Base bibliographique

Cystectomie sus trigonale et enterocystoplastie en w pour vessie neurologique par voie laparoscopique robot assistée
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 844-845


Objectifs

Les lésions médullaires occasionnent des troubles vésico-sphincteriens (hyperactivité détrusorienne, hypocompliance) qui peuvent nécessiter le recours à une cystectomie sus trigonale avec entérocystoplastie en cas d’échec des traitements conservateurs. Il s’agit d’une chirurgie dont la morbidité post opératoire est significative mais qui pourrait être réduite par des techniques de chirurgie mini-invasive. L’objectif de cette vidéo était de présenter une technique de cystectomie sus trigonale et entérocystoplastie d’agrandissement en W robot assistée intracorporelle.


Méthodes

Nous présentons le cas d‘une patiente de 25 ans, paraplégique T5 AIS D et qui a une neurovessie hypocompliante résistante aux anticholinergiques et aux injections intradétrusoriennes de toxine botulique. Elle réalise 6 auto sondages par jour sans difficulté. Une indication à réaliser une cystectomie sus trigonale et une entérocystoplastie d’agrandissement est retenue.


Résultats

On commence par réaliser une cystectomie sus trigonale puis on prélève 40cm d’iléon après visualisation de la vascularisation du méso à l’aide d’une injection de vert d’idocyanine. On confectionne ensuite l’enterocystoplastie en W qui est suturée au trigone. L’intervention a été réalisée entièrement par laparoscopie robot assistée.

Il n’y a pas eu de complication peropératoire. La patiente a eu un épisode de fièvre inexpliquée à J1 d’évolution favorable sous antibiothérapie (clavien 2). Elle a quitté le service à J9 post opératoire. La sonde vésicale a été retirée à J21.


Conclusion

L’entérocystoplastie après cystectomie sus trigonale pour vessie neurologique par laparoscopie robot-assistée est une technique faisable qui pourrait diminuer la morbidité post opératoire.

Cystectomie totale robot-assistée : impact sur les complications anastomotiques urinaires
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 716-717


Objectifs

La chirurgie mini-invasive est un pilier de la récupération améliorée après chirurgie (RAAC). La cystectomie totale par voie robot-assistée (CTRA) a fait la preuve de son équivalence carcinologique par rapport à la chirurgie ouverte. Son utilisation est en pleine expansion en France avec une courbe d’apprentissage qui semble courte. Cependant, l’impact de cette voie d’abord sur les complications anastomotiques est encore mal évalué.


Méthodes

Il s’agit d’une étude monocentrique avec recueil de données prospectif et analyse rétrospective ayant inclus tous les patients traités par CT pour cancer entre janvier 2015 et juillet 2019. Un protocole de RAAC a été appliqué chez tous les patients à partir de février 2018 incluant des mesures pré-, per- et postopératoires, anesthésiques et chirurgicales. Nous avons analysé et comparé, entre le groupe CT par voie ouverte (CTO) et le groupe CTRA, les caractéristiques démographiques des patients et les complications anastomotiques urinaires (fistules et sténoses) à long terme (suivi médian de 12 mois).


Résultats

Il y avait 79 patients dans le groupe CTO et 71 dans le groupe CTRA. L’âge médian était de 69,5 ans (32–91). Les groupes étaient comparables sur les données démographiques. Il y avait plus de complications de l’anastomose urinaire dans le groupe CTRA comparé au groupe CTO (32,4 vs 13,9 % ; p =0,007). Le taux de fistules urinaires était de 15,5 % dans le groupe CTRA vs 6,3 % dans le groupe CTO (p =0,069). Le taux de sténoses anastomotiques était 16,9 % dans le groupe CTRA vs 7,6 % dans le groupe CTO (p =0,080). Il n’y avait pas de différence en termes de complications anastomotiques entre le groupe CTRA ayant eu une reconstruction intracorporelle par rapport à ceux ayant eu une reconstruction extracorporelle, ni en fonction du mode de dérivation urinaire.


Conclusion

La voie d’abord robot-assistée pour la cystectomie totale suscite un intérêt croissant, avec des améliorations techniques continues. Le risque de complications anastomotiques semblent cependant plus importants qu’en chirurgie ouverte, au moins en début d’expérience (70 premiers cas). L’impact de la courbe d’apprentissage sur ce taux de complications mérite d’être exploré de manière multicentrique.

Cystostomie continente de type mitrofanoff associée à une entéro-cystoplastie d’agrandissement par voie cœlioscopique robot-assistée
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 843


Objectifs

La cystostomie continente de type Mitrofanoff associée à une entéro-cystoplastie d’agrandissement est habituellement réalisée par laparotomie. Nous présentons ici cette intervention par coelioscopie robot-assistée chez des patients neurologiques notamment pour une épargne pariétale et une récupération plus rapide du transit.


Méthodes

Nous avons réalisé cette intervention chez une patiente de 19 ans paraplégique porteuse d’un spina-bifida niveau L2 complet AIS A. L’indication de la cystostomie a été posée devant des difficultés à réaliser les sondages par voie urétrale et la décision d’entérocystoplastie d’agrandissement sur la cystomanométrie sous oxybutynine qui a retrouvé une vessie non compliante mais aucune fuite au cours du remplissage. La cystectomie supra-trigonale a été réalisée avec préservation d’un lambeau postéro-latéral de vessie dans lequel le tube était implanté selon le principe de Politano-Leadbetter.


Résultats

La durée d’intervention a été de 628min. Les pertes sanguines ont été de 50ml. La patiente a repris son transit à J3. Elle est sortie d’hospitalisation à J10. La sonde dans le conduit a été retirée à J 21 avec reprise des auto-sondages. Lors de la consultation de contrôle à 24 mois, il n’y avait pas de fuites au niveau de la cystostomie. Il n’y avait pas de sténose avec un passage facile d’une sonde Ch 20 et la fibroscopie du conduit était normale. La patiente n’avait pas fuite par voie urétrale.


Conclusion

D’après notre expérience, la cystostomie continente associé à une entéro-cystoplastie d’agrandissement est réalisable par voie coelioscopique de manière robot-assistée avec de bons résultats à moyen terme.

Cystostomie continente et sclérose en plaques : quel avenir à 5 ans ?
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 804


Objectifs

Évaluer la survie statistique à 5 ans après confection d’une cystostomie continente chez les patients atteints de sclérose en plaques (SEP).


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective multicentrique. Tous les patients atteints de SEP et ayant eu une cystostomie continente au sein de 9 centres hospitalo-universitaires français entre janvier 2005 et décembre 2019 étaient éligibles. Le critère de jugement principal était la fréquence des patients réalisant toujours des auto-sondages propres intermittents (ASPI) par la cystostomie continente 5 ans après sa confection. Les critères de jugement secondaires comprenaient notamment l’analyse en sous-groupe de la survie statistique à 5 ans (EDSS≤ 7 vs>7 ; forme de la SEP).


Résultats

Au total, 52 patients étaient inclus, avec un âge moyen de 51,9 ans, pour un échantillon quasiment exclusivement féminin. Le score EDSS médian était de 7/10 et plus de la moitié des patients était atteints d’une forme secondairement progressive au moment de la chirurgie. À 5 ans de la chirurgie, 54,8 % des patients réalisaient encore les ASPI par la cystostomie continente. Parmi les patients ayant un score EDSS≤7 au moment de la chirurgie, 78,1 % réalisaient encore les ASPI par la cystostomie continente après 5 ans, contre 8,8 % chez les patients ayant un score EDSS>7 (p <0,001). L’EDSS médian à l’arrêt des ASPI était de 8/10. Les hétéro-sondages (40 %) et la dérivation urinaire non continente de type Bricker (35 %) étaient le plus souvent proposés comme modes mictionnels alternatifs (Fig. 1, Fig. 2).


Conclusion

La cystostomie continente peut être envisagée chez certains patients atteints de SEP, sélectionnés selon leurs attentes, leurs capacités fonctionnelles et leur potentiel évolutif après concertation multidisciplinaire associant médecins urologues, neurologues et rééducateurs.

Défaut d’adoption de l’instillation intravésicale postopératoire précoce de chimiothérapie après néphro-urétérectomie totale
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 822


Objectifs

Des études de niveau de preuve 1 soutiennent l’administration d’une instillation intravésicale postopératoire précoce de chimiothérapie (IPOP) suite à une néphro-urétérectomie totale (NUT) pour les tumeurs des voies excrétrices urinaires supérieures, afin de diminuer le risque de récidive intravésicale. L’objectif de notre étude était d’évaluer l’utilisation en pratique quotidienne de l’IPOP parmi un panel d’urologues européens.


Méthodes

Une enquête en ligne a été partagée avec les membres de l’EAU par courrier électronique (Fig. 1). Les soumissions ont été acceptées d’avril à juin 2017. Les 15 questions portaient sur l’habitude de pratiquer l’IPOP après NUT, le choix de la chimiothérapie, son dosage, les doutes et les préoccupations qui y sont liées, les raisons de ne pas effectuer d’IPOP, la connaissance du niveau de preuve supportant son utilisation et les préférences chirurgicales concernant la NUT.


