Base bibliographique

Facteurs de risque de récidive et de progression après traitement par HIVEC
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 832


Objectifs

La thermo-chimiothérapie est une alternative thérapeutique chez les patients réfractaires ou contre-indiqués au BCG et non éligibles à la cystectomie. La thermo-chimiothérapie par HIVEC est encore peu évaluée, mais les premiers résultats semblent prometteurs, avec 60 % de survie sans récidive à 1 an. L’identification de facteurs prédictifs de réponse à l’HIVEC pourrait permettre une meilleure sélection des patients.


Méthodes

L’objectif de notre étude était d’identifier des facteurs de risque de récidive et de progression après thermo-chimiothérapie par HIVEC.

Il s’agit d’une étude rétrospective multicentrique ayant inclus 53 patients pris en charge pour une tumeur de vessie non infiltrant le muscle (TVNIM) à haut risque, en échec de BCG ou contre-indiquée au BCG, et traités par HIVEC entre juin 2016 et octobre 2019. Tous les patients étaient considérés comme non éligibles à la cystectomie ou la refusant catégoriquement.

Le traitement a consisté en 6 instillations hebdomadaires de mitomycine chauffée à 43° C grâce au dispositif HIVEC. Un suivi cystoscopique et cytologique trimestriel a été réalisé.


Résultats

Le suivi médian était de 18 mois. Le taux de survie sans récidive à 12 mois était de 60,5 % dans la population globale. La survie sans récidive était moins bonne dans le groupe de patients en échec de BCG, avec une survie sans récidive à 1 an de l’ordre de 52,2 %.

En analyse univariée, seul le grade était significativement associé au risque de récidive (p =0,028). Les tumeurs de type CIS pur avaient un taux de récidive plus important que les tumeurs papillaires (66,7 % versus 36,4 %), mais cette différence n’était pas significative (p =0,09).

Trois patients (5,7 %) ont progressé vers l’infiltration musculaire, tous du groupe EORTC à très haut risque. Le groupe EORTC était associé au risque de progression avec une tendance à la significativité (p =0,058).


Conclusion

L’HIVEC pourrait être une alternative à la cystectomie, chez les patients contre-indiqués au BCG ou chez les patients récidivants sous la forme d’un bas grade. À l’inverse, la cystectomie doit rester le traitement de référence pour les patients à très haut risque EORTC en échec de BCG, en raison du risque de progression.

Facteurs de risque de récidive lithiasique après prise en charge urologique des calculs
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 712-713


Objectifs

Il est décrit que près d’un patient sur deux récidive une migration lithiasique après un premier épisode de colique néphrétique. L’objectif de cette étude était de déterminer le taux de récidive lithiasique après la prise en charge urologique d’un calcul urinaire et d’identifier des facteurs de risque de récidive.


Méthodes

Nous avons réalisé une étude rétrospective monocentrique et inclus les patients pris en charge pour un calcul du haut appareil urinaire dans un hôpital universitaire entre mai 2014 et janvier 2017. Nous avons évalué les caractéristiques démographiques, les caractéristiques des calculs et la survenue ou non d’une récidive lithiasique aux dernières nouvelles. Nous avons comparé les caractéristiques clinicopathologiques des patients avec ou sans récidive.


Résultats

Pendant cette période 265 patients ont été traités pour un calcul urinaire du haut appareil urinaire. Au total, 190 patients ont été inclus dans l’étude dont 115 hommes (60,5 %). L’âge médian et l’IMC médian des patients étaient respectivement de 57,5 ans et 25,2. Une analyse biochimique des calculs a été effectuée chez 117 (61,5 %) patients. Les calculs les plus fréquents étaient les calculs d’oxalate de calcium monohydraté (n =44 ; 23,2 %), les calculs mixtes (n =39 ; 20,5 %), les calculs d’oxalate de calcium dihydraté (n =13 ; 6,8 %) et les calculs d’acide urique (n =11 ; 5,8 %). Au terme d’un suivi médian de 32 mois (13–61), 49 patients (25,8 %) avaient présenté une récidive lithiasique. En analyse univariée, les facteurs de risque de récidive étaient un IMC supérieur à 25 (HR : 2 ; p <0,05), un diabète (HR : 3,73 ; p <0,008), un tabagisme (HR : 3,1 ; p <0,039) alors que l’âge (HR : 0,96 : p <0,003) et l’hypertension artérielle (HR : 0,37 ; p <0,027) étaient des facteurs protecteurs. En analyse multivariée, l’âge, le diabète, le tabagisme et l’hypertension artérielle restaient des facteurs pronostiques (Fig. 1, Tableau 1, Tableau 2).


Conclusion

Dans cette étude 25,9 % des patients avaient présenté une récidive lithiasique après un suivi médian de 32 mois. Le diabète, le tabagisme étaient des facteurs de risque de récidive alors que l’âge et l’hypertension artérielle étaient des facteurs protecteurs.

Facteurs de risque de révision de sphincter urinaire artificiel chez l’homme selon la cause
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 782-783


Objectifs

Il existe à ce jour peu de données sur les facteurs associés aux causes spécifiques de révision d’un sphincter artificiel urinaire (SAU) chez l’homme et les résultats des différentes stratégies de prise en charge.

L’objectif principal de cette étude était d’évaluer les facteurs liés aux deux grandes causes d’échec : les défaillances mécaniques pures et les défaillances non mécaniques.


Méthodes

Les dossiers de tous les patients de sexe masculin ayant eu l’implantation d’un SAU entre 2004 et 2020 dans 12 centres universitaires ont été revus rétrospectivement. Les patients ayant une incontinence d’effort d’origine neurogène étaient exclus. Les causes de révision étaient divisées en : défaillances mécaniques (système percé et/ou bloqué), défaillances non mécaniques (atrophie urétrale, récidive/persistance incontinence malgré dispositif fonctionnel) et autres (repositionnement pompe, hernie réservoir, douleurs). L’indication était catégorisée en : prostatectomie radicale (PR), chirurgie endoscopique de la prostate (ENDO), radiothérapie pelvienne (RAD) ou chirurgie pelvienne (PELV). Les facteurs prédictifs de dysfonctions mécaniques et non mécaniques étaient déterminés par modèle de régression de Cox.


Résultats

Mille cent-sept patients répondaient aux critères d’inclusion. L’âge médian était de 70 ans [65–75], l’étiologie de l’incontinence était dans 85,9 % (n =920) des cas la PR et dans 8,4 % des cas (n =90) une ENDO. Il y avait 76,8 % de patients ayant recouvré une continence sociale à 3 mois. Après un suivi médian de 25 mois, il y avait eu 158 révisions (14,3 %) : 45 défaillances mécaniques, 93 défaillances non mécaniques et 20 causes autres. Les facteurs associés à la défaillance non mécanique étaient le score de Charlson (HR=1,27 ; IC95 % : 1,06–1,50 ; p =0,01) et la position transcaverneuse de la manchette (HR=2 ; IC95 % : 1,01–3,61 ; p =0,04 ; Fig. 1). Ces deux facteurs restaient associés à la défaillance non mécanique en analyse multivariée ajustant sur le volume annuel du centre, la voie d’abord, et l’antécédent de radiothérapie (HR=1,21 ; p =0,04 et HR=2,86 ; p =0,02, respectivement).


Conclusion

Les défaillances non mécaniques constituent la première cause de révision d’un SAU chez l’homme. Leurs principaux facteurs de risque sont les comorbidités (score de Charlson) et la position transcaverneuse de la manchette.

Facteurs de risque d’échec de l’embolisation trans-artérielle pour les traumatismes rénaux de grade modéré à sévère : une étude multi-institutionnelle française
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 728


Objectifs

Évaluer les facteurs de risque d’échec de l’embolisation trans-artérielle (ETA) après un traumatisme rénal de grade modéré à sévère.


Méthodes

Le projet TRAUMAFUF était une étude rétrospective multi-institutionnelle française incluant tous les patients consécutifs ayant subi un traumatisme rénal dans 17 hôpitaux français entre 2005 et 2015. La population incluse était composé des patients avec un traumatisme rénal de grade modéré (III) à sévère (IV–V) de l’American Association for the Surgery of Trauma (AAST). Le critère de jugement principal était l’efficacité de l’ETA défini comme l’absence de recours à une seconde embolisation, une néphrectomie et/ou la survenue d’un décès pour chaque patient.


Résultats

Parmi les 1770 patients consécutifs avec un traumatisme rénal, 170 patients (9,6 %) avec un traumatisme rénal de grade III à V embolisés ont été inclus. Le succès du traitement par ETA était de 77 % (131/171). Six patients sont décédés après l’embolisation (3,5 %). En cas d’échec, les thérapies secondaires comprenaient :

– 10 embolisations de rattrapage ;

– 22 néphrectomies de sauvetage dont 2 décès postopératoires ;

– 1 laparotomie exploratrice, avec un taux de succès global à 90,9 %.

