Base bibliographique

Évaluation de la sexualité chez les patients afro-caribéens drépanocytaires homozygotes SS suivis en Martinique
Evaluation of sexuality among Afro-Caribbean patients homozygous SS sickle cell disease followed in Martinique
2011
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2012, 22, 5, 301-306

Objectifs : Évaluer et comparer de manière rétrospective la sexualité des patients drépanocytaires homozygotes martiniquais en fonction des évènements priapiques en utilisant le questionnaire IIEF-15.
Patients et méthodes : Analyse rétrospective portant sur 68 patients drépanocytaires homozygotes suivis régulièrement au centre intégré de la drépanocytose du centre hospitalier du Lamentin en fonction de la survenue ou non de priapisme ainsi que de la nature du priapisme (intermittent ou aigu). Trois groupes ont été individualisés : pas de priapisme (groupe 1), priapisme intermittent (groupe 2) et priapisme aigu (groupe 3). Les informations concernant les traitements instaurés lors du priapisme, le traitement préventif et les événements relatifs au priapisme ont pu être recueillis pour tous les malades. La sexualité de chaque patient a été étudiée à l’aide du questionnaire IIEF-15 et les scores ont été comparés entre les trois groupes afin de rechercher un impact du priapisme sur la vie sexuelle de ces jeunes hommes.
Résultats : Le priapisme était observé dans 37,3 %. Le groupe 1 et le groupe 2 avait des résultats significativement meilleurs que le groupe 3 sur le score EF. Il n’existait pas de différence significative du score EF entre les groupes 1 et 2. Aucune différence significative n’a été observée entre les trois groupes de population pour le score SD, FO, IS, OS. L’augmentation de la durée ainsi que la répétition des épisodes de priapisme sont corrélés à une diminution du score EF.
Conclusion : Notre étude a montré l’absence d’altération de la fonction érectile des patients ayant des priapismes intermittents contrairement à ceux ayant des priapismes aigus.

Objectives: To evaluate and compare retrospectively the sexuality of homozygous sickle cell patients from Martinique related to priapismic events using the IIEF-15 questionnary.
Patients and methods: Retrospective survey of 68 patients with sickle cell disease regularly followed up at sickle cell disease's center of Lamentin's hospital according to the occurrence and the type of priapism (intermittent or acute). We shared patients in three groups: no priapism (group 1), intermittent priapism (group 2) and acute priapism (group 3). Information regarding specific and preventive treatments to the disease, and events related to priapism have been gathered for all patients. Each patient's sexuality has been studied with the IIEF-15 questionnary and results have been compared between the groups to show the priapism's impact on sexual activity of these young men.
Results: In 37.3%, priapism was observed. The group 1 and 2 had better results than the group 3 on the EF score. There was no significative difference between the group 1 and 2. There was also no significative difference between the three groups on the SD, FO, IS and OS score. The increase of the priapism duration and the repetition of the episodes were associated to a decrease of the EF score.
Conclusion: Our study showed the lack of major impairment of erectile function in patients with intermittent priapism in opposition to the patients with acute priapism.

Mots clés:
priapisme / Drépanocytose / dysfonction érectile
Mots-clés:
priapism / Sickle cell disease / Erectile dysfunction
Impact de la prise de statines sur les groupes à risques de progression de D’Amico et la survie sans récidive biologique après prostatectomie totale
Is statin use associated with D’Amico risk groups and biochemical recurrence after radical prostatectomy?
2011
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2012, 22, 5, 273-278