Résultats

Au total, 127 réponses ont été recueillies (11,6 %). Environ la moitié des participants (47 %) a régulièrement administré une IPOP. La chimiothérapie la plus utilisée était la mitomycine (85 %) ; 82 % des urologues interrogés ont administré une dose standard de 40mg.

Différents timings d’administrations ont été proposés : ≤48heures (39 %), 7–10jours postopératoires (35 %),>10jours (11 %), en peropératoire (10 %). Le bénéfice associé avec l’administration de l’IPOP est étayé par des essais cliniques prospectifs randomisés pour seulement 65 % des intervenants. Parmi les personnes interrogées qui ne pratiquaient pas l’IPOP, les raisons le plus souvent déclarées étaient les suivantes : le manque de données justificatives (55 %), crainte d’effets secondaires potentiels (18 %), et les obstacles organisationnels (15 %)


Conclusion

Notre étude met en évidence la diffusion limitée de l’IPOP après NUT pour les tumeurs des voies excrétrices urinaires supérieures. Une gestion hétérogène et un manque de connaissance des preuves supportant son administration sont les principales barrières identifiées.

Dépistage des tumeurs de vessie par dosage urinaire du biomarqueur TERT chez des patients suivis pour une hyperactivité de vessie d’origine fonctionnelle ou neurologique
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 803-804


Objectifs

Dans la sous population des vessies neurologiques, la fiabilité des marqueurs urinaires des tumeurs vésicales est particulièrement médiocre entre autres du fait de la présence d’une leucocyturie en rapport avec une colonisation bactérienne fréquente. La mutation du promoteur TERT pourrait être un candidat intéressant pour le dépistage de ces tumeurs. Nous rapportons les résultats dans une population de patients consultant pour des symptômes vésicaux fonctionnels.


Méthodes

Tous les patients présentant une hyperactivité vésicale fonctionnelle ou neurologique résistante au traitement médical de 1re intention ayant eu un bilan d’incontinence (fibroscopie+cytologie urinaire) et un dosage de TERT de 02/2015 à 02/2020 ont été inclus. Les patients avec une cytologie urinaire non significative ont été exclus. Les patients avec une fibroscopie et une cytologie urinaire non suspecte ont été considérés comme sains. Les patients avec des lésions suspectes en fibroscopie et/ou une cytologie urinaire positive ont bénéficié d’une résection transurétrale de vessie et/ou d’une cystectomie. Le diagnostic de tumeur de vessie a été fait par l’analyse anatomopathologique des pièces opératoires.


Résultats

Cent soixante-neuf patients ont été inclus. L’âge médian était de 66 (19 à 88). Parmi ces patients, 18 (11,1 %) ont eu une résection de vessie et/ou une cystectomie (16 non tumorales dont 13 TERT négatif et 3 TERT positif ; 2 tumorales dont 1 TERT Positif et 1 TERT négatif). Dix-neuf patients ont été testés TERT positif parmi lesquels 18 n’avaient pas de tumeur de vessie. La prévalence des tumeurs de vessie dans cette population était de 1,18 %. La sensibilité était de 50 % (IC95 % : 0,50±0,075), la spécificité de 89 % (IC95 % : 0,89±0,047), la VPP de 5 % (IC95 % : 0,05±0,034), la VPN de 99 % (IC95 % : 0,99±0,012), RVP à 4,64 et RVN à 0,56 pour une probabilité post-test de 5 % et 1 % respectivement.


Conclusion

L’utilisation du biomarqueur TERT pourrait être un test diagnostique intéressant dans l’échantillon des patients atteints d’une hyperactivité de vessie d’origine neurologique ou fonctionnelle. En effet, il existe très peu de faux positif. Pour tester cette hypothèse, une étude nationale regroupant les résultats du TERT chez des patients ayant développé une tumeur vésicale dans ce sous-groupe de patients nous paraîtrait intéressante.

Dépistage du risque lithiasique rénal après bypass gastrique : évaluation par un questionnaire
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 708


Objectifs

Le bypass gastrique est une chirurgie bariatrique malabsorptive en plein essor. Il augmente le risque de formation de calcul rénal comparativement aux patients obèses et à la population générale. Le but de notre étude est de mettre en place un questionnaire de dépistage du risque lithiasique dans cette population.


Méthodes

Il s’agit d’une étude clinique monocentrique sur des patients opérés d’un bypass gastrique entre 2014 et 2015. Les patients ont été contactés par téléphone pour répondre au questionnaire. Il comprend 22 questions répartis en 4 parties : 6 questions sur les antécédents, 4 questions sur les épisodes de colique néphrétique avant bypass gastrique et 6 questions sur les évènements après chirurgie bariatrique et 6 questions sur les habitudes alimentaires. Une pondération d’un point par question est établie.


Résultats

Cent quarante-trois patients ont accepté de répondre aux questions. L’âge moyen lors du questionnaire est de 49,1±10,8 ans. Le délai entre la chirurgie de bypass gastrique et la réalisation du questionnaire est de 50,8±5,0 mois. La courbe ROC de notre questionnaire montre une AUC de 0,932±0,029 (p <0,001). Elle permet de mettre en évidence un score seuil ≥6. On retrouve une sensibilité élevée à 92,9 % intéressante dans le contexte de test de dépistage. La spécificité est à 76,5 %, la valeur prédictive positive à 49,1 % la valeur prédictive négative à 97,8 %. Il y a 3,96 fois plus de chance d’avoir un score seuil ≥6 quand on est lithiasique correspondant au rapport de vraisemblance positive. La prévalence de lithiase rénale dans notre population s’élève à 19,6 % (Tableau 1).


Conclusion

L’étude a permis de construire une échelle de risque lithiasique fiable et simple d’utilisation afin de dépister les patients à haut risque de calcul rénal après bypass gastrique avec une bonne pertinence clinique.

Description des délais de prise en charge des cancers de la prostate en pratique courante
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 695


Objectifs

Plusieurs travaux confirment que les délais avant prise en charge du cancer de la prostate (CaP) pourraient avoir un impact pronostic, en particulier pour les formes agressives. L’objectif de ce travail était de décrire les délais observés entre le dosage initial du PSA (PSAi) et les différentes étapes de la prise en charge jusqu’à la mise en œuvre du traitement.


Méthodes

Une étude rétrospective monocentrique a été conduite à partir de dossiers discutés en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) entre le 1er août 2019 et le 1er avril 2020. Ont été inclus tous les nouveaux diagnostics de CaP discutés en vue de l’initiation d’un traitement au sein de notre établissement. Ont été exclus les récidives ou les avis ponctuels donnés pour des patients pris en charge dans d’autres établissements. Les caractéristiques de la population ont été recueillies ainsi que les dates clés de la prise en charge : premier PSA (PSAi), examens réalisés (IRM), première consultation d’urologie, biopsie prostatique, discussion en RCP, initiation du traitement.


Résultats

Cent vingt-quatre patients ont été inclus. Les caractéristiques des patients et des CaP sont détaillées dans le Tableau 1. Les délais médians entre le PSAi et les différentes étapes de la prise en charge figurent dans le Tableau 2. Parmi les patients, 70,4 % étaient adressés par leur médecin traitant et 20,8 % avaient une IRM prostatique. Les délais de prise en charge n’étaient pas significativement différents en fonction du score ISUP. Parmi les différentes étapes du parcours de soin étudiées, les délais les plus longs étaient générés par la réalisation d’une IRM avec un délai médian de 50,5jours (12–187).


Conclusion

Les délais de prise en charge des patients ayant un primo-diagnostic de CaP apparaissent variables et perfectibles avec un délai médian entre le PSAi et le début du traitement de 160,5jours quel que soit l’ISUP. L’optimisation des différents délais, notamment l’obtention de l’IRM et du traitement en fonction de l’agressivité tumorale, permettrait d’améliorer le parcours de soin des patients.

Détection du portage digestif d’entérobactéries résistantes aux fluoroquinolones avant biopsie prostatique et intérêt de la prophylaxie ciblée selon la culture rectale
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 794-795


Objectifs

Les bactéries résistantes aux fluoroquinolones (FQs) ont été fréquemment identifiées comme cause de complications infectieuses après biopsie de la prostate (BP). L’objectif de ce travail est d’étudier la prévalence du portage digestif d’entérobactéries résistantes aux FQs (ERFQ) chez les patients proposés pour BP et d’étudier l’intérêt de la prophylaxie ciblée selon la culture rectale sur le taux de complications infectieuses après BP.