En analyse multivariée, l’hématurie macroscopique (OR : 3,16 [1,29–8,49] ; p =0,015), l’instabilité hémodynamique (OR : 3,29 [1,37–8,22] ; p =0,009), un traumatisme de grade V (OR : 2,86 [1,06–7,72] ; p =0,036) et l’extravasation urinaire (OR : 3,49 [1,42–8,83] ; p =0,007) étaient des facteurs indépendants d’échec de l’ETA. Les taux de succès de l’ETA en cas de traumatisme de grade V et une instabilité hémodynamique étaient de 64,7 % (22/34) et 59,6 % (31/52), respectivement.


Conclusion

Dans cette large étude multi-institutionnelle, nous rapportons que l’hématurie macroscopique, l’instabilité hémodynamique initiale, un traumatisme de grade V et l’extravasation urinaire sont significativement associés à un risque d’échec de l’ETA. Cependant, les taux de succès dans ces sous-groupes restent relativement élevés, suggérant que l’ETA pourrait toujours garder une indication chez ces patients.

Facteurs prédictifs du traitement actif de l’angiomyolipome rénal typique au scanner
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 786


Objectifs

L’angiomyolipome (AML) rénal est une tumeur bénigne qui est aisément diagnostiquée au scanner dans sa forme typique. Ces tumeurs sont souvent traitées activement alors que la surveillance est l’option de choix.

L’objectif de cette étude étaient d’identifier les caractéristiques cliniques représentant des facteurs prédictifs du traitement actif de l’angiomyolipome rénal (AML).


Méthodes

Les dossiers de patients pris en charge pour un AML typique au scanner ont été analysés rétrospectivement. La population étudiée a été divisée en deux groupes en fonction du traitement reçu : surveillance active (SA) ou traitement actif (TA). L’âge, le sexe, la sclérose tubéreuse de Bourneville, la taille de la tumeur, la maladie rénale controlatérale, la fonction rénale, l’année du diagnostic et les symptômes au diagnostic ont été évalués comme facteurs prédictifs potentiels du traitement actif en utilisant un modèle de régression logistique en analyse univariée et multivariée.


Résultats

Au total, 253 patients (âge moyen 52,3±15,7 ans ; 70 % de femmes ; 70,9 % de diagnostics fortuits) ont été inclus dans l’analyse. Cent neuf (43 %) ont reçu une SA, tandis que 144 (57 %) ont eu un TA (Tableau 1). Selon l’analyse univariée, l’âge, la sclérose tubéreuse de Bourneville, la taille de la tumeur, les symptômes à la présentation et la maladie rénale controlatérale étaient des prédicteurs de la SA. Seules la taille de la tumeur (p <0,001) et l’année de diagnostic (p <0,001) sont restées significatives sur l’analyse multivariée. À titre d’exemple, la probabilité d’être pris en charge par la SA était de 50 % et 75 % et de 85 % en 2006, 2010 et 2015 respectivement. En ce qui concerne la taille, des tumeurs de 4 et 6cm avaient une probabilité d’être traitées avec la SA de 50 % et 25 % respectivement (Fig. 1).


Conclusion

Cette étude montre que la gestion des masses rénales présentant des caractéristiques radiologiques typiques d’AML a nettement évolué au cours des trois dernières décennies, avec une tendance à la surveillance active plutôt qu’au traitement actif. La taille de la tumeur était le facteur prédictif le plus important dont la pertinence reste à évaluer.

Faisabilité et premiers résultats de la mise en place d’un système digitalisé de recueil des données rapportées par les patients (PROMs) dans le cadre du cancer de la prostate localisé
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 806


Objectifs

Les données rapportées par les patients (PROMs) permettent une évaluation optimale des effets secondaires des traitements et de leur retentissement sur la qualité de vie. Dans le cancer de la prostate localisé, ces PROMs sont un outil intéressant pour comparer l’impact des différents traitements. L’objectif de notre étude était d’évaluer la faisabilité d’un système de recueil des PROMs grâce à une application numérique.


Méthodes

Depuis mai 2019, les patients pris en charge pour un cancer de la prostate localisé, quel que soit le traitement, se voient proposer l’inclusion dans le Parcours PROMs Prostate, avec envoi automatisé de questionnaires (EPIC-26, Q50 PR25, EQ-5D et PRO-CTCAE) via une application numérique dédiée, avant traitement (T0), à 1 mois (M1), 3 mois (M3), 6 mois (M6) et 1 an. L’adhésion au programme a été évaluée par la proportion de patients s’étant connectés à l’application et la proportion de patients ayant répondu aux questionnaires. Les premiers résultats, à T0, M1 et M3, ont été analysés pour les données de continence et de fonction érectile.


Résultats

Entre mai 2019 et mai 2020, 215 patients ont été inclus, dont 158 patients traités par chirurgie, 11 par curiethérapie, 12 par radiothérapie, 20 par radio-hormonothérapie et 14 en surveillance active. Trente-deux patients (14,9 %) ne se sont pas connectés à l’application et 22 (10,2 %) se sont connectés mais n’ont pas répondu aux questionnaires PROMs envoyés. Le taux d’adhésion n’était pas lié à l’âge ni au type de traitement réalisé. Au final, 161 patients (74,9 %) ont répondu aux questionnaires PROMs. Avant traitement, 18,0 % (29/161) des patients déclaraient avoir des fuites urinaires (au moins une fois par semaine) et 42,2 % (68/161) des érections médiocres ou nulles. À M1 (n =93) et M3 (n =51), le taux d’incontinence était de 59,1 % et 41,2 % respectivement, et le taux de dysfonction érectile de 77,4 % et 78,4 % respectivement.


Conclusion

La mise en place d’un parcours digitalisé pour évaluation des PROMs via une application numérique se heurte à des problème d’adhésion chez 25 % des patients. Les premiers résultats montrent des taux d’incontinence et de dysfonction érectile non négligeables avant traitement. De futures analyses permettront d’analyser l’évolution des effets secondaires dans le temps et en fonction des différents traitements.

Faut-il fixer les prothèses testiculaires ? Enquête de satisfaction dans une cohorte de patients opérés
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 727-728


Objectifs

Plusieurs pathologies testiculaires peuvent conduire à la réalisation d’une orchidectomie totale. La pose d’une prothèse est fréquemment proposée à visée cosmétique et psychologique. Cependant, aucune étude n’a étudié l’intérêt de fixer ou non la prothèse. L’objectif de cette étude était d’évaluer la satisfaction des patients après mise en place d’une prothèse testiculaire, selon qu’elle a été fixée ou non.


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective, monocentrique, incluant tous les patients ayant eu une prothèse testiculaire entre janvier 2010 et décembre 2019. L’indication opératoire, l’âge du patient et la fixation ou non la prothèse ont été analysés. Les patients ont été contactés pour un entretien téléphonique au cours duquel un questionnaire standardisé leur a été posé. Quatorze questions évaluaient la satisfaction des patients concernant la taille, le poids, la forme, la consistance, la position, les douleurs, la traction postopératoire, la vie sexuelle et l’image corporelle.


Résultats

Au total, 169 patients ont été inclus. L’orchidectomie était en rapport avec une tumeur (76 %), une torsion (12 %), une atrophie/cryptorchidie (10 %) ou un traumatisme (2 %). La prothèse était fixée chez 69 patients (35 %). Sur 146 patients (86 %) ayant répondu au questionnaire, 74 % étaient très satisfaits et 96 % referaient l’intervention. La majorité des patients était satisfaite du poids (93 %), de la forme (76 %) ou de la consistance (93 %) de la prothèse. Vingt-deux pour cent des patients la trouvaient trop petite, 37 % trop haute et 23 % se sont dit gênés par l’attache située à l’extrémité de la prothèse. Les patients chez qui la prothèse était fixée signalaient davantage de douleur (33 % vs 10 %, p =0,001). La traction régulière de la prothèse n’a pas montré d’effet sur la position ou la douleur (Fig. 1).


Conclusion

La prothèse testiculaire est associée à un taux de satisfaction élevé. Les douleurs semblent plus importantes lorsque la prothèse est fixée. Par conséquent, il ne semble pas nécessaire de fixer les prothèses testiculaires et les industriels pourraient supprimer l’attache gênante située à son extrémité.

Fermeture d’une fistule urétéro-vésico-vaginale avec réimplantation urétéro-vésicale sous coelioscopie robot-assistée
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 842-843


Objectifs

Les fistules urétéro-vaginales surviennent dans la plupart du temps dans les suites de chirurgie pelviennes gynécologique. La réparation de ces fistules est réalisée le plus souvent par laparotomie. Nous avons décidé de réaliser cette intervention par coelioscopie robot-assistée pour une épargne pariétale et une récupération plus rapide du transit.


