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Sommaire :

Hormonothérapies de nouvelle génération chez le patient de plus de 80 ans – À propos de 65 cas consécutifs
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 743


Objectifs

L’arrivée des hormonothérapies de nouvelles génération (HNG) comme l’abiratérone et l’enzalutamide a radicalement modifié la prise en charge, et le pronostic, des patients avec un cancer de prostate métastatique en phase de résistance à la castration (mCPRC).


Méthodes

Nous avons colligé, de façon rétrospective, 65 dossiers de patients vus depuis janvier 2017, avec un cancer de prostate documenté, en progression métastatique malgré une castration chimique, et répondant aux critères de résistance à la castration. Nous avons relevé les principaux facteurs cliniques (âge, comorbidité, douleur, index OMS, score G8…), ceux liés au cancer de prostate (histologie, traitements préalables, temps sous hormonothérapie, mode de progression, …) et ceux inhérents au traitement actuel (quelle molécule utilisée, durée de traitement, réponse, temps jusqu’à progression, tolérance, …) afin de recueillir des informations de vie réelle dans ce groupe de patients âgés.


Résultats

Les patients, naïfs de chimiothérapie, avaient un âge médian de 83 ans. Le temps de suivi médian est de 26 mois. Le scores G8, l’index ECOG et un bilan biochimique ont été réalisés prospectivement chez tous les patients. Le bilan avant traitement avait compris au minimum une scintigraphie osseuse et un scanner abdominopelvien. Quarante pour cent des patients ont eu une TEP à la choline. L’évaluation clinique+PSA a été faite toutes les 8 semaines et les éléments de tolérance ont été recueillis selon le CTC-AE 4,0. Nous n’avons noté aucune différence significative d’activité entre enzalutamide et abiratérone en 1re intention. Le temps de sensibilité à l’hormonothérapie initiale et le délai entre le cancer et la résistance à la castration sont les meilleurs critères de pronostic retrouvés (Tableau 1).


Conclusion

Dans ce travail rétrospectif il ne semble pas apparaître de signal particulier pouvant limiter l’accès aux HNG chez les patients avec un mCPRC. La tolérance est celle attendue, malgré un focus particulier sur le risque d’asthénie et de troubles neurocognitifs, sans aggravation et sans nécessité d’arrêt pour effet indésirable grave. L’efficacité est également conservée, avec de très longs répondeurs.

Hypospadias proximal : la réalisation d’un Koyanagi en un temps est-elle prudente ?
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 737-738


Objectifs

À l’heure où la chirurgie correctrice en deux temps des hypospadias proximaux est, pour plusieurs auteurs, la procédure de choix, nous avons revu les résultats d’enfants opérés en un temps.


Méthodes

Les suites opératoires immédiates et à distance de 34 enfants opérés pour hypospadias proximal par la technique de Koyanagi en un temps ont été analysées : qualité des mictions et utilisation du HOPE-score.


Résultats

Le méat urétral était de siège périnéal ou scrotal dans 16 cas, pénien proximal dans 18 cas. Dix enfants étaient prématurés et hypotrophes (29,4 %), 4 présentaient des malformations associées. L’âge moyen à l’opération était de 19 mois. Dix-huit sur 34 ont eu des suites compliquées durant le 1er mois postopératoire (infection, arrachage de sonde, lâchage de l’urétroplastie, sténose).

Vingt-six enfants/34 avaient un recul postopératoire ≥30 mois, avec un recul moyen de 6,2 ans (18/26 avec recul ≥5 ans). Dix-huit sur 26 ont eu : aucune (3) ou une (15) reprise chirurgicale (69,2 %) – dont 5 lors d’une plastie scrotale secondaire ; 8 ont eu entre 2 et 6 reprises. Les indications étaient : une fistule (10), une sténose (8), dont 6 proximales et 2 distales, un lâchage de l’urétroplastie (2), un avancement du méat (9). À distance, en se référant au HOPE-score, pour les 26 enfants avec un recul ≥30 mois, le résultat est considéré comme favorable dans 23/26 (88,5 %) : pas de trouble mictionnel, pas d’incurvation pénienne résiduelle (sauf un cas<30°) ni trouble rotatoire, aspect esthétique du fourreau cutané pénien et du gland, siège distal du méat (glandulaire pour 16/26).