Méthodes

Il s’agit d’une étude prospective qui a randomisé 161 patients proposés pour BP en deux groupes. Groupe 1 (G1) : les patients ont reçu une antibioprophylaxie empirique par la ciprofloxacine. Groupe 2 (G2) : un écouvillonnage rectal a été réalisé 10jours avant la BP et ces patients ont reçu une antibioprophylaxie adaptée selon la culture rectale. La prévalence du portage digestif d’ERFQ et les facteurs de risque de portage de germe résistants ont été étudiés. Une étude comparative de l’incidence des complications infectieuses après la BP dans chaque groupe a été réalisée.


Résultats

Le G2 comprenait 84 contre 77 patients pour le G1. Il n’y avait pas de différence entre les deux groupes pour l’âge, le diabète, le volume de la prostate, le PSA, le nombre de carottes de biopsiques, et les facteurs de risque de résistance aux FQs (Tableau 1). Dans le G2, la prévalence du portage digestif des ERFQ était de 57,1 %. En cas de portage digestif des ERFQ, une antibioprophylaxie adaptée selon la culture rectale par céphalosporines de 3e génération a été réalisée dans 77 % des cas. Les patients ayant une ERFQ avaient un antécédent de prise de FQs au cours des six derniers mois dans 16,7 % des cas (p =0,04) (Tableau 2). Le taux de complications infectieuses après BP était de 13 % dans le G1 et 3,6 % dans le G2 (p =0,02).


Conclusion

La prévalence du portage digestif d’ERFQ chez les patients proposés pour BP était élevée (57,1 %). Le facteur de risque de résistance dans notre étude était la prise de FQs au cours des six derniers mois. L’utilisation d’une antibioprophylaxie adaptée à la culture rectale, principalement par les céphalosporines de 3e génération, a considérablement abaissé nos taux de complications infectieuses après BP.

Diagnostic, prise en charge et suivi des patients atteints de cancers de la prostate d’emblée métastatiques inclus selon le principe des RCP sentinelles de l’AFU
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 744


Objectifs

Le cancer de la prostate métastatique (CaPm) est une situation clinique d’évolution souvent longue, complexe, faisant intervenir plusieurs lignes de traitements successifs. L’objectif principal était de réaliser une image des pratiques françaises concernant le diagnostic et le traitement du CaP d’emblée métastatique à partir des données de « vraie vie » recueillies dans des RCP sentinelles (RCPs) selon le modèle AFU.


Méthodes

Étude prospective, descriptive, multicentrique réalisée en France de janvier 2018 à novembre 2018. L’ensemble des patients atteints d’un CaPm a été inclut sur un serveur informatique national à partir de 72 RCPs dans des centres publics et privés (accord de la CNIL). Le groupe des CaP d’emblée métastatiques a été analysé. Les données cliniques, radiologiques, anatomopathologiques et les décisions thérapeutiques ont été recueillies au diagnostic du CaPm (à M0) puis lors du suivi à 3 mois (M3) et 6 mois (M6). L’export des données informatiques a été réalisé sur un tableur Excel permettant l’analyse statistique.


Résultats

Sur 780 CaPm recensés dans 39 centres, 408 (52,1 %) étaient d’emblée métastatiques. Le suivi à M3 et M6 a été obtenu chez respectivement 209 et 194 patients. L’âge médian était de 73,5 ans et les motifs principaux de consultation étaient l’élévation du PSA et les troubles mictionnels (Tableau 1). Un bilan d’extension standard était réalisé dans 51,5 % des cas et une imagerie métabolique dans 14,7 % (Fig. 1). Les patients étaient à haut risque (LATITUDE) et à haut volume (CHARTEED) dans respectivement 41,9 et 56,1 % des cas. Le traitement initié est présenté sur la Fig. 2. À M3 et M6, le PSA moyen était respectivement de 27,9 et 32,2ng/mL. À M3, 20 % des patients et 25 % à M6 nécessitaient un changement thérapeutique. Seuls 6 décès étaient rapportés sur la période.


Conclusion

Les RCPs permettent le recueil rapide de données fiables et exhaustives contribuant ainsi à la caractérisation de populations ciblées. Cette première étude AFU a permis l’évaluation de 780 dossiers de CaPm sur l’année 2018. Elle montre l’importance du partage de l’information et renforce l’intérêt pour la création de registres nationaux accessibles à tous.

Dysfonction érectile après traitement chirurgical d’une fracture du bassin
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 728


Objectifs

Les fractures du bassin (FB) peuvent entraîner plusieurs complications génito-urinaires dont la dysfonction érectile (DE). L’objectif principal de cette étude était de comparer la fonction érectile des patients avant et après prise en charge chirurgicale d’une FB. Les objectifs secondaires étaient d’évaluer l’association entre DE et type de FB, le type de traitement chirurgical orthopédique et une atteinte urétrale associée.


Méthodes

Une étude rétrospective monocentrique a inclus les patients opérés d’une FB entre 2015 et 2019. Les patients ayant une DE ou une pathologie médullaire avant la FB et les mineurs ont été exclus. Les caractéristiques cliniques ont été recueillies, en particulier le score International Index of Erectile Function-5 (IIEF-5) avant et après FB. Les données concernant la chirurgie ont également été étudiées, en particulier le type de FB selon la classification de Tile, la technique chirurgicale et la voie d’abord.


Résultats

Au total 40 patients ont été inclus. L’âge médian était de 45 ans pour un suivi médian de 29 mois. La FB était due à un accident de la voie publique dans la majorité des cas (46 %). La plupart des FB étaient de type C (60 %) et B (37 %) selon la classification de Tile. L’apparition d’une DE sévère, modérée et légère était retrouvée dans respectivement 30 %, 23 % et 15 % des cas. Le type de traitement chirurgical, percutanée (38 %) ou chirurgie ouverte (84 %), n’était pas associé à l’apparition d’une DE. Enfin, une atteinte urétrale concomitante était associée à une DE.


Conclusion

L’apparition d’une dysfonction érectile semble fréquente après traitement chirurgical d’une fracture du bassin. Une DE doit donc être recherchée de façon systématique lors du suivi, afin de proposer à ces patients une prise en charge optimale.

Dysfonctions vésicosphinctériennes chez les patients atteints de dysautonomie familiale : une étude prospective
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 798-799


Objectifs

La dysautonomie familiale (FD) est une polyneuropathie héréditaire rare sensitive et autonomique. Il n’existe à ce jour aucune donnée sur la fréquence et les caractéristiques des dysfonctions vésicosphinctériennes chez les patients atteints de FD. L’objectif de cette étude était d’évaluer la fréquence et les caractéristiques des dysfonctions vésicosphinctériennes chez les patients atteints de FD.


Méthodes

Tous les patients avec une FD confirmée génétiquement ayant consulté consécutivement dans un centre de référence de la FD entre novembre 2017 et septembre 2018 ont été inclus dans une étude prospective. Tous les patients remplissaient le jour de leur consultation les questionnaires suivants : IPSS (/35), IPSS-qol (/6), ICIQ-UI-SF (/21) et Qualiveen-SF. Tous les patients avaient le jour de la consultation une mesure du résidu post-mictionnel (RPM). La charge anticholinergique était calculée au moyen de l’Anticholinergic Drug Scale (ADS) et le handicap moteur évalué au moyen du score Brief Ataxia Rating Scale (BARS).


Résultats

Quarante-cinq patients ont été inclus : 22 hommes, 23 femmes, dont l’âge moyen était 24,3±13,1 ans. Le RPM moyen était de 54,2±13,1mL et 5 patients (11,1 %) avaient un RPM>100mL. Tous les questionnaires suggéraient que les patients étaient peu symptomatiques sur le plan urinaire avec un IPSS moyen à 4,5±4,1, un IPSS-qol moyen à 1,3±1,5, un ICIQ-UI SF moyen à 1,9±3, et un Qualiveen-SF moyen à 0,3±0,3. Le RPM n’était associé statistiquement à aucun score symptôme. Parmi les 15 patients qui avaient eu une échographie rénovésicale récent, un avait une hydronéphrose (6,7 %). Deux patients avaient un antécédent d’infections urinaires (4,6 %). Les patients avec un RPM>100mL avaient une charge anticholinergique plus élevée et un handicap moteur plus sévère (ADS 4,2 vs 1,3, p =0,02) (BARS 19,8 vs 13,2, p =0,03).


Conclusion

Bien que peu symptomatique sur le plan urinaire, 11 % des patients atteints de FD présentaient une rétention vésicale chronique. Les patients avec une rétention vésicale chronique avaient une charge anticholinergique plus élevée et un handicap moteur plus important.

E-réputation en urologie : analyse des notes des pages Google des urologues français
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 805-806


Objectifs

Google® est le moteur de recherche le plus utilisé dans le monde et en France. Il permet à ses utilisateurs de rédiger des avis et de noter leur expérience avec les urologues inscrits sur son site. Les utilisateurs peuvent également consulter ses données avant de consulter un urologue. L’objectif de cette étude était de décrire les avis et la réputation des urologues français sur Google.