Méthodes

Une patiente de 59 ans a présenté une incontinence urinaire totale à J10 d’une hystérectomie et annexectomies par laparoscopie. Le bilan endoscopique et radiographique a montré une fistule entre l’uretère gauche et le vagin par l’intermédiaire d’une cavité réalisant une fistule vésico-vaginale. La fermeture de la fistule avec réimplantation de l’uretère gauche a été réalisée à J 30 de sa chirurgie initiale.


Résultats

La durée d’intervention a été de 242min. Les pertes sanguines ont été inférieures à 100ml. La patiente a repris son transit à J1. Elle est sortie d’hospitalisation à J 5. La sonde vésicale a été retirée à J 21 et la sonde JJ à 2 mois. Lors de la consultation de contrôle à 3 mois, la patiente n’avait aucune douleur et n’a pas récidivé de sa fistule. Un bilan urodynamique a été réalisé retrouvant une capacité vésicale 450ml et une compliance normale. L’uro-TDM à 3 mois a confirmé l’absence de sténose au niveau de la réimplantation urétéro-vésicale gauche et l’absence de fistule urinaire.


Conclusion

Cette exemple montre que la réparation d’une fistule urétéro-vaginale est réalisable par voie coelioscopique robot-assistée avec un bon résultat fonctionnel et anatomique.

Fistules uro-génitales féminines dans un CHU français durant la dernière décennie : description et résultats de la prise en charge
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 761


Objectifs

Une fistule uro-génitale (FUG) est une communication congénitale ou acquise entre les voies excrétrices urinaires et l’appareil génital. Dans les pays riches, elles sont rares, souvent iatrogènes et responsables de recours médicolégaux. En France leur épidémiologie, le détail de leur prise en charge et de ses résultats sont peu étudiés et restent mal connus.


Méthodes

L’objectif de cette étude était de recenser les patientes ayant eu un diagnostic ou une cure de FUG dans les services d’urologie d’un CHU français de janvier 2010 à décembre 2019 et d’étudier leur devenir. Les FUG sur néovessie ou Bricker étaient exclues. Nous avons colligé pour chaque patiente l’étiologie et le type de la fistule, le délai de prise en charge, la technique de traitement, les complications postopératoires précoces (j30 Clavien–Dindo). Nous avons étudié le résultat postopératoire sous deux aspects : la fermeture de la fistule et la présence de séquelles fonctionnelles aux dernières nouvelles.


Résultats

Sur la décennie, 32 patientes ont été traitées pour une FUG (27 FVV, 3 fistules urétéro-vaginales, 1 fistule vésico-entéro-vaginale, 1 fistule vésico-utérine) à un âge moyen au diagnostic de 49,2±15,2 ans. Les causes étaient post-chirurgicales (n =25), post-obstétricales (n =4), post-radiothérapie (n =1), post-sigmoïdite (n =1) et post-traumatique (n =1). Le délai moyen de prise en charge était de 131±189jours. Trois patientes ont été traitées médicalement et 29 ont eu 37 interventions soit 1,28±0,59 intervention/patiente (17 par voie basse, 17 par laparotomie, 2 par cœlioscopie et 1 par voie combinée). Le traitement a été efficace chez 28/32 (87,5 %) 3 ont eu une dérivation urinaire. Six ont eu des complications précoces<Grade III. Dix des séquelles postopératoires : incontinence urinaire (n =5), dyspareunies (n =4) infections urinaires répétées (n =1).


Conclusion

Trente-deux FUG ont été traitées, dans nos centres depuis 2010. Elles étaient principalement iatrogènes. Le parcours de soins était long, complexe avant un traitement laissant 1/3 de séquelles fonctionnelles. Un registre national prospectif permettrait d’affiner la connaissance des FUG (facteur de risque de survenue, d’échec de fermeture, de survenue de séquelle) et de faciliter leur prise en charge.

GETUG-AFU 17 : étude de phase III randomisée comparant la radiothérapie adjuvante à la radiothérapie de rattrapage précoce, combinées à l’hormonothérapie courte, pour les patients présentant un cancer de la prostate traité par prostatecto...
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 733-734


Objectifs

La radiothérapie adjuvante (aRT) réduit le risque de rechute biochimique chez les patients atteints d’un cancer de la prostate traités par une prostatectomie radicale (RP). L’étude GETUG-AFU 17 a comparé l’efficacité et la toxicité de l’aRT par rapport à la radiothérapie de rattrapage précoce (sRT), associée à un traitement hormonal.


Méthodes

Cette étude multicentrique, de phase III, randomisée et contrôlée, a été réalisée dans 46 centres français. Les patients devaient être âgés de plus de 18 ans, avec un statut Eastern Cooperative Oncology Group ≤1, une maladie classée pT3-4 et marges positives, pNx ou pN0, avec PSA postopératoire ≤0,1ng/mL. Les patients ont été randomisés (par minimisation ; 1 : 1) après RP, entre aRT ou observation avec sRT, combiné avec 6 mois de triptoréline. Le critère principal était la survie sans événement (EFS). Les critères d’évaluation secondaires étaient la survie globale (SG), la survie sans métastase (MFS), l’incidence des toxicités aiguës et tardives (CTCAE v3.0) et la qualité de vie (QoL) (échelles QLQ-C30 et PR-25). Cet essai est enregistré sous le numéro ClinicalTrials.gov NCT00667069.


Résultats

Entre le 7 mars 2008 et le 23 juin 2016, 424 patients ont été inclus. Nous avions prévu d’inclure 718 patients. Les inclusions ont été interrompues prématurément en raison de taux d’événements étonnamment bas. Les caractéristiques initiales des patients et de leur tumeur étaient bien équilibrées entre les bras. Le suivi médian était de 75, 3 mois (IQR : 50–100). Lors de l’analyse, 115/212 patients (54 %) du bras sRT avaient commencé le traitement. Avec 58 événements, l’EFS à 5 ans était de 92 % (IC95 % : 86–95) dans le bras aRT et de 90 % (IC95 % : 85–94) dans le bras sRT (HR=0,81 [IC95 % : 0,48–1,36] ; test du log-rank p =0,42). Le taux de SG à 5 ans était de 96 % (IC95 % : 92–98) dans le bras aRT et de 99 % (IC95 % : 96–100) dans le bras sRT (HR=1,60 [IC95 % : 0,71–3,60] ; p =0,25). Les toxicités génito-urinaires de grade ≥2 étaient plus importantes dans le bras aRT (27 % vs 7 % ; p <0,0001). La dysfonction érectile de grade ≥2 était majorée dans le bras aRT (p <0,0001). Les changements dans tous les domaines du QLQ-C30 étaient similaires dans les deux bras (p =0,11).


Conclusion

L’étude GETUG-AFU 17 n’a montré aucun bénéfice en EFS pour l’aRT par rapport à la sRT. L’aRT a augmenté le risque de toxicité génito-urinaire et de dysfonction érectile. Une stratégie de sRT précoce pourrait épargner aux hommes la RT et la toxicité associée.

Hémangiome anastomotique du hile rénal : prise en charge chirurgicale par laparoscopie robot-assistée
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 841


Objectifs

Les tumeurs vasculaires des voies urinaires sont rares. Les hémangiomes anastomotiques sont une variante de ces tumeurs vasculaires avec une architecture complexe caractérisée par de nombreux vaisseaux anastomosés mais d’aspect bénin. Nous présentons ici le cas d’une patiente de 23 ans avec évolution et manifestation clinique d’un hémangiome anastomotique du hile rénal gauche motivant une prise en charge chirurgicale par laparoscopie robot-assistée.


Méthodes

Une patiente de 23 ans s’est vue découvrir de manière fortuite une lésion du hile rénal gauche de 27×22mm compatible radiologiquement avec un hémangiome anastomotique. Une surveillance a initialement été réalisée. Devant la majoration de taille de la lésion, 33×26mm, associée à l’apparition de douleurs lombaire, une prise en chirurgicale a été retenue.


Résultats

L’intervention s’est déroulée par laparoscopie robot assistée. Elle a durée 54minutes. Le pédicule rénal n’a pas été clampée. La glande surrénale a été respectée. Les pertes sanguines ont été évaluée à 50mL. Les suites opératoires ont été simples avec une hospitalisation de 4jours liée à une pneumopathie d’évolution favorable sous antibiothérapie.


Conclusion

L’approche laparoscopique robot-assistée pour ce type de tumeur est possible en respectant la glande surrénale et sans clamper le rein.

Heure limite de prise en charge opératoire pour torsion du cordon spermatique : résultats d’une série rétrospective multicentrique de 2986 patients sur 15 ans
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 816-817


Objectifs

La torsion du cordon spermatique est une urgence urologique. Les données de la littérature reposent sur des petites séries rétrospectives. L’objectif était de déterminer les horaires limites de prise en charge au bloc opératoire, pouvant éviter une orchidectomie.