Conclusion

La chirurgie correctrice en un temps des hypospadias proximaux de cette série est émaillée d’un taux élevé de complications, avec 30,8 % des enfants réopérés plus d’une fois. Cependant, 88,5 % des résultats sont estimés favorables à distance.

Hystérectomie voie basse et réparation ligamentaire selon Campbell dans le traitement du prolapsus utérin avec cystocèle d’entraînement : un retour vers le futur
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 757-758


Objectifs

La prise en charge des prolapsus génito-urinaires connaît un tournant majeur en 2020 suite au retrait des prothèses vaginales. Nous présentons les résultats d’une série rétrospective de réparation vaginale autologue de prolapsus utérin prédominant avec cystocèle d’entraînement par hystérectomie totale voie basse (HTVB) et soutènement sous-vésical par croisement des ligaments utérosacrés selon la technique de Campbell (C-SLUS) avec pour objectif l’évaluation du taux de récidive.


Méthodes

Notre étude a inclus les patientes opérées entre 2011 et 2018 d’une HTVB avec C-SLUS, sans implant prothétique, soit 94 patientes. Notre objectif était d’évaluer le taux de récidive de prolapsus antérieur et/ou apical. La récidive était définie par un critère composite incluant récidives symptomatique et asymptomatique avec stade POP-Q≥2. La survie sans récidive (SSR) à 2 ans a été étudiée par méthode de Kaplan–Meier. Une analyse univariée puis multivariée a été effectuée pour déterminer les facteurs associés à la récidive. Les objectifs secondaires étaient l’analyse des complications postopératoires précoces, les résultats fonctionnels urinaires et sexuels et le taux de chirurgie pour récidive.


Résultats

Quatre-vingt-trois (88,3 %) et 65 (69 %) patientes avaient respectivement une hystérocèle et cystocèle de stade≥3. Avec un suivi moyen de 36 mois, le taux de récidive était de 21,3 % incluant 3 cystocèles (3,2 %). La SSR à 2 ans était de 80 %. En analyse multivariée, l’âge, l’indice de masse corporelle, le stade POP-Q pré opératoire et un geste peropératoire sur le compartiment postérieur n’étaient significativement pas associés au risque de récidive. Le taux de complications précoces était de 21,2 % (95 % de grade≤2). Onze patientes (11,7 %) ont présenté des symptômes urinaires de novo. Les taux de guérison d’incontinence urinaire d’effort et d’urgenturie étaient respectivement de 80 % et 80,6 %. Le taux de satisfaction sexuelle parmi les patientes déclarées actives était de 95,8 %. Treize patientes (13,8 %) ont été opérées pour récidive symptomatique.


Conclusion

L’HTVB avec C-SLUS a été un traitement de première intention efficace des prolapsus utérins symptomatiques prédominants avec cystocèle d’entraînement, avec des résultats fonctionnels satisfaisants à moyen terme. Cette technique s’inscrit dans les réparations vaginales autologues qui devraient connaître un nouvel essor suite à l’arrêt de commercialisation des prothèses vaginales développées pour corriger les étages antérieur et moyen.

Identification des facteurs de risque d’échec des troisièmes transplantations rénales, analyse multicentrique de 269 greffes
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 721-722


Objectifs

La transplantation rénale est le meilleur traitement de l’insuffisance rénale chronique terminale. En cas d’échec ou d’arrêt de fonction de deux précédents transplants, il persiste un bénéfice à une troisième transplantation (G3). La survie de ces transplants est inférieure aux précédents. L’objectif de cette étude est d’analyser les facteurs de risque de complications des G3 afin d’en préciser les indications.