Méthodes

L’ensemble des avis et commentaires des urologues français retrouvés sur le site google.fr réalisée en octobre 2018 ont été étudiés, en utilisant le mot clé « urologue » Étaient analysés si la note concernait un urologue seul ou une institution, le lieu d’exercice, le nombre d’avis et la note moyenne. La notation est effectuée en étoile de 0 à 5. Les avis étaient analysés selon le thème abordé qu’il soit positif ou négatif. L’analyse statistique a été effectuée grâce au logiciel SPSS v20.0.


Résultats

Trois cent quatre-vingt-onze notes ont été analysées correspondant à 269 avis pour 263 urologues ou centre d’urologie présent sur le site. L’ensemble des données sont représentées dans le Tableau 1. La note moyenne des urologues français était de 3,33/5 (SD=3,64) (Fig. 1). Cent quarante-trois urologues (54,4 %) avaient une notation sans avis. Les thèmes des avis négatifs (Tableau 2) étaient « un mauvais relationnel » (47,8 %), « diffamation » (34,4 %), le « prix de la consultation » (36,7 %), le temps insuffisant de la consultation (25,6 %), le retard (10,0 %), la secrétaire (13,3 %). Seul 8,9 % des avis négatifs concernaient une mauvaise prise en charge médicochirurgicale et 4,4 % des complications chirurgicales.


Conclusion

Basée sur une recherche Google, cette analyse de la e-réputation des urologues français met en évidence des avis négatifs concernant majoritairement le champ hors médical. Cette étude rappelle la nécessité de connaître les facteurs permettant de maîtriser son e-réputation.

Effet de l’arrêt cardiaque récupéré chez le donneur décédé de mort encéphalique sur la reprise de fonction du greffon rénal
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 720


Objectifs

L’arrêt cardiaque récupéré (ACR) du donneur décédé de mort encéphalique (DDME) est responsable d’une ischémie rénale précédant le prélèvement et la transplantation, cependant l’ACR n’est pas associé à un pronostic fonctionnel défavorable des transplantations issues de DDME.

L’objectif de cette étude est d’identifier des facteurs de risque de reprise retardée de fonction (RRF) spécifiques aux DDME avec ACR.


Méthodes

Sur les 6266 transplantations à partir de DDME de la base de données CRISTAL entre 2015 et 2017, 1760 proviennent de DDME ayant présentés un ACR. Nous avons extrait les caractéristiques des donneurs et des receveurs à partir de CRISTAL, le délai entre l’ACR et le clampage aortique, la durée de low-flow et no-flow ont été codées en double lecture à partir des commentaires libres de la base.

Nous avons exclu les donneurs sous assistance circulatoire, les ACR multiples et les greffes préemptives chez les receveurs.

Nous avons étudié l’association des variables avec la RRF incluant la non-fonction primaire (NFP) chez les DDME avec ACR.


Résultats

Au total, 1475 greffes rénales issues de donneurs DDME avec ACR ont été incluses.

L’âge moyen des donneurs était de 49,9 ans, 56,7 % étaient des hommes. Les durées moyennes de no-flow et low-flow ont été 7,5minutes et 23,5minutes respectivement. Le délai moyen entre ACR et prélèvement était de 3,3jours. Le taux de RRF était de 31,7 %, dont 2,7 % de NFP.

En analyse univariée, il n’avait pas de différence significative entre les patients avec ou sans RRF sur la durée du low-flow et du no-flow .

Le délai entre l’ACR et le prélèvement chez les patients avec RRF était de 3,4jours contre 3,2jours chez les patients sans RRF (p =0,08) avec une distribution de cette variable différente en fonction du critère RRF dans notre population (Fig. 1).


Conclusion

Bien que la survenue d’un ACR ne constitue pas un sur-risque de RRF chez les DDME, des paramètres spécifiques à cette situation pourraient affecter la fonction du greffon. La durée de conditionnement du donneur entre ACR et prélèvement pourrait modifier le risque de RRF. Une analyse multivariée doit être effectuée pour préciser les facteurs de risque spécifiques à cette population.

Efficacité à 5 ans du traitement des cancers de la prostate cliniquement significatifs par hémi-ablation HIFU
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 836-837


Objectifs

Les traitements focaux du cancer de la prostate (CaP) ne sont pas encore recommandés en routine et sont réalisés dans le cadre d’essais cliniques. L’objectif de cette étude était de rapporter les résultats oncologiques à moyen terme (>5 ans) du traitement par hémi-ablation HIFU chez des patients présentant un CaP localisé cliniquement significatif et des traitements de rattrapages nécessaires.


Méthodes

Étude rétrospective unicentrique sur 81 patients avec CaP cliniquement significatif (ISUP 2 ou ISUP1+MCCL>5mm ou visible à l’IRM), unilatéral ou présence d’un micro-foyer controlatéral, postérieur et à plus de 6mm de l’apex. Traitement : hémi-ablation HIFU. Le suivi consistait en une IRM+biopsies per protocole à 1 an puis IRM+biopsies pour cause en cas d’élévation suspecte du PSA (PSAV>0,5ng/mL/an). Le suivi minimum était d’un an. Le critère de jugement principal était la survie sans récidive de CaP cliniquement significatif dans la zone traitée. Les critères de jugement secondaires étaient la survie sans traitement glande entière, le taux de patients sans métastase, la survie spécifique et globale à 5 ans.


Résultats

Les patients inclus avaient un âge médian de 65 ans (60–69), un PSA médian à l’inclusion de 6,3ng/mL (4,8–8), un volume prostatique médian de 43cm3 (32–60). La lésion était visible à l’IRM dans 88 % (IC95 % : 81–95) des cas. Trente-six patients (44 %) avaient un CaP de GG1 et 45 (56 %) un CaP de GG2. Après un suivi médian de 63 mois (30–81), la survie sans récidive cliniquement significative dans la zone traitée était de 94 % (IC95 % : 86–98) à 1 an, 76 % (IC95 % : 63–85) à 3 ans et 67 % (IC95 % : 52–78) à 5 ans. La survie sans traitement glande entière était de 100 % à 1 an, 83 % (IC95 % : 71–91) à 3 ans et 68 % (IC95 % : 53–79) à 5 ans. À 5 ans, le taux de patients sans métastase, la survie spécifique, et la survie globale étaient respectivement 99 % (IC95 % : 96–100), 100 % et 99 % (IC95 % : 96–100) (Fig. 1, Fig. 2).


Conclusion

Le traitement focal par hémi-ablation HIFU du CaP cliniquement significatif est efficace avec un taux de récidive cliniquement significative en zone traitée à 5 ans de 67 %. Les taux très faibles d’apparitions de métastases ou de décès spécifiques à moyen terme semblent rassurants pour proposer ce traitement aux patients qui doivent être informés sur le risque de récidive.

Efficacité de l’enzalutamide (ENZA) + traitement par suppression androgénique (TSA) dans le cancer de la prostate hormonosensible métastatique (mHSPC) en fonction de la localisation des métastases : analyses post-hoc de l’étude ARCHES
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 745


Objectifs

ENZA+TSA a considérablement réduit le risque de progression radiologique chez les hommes atteints de mHSPC (NCT02677896). L’objectif est ici d’évaluer dans quelle mesure la localisation des métastases affecte l’efficacité d’ENZA+TSA chez les patients inclus dans l’étude ARCHES.


Méthodes

Les patients mHSPC ont été randomisés selon un rapport 1 :1 pour recevoir ENZA (160mg/jour)+TSA ou du placebo (PBO)+TSA, avec une stratification selon le volume métastatique et le recours antérieur à un traitement par docétaxel. Le critère principal était la survie sans progression radiologique (rPFS). Les critères secondaires comprenaient le temps jusqu’à progression de l’antigène spécifique de la prostate (PSA), le temps jusqu’au premier événement osseux symptomatique (SSE), le temps jusqu’à résistance à la castration et le temps jusqu’à initiation d’un nouveau traitement antinéoplasique. Des analyses post-hoc ont été effectuées selon la localisation des métastases à l’inclusion.


Résultats

Dans la population totale présentant des métastases identifiées lors de la sélection (n =1146), les sous-groupes de patients les plus importants étaient ceux présentant uniquement des métastases osseuses (n =513) et ceux présentant uniquement des métastases osseuses et dans les tissus mous (n =351) ; il y avait moins de patients M0 ou de patients avec des métastases dans les tissus mous seulement (n =154) et de patients avec des métastases viscérales±osseuses (n =128). ENZA+TSA a réduit le risque de progression radiologique ou de décès et d’autres événements liés aux critères secondaires par rapport à PBO+TSA dans tous les sous-groupes, avec une plus grande efficacité relative observée chez les patients sans métastases viscérales (Tableau 1).


Conclusion

ENZA+TSA contribue à l’amélioration de la rPFS et d’autres critères secondaires par rapport au PBO+TSA chez les patients atteints de mHSPC, quelle que soit la localisation des métastases, en particulier chez les patients sans métastases viscérales. Ces Résultats soulignent l’importance de la discussion patient/médecin concernant l’utilisation d’ENZA dans le traitement du mHSPC.

