22 prothèses urétrales temporaires (Mémokath) pour dysynergie vésico-sphinctérienne : une bonne alternative pour les patients porteurs de neuro-vessie centrale
Objectifs.- Chez les patients porteurs d’une neuro-vessie centrale et pour lesquels la mise en place d’auto sondages est impossible, le traitement standard est aujourd’hui la sphinctérotomie endoscopique. La prothèse thermo expansible, temporaire, Mémokath* constitue une alternative séduisante qui répond à deux impératifs ; facilité de pose et bonne tolérance.
Méthodes.- De 2003 à 2008, 22 Mémokath ont été posés, dans notre centre, chez 10 patients (7 tétraplégiques, 2 paraplégiques, 1 SEP évoluée) porteurs de vessie neurologique centrale avec DVS (après échec des anticholinergiques et impossibilité aux auto-sondages). L’âge moyen de la population était de 42.4 ans. Le suivi moyen de 41.1 mois. L’efficacité lors de la pose était évaluée par la qualité de la miction « sur table » et l’absence de résidu post-mictionnel (RPM). Les patients étaient ensuite surveillés cliniquement tous les 3 mois (interrogatoire, mesure du RPM) et par une fibroscopie tous les 6 mois.
Résultat.- Actuellement, avec un suivi moyen de 45 mois, un patient sur deux a choisi ce mode mictionnel, avec un changement annuel de la prothèse. 2/10 patients ont opté pour une sphinctérotomie. La principale complication motivant le changement du Mémokath, a été l’incrustation par des lithiases : 9/22 stents avec une « durée de vie » moyenne de la prothèse de 12.4 mois. 5/22 stents ont perdu leur efficacité dans les suites d’une migration 3.8 mois en moyenne après leur pose. Les complications infectieuses ont été imputées à une migration ou à une incrustation de la prothèse. Les signes d’HRA et/ou les infections ont disparus après implantation avec une bonne vidange vésicale. Nous avons eu 2 échecs lors de la pose ; l’un lié à une anomalie anatomique (cavité dans l’urètre prostatique) et l’autre à un sphincter très hypertonique entrainant immédiatement la migration du stent. Aucune complication lors des poses, des mobilisations ou des retraits, n’est à déplorer.
Conclusion.- La prothèse Mémokath dans la DVS chez les patients porteurs de vessie neurologique centrale permet une bonne vidange vésicale et constitue un traitement simple, réversible, peu invasif et bien toléré. La principale complication est l’incrustation par des calculs, motivant en moyenne un changement annuel. Des règles hygiéno-diététiques permettraient de prolonger la « durée de vie » de ces stents urétraux et d’améliorer la qualité de vie de ces patients.