But : Évaluer l’association entre la prise de statines et les cancers de la prostate (CaP) stratifiés en fonction des groupes à risques de D’Amico, d’une part, et la récidive biologique (RB) après prostatectomie totale (PT), d’autre part.
Patients : Les dossiers des patients pris en charge pour un CaP et traités par PT entre 2004 et 2008 étaient revus rétrospectivement. L’utilisation et le type de statines ont été relevés. Les patients étaient regroupés en fonction de la prise (S+) ou non (S−) de statines. La comparaison des deux groupes a été réalisée à l’aide du test du Chi2. Pour l’analyse multivarié, une régression logistique était utilisée.
Résultats : Au total, 377 patients ont été inclus. L’âge médian des patients était de 64 ans (48–76). Quatre-vingt-dix-sept patients (27,5 %) étaient traités par statines depuis au moins d’un an. Les groupes S− et S+ étaient comparables en termes d’âge, d’obésité, de diabète, de PSA préopératoire, de score de Gleason ou de stade pT. L’utilisation de statine était significativement associée aux groupes à risques de progression de D’Amico (p = 0,003). Le nombre de patients à haut risque était plus élevé dans le groupe S+ (23,7 % vs 10,7 %) avec un odds ratio de 2,4 (p = 0,009). Avec un suivi moyen de 33 ± 10 mois, la SSRB à 2 ans (S2 ans) était de 89 %. La S2 ans était supérieure dans le groupe S+ (88 % vs 93 %, p = 0,16). Après ajustement, cette différence était significative avec un hazard ratio à 0,46 (p = 0,036).
Conclusion : La prise de statines était associée à des CaP à haut risque de progression dans cette étude. Paradoxalement, la prise de statines a semblé être associée à une meilleure survie sans récidive, indépendamment des autres facteurs de risque.

Objective: To examine the association between statin use and prostate cancer (PC) stratified with D’Amico risk groups and biochemical recurrence (BR) in patients undergoing radical prostatectomy (RP).
Patients and methods: All medical charts of patients managed from 2004 to 2008 for PC with RP were reviewed retrospectively. The use and the type of statin were identified. Patients were split according to the use (S+) or not (S−) of statin. The two groups were compared using the Chi2 test. A logistic regression was performed for multivariate analysis.
Results: Overall, 377 patients were included. Mean age was 64 (48–76) (median, range). Ninety-seven patients (27.5%) used statin for at least a year. Groups S− and S+ were comparable in terms of age, obesity, diabetes, preoperative PSA, biopsy Gleason score or clinical stage. The use of statin was statistically associated with D’Amico risk groups (P = 0.003). The number of high-risk PC was higher in Group S+ (23.7% vs. 10.7%) with an odds ratio of 2.4 (P = 0.009). With a mean follow up of 33 ± 10 months, the overall 2-years-BR was 89%. The 2-years-BR was higher in the S+ (93% vs. 88%, P = 0.16). After adjustment, this difference was statistically significant with a hazard ratio of 0.46 (P = 0.036).
Conclusion: The use of statin was associated with high risk PC in this study. Surprisingly, the statin use seem also to be associated with better disease-free survival, independently of other risk factors.

Mots clés:
cancer de prostate / Prostatectomie / Statines
Mots-clés:
Prostate cancer / radical prostatectomy / Survival / Statin
Lymphadénéctomies rétropéritonéales postchimiothérapie des tumeurs germinales testiculaires. Revue de la littérature par le Comité de cancérologie de l’Association française d’urologie, groupe organes génitaux externes (CCAFU-OGE)
Postchemotherapy retroperitoneal lymphadenectomy for testicular cancer. Literature review by the Oncology Committee of the French Association of Urology, external genitalia group
2011
- Article de revue
- Réf : Prog Urol, 2012, 22, 5, 245-254

Introduction : La lymphadénéctomie rétropéritonéale postchimiothérapie (LDNRP PC) conduit à un taux de survie globale des tumeurs germinales testiculaires dépassant 75 %. Plusieurs questions persistent néanmoins concernant : l’évaluation préopératoire des masses résiduelles (MR), la réduction des territoires de curage, les voies d’abord chirurgicales ou la place de ces curages en situations de rattrapage.
Méthode : Les principales séries de la littérature de ces 20 dernières années ont été analysées et sélectionnées afin de répondre à ces questions et dégager une attitude diagnostique et thérapeutique consensuelle.
Résultats : Quarante-huit articles originaux (1992 à 2011) ont été sélectionnés. Ils confirment qu’aucun outil préopératoire ne peut prédire de la nature histologique des MR. Le territoire unilatéral modifié est valide sur le plan oncologique pour certains patients sélectionnés mais le curage bilatéral complet reste le standard, quoique plus morbide. La voie d’abord laparoscopique est en cours d’évaluation. La LDNRP PC est indiquée dans les situations « à haut risque », notamment après chimiothérapie de sauvetage.
Conclusion : Le curage bilatéral par voie de laparotomie pour toute masse résiduelle supracentimétrique, six semaines après chimiothérapie, des tumeurs germinales non séminomateuses du testicule est un standard de prise en charge.

