Cystectomie cœlioscopique et urétérostomie transiléale pour vessies neurologiques et rétentionnistes. Morbidité et amélioration de la qualité de vie des patients

20 novembre 2014 - 3:45pm

Thème: 
Neuro-urologie et autres troubles mictionnels
Référence: 
O-102

Objectifs
Évaluer la morbidité et les suites fonctionnelles des cystectomies laparoscopiques avec dérivation urinaire non continente chez les patients neurologiques.

Méthodes
Entre août 2007 et octobre 2013, quarante-deux patients (dix hommes et trente-deux femmes) âgés de 21 à 79 ans (médiane = 54 ans) ont été pris en charge dans un centre. Une cystectomie laparoscopique a été réalisée suivie d’une courte laparotomie pour extraire la pièce et faire une urétérostomie cutanée transiléale. Les dossiers ont été revus pour préciser l’indication et décrire les suites opératoires et fonctionnelles. Une évaluation téléphonique des patients par l’échelle PGII portant sur la qualité de vie urinaire ainsi que de leurs médecins référents a été réalisée pour apprécier le résultat fonctionnel.

Résultats
L’indication concernait 42 patients dont 18 SEP, 9 patients présentaient une vessie neurologique post-traumatique. Sur les 42, dix opérés (23,81 %) ont reçu au moins 1 culot globulaire (1–7). Trois transfusés avaient un taux d’hémoglobine inférieur à 8 g/dl. La durée opératoire médiane était de 291 minutes (200–512). Le taux global de complications précoces était de 35,71 %, dans cette population 21,43 % des patients avaient un score de Clavien supérieur à 3. Les complications tardives intéressaient 52,38 % des patients, 28,57 % présentaient un score de Clavien supérieur à 3 (cf. Tableaux 1 et 2 pour les étiologies des complications). Les complications précoces (p = 0,001) et tardives (p = 0,03) sont liées au Score de Charlson. Le recul médian était de 16 mois (1–70). La médiane du PGII était de 6 (2–7).

Conclusion
L’abord cœlioscopique peut simplifier la cystectomie chez les patients neurologiques. Cependant, le chirurgien doit garder à l’esprit que les suites ne sont pas forcément simples. Il s’agit d’une intervention qui n’est pas anodine dont la balance bénéfice/risque doit être pesée individuellement avant d’en poser l’indication (Fig. 1).