Efficacité et faisabilité de la mini néphrolithotomie percutanée < 15 F (miniNLPC) dans la prise en charge des calculs rénaux complexes en urologie pédiatrique : expérience initiale d’un centre tertiaire d’urologie pédiatrique français
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 706


Objectifs

La chirurgie percutanée est le traitement recommandé des calculs>2cm car elle permet d’obtenir un taux de « stone free » élevé. En France, la chirurgie percutanée pédiatrique reste peu développée notamment du fait d’un taux de complications élevé. La miniNLPC semble réduire le taux de complications. Nous avons voulu rapporter notre expérience concernant la miniNLPC dans la prise en charge des calculs>2cm.


Méthodes

Nous avons analysé de manière prospective toutes les miniNLPC réalisé de mars 2018 à décembre 2019. Tous les patients âgés de moins de 18 ans avec un calcul de plus de 2cm ont été opérés d’une miniNLPC. Le diamètre de travail utilisé était entre 8,5 et 14,5 French. La chirurgie était réalisée en position de Valdivia modifié. Le stone free était considéré comme l’absence de résidu>4mm sur l’imagerie de contrôle à 4 mois de la chirurgie.


Résultats

Huit procédures ont été réalisé chez 6 patients dont 1 patient ayant 2 procédures pour le même rein et 1 patient ayant eu un traitement bilatéral. L’âge moyen était de 8 ans (2 ;18) et le poids moyen de 21,5kg (12 ;36). La taille cumulée moyenne des calculs était de 40,4mm dont 5 calculs coralliformes. Le taux de stone free après une procédure était de 75 % (6/8) après une procédure et de 100 % après 2 procédures. La durée moyenne d’intervention était de 180min (80 ;328). La durée d’hospitalisation moyenne était de 5,4jours et le suivi moyen a été de 17,7 mois. Il y a 2 complications>Clavien 3. Une patiente de 2 ans a présenté un uro-sepsis à j0 (Clavien 4a) puis un abcès rénal (Clavien 3) drainé à j21 (Fig. 1, Fig. 2, Fig. 3).


Conclusion

D’après notre série, la chirurgie percutanée pédiatrique permet d’obtenir un taux élevé de stone free associés à un faible taux de complications malgré des tailles de calculs élevés. Nos résultats sont comparables à ceux de la littérature.

Efficacité et sécurité de la chirurgie de désobstruction prostatique après une rétention aiguë d’urines en échec de désondage
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 768-769


Objectifs

Évaluer l’efficacité et la sécurité de la chirurgie de désobstruction prostatique après une rétention aiguë d’urines (RAU) en échec de désondage.


Méthodes

Étude rétrospective menée dans trois centres urologiques entre janvier 2017 et janvier 2019 incluant les patients ayant eu une chirurgie de désobstruction prostatique dans les suites d’une RAU avec échec du retrait de la sonde vésicale malgré l’utilisation d’un α-bloquant. Les interventions pouvaient être : une résection transurétrale de prostate (RTUP), une photovaporisation de la prostate (PVP), une radio-embolisation des artères prostatiques (PAE), une adénomectomie voie haute (AVH) et une énucléation endoscopique de la prostate. Un antécédent de vessie neurologique, un cancer de prostate ou une sténose urétrale étaient des critères d’exclusion. Le critère de jugement principal était la survie sans récidive de RAU à 12 mois postopératoire.


Résultats

Cent soixante et onze patients consécutifs ont été inclus : âge médian 72 ans (65–80), volume prostatique médian 75 cm3 (56–110). Le nombre médian d’échec de désondage avant chirurgie était de 2 (2–3) et le délai médian entre la RAU et la chirurgie était de 69jours (46–125). Les interventions comprenaient : 48 (28 %) RTUP, 62 (36,3 %) PVP, 21 (12,3 %) énucléations endoscopique, 15 (8,8 %) PAE et 25 (14,6 %) AVH. La survie sans sonde vésicale à 12 mois était de 84,8 %. L’efficacité était comparable entre les techniques sauf les embolisations qui avaient un taux de succès significativement plus faible (46 %, p <0,001). La survenue d’une complication dans les 30jours postopératoires a été rapportée chez 29,8 % des patients. Le taux de complication était comparable entre les techniques sauf les AVH qui ont eu un taux de complications significativement plus élevé (64 %, p =0,002).


Conclusion

La chirurgie prostatique en situation de RAU avec échec de désondage a eu un taux de succès élevé, à 84,8 %, chez des patients sélectionnés. Le choix de la technique chirurgicale doit prendre en compte le volume prostatique, les comorbidités, les préférences du patient, la disponibilité de matériel chirurgical dans chaque centre et l’expérience du chirurgien.

Électroporation irréversible du cancer de la prostate localisé : résultats oncologiques et fonctionnels
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 837


Objectifs

Les thérapies focales sont des techniques récentes permettant de traiter le cancer de la prostate (CaP) localisé de risque faible et intermédiaire tout en limitant les effets secondaires. L’électroporation irréversible (IRE) est une technique basée sur la destruction cellulaire par application d’un courant de haut voltage et faible intensité sans variation thermique. Nous présentons ici les résultats oncologiques et fonctionnels d’une série de patients ayant été traité par d’IRE.


Méthodes

Des hommes présentant un CaP localisé ≤Gleason 7 (3+4), ≤20mm, avec un PSA ≤20ng/mL et naïfs de tout traitement ont été traités par IRE. Une ou deux cibles étaient repérées à l’IRM. Des électrodes étaient introduites par voie transpérinéale sous écho guidage afin d’appliquer des impulsions électriques. Une IRM était réalisée 6 à 9 mois après l’intervention puis annuellement en cas de normalité. En cas de suspicion de récidive, des biopsies ciblées étaient réalisées. Le suivi fonctionnel était basé sur les scores IPSS, QoL et IIEF.


Résultats

Entre mai 2015 et janvier 2019, 63 patients ont été traités. Le suivi médian était de 19,6 mois. Dix-huit (28,6 %) ont récidivé avec un délai médian de 15,1 mois. Treize (20,6 %) patients ont nécessité un traitement de rattrapage. Aucune évolution métastatique et aucun décès n’ont été constatés. Les scores IPSS et QoL étaient améliorés respectivement de −2,74 et −0,79 points (p <0,05). L’IIEF était altéré de −3,0 points (p <0,05). Parmi les patients, 82,8 % ont eu un volume éjaculatoire diminué. Aucune complication Clavien–Dindo ≥4 n’a été constaté.


Conclusion

L’IRE apparaît comme une thérapie efficace, intermédiaire entre la surveillance active et les traitements radicaux, avec un retentissement fonctionnel modéré. En cas de récidive, toutes les thérapies habituelles sont réalisables en tant que traitement de rattrapage. Elle peut s’inscrire dans le cadre d’une surveillance active améliorée, dite « super surveillance active ». Des essais randomisés devraient apporter prochainement un niveau de preuve suffisant afin d’inclure cette technique encore expérimentale dans l’arsenal thérapeutique du CaP localisé.

Enquête nationale sur la pratique de la surveillance active pour cancer de la prostate en Tunisie
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 695-696


Objectifs

La surveillance active (SA) est actuellement recommandée par les sociétés savante comme option thérapeutique pour les cancers de la prostate à faible risque (CPFR), dont l’incidence a augmenté vu l’amélioration des techniques de détection de ce cancer. Vu l’absence de données relatives à la pratique de la SA en Tunisie, une enquête nationale a été réalisée.


Méthodes

Un questionnaire Google Forms a été envoyé à 163 urologues de façon anonyme, comprenant 28 items répartis comme suit : données sociodémographiques des répondants ; les critères d’inclusion et les obstacles pour inclure les patients dans un protocole de SA ; pratique de la SA : les modalités du suivi des patients sous SA et les critères de passage à une autre modalité thérapeutique.


Résultats

Nous avons analysé 74 questionnaires. L’âge moyen était de 45,59 ans avec une expérience moyenne de 16 ans. Devant un CPFR, 95 % des urologues considèrent que la SA ne compromet pas la survie des patients et 51 % préfèrent cette option thérapeutique. Les principaux obstacles à la SA étaient l’anxiété des patients (86 %) et la peur de perdre le malade de vue (75 %). Bien que 78 % % des répondants avaient des patients sous SA, ils représentaient moins de 10 % des patients ayant un CPFR. Les critères d’inclusion et d’arrêt de la SA suivaient globalement les recommandations françaises et européennes (Fig. 1, Fig. 2). L’IRM prostatique était faite par 83,3 % des répondants avant la SA et les biopsies prostatiques n’étaient refaites systématiquement que dans 52,7 % des cas.


Conclusion

Notre enquête montre que malgré les bonnes connaissances des urologues de notre pays sur la SA, cette option n’est proposée que pour un faible nombre de patients ayant une CPFR et le taux de biopsies prostatiques systématique au cours du suivi était assez faible. Des recommandations nationales semblent nécessaires pour codifier et encourager la SA.