Méthodes

Au total, 269 troisièmes transplantations rénales sur des receveurs majeurs ont été recensées au sein de la cohorte prospective multicentrique Données Informatisées et VAlidées en Transplantation (DIVAT). L’extraction de données a concerné des variables donneurs et receveurs pré-, per- et postopératoires sélectionnées pour leur intérêt dans la littérature. L’analyse principale a été réalisée en univariée puis en multivariée sur les facteurs de risque de complications et d’échecs des G3. Les valeurs descriptives sont analysées en médiane Q1–Q3.


Résultats

L’âge des receveurs G3 est de 48 ans [39,00 ; 54,00], l’IMC est de 22,10kg/m2 [20,10 ; 24,60]. Cent trente-cinq (50,18 %) avaient une insuffisance rénale d’origine urologique. L’âge des donneurs est de 52 ans [41,00 ; 59,00] dont 33,46 % de donneurs à critères élargis (ECD). L’ischémie froide (IF) était de 20,36heures [15,10 ; 26,70]. Quatre-vingt-deux patients sont retournés en dialyse et 41 sont décédés principalement du fait de pathologies cardiovasculaires (29 %) et néoplasiques (20 %). Cent trente-six (58,30 %) ont un G3 toujours fonctionnel, la survie des transplants G3 a été représentée selon Kaplan–Meier (Fig. 1). Les facteurs influençant significativement la survie des G3 ont été un transplant ECD (p =0,0577), l’âge du donneur (p =0,0071), l’IF (p =0,0178) et la survenue de complications vasculaires post-greffe (0,0755). Un donneur vivant (DVA) impact positivement la survie G3 (p =0,0345).


Conclusion

La survie des G3 est particulièrement influencée par des critères de qualité des transplants. L’IF doit alors être réduite au maximum. Une sélection optimale des donneurs en privilégiant les DVA augmente le succès des G3. Le risque de décès avec un transplant fonctionnel ici majeur doit être pris en compte dès la décision d’inscription et souligne l’importance du suivi.

Imagerie en tomographie par cohérence optique plein champ des biopsies de la prostate pour le diagnostic du cancer de la prostate
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 741


Objectifs

La tomographie par cohérence optique (OCT) plein champ est une technique d’imagerie du tissu frais ex vivo. Notre objectif était d’en évaluer les performances diagnostiques sur biopsies prostatiques pour la détection du cancer de la prostate.


Méthodes

Cette étude diagnostique a été proposée de janvier 2016 à janvier 2017 aux patients ayant une première série de biopsies prostatiques dans notre centre. Une image OCT plein champ était acquise pour chaque carotte. Toutes les carottes étaient analysées de manière indépendante. Deux urologues et deux internes d’urologie ont analysé les images OCT plein champ en aveugle, pour déterminer la présence de cancer. Un programme d’intelligence artificielle (IA) a été entraîné de manière non supervisée sur les 506 premières images, puis testé sur les 490 images restantes. La sensibilité (Se), spécificité (Sp) et valeur prédictives ont été calculées pour chaque lecteur et pour l’IA.


Résultats

Quatre-vingt-huit patients ont été inclus, et 996 carottes analysées. Pour la détection de cancer, les lecteurs obtenaient 0,37<Se<0,75 et 0,68<Sp<0,98 ; et l’IA Se=0,38 et Sp=0,76. Le coefficient de corrélation inter-observateur kappa était de 0,46 (IC95 % [0,39–0,52]). La valeur prédictive négative (VPN) pour tous les lecteurs était comprise entre 0,84 et 0,91. Pour la détection de cancer Gleason≥7, les lecteurs obtenaient 0,26<Se<0,75 et 0,83<Sp<0,99, avec une VPN comprise entre 0,90 et 0,98 (Fig. 1).