Méthodes

Nous avons réalisé une étude rétrospective, multicentrique française (cohorte TorsAFUF) incluant des patients de 14 centres hospitaliers. Les dossiers médicaux des patients, âgés de plus de 12 ans, ayant été explorés pour suspicion de torsion du cordon spermatique sur une période de 15 ans ont été analysés. Étaient recueillis : les antécédents médicochirurgicaux, paramètres démographiques, heure de début de la douleur, heure d’arrivée aux urgences, heure de l’intervention, la confirmation du diagnostic de torsion ou diagnostic différentiel, le choix d’une orchidopexie ou orchidectomie. Étaient exclus les patients dont le délai entre le début des symptômes et l’intervention n’était pas disponible.


Résultats

Entre 2005 et 2020, 2986 patients ont été explorés chirurgicalement pour suspicion de torsion du cordon dans 14 centres. Au total, 1802 (60 %) des patients ont eu un diagnostic de torsion du cordon confirmé et 210 (7 %) ont nécessité une orchidectomie. La durée entre le début des symptômes et l’intervention était disponible pour 1266 torsions confirmées et était de 17h en moyenne ; 11heures dans le groupe orchidopexie (n =1117) et 65heures dans le groupe orchidectomie (n =149) (p <0,001). Un traitement conservateur a été réalisé dans 99 % des cas de torsion opérés dans les 6h contre 95 % des cas opérés entre 6 et 12h (p <0,001). Au-delà de 24heures de douleurs, pour une torsion confirmée, le taux d’orchidectomie était de 54 % (Fig. 1, Fig. 2).


Conclusion

Le risque d’orchidectomie augmente avec la durée des symptômes. Le temps limite de 6h semble pouvoir éviter une orchidectomie.

HIFU de sauvetage pour les récidives locales de cancer de prostate dans la loge de prostatectomie après chirurgie puis radiothérapie : résultats préliminaires
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 734-735


Objectifs

Évaluer les résultats préliminaires du traitement par HIFU de sauvetage chez les patients présentant une récidive locale d’un cancer de prostate (CaP) dans la loge de prostatectomie après chirurgie puis radiothérapie adjuvante ou de rattrapage.


Méthodes

De juillet 2009 à novembre 2018, tous les patients traités par HIFU pour une récidive locale après chirurgie puis radiothérapie adjuvante/rattrapage ont été évalués, étude rétrospective monocentrique. La récidive locale était confirmée par Pet-TDM à la choline, IRM et biopsies transrectales. La survie sans échec (SSE) était définie comme l’absence de CaP dans la loge de prostatectomie et/ou de métastases et/ou d’introduction de traitement systémique ; la survie sans progression (SSP) comme l’absence de métastases et/ou d’introduction de traitement systémique ; la survie sans récidive biochimique (SSRB) comme l’absence de deux augmentations du PSA ≥0,2ng/mL au-dessus du nadir post-HIFU. Les complications et la continence étaient évaluées.


Résultats

Vingt-deux patients ont été inclus avec un suivi moyen de 3,83 ans. Les caractéristiques de la population lors de la prostatectomie radicale, lors de la radiothérapie et lors de l’HIFU sont présentés dans le Tableau 1. À 3 ans, la SSE était de 49,7 %, la SSP de 60,4 % (Fig. 1) et la SSRB de 35,3 %. Vingt patients (90,9 %) avaient une décroissance du PSA et 11 patients (50 %) avaient un nadir de PSA ≤0,2ng/mL. La SSE et la SSP étaient significativement améliorées chez les patients avec un nadir de PSA ≤0,2 par rapport à ceux avec un nadir>0,2ng/mL (p =0,037, p =0,003, respectivement). Les complications grade IIIb sont survenues chez 6 patients (27,3 %) ; la survenue d’une incontinence grade II/III était significativement différente selon la localisation de la récidive (péri-anastomotique : 36,4 %, rétrovésicale : 0 %, p =0,027) (Tableau 2).


Conclusion

L’HIFU de sauvetage chez les patients présentant une récidive locale dans la loge de prostatectomie après chirurgie puis radiothérapie adjuvante ou de rattrapage prolonge l’histoire naturelle du CaP, retarde la survenue de métastases, l’introduction de traitement systémique et pourrait même guérir certains patients aux dépens d’une morbidité acceptable. La localisation de la récidive par rapport au sphincter influence la continence.

Homme marocain : connaissances et acceptabilité de la contraception masculine hormis le préservatif
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 815


Objectifs

Malgré le développement de nouvelles méthodes contraceptives masculines, l’implication de l’homme dans la responsabilité contraceptive est insuffisante.

Notre objectif est d’identifier le niveau de connaissances et d’implication du partenaire masculin dans la contraception du couple ainsi que l’acceptabilité et les représentations qu’il a des méthodes contraceptives masculines.


Méthodes

Étude descriptive transversale du 1er septembre 2019 au 30 octobre 2019, auprès d’une population masculine de 18 à 50 ans consultant ou accompagnant un patient à notre structure hospitalière. Un questionnaire a permis le recueil des informations relatives aux données sociodémographiques, attitudes, connaissances, représentations des Méthodes de contraception masculine et freins potentiels à leur utilisation.


Résultats

Cent six questionnaires ont été analysés. L’âge moyen était 38,4 ans. Soixante-quatre hommes (60,3 %) déclaraient se sentir impliqués dans la contraception et 26 (24,5 %) ont accompagné leur épouse à la consultation pour contraception. Trente-huit (35,8 %) pensaient que la contraception devrait être gérée par la femme uniquement.

Vingt hommes (19 %) pensaient être suffisamment informés sur la contraception. La principale source d’information étant le pharmacien du quartier (54,47 %). Alors que quarante-huit hommes (45,3 %) ignoraient l’existence d’autres moyens contraceptifs masculins en plus du préservatif (Tableau 1).

Environ 52 % des répondants ont jugé que la contraception masculine était acceptable et pourraient l’utiliser à condition d’avoir certaines caractéristiques dont l’absence d’injection (49 %), la simplicité d’utilisation (35,8 %) et le respect de la « virilité » (18,8 %) (Fig. 1).


Conclusion

Les connaissances des hommes par rapport à la contraception sont faibles ce qui entrave son acceptabilité. Le renforcement du système d’information en impliquant les professionnels de santé ainsi que l’école sont alors primordiaux. Aussi, pour qu’ils soient adoptés, les moyens contraceptifs masculins devraient avoir certaines caractéristiques comme la simplicité d’utilisation et le respect de la virilité.

Hôpital de jour pour évaluation préopératoire standardisée avant chirurgie lourde en neuro-urologie : concept, faisabilité et résultats
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 801-802


Objectifs

Décrire un concept d’hôpital de jour pour évaluation préopératoire standardisée avant chirurgie lourde en neuro-urologie et en évaluer la faisabilité et les résultats.


Méthodes

Un hôpital de jour (HdJ) pour évaluation avant chirurgie lourde en neuro-urologie a été mise en place au sein de notre service d’urologie. Tous les patients ayant bénéficié de cet HdJ de janvier 2017 à juillet 2019 étaient éligibles. Les données étaient recueillies de manière rétrospective à partir des comptes rendus standardisés d’HdJ. Le critère de jugement principal était le taux d’exhaustivité des données recueillies lors de cet HdJ. Les critères de jugement secondaires comprenaient la description des modifications de prise en charge suite à cet HdJ – dans la révision des indications chirurgicales ou dans les examens, consultations ou traitements complémentaires proposées au décours.


Résultats

Au total, 80 patients ont bénéficié de cet HdJ, avec un taux d’exhaustivité global des données recueillies de 37,1 %. Le taux de réalisation des examens tels que le bilan urodynamique (55,2 % vs 88,9 %) ou la tomodensitométrie abdominopelvienne (41,9 % vs 73,7 %) augmentait entre 2017 et 2019. De même pour les consultations d’anesthésie (9,7 % vs 89,5 %) ou de stomathérapie (45,2 % vs 84,2 %). Alors qu’une intervention chirurgicale lourde était envisagée avant l’HdJ, elle n’était finalement retenue que chez 78,8 % des patients à la fin de l’HdJ. En outre, une modification/adaptation du projet chirurgical neuro-urologique était acté chez 38,7 % des patients. Au décours de l’HdJ, 72,5 % et 41,3 % des patients se voyait proposer respectivement au moins une consultation spécialisée ou un examen complémentaire (Fig. 1).


Conclusion

La mise en place d’une évaluation standardisée préopératoire en HdJ est faisable avec une bonne exhaustivité des examens, sous réserve d’une coordination avec les nombreux intervenants. Son intérêt semble confirmé par l’adaptation du projet chirurgical chez plus d’un tiers des patients. L’impact de cette évaluation sur les suites chirurgicales reste néanmoins à étudier.

Hormonothérapies de nouvelle génération chez le patient de plus de 80 ans – À propos de 65 cas consécutifs
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 743


Objectifs

L’arrivée des hormonothérapies de nouvelles génération (HNG) comme l’abiratérone et l’enzalutamide a radicalement modifié la prise en charge, et le pronostic, des patients avec un cancer de prostate métastatique en phase de résistance à la castration (mCPRC).