Introduction: Postchemotherapy retroperitoneal lymphadenectomy (PC RPLDN) leads to an overall survival rate for testicular cancer exceeding 75%. Several questions still persist concerning: preoperative assessment of residual masses, reducing templates of dissection, choosing surgical approaches or including RPLND in high-risk patients’ management.
Method: The main series in the literature of the past 20 years were analyzed and selected to address these issues and reach a consensual diagnostic and therapeutic approach.
Results: Forty-eight original articles (1992 to 2011) were selected. They confirm that no preoperative tool can predict the histological nature of residual masses. The unilateral modified template is a valid option for selected patients but the full bilateral dissection remains the standard but more morbid. The laparoscopic approach is being evaluated. The LDNRP PC is indicated in “high risk” situations especially after salvage chemotherapy.
Conclusion: The bilateral lymphadenectomy by laparotomy of any supracentimeter residual mass, 6 weeks after chemotherapy, for germ cell tumors of the testicle is a standard of care.

Mots clés:
Tumeur germinale non séminomateuse / Chimiothérapie BEP / Chirurgie rétropéritonéale
Mots-clés:
Nonseminoma Germ cell tumor / PEB chemotherapy / Retroperitoneal surgery
Maladie d’Erdheim-Chester : à propos d’un cas et revue de la littérature
Erdheim-Chester disease: Report of a case and literature review
2011
- Cas clinique
- Réf : Prog Urol, 2012, 22, 5, 310-312

La maladie d’Erdheim-Chester est une hystiocytose non langerhansienne rare et acquise de l’adulte. Elle résulte d’une infiltration xanthogranulomateuse constituée d’hystiocytes spumeux et se caractérise par des manifestations systémiques très hétérogènes. Les manifestations cliniques les plus fréquentes de la maladie sont l’atteinte osseuse avec une hyperfixation des os longs sur la scintigraphie osseuse au 99Tc (Dion et al., 2006 [1]) et l’atteinte urologique avec un tableau de pseudofibrose rétropéritonéale. Nous rapportons le cas d’un homme de 64 ans chez qui a été découvert à l’occasion d’une insuffisance rénale aiguë obstructive, une maladie d’Erdheim-Chester avec pseudofibrose rétropéritonéale.

The Erdheim-Chester disease is a rare non-Langerhans hystiocytose acquired in adults. It results from a xanthogranulomatous infiltration, consists of histioccytes foamy and is characterized by heterogeneous systemic manifestations. The most frequent clinical manifestations of the disease are the bone with a long bone uptake on bone scintigraphy99Tc (Dion et al., 2006 [1]) and urological damage with an array of pseudo retroperitoneal fibrosis. We report the case of a 64-year-old man in whom was founded in the course of acute obstructive renal disease with Erdheim-Chester pseudofibrose retroperitoneal.

Mots clés:
Maladie d’Erdheim-Chester / Hystiocytose / Fibrose rétropéritonéale
Mots-clés:
Erdheim-Chester disease / Hystiocytose / Retroperitonale fibrosis
Métastase laryngée unique d’un carcinome rénal à cellules claires : cas clinique et revue de la littérature
Solitary laryngeal metastasis from clear cell carcinoma of the kidney: Clinical case and review of the literature
2011
- Cas clinique
- Réf : Prog Urol, 2012, 22, 5, 307-309

Les métastases du cancer du rein peuvent atteindre la tête et le cou dans 14–16 % des cas. Dans cette région, les sites les plus fréquemment touchés sont la glande thyroïde, le nez, les sinus paranasaux et la glande parotide. L’atteinte laryngée est exceptionnelle. Nous rapportons un cas de métastase laryngée unique d’un cancer à cellules claires du rein, manifestée plusieurs mois après l’exérèse de la tumeur rénale primitive.

Metastasis from renal cell carcinoma may reach head and neck region in 14–16% of cases. In this region, the most involved areas are thyroid gland, nose, paransal sinuses and parotid gland. Secondary localization to the larynx is a very rare occurrence. We report a case of solitary laryngeal metastasis from clear cell carcinoma of the kidney, occurring several months after removal of the primary tumour.