Conclusion

Nos résultats suggèrent que l’OCT plein champ a une VPN élevée pour éliminer la présence de cancer en temps réel sur carotte biopsique. Cette VPN augmente pour les cancers significatifs. Notre programme d’IA nécessite un apprentissage sur un plus grand nombre d’image.

Impact de la densité du PSA et de l’IRM multiparamétrique dans l’indication à une surveillance active d’un adénocarcinome prostatique à faible risque
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 835


Objectifs

Les modalités de surveillance active (SA) d’un adénocarcinome prostatique (CaP) de faible risque intègrent dorénavant les données de l’IRM pour le calcul de la densité du PSA (PSAd) et la réalisation de biopsies ciblées. Le but de cette étude était d’évaluer la proportion de patients pouvant bénéficier d’une SA en fonction de critères pré-biopsiques comme le résultat de l’IRM et la densité du PSA.


Méthodes

C’est une étude monocentrique, rétrospective, réalisée entre juin 2013 et janvier 2020. Ainsi, 180 patients ont été inclus, après avoir bénéficié d’une série de biopsies prostatiques (BP), soit pour la SA d’un CaP déjà identifié (n =150), soit pour entrer dans cette modalité de prise en charge (n =30). Tous ont bénéficié d’une IRM prostatique multiparamétrique (mp) au préalable, relue par un radiologue spécialisé de notre centre. Ont été effectuées 12 BP standards (BP-s) plus 2 à 4 BP ciblées (BP-c) dans chaque lésion IRM.


Résultats

Parmi les 180 patients inclus, 115 (63,9 %) présentaient une IRM suspecte (≥PIRADS-3). Les BP ont permis d’identifier 130 CaP (72 %) dont 69 % (n =90) ISUP-1. Au décours des BP, 116 patients (64 %) sont restés en SA. Une lésion IRM augmentait le risque d’avoir un traitement curatif : 59/115 (51,3 %) vs 11/65 (17 %) (p ≤0,001). Comparativement aux IRM normales, les lésions IRM, PIRADS-4 et 5 présentaient respectivement un risque supérieur d’arrêt de SA : 30/56 (53,6 %, p ≤0,001) et 23/29 (79,3 %, p ≤0,001), que les cibles PIRADS-3 (6/30, p =0,71) (Tableau 1). Une PSAd ≤0,15ng/mL/cm3 était un indicateur statistiquement pertinent en faveur de la SA (75 % vs 42 %, p ≤0,001) (Tableau 1). Les patients présentant une PSAd ≤0,15ng/mL/cm3 ainsi qu’une lésion ≤PIRADS-3 avaient moins souvent un traitement curatif que ceux ayant un ou deux facteurs divergents (p <0,001) (Tableau 2).


Conclusion

Le seuil de PSAd ≤0,15ng/mL/cm3 et une IRM normale ou avec une lésion ≤PIRADS-3 identifiée sont des facteurs prédictifs d’indication ou de maintien en SA chez les patients présentant un CaP de bas risque. En cas de lésion PIRADS 5, une surveillance active est rarement indiquée.

Impact de la prise en charge par surveillance active sur le risque de dépression et d’anxiété : données rapportées par les patients (PROs) dans le cadre de la cohorte prospective VICA
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 834-835


Objectifs

La surveillance active (SA) est une option thérapeutique pour les cancers de la prostate localisés à faible risque et son utilisation est en augmentation croissante, en raison des bons résultats carcinologiques à long terme. Cependant, son impact sur la qualité de vie des patients, notamment en termes d’anxiété secondaire à l’annonce du cancer, est relativement mal évalué.