Méthodes

Nous avons colligé, de façon rétrospective, 65 dossiers de patients vus depuis janvier 2017, avec un cancer de prostate documenté, en progression métastatique malgré une castration chimique, et répondant aux critères de résistance à la castration. Nous avons relevé les principaux facteurs cliniques (âge, comorbidité, douleur, index OMS, score G8…), ceux liés au cancer de prostate (histologie, traitements préalables, temps sous hormonothérapie, mode de progression, …) et ceux inhérents au traitement actuel (quelle molécule utilisée, durée de traitement, réponse, temps jusqu’à progression, tolérance, …) afin de recueillir des informations de vie réelle dans ce groupe de patients âgés.


Résultats

Les patients, naïfs de chimiothérapie, avaient un âge médian de 83 ans. Le temps de suivi médian est de 26 mois. Le scores G8, l’index ECOG et un bilan biochimique ont été réalisés prospectivement chez tous les patients. Le bilan avant traitement avait compris au minimum une scintigraphie osseuse et un scanner abdominopelvien. Quarante pour cent des patients ont eu une TEP à la choline. L’évaluation clinique+PSA a été faite toutes les 8 semaines et les éléments de tolérance ont été recueillis selon le CTC-AE 4,0. Nous n’avons noté aucune différence significative d’activité entre enzalutamide et abiratérone en 1re intention. Le temps de sensibilité à l’hormonothérapie initiale et le délai entre le cancer et la résistance à la castration sont les meilleurs critères de pronostic retrouvés (Tableau 1).


Conclusion

Dans ce travail rétrospectif il ne semble pas apparaître de signal particulier pouvant limiter l’accès aux HNG chez les patients avec un mCPRC. La tolérance est celle attendue, malgré un focus particulier sur le risque d’asthénie et de troubles neurocognitifs, sans aggravation et sans nécessité d’arrêt pour effet indésirable grave. L’efficacité est également conservée, avec de très longs répondeurs.

Hypospadias proximal : la réalisation d’un Koyanagi en un temps est-elle prudente ?
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 737-738


Objectifs

À l’heure où la chirurgie correctrice en deux temps des hypospadias proximaux est, pour plusieurs auteurs, la procédure de choix, nous avons revu les résultats d’enfants opérés en un temps.


Méthodes

Les suites opératoires immédiates et à distance de 34 enfants opérés pour hypospadias proximal par la technique de Koyanagi en un temps ont été analysées : qualité des mictions et utilisation du HOPE-score.


Résultats

Le méat urétral était de siège périnéal ou scrotal dans 16 cas, pénien proximal dans 18 cas. Dix enfants étaient prématurés et hypotrophes (29,4 %), 4 présentaient des malformations associées. L’âge moyen à l’opération était de 19 mois. Dix-huit sur 34 ont eu des suites compliquées durant le 1er mois postopératoire (infection, arrachage de sonde, lâchage de l’urétroplastie, sténose).

Vingt-six enfants/34 avaient un recul postopératoire ≥30 mois, avec un recul moyen de 6,2 ans (18/26 avec recul ≥5 ans). Dix-huit sur 26 ont eu : aucune (3) ou une (15) reprise chirurgicale (69,2 %) – dont 5 lors d’une plastie scrotale secondaire ; 8 ont eu entre 2 et 6 reprises. Les indications étaient : une fistule (10), une sténose (8), dont 6 proximales et 2 distales, un lâchage de l’urétroplastie (2), un avancement du méat (9). À distance, en se référant au HOPE-score, pour les 26 enfants avec un recul ≥30 mois, le résultat est considéré comme favorable dans 23/26 (88,5 %) : pas de trouble mictionnel, pas d’incurvation pénienne résiduelle (sauf un cas<30°) ni trouble rotatoire, aspect esthétique du fourreau cutané pénien et du gland, siège distal du méat (glandulaire pour 16/26).


Conclusion

La chirurgie correctrice en un temps des hypospadias proximaux de cette série est émaillée d’un taux élevé de complications, avec 30,8 % des enfants réopérés plus d’une fois. Cependant, 88,5 % des résultats sont estimés favorables à distance.

Hystérectomie voie basse et réparation ligamentaire selon Campbell dans le traitement du prolapsus utérin avec cystocèle d’entraînement : un retour vers le futur
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 757-758


Objectifs

La prise en charge des prolapsus génito-urinaires connaît un tournant majeur en 2020 suite au retrait des prothèses vaginales. Nous présentons les résultats d’une série rétrospective de réparation vaginale autologue de prolapsus utérin prédominant avec cystocèle d’entraînement par hystérectomie totale voie basse (HTVB) et soutènement sous-vésical par croisement des ligaments utérosacrés selon la technique de Campbell (C-SLUS) avec pour objectif l’évaluation du taux de récidive.


Méthodes

Notre étude a inclus les patientes opérées entre 2011 et 2018 d’une HTVB avec C-SLUS, sans implant prothétique, soit 94 patientes. Notre objectif était d’évaluer le taux de récidive de prolapsus antérieur et/ou apical. La récidive était définie par un critère composite incluant récidives symptomatique et asymptomatique avec stade POP-Q≥2. La survie sans récidive (SSR) à 2 ans a été étudiée par méthode de Kaplan–Meier. Une analyse univariée puis multivariée a été effectuée pour déterminer les facteurs associés à la récidive. Les objectifs secondaires étaient l’analyse des complications postopératoires précoces, les résultats fonctionnels urinaires et sexuels et le taux de chirurgie pour récidive.


Résultats

Quatre-vingt-trois (88,3 %) et 65 (69 %) patientes avaient respectivement une hystérocèle et cystocèle de stade≥3. Avec un suivi moyen de 36 mois, le taux de récidive était de 21,3 % incluant 3 cystocèles (3,2 %). La SSR à 2 ans était de 80 %. En analyse multivariée, l’âge, l’indice de masse corporelle, le stade POP-Q pré opératoire et un geste peropératoire sur le compartiment postérieur n’étaient significativement pas associés au risque de récidive. Le taux de complications précoces était de 21,2 % (95 % de grade≤2). Onze patientes (11,7 %) ont présenté des symptômes urinaires de novo. Les taux de guérison d’incontinence urinaire d’effort et d’urgenturie étaient respectivement de 80 % et 80,6 %. Le taux de satisfaction sexuelle parmi les patientes déclarées actives était de 95,8 %. Treize patientes (13,8 %) ont été opérées pour récidive symptomatique.


Conclusion

L’HTVB avec C-SLUS a été un traitement de première intention efficace des prolapsus utérins symptomatiques prédominants avec cystocèle d’entraînement, avec des résultats fonctionnels satisfaisants à moyen terme. Cette technique s’inscrit dans les réparations vaginales autologues qui devraient connaître un nouvel essor suite à l’arrêt de commercialisation des prothèses vaginales développées pour corriger les étages antérieur et moyen.

Identification des facteurs de risque d’échec des troisièmes transplantations rénales, analyse multicentrique de 269 greffes
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 721-722


Objectifs

La transplantation rénale est le meilleur traitement de l’insuffisance rénale chronique terminale. En cas d’échec ou d’arrêt de fonction de deux précédents transplants, il persiste un bénéfice à une troisième transplantation (G3). La survie de ces transplants est inférieure aux précédents. L’objectif de cette étude est d’analyser les facteurs de risque de complications des G3 afin d’en préciser les indications.


Méthodes

Au total, 269 troisièmes transplantations rénales sur des receveurs majeurs ont été recensées au sein de la cohorte prospective multicentrique Données Informatisées et VAlidées en Transplantation (DIVAT). L’extraction de données a concerné des variables donneurs et receveurs pré-, per- et postopératoires sélectionnées pour leur intérêt dans la littérature. L’analyse principale a été réalisée en univariée puis en multivariée sur les facteurs de risque de complications et d’échecs des G3. Les valeurs descriptives sont analysées en médiane Q1–Q3.


Résultats

L’âge des receveurs G3 est de 48 ans [39,00 ; 54,00], l’IMC est de 22,10kg/m2 [20,10 ; 24,60]. Cent trente-cinq (50,18 %) avaient une insuffisance rénale d’origine urologique. L’âge des donneurs est de 52 ans [41,00 ; 59,00] dont 33,46 % de donneurs à critères élargis (ECD). L’ischémie froide (IF) était de 20,36heures [15,10 ; 26,70]. Quatre-vingt-deux patients sont retournés en dialyse et 41 sont décédés principalement du fait de pathologies cardiovasculaires (29 %) et néoplasiques (20 %). Cent trente-six (58,30 %) ont un G3 toujours fonctionnel, la survie des transplants G3 a été représentée selon Kaplan–Meier (Fig. 1). Les facteurs influençant significativement la survie des G3 ont été un transplant ECD (p =0,0577), l’âge du donneur (p =0,0071), l’IF (p =0,0178) et la survenue de complications vasculaires post-greffe (0,0755). Un donneur vivant (DVA) impact positivement la survie G3 (p =0,0345).