Épidémiologie des tumeurs de vessie sur vessie neurologique opérées entre 2010 et 2018 en France : analyse de la base PMSI
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 803


Objectifs

Les tumeurs de vessie (TV) survenant sur vessie neurologique sont peu étudiées. L’analyse de la littérature, ancienne et hétérogène, indique une incidence comparable à la population générale mais une survenue plus précoce, un diagnostic à un stade plus avancé et une mortalité plus importante. Notre objectif était de décrire et d’analyser l’incidence réelle des TV survenues sur vessie neurologique en France de 2010 à 2018.


Méthodes

Une étude rétrospective, de janvier 2010 à décembre 2018 a été réalisée par extraction des données de la base française du Programme de médicalisation des systèmes d’information. Une extraction des séjours des patients atteints d’une des affections neurologiques les plus associées à la survenue d’une vessie neurologique (tétraplégie, paraplégie, SEP et spina bifida) et opérés d’une TV (biopsie, RTUV, cystectomie partielle, cystoprostatectomie totale ou pelvectomie antérieure) a été menée. Tous les séjours de chacun des patients étudiés ont ensuite été chaînés afin de déterminer l’incidence des TV pour chaque étiologie neurologique, leur répartition géographique, le nombre de cystectomies totales secondaires et de décès sur la période.


Résultats

Sur la période étudiée parmi 196 947 995 séjours pour 50 243 847 assurés, 2015 patients neurologiques ont été opérés d’une TV dont 933 patients paraplégiques, 509 patients avec une sclérose en plaques, 491 patients tétraplégiques et 82 patients avec un spina bifida. La répartition géographique brute était inhomogène (0 à Mayotte, 160 en Île-de-France). Le nombre moyen de patients diagnostiqués par an était de 224 (±36), principalement sur une RTUV ou biopsie de vessie à la pince (215±34), plus rarement sur une cystectomie partielle (3±1) ou sur une cystectomie totale (6±4). Parmi les patients diagnostiqués sur RTUV, biopsie de vessie ou cystectomie partielle, 551 ont eu une cystectomie totale par la suite et 613 sont décédés au cours d’une hospitalisation (Fig. 1).


Conclusion

En France, 189 à 295 patients neurologiques par an ont un diagnostic de TV. Le taux de cystectomie totale est de 27 % et la mortalité intra-hospitalière est de 30 %. Ces résultats sous évaluent la proportion de TV infiltrantes, en ne comptabilisant pas celles qui ne sont pas opérées, et la mortalité, en ne comptabilisant que la mortalité intra-hospitalière.

Épidémiologie et parcours de soin des fistules vésicovaginales opérées en France en 2017 à partir de l’analyse du PMSI
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 760-761


Objectifs

Une fistule vésicovaginale (FVV) est une communication congénitale ou acquise entre vessie et vagin. Dans les pays riches, elles sont rares, souvent iatrogènes et responsables d’un fort taux de recours médicolégal. Nous étudions à partir du PMSI leur épidémiologie globale. L’objectif de ce travail était de décrire et d’analyser plus précisément l’incidence, les étiologies et le devenir des FVV survenues en France durant l’année 2017.


Méthodes

Nous avons mené une étude rétrospective(janvier 2017–décembre 2017) par extraction des données de la base française du Programme de Médicalisation des Systèmes d’Information (PMSI) portant sur les séjours des femmes opérées en 2017 d’une fistule vésicovaginale à partir des codes JDSC024-006-002 (fermeture FVV acquise par cœlioscopie, abord vaginal ou laparotomie). Nous avons ensuite étudié en chaînant les séjours de chaque patiente les diagnostics et actes associés survenus durant les 7 années (janvier 2010–décembre 2016) précédant leur intervention afin de déterminer l’étiologie de la FVV et le cheminement jusqu’à la chirurgie.


Résultats

En 2017, 279 patientes d’âge moyen 52,4±14,7 ans ont eu 378 interventions (1,35 intervention/patiente) pour FVV par laparotomie (n =152), voie vaginale (n =150), cœlioscopie (n =72) ou mixte (n =2). La répartition géographique brute était inhomogène (n =1 dans le Gard, n =91 en Île-de-France). Les étiologies étaient postopératoires (n =169), post-obstétricales (n =24), post-traumatique (n =4) ou post-radiothérapie (n =4). Pour 18 patientes, aucune cause n’était retrouvée. La durée moyenne d’hospitalisation pour cure de FVV était de 7,3jours et le délai moyen avant la première cure de 152jours. Dix-neuf patientes ont eu un échec de traitement dont 13 (6 %) pour lesquelles une dérivation cutanée non continente a été nécessaire. Vingt patientes ont eu après la fermeture de la FVV une incontinence urinaire dont 14 (7 %) ont nécessité une intervention secondaire (Fig. 1).


Conclusion

En France, environ 300 patientes/an sont opérées de FVV. Leur prise en charge est complexe avec un long délai avant traitement, un taux important d’échec et de séquelles fonctionnelles (incontinence postopératoire). Une étude clinique de type registre national prospectif serait utile pour affiner notre connaissance des facteurs de risque de survenue, de succès de traitement et les conséquences fonctionnelles postopératoires.

Essai GETUG/AFU-V05 VESPER phase III randomisée de chimiothérapie périopératoire (schéma MVAC dose-dense ou GC) dans le cancer de vessie infiltrant localisé. Résultats sur la toxicité de la chimiothérapie et la réponse histologique
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 715-716


Objectifs

La chimiothérapie néoadjuvante est fortement recommandée pour les patients présentant un carcinome vésical infiltrant le muscle de stade localisé avant cystectomie, néanmoins le schéma optimal de cette chimiothérapie reste à ce jour discuté.


Méthodes

Entre février 2013 et mars 2018, 494 patients (pts) ont été randomisés dans 28 centres français, ils recevaient soit 6 cycles de MVAC dose-dense (dd) toutes les 2 semaines (bras experimental), soit 4 cycles de GC toutes les 3 semaines (bras standard) avant chirurgie (groupe néoadjuvant) ou après chirurgie (groupe adjuvant). L’objectif principal non rapporté dans cette analyse était la survie sans progression à 3 ans. Les objectifs secondaires analysés étaient la toxicité de la chimiothérapie et la réponse anatomopathologique.


Résultats

Dans le groupe néoadjuvant group (218 pts dd-MVAC et 219 pts GC), 60 % ont reçu 6 cycles dans le bras dd-MVAC, 84 % ont reçu 4 cycles dans le bras GC, avec une cystectomie pour 199 pts (91 %) et 198 pts (90 %), respectivement. Une réponse histologique complète (ypT0pN0) était observée respectivement chez 84 pts (42 %) et 71 pts (36 %). De plus, un meilleur contrôle local était rapporté pour le bras dd-MVAC (p =0,02). Une maladie confinée à l’organe (<ypT3pN0) était note respectivement chez 154 pts (77 %) et 124 (63 %) pts (p =0,002). Dans le groupe adjuvant, 40 % ont reçu 6 cycles dans le bras dd-MVAC, 60 % ont reçu 4 cycles dans le bras GC. La majorité des toxicités CTCAE grade ≥ 3 étaient hématologiques, observées pour 125 pts (50 %) dans le bras dd-MVAC et pour 134 pts (54 %) dans le bras GC (p =NS). Les troubles gastro-intestinaux (GI) grade ≥ 3 étaient plus souvent rapportés dans le bras dd-MVAC (p <0.003) tout comme l’asthénie grade ≥3 (p <0,0002). Quatre décès (3 dd-MVAC) sont survenus durant la chimiothérapie (Fig. 1).


Conclusion

L’analyse des objectifs secondaires de VESPER démontre que la toxicité du schéma dd-MVAC est acceptable, mais avec plus d’asthénie et de troubles GI en néoadjuvant que le GC. Par contre, il existait un meilleur contrôle tumoral local dans le bras dd-MVAC.

Essai transfer : étude ancillaire au sein du réseau UROCCR la transmission de savoir de la génération pionnière à la seconde génération accélère-t-elle la courbe d’apprentissage des néphrectomies partielles robot-assistées (RAPN)
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 750-751


Objectifs

La RAPN est une procédure dont les performances à court terme sont évaluées par le trifecta : temps d’ischémie chaude (TIC), complication Clavien–Dindo (CD) et marges chirurgicales positives (MCP). L’objectif principal de cette étude était de comparer les vitesses d’apprentissage entre deux chirurgiens pionniers et trois chirurgiens de seconde génération, pour la RAPN en termes de TIC, CD et MCP.