Méthodes

La cohorte française VICAN 5 est un échantillon représentatif de 4174 patients pris en charge pour un cancer et survivants à 5 ans. Les données rapportées par les patients (PROs) ont été collectées prospectivement par entretiens téléphoniques et autoquestionnaires portant sur la qualité de vie (questionnaire SF-12) et les effets secondaires des traitements. Parmi les 447 patients ayant un cancer de la prostate, les patients pris en charge par surveillance active, radiothérapie ou prostatectomie totale, pour un cancer localisé T1-T2 N0 M0 et de score de Gleason ≤7 ont été sélectionnés. Les données concernant les symptômes dépressifs et l’anxiété ressentie ont été analysées comparativement.


Résultats

Au total, 301 patients ont été inclus, parmi lesquels 68 (22,6 %) pris en charge par surveillance active (SA), 170 (56,5 %) traités par prostatectomie totale (PT) et 63 (20,9 %) traités par radiothérapie externe (RT). Les patients pris en charge par SA avaient un score OMS plus bas (p =0,003) et un stade clinique plus faible (p =0,04) par rapport aux patients des groupes PT ou RT. Concernant l’impact sur la qualité de vie des patients, il n’y avait pas de différence significative en termes de symptômes dépressifs (pas de symptômes dépressifs rapportés pour 82,4 % des patients du groupe SA vs 88,8 % PT et 74,6 % RT, p =0,468) ou d’anxiété ressentie (pas d’anxiété rapportée dans 63,3 % des cas dans le groupe SA vs 71,2 % PT et 66,6 % RT, p =0,214).


Conclusion

Les patients pris en charge par surveillance active pour un cancer de la prostate localisé ne rapportent pas plus de symptômes dépressifs ou d’anxiété que les patients pris en charge par traitement curatif (prostatectomie ou radiothérapie). Ceci confirme l’intérêt de proposer systématiquement cette option thérapeutique si les critères clinicopathologiques le permettent et que le patient adhère à cette stratégie.

Impact de la radiothérapie sur les résultats fonctionnels du traitement chirurgical de l’incontinence d’effort chez l’homme et sur le rôle de l’urodynamique préopératoire
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 781-782


Objectifs

L’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact de la radiothérapie sur les Résultats fonctionnels du traitement chirurgical de l’incontinence urinaire d’effort (IUE) chez l’homme, la valeur relative de l’urodynamique (BUD) préopératoire chez les hommes selon qu’ils aient ou non été irradiés et sa valeur prédictive des symptômes de remplissage postopératoire.


Méthodes

Tous les dossiers des hommes ayant eu un traitement chirurgical d’IUE dans un centre entre 2010 et 2017 ont été revus rétrospectivement. Le BUD préopératoire était systématique. L’impact des résultats du BUD sur la décision thérapeutique a été évalué. Les paramètres urodynamiques et traitements des patients irradiés et non irradiés ont été comparés de même que l’évolution des symptômes de la phase de remplissage dans chaque groupe. Une régression logistique univariée et multivariée a été effectué pour évaluer l’association entre paramètres urodynamique et nécessité de traitement de l’hyperactivité vésicale (HAV) après sphincter artificiel urinaire (SAU).


Résultats

Deux cent sept patients ont été inclus. Soixante-cinq sur 207 (31,4 %) avaient été irradiés pour un cancer prostatique. Les résultats du BUD n’ont modifié la stratégie thérapeutique dans aucun cas. Les patients irradiés avaient plus fréquemment une hyperactivité détrusorienne (HAD) préopératoire (70 % vs 38 % ; p <0,0001 ; Tableau 1) et avaient une capacité cystomanométrique préopératoire plus faible que les non-irradiés (255 vs 307,4mL, p =0,01). Après implantation de SAU, la proportion de patients nécessitant un traitement médicamenteux d’HAV était plus importante chez les patients irradiés (44,3 % vs 25,3 % ; p =0,01) de même que la proportion de patients nécessitant un traitement de 3e ligne d’HAV (9,2 % vs 1,4 % ; p =0,01). Plusieurs paramètres urodynamiques étaient associés à la nécessité d’un traitement médicamenteux de l’HAV mais uniquement chez les patients irradiés (Tableau 2).