Conclusion

La survie des G3 est particulièrement influencée par des critères de qualité des transplants. L’IF doit alors être réduite au maximum. Une sélection optimale des donneurs en privilégiant les DVA augmente le succès des G3. Le risque de décès avec un transplant fonctionnel ici majeur doit être pris en compte dès la décision d’inscription et souligne l’importance du suivi.

Imagerie en tomographie par cohérence optique plein champ des biopsies de la prostate pour le diagnostic du cancer de la prostate
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 741


Objectifs

La tomographie par cohérence optique (OCT) plein champ est une technique d’imagerie du tissu frais ex vivo. Notre objectif était d’en évaluer les performances diagnostiques sur biopsies prostatiques pour la détection du cancer de la prostate.


Méthodes

Cette étude diagnostique a été proposée de janvier 2016 à janvier 2017 aux patients ayant une première série de biopsies prostatiques dans notre centre. Une image OCT plein champ était acquise pour chaque carotte. Toutes les carottes étaient analysées de manière indépendante. Deux urologues et deux internes d’urologie ont analysé les images OCT plein champ en aveugle, pour déterminer la présence de cancer. Un programme d’intelligence artificielle (IA) a été entraîné de manière non supervisée sur les 506 premières images, puis testé sur les 490 images restantes. La sensibilité (Se), spécificité (Sp) et valeur prédictives ont été calculées pour chaque lecteur et pour l’IA.


Résultats

Quatre-vingt-huit patients ont été inclus, et 996 carottes analysées. Pour la détection de cancer, les lecteurs obtenaient 0,37<Se<0,75 et 0,68<Sp<0,98 ; et l’IA Se=0,38 et Sp=0,76. Le coefficient de corrélation inter-observateur kappa était de 0,46 (IC95 % [0,39–0,52]). La valeur prédictive négative (VPN) pour tous les lecteurs était comprise entre 0,84 et 0,91. Pour la détection de cancer Gleason≥7, les lecteurs obtenaient 0,26<Se<0,75 et 0,83<Sp<0,99, avec une VPN comprise entre 0,90 et 0,98 (Fig. 1).


Conclusion

Nos résultats suggèrent que l’OCT plein champ a une VPN élevée pour éliminer la présence de cancer en temps réel sur carotte biopsique. Cette VPN augmente pour les cancers significatifs. Notre programme d’IA nécessite un apprentissage sur un plus grand nombre d’image.

Impact de la densité du PSA et de l’IRM multiparamétrique dans l’indication à une surveillance active d’un adénocarcinome prostatique à faible risque
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 835


Objectifs

Les modalités de surveillance active (SA) d’un adénocarcinome prostatique (CaP) de faible risque intègrent dorénavant les données de l’IRM pour le calcul de la densité du PSA (PSAd) et la réalisation de biopsies ciblées. Le but de cette étude était d’évaluer la proportion de patients pouvant bénéficier d’une SA en fonction de critères pré-biopsiques comme le résultat de l’IRM et la densité du PSA.


Méthodes

C’est une étude monocentrique, rétrospective, réalisée entre juin 2013 et janvier 2020. Ainsi, 180 patients ont été inclus, après avoir bénéficié d’une série de biopsies prostatiques (BP), soit pour la SA d’un CaP déjà identifié (n =150), soit pour entrer dans cette modalité de prise en charge (n =30). Tous ont bénéficié d’une IRM prostatique multiparamétrique (mp) au préalable, relue par un radiologue spécialisé de notre centre. Ont été effectuées 12 BP standards (BP-s) plus 2 à 4 BP ciblées (BP-c) dans chaque lésion IRM.


Résultats

Parmi les 180 patients inclus, 115 (63,9 %) présentaient une IRM suspecte (≥PIRADS-3). Les BP ont permis d’identifier 130 CaP (72 %) dont 69 % (n =90) ISUP-1. Au décours des BP, 116 patients (64 %) sont restés en SA. Une lésion IRM augmentait le risque d’avoir un traitement curatif : 59/115 (51,3 %) vs 11/65 (17 %) (p ≤0,001). Comparativement aux IRM normales, les lésions IRM, PIRADS-4 et 5 présentaient respectivement un risque supérieur d’arrêt de SA : 30/56 (53,6 %, p ≤0,001) et 23/29 (79,3 %, p ≤0,001), que les cibles PIRADS-3 (6/30, p =0,71) (Tableau 1). Une PSAd ≤0,15ng/mL/cm3 était un indicateur statistiquement pertinent en faveur de la SA (75 % vs 42 %, p ≤0,001) (Tableau 1). Les patients présentant une PSAd ≤0,15ng/mL/cm3 ainsi qu’une lésion ≤PIRADS-3 avaient moins souvent un traitement curatif que ceux ayant un ou deux facteurs divergents (p <0,001) (Tableau 2).


Conclusion

Le seuil de PSAd ≤0,15ng/mL/cm3 et une IRM normale ou avec une lésion ≤PIRADS-3 identifiée sont des facteurs prédictifs d’indication ou de maintien en SA chez les patients présentant un CaP de bas risque. En cas de lésion PIRADS 5, une surveillance active est rarement indiquée.

Impact de la prise en charge par surveillance active sur le risque de dépression et d’anxiété : données rapportées par les patients (PROs) dans le cadre de la cohorte prospective VICA
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 834-835


Objectifs

La surveillance active (SA) est une option thérapeutique pour les cancers de la prostate localisés à faible risque et son utilisation est en augmentation croissante, en raison des bons résultats carcinologiques à long terme. Cependant, son impact sur la qualité de vie des patients, notamment en termes d’anxiété secondaire à l’annonce du cancer, est relativement mal évalué.


Méthodes

La cohorte française VICAN 5 est un échantillon représentatif de 4174 patients pris en charge pour un cancer et survivants à 5 ans. Les données rapportées par les patients (PROs) ont été collectées prospectivement par entretiens téléphoniques et autoquestionnaires portant sur la qualité de vie (questionnaire SF-12) et les effets secondaires des traitements. Parmi les 447 patients ayant un cancer de la prostate, les patients pris en charge par surveillance active, radiothérapie ou prostatectomie totale, pour un cancer localisé T1-T2 N0 M0 et de score de Gleason ≤7 ont été sélectionnés. Les données concernant les symptômes dépressifs et l’anxiété ressentie ont été analysées comparativement.


Résultats

Au total, 301 patients ont été inclus, parmi lesquels 68 (22,6 %) pris en charge par surveillance active (SA), 170 (56,5 %) traités par prostatectomie totale (PT) et 63 (20,9 %) traités par radiothérapie externe (RT). Les patients pris en charge par SA avaient un score OMS plus bas (p =0,003) et un stade clinique plus faible (p =0,04) par rapport aux patients des groupes PT ou RT. Concernant l’impact sur la qualité de vie des patients, il n’y avait pas de différence significative en termes de symptômes dépressifs (pas de symptômes dépressifs rapportés pour 82,4 % des patients du groupe SA vs 88,8 % PT et 74,6 % RT, p =0,468) ou d’anxiété ressentie (pas d’anxiété rapportée dans 63,3 % des cas dans le groupe SA vs 71,2 % PT et 66,6 % RT, p =0,214).


Conclusion

Les patients pris en charge par surveillance active pour un cancer de la prostate localisé ne rapportent pas plus de symptômes dépressifs ou d’anxiété que les patients pris en charge par traitement curatif (prostatectomie ou radiothérapie). Ceci confirme l’intérêt de proposer systématiquement cette option thérapeutique si les critères clinicopathologiques le permettent et que le patient adhère à cette stratégie.

Impact de la radiothérapie sur les résultats fonctionnels du traitement chirurgical de l’incontinence d’effort chez l’homme et sur le rôle de l’urodynamique préopératoire
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 781-782


Objectifs

L’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact de la radiothérapie sur les Résultats fonctionnels du traitement chirurgical de l’incontinence urinaire d’effort (IUE) chez l’homme, la valeur relative de l’urodynamique (BUD) préopératoire chez les hommes selon qu’ils aient ou non été irradiés et sa valeur prédictive des symptômes de remplissage postopératoire.


Méthodes

Tous les dossiers des hommes ayant eu un traitement chirurgical d’IUE dans un centre entre 2010 et 2017 ont été revus rétrospectivement. Le BUD préopératoire était systématique. L’impact des résultats du BUD sur la décision thérapeutique a été évalué. Les paramètres urodynamiques et traitements des patients irradiés et non irradiés ont été comparés de même que l’évolution des symptômes de la phase de remplissage dans chaque groupe. Une régression logistique univariée et multivariée a été effectué pour évaluer l’association entre paramètres urodynamique et nécessité de traitement de l’hyperactivité vésicale (HAV) après sphincter artificiel urinaire (SAU).