Méthodes

Les données de 810 RAPN de deux chirurgiens pionniers (groupe 1) et trois chirurgiens de seconde génération (groupe 2) ont été incluses. Il s’agissait de toutes les procédures consécutives par voie transperitoneale robot-assistée, sur deux plateformes robotiques DaVinci® Si puis X. Des données démographiques, opératoires et postopératoires ont été extraites du réseau UroCCR. L’influence de l’expérience était ajustée sur l’âge et le score RENAL. L’influence de l’expérience a aussi été analysée sur trois séquences consécutives de 50, 50 et 60 procédures. Enfin, la vitesse d’apprentissage pour le TIC a été explorée graphiquement par régression polynomiale après splines cubiques.


Résultats

Les scores RENAL étaient plus élevés (7,8 vs 5,7 p <0,001) dans le groupe 1. Les temps d’intervention (178 vs 133min p <0,001) et le TIC (24,7 vs 20min p <0,001) étaient plus élevés dans le groupe 1. La distribution des CD était différente entre les groupes (p <0,001) (Tableau 1), ainsi que le taux de MCP (3,9 % vs 24 % p <0,001). Au cours des 3 séquences le score RENAL était toujours plus élevé dans le groupe 1 ; mais les temps opératoires, le TIC et les pertes sanguines évoluaient en faveur du groupe 2 (Tableau 2). L’expérience avait un impact significatif dans le groupe 2 (OR=0,9, p <0,001), et non dans le groupe 1 (OR=1, p =0,25). La courbe d’apprentissage du TIC montrait une pente plus abrupte dans le groupe 2 autour de 50 procédures (Fig. 1).


Conclusion

L’influence de l’apprentissage sur le TIC et les CD semble plus importante pour la seconde génération, témoignant d’un transfert de connaissance contrairement à l’établissement des standards d’une technique. Ce phénomène ne s’observe pas sur le taux de MCP ni pour les récidives, sous réserve du faible suivi médian. Enfin, 50 procédures semblent marquer une amélioration significative dans le TIC.

Est-il nécessaire d’associer des biopsies systématiques aux biopsies ciblées (« In Bore ») de lésions ayant un score de PIRADS 4 et 5 à l’IRM multiparamétrique ? Notre expérience chez 257 patients
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 741-742


Introduction

L’association de biopsies systématiques aux biopsies ciblées est recommandée chez les patients « biopsies naïves » avec lésions suspectes de cancer prostatique (CP) à l’IRM multiparamétrique (IRMm). L’objectif de notre étude est de présenter notre série de biopsies ciblées réalisées directement sous IRM (in Bore) et de déterminer si l’on peut omettre les biopsies systématiques associées aux biopsies ciblées dans les lésions de score de PIRADS 4 et 5.


Méthodes

Nous avons réalisé une analyse rétrospective de 257 patients ayant subi des biopsies ciblées (BC) et guidées par IRM (« in-bore) entre novembre 2015 et mars 2020. Deux cent quatre-vingt foyers suspects de CP (score de PIRADS 3 et plus) sont biopsiés, dont 37 foyers de score 3, 156 de score 4 et 87 de score 5. Des biopsies randomisées (BR) concomitantes sont pratiquées chez 98 patients dont 12 ayant un score 3 de PIRADS, 72 score 4 et 14 score 5. Les biopsies sont réalisées sous anesthésie locale par un seul radiologue expert en IRM et sous couverture antibiotique, en utilisant un kit spécial « dyna interventional device » et une aiguille « trucut »16g. Nous considérons les CP ayant un score de Gleason 7 comme cliniquement significatifs.


Résultats

La durée moyenne de la procédure est de 19 minutes (15 à 30). Quatre carottes (intervalle interquartile [IIQ] : 2 ;5) sont prélevées en moyenne par patient. Deux cas d’infection urinaire fébrile rapidement résolues sont notés. La répartition des biopsies ciblées est illustrée sur la Fig. 1. Les taux de détection de cancers cliniquement significatifs (CPCS) pour les scores de PIRADS 3, 4 et 5 sont respectivement 10,8 %, 44,2 % et 96,5 %. Le Tableau 1 illustre le taux de détection de cancer et les scores de Gleason en fonction des scores de PIRADS. Vingt et un sur 98 (21,4 %) BR se sont révélées positives et ont permis le diagnostic de CP indétectable par biopsie ciblée chez 3 patients supplémentaires. Sur 87 biopsies ciblées PIRADS-5, 84 sont positives pour un CPCS avec une valeur prédictive positive (VPP) de 96,5 %. Une des trois BC négatives est une prostatite granulomateuse post-BCG, suspectée cliniquement avant la biopsie. Sept des 14 biopsies systématiques sont positives mais sans pour autant modifier le score final de Gleason. Sur 156 biopsies ciblées PIRADS-4, 79 sont positives dont 69 cliniquement significatifs. La VPP des lésions PIRADS-4 pour les cancers cliniquement significatifs est de 44,2 %. Douze sur 72 (16,7 %) BR sont positives dont 3 cliniquement significatifs avec BC négatives. L’ajout des BR a permis aussi faire un « up-grading » de 2 autres cancers détectés par BC. Tous ces résultats sont illustrés sur la Fig. 2.


Conclusion

La réalisation des biopsies prostatiques directement sous IRM (in-bore ) peut être considérée comme technique de référence dans les biopsies prostatiques ciblées. Elle paraît plus précise que les autres techniques de biopsies ciblées, mais plus coûteuse et nécessite un radiologue expérimenté et disponible. D’autre part, la réalisation de BC (in-bore ) sans BR peut être considérée pour les lésions PIRADS-5, avec une VPP de 96,5 % pour les CPCS. Elle permet de prélever un minimum de carottes, réduisant ainsi les complications infectieuses et l’inconfort du patient. Par contre, pour les lésions PIRADS-4, une approche combinée semble meilleure pour diagnostiquer tous les CP.

Étude bicentrique comparative à long terme entre photovaporisation par laser Greenlight et adénomectomie voie haute pour les prostates de plus 80 cm 3
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 825


Objectifs

La photo vaporisation laser (PVP) et l’adénomectomie voie haute (AVH) sont des interventions largement réalisées pour le traitement des symptômes urinaires en rapport avec l’hypertrophie bénigne de prostate (HBP). Néanmoins, les résultats à long terme de ces techniques pour les grosses prostates (>80 cm3) sont rares et débattus. L’objectif de l’étude était de comparer les résultats postopératoires immédiats, à moyen et long terme de la PVP par rapport à l’AVH.


Méthodes

Il s’agit d’une étude bicentrique incluant des hommes traités pour des symptômes urinaires en rapport avec une HBP supérieure à 80 cm3 traités par PVP ou par AVH. Le volume du résidu post-mictionnel (RPM), le débit urinaire maximal (Qmax), l’International Prostate Symptom Score (IPSS) et un score de qualité de vie urinaire (IPSS-Qol) étaient étudiés. Les données étaient recueillies en préopératoire puis à 3 mois, un an et à long terme de manière prospective pour le groupe PVP et rétrospective pour le groupe AVH. Les résultats fonctionnels des deux techniques, les complications selon la classification de Clavien–Dindo ainsi que les réinterventions ont été comparés.


Résultats

Au total, 332 patients ont été opérés de janvier 2004 à décembre 2008 dans le groupe AVH et de janvier 2007 à décembre 2013 dans le groupe PVP. Le suivi médian à long terme était respectivement de 54 mois et 48 mois. À long terme dans le groupe AVH le Qmax était supérieur, le résidu post-mictionnel et l’IPSS-Qol étaient inférieurs avec respectivement 20,6mL/s (±11,4) contre 15,0mL/s (±8,9), 14mL (±31) contre 31mL (±52) et 0,9 (±1,2) contre 1,6 (±1,5) ; p <0,05. L’IPSS était comparable entre les groupes PVP et AVH avec 5,8 (±4,7) contre 5,1 (±4,6) ; p =0,45. À long terme, 14 patients (10,6 %) ont été opérés pour repousse adénomateuse dans le groupe PVP (p <0,001) et aucun dans le groupe AVH (Tableau 1, Tableau 2).


Conclusion

La PVP est une option thérapeutique valide pour les prostates de plus de 80 grammes avec un faible taux de complications mais nécessite plus de réinterventions à long terme. Elle reste l’intervention de choix pour les malades ayant des comorbidités importantes et sous anticoagulants pour lesquelles elle constitue souvent la principale alternative au sondage à demeure.

Étude de cohorte préliminaire sur les ondes de choc basse intensité administrées par le patient lui-même (auto-traitement) pour dysfonction érectile
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 814-815


Objectifs

Les ondes de choc basse intensité furent proposées pour traiter la dysfonction érectile (DE) et consistent en une régénération tissulaire. Le temps passé, l’absence de cotation de l’acte freinent le développement de cette technique d’ordinaire administrée par médecin ou personnel paramédical formé. L’objectif était d’évaluer l’efficacité à 6 mois et la sécurité du traitement réalisé par le patient (auto-traitement) après formation sur dispositif Omnispec ED1000.