Conclusion

L’irradiation augmente le risque de dysfonction vésicale chez les hommes ayant une IUE et particulièrement les symptômes d’HAV nécessitant un traitement postopératoire. Bien que le BUD n’ait modifié la stratégie thérapeutique chez aucun patient, les paramètres urodynamiques étaient prédictifs de l’HAV postopératoire mais uniquement chez les patients irradiés suggérant que le BUD préopératoire pourrait être intéressant dans ce sous-groupe.

Impact de la torsion du cordon spermatique sur la fertilité et la fonction érectile : une étude multicentrique nationale TORSAFUF
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 725-726


Objectifs

La torsion du cordon spermatique est une pathologie rare, touchant majoritairement le jeune adulte, et pouvant induire des lésions ischémiques irréversibles impactant les fonctions testiculaires exocrine et endocrine. Des anomalies du spermogramme ont été rapportées, sans pour autant d’évaluation de leurs conséquences cliniques. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact de la torsion du cordon spermatique sur la fertilité et la fonction érectile.


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective multicentrique nationale menée au sein du projet TORSAFUF. Ont été inclus tous les patients ayant présenté une torsion du cordon spermatique confirmée en peropératoire, ayant entre 18 et 60 ans et ayant répondu au questionnaire téléphonique. Les critères de jugement principaux comprenaient le taux d’infertilité, défini par l’absence de grossesse après 12 à 24 mois de rapports sexuels complets, réguliers, sans contraception, et les taux de dysfonction érectile sur l’autoévaluation du patient sur sa fonction érectile avant et après l’épisode de torsion du cordon spermatique.


Résultats

Au sein de la cohorte TORSAFUF, 521 patients ont répondu à l’évaluation de la fertilité et 653 ont répondu à l’évaluation de la fonction érectile (Tableau 1).

Le taux d’infertilité était de 5,7 % (±2 %), avec 1,54 % (±1 %) des patients ayant eu recours à une assistance médicale à la procréation tandis que 1,5 % (±0,1 %) ont reporté avoir présenté des troubles de l’érection apparus dans les suites de l’intervention.

Les troubles de la fertilité (p =0,77) et de l’érection (p =0,60) n’étaient pas influencés par le type de traitement effectué pendant l’intervention (orchidopexie ou orchidectomie).

En analyse multivariée, la torsion du cordon sur testicule déjà fixé (p =0,001, OR : 7 [2 ; 21]) et l’hypotrophie testiculaire séquellaire (p =0,004, OR : 4,5 [2 ; 12]) sont associés à un risque d’infertilité.


Conclusion

La torsion du cordon spermatique ne semble pas augmenter le taux d’infertilité et de dysfonction érectile, que le patient ait eu une orchidectomie ou non, et n’est pas supérieure aux taux rapportés dans la population générale, de 20 % chacun. Les patients présentant une hypotrophie testiculaire ou un antécédent d’ochidopexie doivent être dirigés vers un centre AMP en cas d’infertilité.

Impact de l’effet centre sur les résultats du sphincter urinaire artificiel chez l’homme
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 779-780


Objectifs

L’impact du volume d’activité annuel, largement étudié en onco-urologie, n’a été que très peu évalué en urologie fonctionnelle. L’objectif principal de cette étude était d’évaluer l’impact du volume annuel d’implantation de chaque centre sur les Résultats du sphincter artificiel urinaire (SAU) chez l’homme.


Méthodes

Les dossiers de tous les patients de sexe masculin ayant eu l’implantation d’un SAU entre 2004 et 2020 dans 11 centres universitaires ont été revus rétrospectivement. Les patients ayant une incontinence d’effort d’origine neurogène étaient exclus. Deux groupes de volume ont été constitués :<10 procédures/an/centre (FAIBLEVOL) et ≥10 procédures/an/centre (HAUTVOL). Le critère de jugement principal était la continence sociale à 3 mois (0 à 1 protection/jour). Les critères secondaires étaient la survie des dispositifs sans révision (SSR) et sans explantation (SSE), les complications postopératoires et la durée d’hospitalisation.