Résultats

Deux cent sept patients ont été inclus. Soixante-cinq sur 207 (31,4 %) avaient été irradiés pour un cancer prostatique. Les résultats du BUD n’ont modifié la stratégie thérapeutique dans aucun cas. Les patients irradiés avaient plus fréquemment une hyperactivité détrusorienne (HAD) préopératoire (70 % vs 38 % ; p <0,0001 ; Tableau 1) et avaient une capacité cystomanométrique préopératoire plus faible que les non-irradiés (255 vs 307,4mL, p =0,01). Après implantation de SAU, la proportion de patients nécessitant un traitement médicamenteux d’HAV était plus importante chez les patients irradiés (44,3 % vs 25,3 % ; p =0,01) de même que la proportion de patients nécessitant un traitement de 3e ligne d’HAV (9,2 % vs 1,4 % ; p =0,01). Plusieurs paramètres urodynamiques étaient associés à la nécessité d’un traitement médicamenteux de l’HAV mais uniquement chez les patients irradiés (Tableau 2).


Conclusion

L’irradiation augmente le risque de dysfonction vésicale chez les hommes ayant une IUE et particulièrement les symptômes d’HAV nécessitant un traitement postopératoire. Bien que le BUD n’ait modifié la stratégie thérapeutique chez aucun patient, les paramètres urodynamiques étaient prédictifs de l’HAV postopératoire mais uniquement chez les patients irradiés suggérant que le BUD préopératoire pourrait être intéressant dans ce sous-groupe.

Impact de la torsion du cordon spermatique sur la fertilité et la fonction érectile : une étude multicentrique nationale TORSAFUF
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 725-726


Objectifs

La torsion du cordon spermatique est une pathologie rare, touchant majoritairement le jeune adulte, et pouvant induire des lésions ischémiques irréversibles impactant les fonctions testiculaires exocrine et endocrine. Des anomalies du spermogramme ont été rapportées, sans pour autant d’évaluation de leurs conséquences cliniques. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact de la torsion du cordon spermatique sur la fertilité et la fonction érectile.


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective multicentrique nationale menée au sein du projet TORSAFUF. Ont été inclus tous les patients ayant présenté une torsion du cordon spermatique confirmée en peropératoire, ayant entre 18 et 60 ans et ayant répondu au questionnaire téléphonique. Les critères de jugement principaux comprenaient le taux d’infertilité, défini par l’absence de grossesse après 12 à 24 mois de rapports sexuels complets, réguliers, sans contraception, et les taux de dysfonction érectile sur l’autoévaluation du patient sur sa fonction érectile avant et après l’épisode de torsion du cordon spermatique.


Résultats

Au sein de la cohorte TORSAFUF, 521 patients ont répondu à l’évaluation de la fertilité et 653 ont répondu à l’évaluation de la fonction érectile (Tableau 1).

Le taux d’infertilité était de 5,7 % (±2 %), avec 1,54 % (±1 %) des patients ayant eu recours à une assistance médicale à la procréation tandis que 1,5 % (±0,1 %) ont reporté avoir présenté des troubles de l’érection apparus dans les suites de l’intervention.

Les troubles de la fertilité (p =0,77) et de l’érection (p =0,60) n’étaient pas influencés par le type de traitement effectué pendant l’intervention (orchidopexie ou orchidectomie).

En analyse multivariée, la torsion du cordon sur testicule déjà fixé (p =0,001, OR : 7 [2 ; 21]) et l’hypotrophie testiculaire séquellaire (p =0,004, OR : 4,5 [2 ; 12]) sont associés à un risque d’infertilité.


Conclusion

La torsion du cordon spermatique ne semble pas augmenter le taux d’infertilité et de dysfonction érectile, que le patient ait eu une orchidectomie ou non, et n’est pas supérieure aux taux rapportés dans la population générale, de 20 % chacun. Les patients présentant une hypotrophie testiculaire ou un antécédent d’ochidopexie doivent être dirigés vers un centre AMP en cas d’infertilité.

Impact de l’effet centre sur les résultats du sphincter urinaire artificiel chez l’homme
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 779-780


Objectifs

L’impact du volume d’activité annuel, largement étudié en onco-urologie, n’a été que très peu évalué en urologie fonctionnelle. L’objectif principal de cette étude était d’évaluer l’impact du volume annuel d’implantation de chaque centre sur les Résultats du sphincter artificiel urinaire (SAU) chez l’homme.


Méthodes

Les dossiers de tous les patients de sexe masculin ayant eu l’implantation d’un SAU entre 2004 et 2020 dans 11 centres universitaires ont été revus rétrospectivement. Les patients ayant une incontinence d’effort d’origine neurogène étaient exclus. Deux groupes de volume ont été constitués :<10 procédures/an/centre (FAIBLEVOL) et ≥10 procédures/an/centre (HAUTVOL). Le critère de jugement principal était la continence sociale à 3 mois (0 à 1 protection/jour). Les critères secondaires étaient la survie des dispositifs sans révision (SSR) et sans explantation (SSE), les complications postopératoires et la durée d’hospitalisation.


Résultats

Mille cinquante patients répondaient aux critères d’inclusion : 527 dans le groupe FAIBLEVOL et 523 dans le groupe HAUTVOL. Le taux de complications postopératoires était plus élevé dans le groupe FAIBLEVOL (17,1 % vs 11,9 % ; p =0,03) de même que le taux de complications Clavien ≥3 (6,1 % vs 2,3 % ; p <0,001). La durée d’hospitalisation était plus courte dans le groupe HAUTVOL (3 vs 4,3jours ; p <0,001). Le taux de continence sociale à 3 mois était similaire dans les deux groupes (77,6 % vs 76,3 % ; p =0,71). Après un suivi médian de 48,6 mois et 31 mois respectivement (p <0,001), le taux de continence sociale restait comparable dans les groupes FAIBLEVOL et HAUTVOL (63,5 % vs 65,8 % ; p =0,51). La SSE était comparable dans les deux groupes (SSE à 5 ans : 64,5 % vs 67,9 % ; p =0,88) ; en revanche, la SSR était meilleure dans le groupe SSR (SSR à 5 ans : 31,6 % vs 23,3 % ; p <0,001) (Fig. 1, Tableau 1, Tableau 2).


Conclusion

Le volume annuel d’implantation de SAU n’avait pas d’impact sur les résultats fonctionnels mais les centres implantant>10 SAU chez l’homme avaient de meilleurs résultats périopératoires. À l’inverse, de façon surprenante, la survie sans révision était meilleure dans les groupes de faible volume.

Impact de l’embolisation sélective des vaisseaux tumoraux sur la fonction rénale après néphrectomie partielle en salle hybride
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 751


Objectifs

L’embolisation sélective des vaisseaux tumoraux avant néphrectomie partielle permet une énucléation de la tumeur rénale sans clampage du pédicule rénal. Cependant, l’utilisation de produit de contraste et le risque d’embolisation de parenchyme rénal sain pourraient provoquer une détérioration de la fonction rénale. L’objectif de cette étude était d’évaluer le retentissement de l’embolisation des vaisseaux tumoraux sur la fonction rénale.


Méthodes

Nous avons inclus dans la base de données prospectives uroCCR tous les patients opérés d’une néphrectomie partielle après embolisation sélective des vaisseaux tumoraux en salle hybride pour une tumeur du rein localisée entre mai 2015 et mai 2019 dans un centre unique. Une diminution supérieure à 25 % du débit de filtration glomérulaire (DFG) selon la formule MDRD à 6 mois de l’intervention était considérée comme majeure. Nous avons utilisé des données de volumétrie rénale sur scanner avant chirurgie et à 6 mois de la chirurgie, pour quantifier le pourcentage de perte de parenchyme rénal sain.


Résultats

Nous avons inclus 93 patients dont l’âge moyen était 60,4 (±12) ans et 4 (4,3 %) avait une insuffisance rénale préopératoire. La taille tumorale moyenne était 3,4 (±1,6) cm et 30 (32,3) patients avaient un stade pT1b-2. À 6 mois, le DFG moyen était diminué de 9,4 % (±15), 10 (9 %) patients avaient une perte majeure de fonction rénale, un (1 %) patient présentait une nouvelle insuffisance rénale et la perte moyenne de parenchyme rénal sain était de 21 (±20,6) mL. Le nombre d’artères embolisés et la quantité de produit de contraste utilisée n’étaient pas des facteurs associés à une perte significative de fonction rénale. Seul l’âge était un facteur significativement associé à une perte majeure de fonction rénale (p =0,017) (Tableau 1).


Conclusion

Les variations de fonction rénale après embolisation puis énucléation tumorale sans clampage du pédicule rénal sont similaires à celles rapportées dans la littérature pour les autres techniques. L’âge du patient est le principal facteur de détérioration de la fonction rénale postopératoire.