Méthodes

Étude monocentrique prospective incluant dix-huit patients de janvier 2018 à mars 2020 consultant pour DE. Antécédents, histoire du trouble sexuel, traitements utilisés et leurs réponses furent répertoriés. Le protocole consistait en douze séances d’auto-traitement réparties sur deux périodes de trois semaines avec application par séance de 300 ondes de choc basse énergie. Ces périodes étaient espacées d’une récupération de trois semaines. L’efficacité du traitement était évaluée par le questionnaire IIEF-5 six mois après la fin du traitement (V1) et les critères de Rosen. Les complications étaient recherchées à chaque visite. Les comparaisons furent effectuées par test-t de Student, p <0,05 considéré comme statistiquement significatif.


Résultats

L’apprentissage puis la réalisation de l’auto-traitement fut très bien perçue par le patient, devenant acteur de sa prise en charge. Aucune complication n’a été relevée, aucun patient n’a présenté de douleur. L’âge moyen était de 61,2 ans (±2,6) avec une ancienneté moyenne de DE de 7,40 (±1,3) ans. Le score moyen d’IIEF était respectivement à l’inclusion et à V1 de : 12,2 IC95 % (9,6–14,8) et 16,3 IC95 % (12,7–19,9). L’augmentation du score IIEF à V1 fut statiquement significative, de 4,1 points (1,4–6,7), p =0,005. Sur le plan clinique, 50 % des patients ont noté une amélioration de la fonction érectile selon les critères de Rosen, principalement dans le groupe DE modérée et DE légère. Dans cette dernière catégorie, deux patients ont été guéris.


Conclusion

Les ondes de choc basse intensité sont un dispositif pouvant être utilisé de manière efficace et sûre en auto-traitement par le patient après une formation adaptée. Cela permettrait d’étendre les indications de cette thérapeutique en facilitant son application au quotidien. Il s’agit d’une étude préliminaire nécessitant une cohorte plus importante pour confirmer ces résultats.

Étude de la détection des néoplasies urologiques chez les patients consultant pour suspicion de cancer du tractus urinaire : résultat d’IDENTIFY étude multicentrique prospective
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 790


Objectifs

L’objectif de notre étude (IDENTIFY) était de déterminer le taux de cancer des voies urinaires de manière contemporaine ainsi que les performances des tests diagnostiques chez des patients ayant une suspicion de cancer urothélial.


Méthodes

Étude prospective, internationale et multicentrique auprès de patients adressés pour cystoscopie en consultation d’urologie. Les données démographiques, cliniques et des tests diagnostiques ont été récoltées. Les taux de prévalence ont été calculés pour chaque sous-type de cancer urologique de même que la performance des tests diagnostiques.


Résultats

Plus de 11 060 patients consultant pour cystoscopie ont été inclus dans 128 hôpitaux de 30 pays (décembre 2017–décembre 2018). Au total, 65 % présentait une hématurie macroscopique (HMa), 29 % une hématurie microscopique (Hmi) et 6 % aucune hématurie (AH). La prévalence du cancer de la vessie (CV) était de 17,7 % globalement ; de 18,1 %, 3,7 % et 26,6 % pour les groupes HMa, Hmi et AH respectivement. On retrouvait une HMa dans 81,5 % des cancers de vessie. La prévalence des tumeurs de la voie excrétrice supérieure (TVES) était de 1 %, du carcinome à cellules rénales de 0,9 % et le cancer de la prostate de 1,2 %. La prévalence du CV et des TVES culminait entre 70 et 79 ans et était plus élevée chez les hommes. Les variables associées de manière significative aux CV comprenaient le type d’hématurie, l’âge, les antécédents de tabagisme, l’anticoagulation, les signes fonctionnels urinaire de la phase de remplissage et plus d’un épisode d’HMa (25,5 %) contre un seul épisode (17,9 %). Les performances diagnostiques de l’échographie et de l’uroscanner sont présentées dans le Tableau 1.


Conclusion

En cas d’hématurie macroscopique, une tumeur de vessie est identifiée dans près d’une cystoscopie sur 5. L’échographie et l’uroscanner ont des performances similaires pour diagnostiquer un cancer de vessie. Ces nouvelles données permettront une approche personnalisée des bilans d’hématurie ainsi que le développement de modèles prédictifs afin optimiser la détection du cancer urothélial.

Étude de phase I évaluant l’administration concomitante de l’atezolizumab à la thérapie trimodale pour patients atteints d’un cancer de vessie localisé infiltrant le muscle
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 714


Objectifs

L’immunothérapie (anti-PDL-1) a montré des réponses rapides et durables dans le cancer de vessie (TVIM) métastatique. Notre objectif était d’évaluer l’innocuité et la tolérabilité de l’atezolizumab (anti-PDL-1) en association avec un traitement trimodal (TMT) chez les patients atteints de TVIM localisée.


Méthodes

Étude prospective monocentrique de phase I non randomisée utilisant un modèle 3+3 chez des patients atteints de TVIM localisée (T2-T4a N0M0) dans le cadre d’un programme de préservation vésicale. Après résection transurétrale d’une tumeur de vessie, les patients ont reçu : une radiothérapie concomitante à une dose fixe de 50Gy en 20 fractions, de la gemcitabine (100mg/m2, IV une fois par semaine×4) et de l’atezolizumab (1200mg IV toutes les 3 semaines×16 cycles). Le critère de jugement principal était le profil d’innocuité/toxicité. Essai clinique : NCT03620435.


Résultats

Entre mai 2018 et mars 2019, 8 patients (6 hommes et 2 femmes) ont été inclus. L’âge médian était de 68 ans (IQR : 60–70) ; 6 patients étaient cT2 et 2 cT3. Les 5 premiers patients ont reçu de l’atezolizumab à 1200mg et 3 d’entre eux ont développé des effets secondaires de grade 3. La dose d’atezolizumab a été réduite à 840mg pour 3 patients supplémentaires. Malgré la réduction de dose d’atezolizumab, l’étude a été interrompue en raison de la présence de deux nouveaux événements indésirables de grade 3. Les événements gastro-intestinaux (GI) étaient la principale toxicité. Aucun effet indésirable de grade 4–5 n’a été observé (Tableau 1).


Conclusion

L’administration concomitante de l’atezolizumab à une radiothérapie hypofractionnée et à la gemcitabine semble être associée à une toxicité gastro-intestinale inacceptable. Ces résultats ne supportent pas cette utilisation concomitante avec une thérapie trimodale pour des patients atteints d’un cancer de vessie localisé infiltrant le muscle.

Étude multicentrique et rétrospective évaluant l’impact des différentes modalités de traitement antibiotique d’une colonisation urinaire avant chirurgie urologique
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 793-794


Objectifs

Selon les recommandations actuelles, toute chirurgie au contact de l’urine nécessite un dépistage et un éventuel traitement de la colonisation urinaire. L’objectif de cette étude était de connaître l’épidémiologie de la colonisation urinaire en France avant chirurgie urologique et d’analyser les modalités de traitement d’une colonisation urinaire avant chirurgie afin de définir des facteurs de risque d’infection postopératoire.


Méthodes

Il s’agit d’une étude multicentrique et rétrospective incluant tous les patients opérés d’une chirurgie urologique nécessitant un dépistage de la colonisation urinaire entre janvier 2016 et aujourd’hui. Les critères de non-inclusions étaient : les patients opérés en urgence, sans ECBU préopératoire ou en cas de chirurgie combinée. Le critère de jugement principal était la survenue d’une complication infectieuse dans les 30jours postopératoires. Les critères de jugement secondaires étaient la survenue d’autres complications non infectieuses ainsi que la survie à 30jours.


Résultats

Nous avons inclus 615 patients dont 144 URSS, 106 RTUV, 71 prostatectomies, 43 PVP et 33 changements de JJ. Sur l’ensemble des ECBU analysés, 72 % étaient négatif, 18 % étaient positifs monomicrobiens, 2 % positifs bimicrobiens, 8 % positifs polymicrobiens. Les 5 micro-organismes les plus souvent rencontrés et leurs profils de résistances sont résumés sur Fig. 1 et dans le Tableau 1. Sur les 28 % d’ECBU positifs, 50 % des patients étaient porteurs de matériel endo-urinaire. En postopératoire l’analyse montre 32 patients avec une complication infectieuse soit 5,2 %. En analyse univariée, il est retrouvé des différences significatives permettant d’identifier des facteurs de risque de complications postopératoires qui sont détaillés dans le Tableau 2. L’augmentation de la durée de traitement antibiotique pour le traitement d’une colonisation urinaire ne diminuait pas le nombre de complications infectieuses postopératoires.


Conclusion

Cette étude multicentrique permet d’appréhender l’épidémiologie de la colonisation urinaire des services d’urologie en France. Ces résultats préliminaires pourraient amener à modifier nos stratégies de traitement des colonisations urinaires avant chirurgie urologique ainsi qu’à repenser les modalités d’antibioprophylaxie peropératoire. La poursuite des inclusions devrait nous permettre de répondre à ces questions fondamentales pour limiter le risque infectieux mais également l’antibiorésistance.