Mots clés:
Cancer rénal à cellules claires / Métastase laryngée / Métastase solitaire
Mots-clés:
Clear cell carcinoma of the kidney / Laryngeal metastasis / Solitary metastasis
Place du -2proPSA et de l’index phi dans la détection précoce du cancer de prostate : évaluation sur une série de 452 patients
Use of [-2] pro PSA and phi index for early detection of prostate cancer: A prospective of 452 patients
2011
- Article original
- Réf : Prog Urol, 2012, 22, 5, 279-283

Introduction : La détection précoce du cancer de prostate constitue un véritable challenge visant à réduire la morbidité et la mortalité de ce cancer tout en évitant les sur-diagnostics et les sur-traitements. Le PSA, marqueur prostatique de référence, se caractérise par ses imperfections justifiant l’évaluation de nouveaux marqueurs spécifiques tant sériques qu’urinaires, permettant une meilleure sélection des patients à haut risque (Durand et al., 2010 [1]).
Objectifs : Comparer la valeur du -2proPSA et de l’index phi au PSA total et au PSA libre.
Méthodes : Quatre cent cinquante-deux patients provenant de deux centres universitaires ont fait l’objet d’un dosage sérique identique du PSA avant la réalisation des biopsies. Ont été inclus dans cette étude l’ensemble des patients ayant un PSA compris entre 1,6 ng/mL et 8 ng/mL selon le standard international WHO. Les biopsies étaient réalisées selon un protocole standardisé comprenant 12 prélèvements, voire plus. Les sérums étaient analysés de manière centralisée au niveau de l’un des deux établissements à l’aide d’un seul automate. Les sérums de 243 cancers et 208 biopsies négatives ont ainsi été pris en compte.
Résultats : Les sérums étaient analysés en aveugle pour le PSA total, le PSA libre et le [-2] proPSA selon la méthode immuno enzymatique Beckman Coulter Access® 2. L’index phi (phi) était calculé selon la formule phi = ([-2] proPSA/fPSA) × sqrt(PSA). La valeur médiane de l’index phi était significativement (p > 0,0001) plus élevée pour les patients ayant un cancer (phi = 65,8) en comparaison aux patients à biopsies négatives (phi = 40,6). Pour une sensibilité équivalente, l’index phi permettait d’augmenter de façon importante la spécificité de détection du cancer de prostate par rapport aux autres marqueurs.
Conclusion : L’index phi apparaît actuellement comme le meilleur élément prédictif du cancer de prostate pour un PSA total compris entre 1,6 et 8 ng/mL selon le standard WHO, permettant ainsi de réduire de manière significative les indications de biopsies. Sa place comme indicateur des formes agressives reste à préciser.

Introduction: Early detection of prostate cancer (Pca) is a real challenge to reduce morbidity and mortality while avoiding over-diagnosis and over-treatment. The prostate specific antigen (PSA) is characterized by its imperfections justifying the evaluation of new serum or urinary specific markers allowing a better selection of patients at risk of developing aggressive Pca.
Aim: To compare the value of -2pro PSA and phi index to total and free PSA.
Methods: Serum sampled from 452 patients from two university centers were used to determine levels of PSA before performing biopsies. The patients were included in this study based on the PSA serum concentration between 1.6 ng/mL and 8 ng/mL according to the WHO international standard. All biopsies were performed according to a standardized protocol consisting of 12 cores or more. Sera were analyzed centrally in one of the two institutions with on a single analyzer. Sera from 243 prostate cancer and 208 negative biopsies patients have been taken into account.
Results: Sera were analyzed blinded for total PSA, free PSA and [-2] proPSA using Access® immunoassay method from Beckman Coulter. The Prostate Health Index (phi) was calculated using the formula phi = ([-2] proPSA/fPSA) × sqrt (PSA). The median value of the phi index is significantly (P > 0.0001) higher for patients with cancer (phi = 65.8) compared to patients with negative biopsies (phi = 40.6). At a given sensitivity, the phi index significantly increases the specificity of detection of prostate cancer compared to other markers.
Conclusion: The phi index currently appears as the best predictor of prostate cancer for patients with a total PSA between 1.6 and 8 ng/mL according to the WHO standard. The improvement in specificity of the phi index over tPSA could reduce significantly the numbers of unnecessary biopsies. Whether this new biomarker could be an indicator of aggressive prostate cancer remains to be confirmed.

Mots clés:
cancer de prostate / Isoformes du PSA / Index phi
Mots-clés:
Prostate cancer / PSA isoform / Phi index