Impact du délai avant prise en charge par néphrectomie partielle d’une tumeur du rein localisé
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 749


Objectifs

La prise en charge chirurgicale par néphrectomie partielle d’une tumeur du rein localisée peut-être retardée en raison des comorbidités du patient ou encore de problèmes d’accès au bloc opératoire. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact carcinologique d’un délai prolongé avant néphrectomie partielle.


Méthodes

Nous avons inclus dans la base de données prospectives uroCCR les patients opérés d’une néphrectomie partielle dans un centre unique pour tumeur du rein localisée entre 2015 et 2020. Nous avons étudié le stade anatomopathologique des tumeurs ainsi que le taux de récidive chez les patients ayant eu une prise en charge chirurgicale>90jours. L’impact de la réalisation d’une biopsie préopératoire sur ces données a également été étudié. Ces données ont été comparées par des tests de Student et de Chi2 à l’aide du logiciel SPSS.


Résultats

Nous avons inclus 179 patients dont l’âge médian était de 63 (±13) ans, 41 (23 %) ont reçu une biopsie préopératoire. Quatre-vingt-neuf patients (50 %) ont été opérés dans un délai de plus de 3 mois. Le délai médian avant néphrectomie était alors de 150 (±139) jours. Il n’existait pas plus de récidive en cas de délai prolongé avant chirurgie (p =0,617), et le taux de tumeurs de stade T3 était comparable (p =0,531). La croissance tumorale, calculée par le différentiel de la taille au diagnostic initial et la taille à l’anatomopathologie était comparable (p =0,122). La réalisation d’une biopsie préopératoire entraîne un doublement du délai avant chirurgie (p <0,001), mais n’est pas corrélée un stade tumoral plus élevé (p =0,944) ni à un taux de récidive plus important (p =0,097) (Fig. 1 et Tableau 1).


Conclusion

Une prise en charge par néphrectomie partielle pour tumeur du rein localisée au-delà de 3 mois, notamment pour permettre de biopsier la tumeur en cas de doute diagnostique, ne semble pas impacter le pronostic carcinologique des patients. Ces données, validées à plus grande échelle pourraient permettre de rassurer les patients ayant une prise en charge chirurgicale retardée.

Impact du traitement du syndrome d’apnées obstructives du sommeil par pression positive continue nocturne sur les symptômes du bas appareil urinaire
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 796


Objectifs

Évaluer l’impact du traitement du syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) par pression positive continue (PPC) nocturne sur les symptômes du bas appareil urinaire (SBAU).


Méthodes

Une étude prospective, monocentrique, a été menée entre juin 2018 et août 2019. Ont été inclus, les patients présentant un SAOS modéré ou sévère avec indication de traitement par PPC nocturne lors de la polygraphie ventilatoire nocturne de dépistage à l’unité du sommeil, associé à des SBAU. L’efficacité du traitement par PPC a été évaluée par auto-questionnaires sur les SBAU (IPSS et USP) et sur leur retentissement (IPSS-Qdv) remplis le jour du dépistage du SAOS et après 4 mois d’appareillage par PPC.


Résultats

Au total, 113 patients ont été inclus dans notre étude parmi lesquels 62 hommes et 51 femmes. Quatre mois après l’appareillage par PPC, l’IPSS et l’IPSS-Qdv étaient significativement améliorés, respectivement 7,44±5,05 vs 5,20±3,78 ; p <0,0001 et 2,27±1,56 vs 1,93±1,26 ; p =0,002 ainsi que les items du score IPSS sur la pollakiurie (1,53±1,33 vs 0,98±0,83 ; p <0,0001), l’urgenturie (0,95±1,34 vs 0,58±0,85 ; p =0,001) et la nycturie (2,12±1,33 vs 1,20±0,80 ; p <0,0001). Les scores USP sur l’incontinence urinaire d’effort et l’hyperactivité vésicale étaient significativement améliorés, respectivement 1,13±2,10 vs 0,65±1,38 ; p <0,0001 et 5,43±3,66 vs 3,24±2,58 ; p <0,0001 (Tableau 1).


Conclusion

Dans notre étude, le traitement par PPC a permis d’améliorer significativement les SBAU en quatre mois. L’interrogatoire des patients consultant en urologie pour des SBAU à propos de la qualité du sommeil permettrait d’adresser les patients suspects de SAOS vers un pneumologue afin d’être dépister et les traiter de leur SAOS le cas échéant.

Impact du volume prostatique traité après photovaporisation prostatique au laser GreenLight XPS 180 W
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 823-824


Objectifs

Dans l’hypertrophie bénigne de prostate (HBP), le volume prostatique (VP) n’est pas corrélé à la gêne fonctionnelle urinaire. Néanmoins, le but des traitements chirurgicaux de l’HBP est de lever l’obstruction prostatique en réduisant le plus possible son volume. L’objectif de cette étude était de comparer les résultats du traitement de l’HBP par photovaporisation prostatique (PVP) au laser GreenLight XPS 180W selon le VP traité (VPT).


Méthodes

Une étude ancillaire a été réalisée à partir d’une cohorte prospective de patients opérés par PVP au GreenLight XPS 180W, en analysant les résultats fonctionnels et les complications selon le VPT, ≤ou>50 % du VP initial (VPi) mesuré par échographie transrectale. Les critères d’inclusions étaient : 45>âge<80 ans, VPi de 30 à 100mL, symptômes du bas appareil urinaire (SBAU) avec International Prostate Symptom Score (IPSS) ≥15 en échec thérapeutique, PSA ≤4ng/mL ou biopsie négative<6 mois. Les patients restaient hospitalisés une nuit postopératoire et suivis 3 mois.


Résultats

Au total, 80 patients ont été inclus, 6 exclus, 74 analysés parmi lesquels 36 avaient un VPT ≤50 % du VPi et 38 un VPT>50 % du VPi. Les données pré-, per- et postopératoires sont résumés dans le Tableau 1. Un VPT>50 % du VPi était associé à une plus grande amélioration des SBAU (Δ IPSS −14,4 vs −10 ; p =0,03 et Δ IPSS-QoL −3,36 vs −2,21 ; p =0,03) sans augmentation des complications postopératoires. L’analyse en sous-groupes de l’impact du VPT selon le VPi retrouvait une amélioration plus importante des SBAU en cas de VPT>50 % uniquement pour les VPi ≥50mL (p =0,04) (Tableau 2).


Conclusion

Dans le traitement de l’HBP par laser GreenLight XPS 180W, un VPT>à 50 % du VPi est associé à de meilleurs résultats fonctionnels sans augmentation du risque de complication mais uniquement pour les adénomes de moyen et haut volumes (50 à 100mL). Un suivi à long terme est nécessaire pour affiner nos résultats.

Impact infectiologique et organisationnel de l’examen cytobactériologique des urines (ECBU) systématique avant BCG d’induction
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 794


Objectifs

Il n’existe pas de recommandation unanime entre les sociétés savantes concernant la réalisation d’un ECBU avant les instillations de BCG. La crainte d’une infection urinaire associée aux soins (IUAS) en cas d’ECBU positif expose au risque de retard de prise en charge par modification du schéma d’induction. L’objectif était de recueillir les ECBU réalisés avant les instillations et d’étudier leur impact sur leur schéma d’administration.


Méthodes

Les dossiers de BCG d’induction (6 instillations par cycle) entre 2016 et 2017 ont été revus rétrospectivement. Tous les patients avaient un ECBU avant chaque instillation et étaient traités si ce dernier était positif. Les données démographiques des patients, les caractéristiques des tumeurs, les facteurs de risque d’infection urinaire (FDRIU), les données bactériologiques (réalisation de l’ECBU, positivité, germe identifié, antibiothérapie associée), les effets indésirables et l’incidence organisationnelle (report) ont été recueillis. Les facteurs de risque associés à la survenue d’un ECBU positif ou d’une IUAS ont été étudiés.


Résultats

Quarante patients ont été inclus présentant tous une tumeur de vessie non infiltrant le muscle de haut grade. L’âge médian était de 75 ans et 60 % des patients présentaient au moins un FDRIU. Au cours de l’induction, 20 % des patients ont eu au moins un ECBU positif indépendamment du rang de l’instillation. Les données de l’ECBU ont conduit au report d’au moins une instillation chez 10 patients sur les 40 (25 %). La proportion de troubles du bas appareil urinaire (TUBA) était similaire chez les patients ayant des ECBU positifs par rapport à ceux ayant des ECBU négatifs (30 %). Une seule instillation a été reportée en raison de mauvaise tolérance. Aucun évènement infectieux grave n’a été rapporté et aucun facteur de risque de survenue d’un ECBU positif n’a pu être identifié.


Conclusion

La présence d’ECBU positif au cours des instillations de BCG est un évènement fréquent. Aucun évènement infectieux grave n’a été observé. La nécessité de traitement est source de désorganisation du schéma d’induction, exposant à des conséquences oncologiques et à un risque de récidive plus élevé. L’impact de la réalisation de l’instillation malgré un ECBU positif asymptomatique reste à déterminer.