients candidats à la surveillance active quand des critères d’inclusion stricts sont utilisés à partir de biopsies de saturation
Objectifs.- Evaluer l’intérêt de l’IRM comme critère de sélection de surveillance active parmi des patients sélectionnés après biopsies de saturation
Méthodes.- 96 patients répondant aux critères de surveillance active SURACAP (PSA<10, score de Gleason 6, <3 carottes positives avec <3 mm de tumeur) ont passé une IRM prostatique (1.5-Teslas avec antenne endorectale) avant d’être opérés par prostatectomie totale. Les cancers de prostate avaient tous été diagnostiqués sur un schéma biopsique à 21 carottes. Les critères d’étude étaient le taux de cancers pT3 et de la maladie défavorable (pT3-4 et/ou score de Gleason³4+3) sur la pièce opératoire, en fonction de l’ajout ou non de la présence d’un cancer classé T1-T2 sur l’IRM préopératoire comme critère de sélection
Résultat.- L’âge et le PSA moyen étaient de 62.4 ans (51-73.2) et 6.1 ng/ml (1.8-10.0). Parmi les 96 patients, le cancer était classé PT3 sur la pièce opératoire dans 17.7% des cas. Le taux de maladie défavorable était de 24.0%. L’atteinte capsulaire et l’invasion des vésicules séminales étaient retrouvés dans 16.7% et 1.0% des cas. Un cas de pT0 était rapporté. Le taux d’upgrading (score de Gleason 7 ou plus sur la pièce) était de 42.2%. Parmi ces patients, l’atteinte tumorale était classée T3a sur l’IRM chez 28 patients (29.2%). Parmi les patients classes T1-T2 IRM (n=68), les caractéristiques pathologiques sur la pièce opératoire ne différaient pas significativement comparativement aux patients classes T3 IRM. Les données IRM n’étaient pas prédictives de cancer pT3 (p=0.980), de maladie défavorable (p=0.604), de marges chirurgicales positives (p=0.750) ou de récidive biologique après prostatectomie (p=1.00).Dans un modèle multivarié, aucun paramètre préopératoire n’était facteur prédictif indépendant de maladie défavorable sur la pièce opératoire. L’odds ratio de la classification T3 IRM était de 1.11 sans significativité(p=0.844). Après un suivi moyen post-chirurgie de 29 mois (2.3-67.1) et un taux de récidive biologique de 4.3%, la survie sans récidive biologique était équivalente entre les patients T1-T2 IRM et les patients T3 IRM (log-rank test; p=0.853)
Conclusion.- Quand la sélection des patients pour les protocoles de surveillance active est basée sur un schéma biopsique étendu à 21 carottes, et utilise des critères stricts (critères SURACAP), les séquences IRM standard n’améliorent la prédiction de sous-classification du cancer, i.e. d’un cancer de prostate à haut-risque ou avec atteinte capsulaire sur la pièce opératoire. Les nouvelles techniques d’IRM, comme les séquences de diffusion, la spectroscopie ou l’IRM 3-Teslas, doivent cependant être évaluées dans cette indication.