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HIGHLIGHTS DU COMITÉ D'INFECTIOLOGIE

 

LES ANTIBIOTIQUES ET L’AUGMENTATION DU RISQUE INFECTIEUX

Avec cette nouvelle étude réalisée par un urologue italien (T Caï), l’ESIU (European Section of Infection in Urology) a encore une fois enfoncé une porte ouverte, celle de la prescription à tort d’antibiotiques et l’augmentation du risque infectieux. Le résumé de cet article par le Pr Franck Bruyère (Tours), président du CIAFU et membre de l’ESIU.

Nous avons grandi avec un paradigme nourri par l’innocuité relative des antibiotiques, prescrits pour « diminuer le risque infectieux ». Les schémas sur l’antibioprophylaxie en sont un exemple typique, avec une utilisation au long cours abusive. Les cystites récidivantes n’échappent pas, elles non plus, à la règle, dans le but de réduire le nombre de récidives. Afin de contrer la mauvaise prescription des antibiotiques et en montrer les effets néfastes, une nouvelle étude a donc été réalisée par un des membres de l’ESIU, T. Caï.

673 femmes avec des cystites récidivantes

Dans cette étude randomisée(1), 673 patientes de moins de 40 ans et présentant une cystite récidivante étaient incluses. Étaient exclues toutes les patientes enceintes ou allaitant, patientes ménopausées ou présentant des malformations urinaires, calculs, ou insuffisances rénales. Les patientes sondées, neutropéniques ou positives pour les IST étaient également exclues. Une randomisation était alors effectuée, avec un groupe qui prenait un traitement antibiotique lors d’une colonisation urinaire, et un groupe témoin. Le traitement était adapté à l’antibiogramme, avec une durée dépendante du type d’antibiotique, l’association Fosfomycine-Trométamol étant la plus utilisée (31.4%). Une évaluation microbiologique par ECBU était réalisée à 3, 6 et 12 mois, avec comme critère principal le délai avant récidive clinique de l’infection.

Plus de 73% des patientes traitées en récidive

À l’inclusion, les deux bactéries les plus classiques étaient E. Coli et E. Faecalis. 12 mois après l’inclusion, 73.1% des femmes traitées présentaient une récidive, contre 14.7% des patientes non traitées, accompagné d’une dégradation de la qualité de vie pour le groupe traité. En analyse multivariée, la parité ainsi que l’utilisation des antibiotiques étaient des facteurs indépendants favorisant le risque de développer une infection symptomatique.
Cette étude confirme donc chez les femmes qui présentent des cystites récidivantes qu’il ne faut pas traiter leur colonisation asymptomatique. Nous pourrions même nous demander si nous ne traitons pas à tort certains épisodes de colonisation urinaire passant inaperçus avec les antibiothérapies dites de couverture. Les recommandations actuelles préconisent de ne pas utiliser d’antibiotiques systématiquement s’il survient moins d’un épisode de cystite par mois. Peut-être faudrait-il aller plus loin et demander d’éviter leur utilisation. Pour cela il faudra trouver des alternatives par les résultats d’études de qualité sur le sujet. D’emblée changeons de paradigme : n’utilisons des antibiotiques que lorsque des études de bon niveau ont montré leur intérêt.

Par le Dr Franck Bruyère pour le comité de cancérologie de l’AFU

Références :

  1. Cai T, Bartoletti R. Asymptomatic bacteriuria in recurrent UTI - to treat or not to treat. GMS Infect Dis. 2017;5:Doc09.

 

 

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