Résultats

Mille cinquante patients répondaient aux critères d’inclusion : 527 dans le groupe FAIBLEVOL et 523 dans le groupe HAUTVOL. Le taux de complications postopératoires était plus élevé dans le groupe FAIBLEVOL (17,1 % vs 11,9 % ; p =0,03) de même que le taux de complications Clavien ≥3 (6,1 % vs 2,3 % ; p <0,001). La durée d’hospitalisation était plus courte dans le groupe HAUTVOL (3 vs 4,3jours ; p <0,001). Le taux de continence sociale à 3 mois était similaire dans les deux groupes (77,6 % vs 76,3 % ; p =0,71). Après un suivi médian de 48,6 mois et 31 mois respectivement (p <0,001), le taux de continence sociale restait comparable dans les groupes FAIBLEVOL et HAUTVOL (63,5 % vs 65,8 % ; p =0,51). La SSE était comparable dans les deux groupes (SSE à 5 ans : 64,5 % vs 67,9 % ; p =0,88) ; en revanche, la SSR était meilleure dans le groupe SSR (SSR à 5 ans : 31,6 % vs 23,3 % ; p <0,001) (Fig. 1, Tableau 1, Tableau 2).


Conclusion

Le volume annuel d’implantation de SAU n’avait pas d’impact sur les résultats fonctionnels mais les centres implantant>10 SAU chez l’homme avaient de meilleurs résultats périopératoires. À l’inverse, de façon surprenante, la survie sans révision était meilleure dans les groupes de faible volume.

Impact de l’embolisation sélective des vaisseaux tumoraux sur la fonction rénale après néphrectomie partielle en salle hybride
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 751


Objectifs

L’embolisation sélective des vaisseaux tumoraux avant néphrectomie partielle permet une énucléation de la tumeur rénale sans clampage du pédicule rénal. Cependant, l’utilisation de produit de contraste et le risque d’embolisation de parenchyme rénal sain pourraient provoquer une détérioration de la fonction rénale. L’objectif de cette étude était d’évaluer le retentissement de l’embolisation des vaisseaux tumoraux sur la fonction rénale.


Méthodes

Nous avons inclus dans la base de données prospectives uroCCR tous les patients opérés d’une néphrectomie partielle après embolisation sélective des vaisseaux tumoraux en salle hybride pour une tumeur du rein localisée entre mai 2015 et mai 2019 dans un centre unique. Une diminution supérieure à 25 % du débit de filtration glomérulaire (DFG) selon la formule MDRD à 6 mois de l’intervention était considérée comme majeure. Nous avons utilisé des données de volumétrie rénale sur scanner avant chirurgie et à 6 mois de la chirurgie, pour quantifier le pourcentage de perte de parenchyme rénal sain.


Résultats

Nous avons inclus 93 patients dont l’âge moyen était 60,4 (±12) ans et 4 (4,3 %) avait une insuffisance rénale préopératoire. La taille tumorale moyenne était 3,4 (±1,6) cm et 30 (32,3) patients avaient un stade pT1b-2. À 6 mois, le DFG moyen était diminué de 9,4 % (±15), 10 (9 %) patients avaient une perte majeure de fonction rénale, un (1 %) patient présentait une nouvelle insuffisance rénale et la perte moyenne de parenchyme rénal sain était de 21 (±20,6) mL. Le nombre d’artères embolisés et la quantité de produit de contraste utilisée n’étaient pas des facteurs associés à une perte significative de fonction rénale. Seul l’âge était un facteur significativement associé à une perte majeure de fonction rénale (p =0,017) (Tableau 1).


Conclusion

Les variations de fonction rénale après embolisation puis énucléation tumorale sans clampage du pédicule rénal sont similaires à celles rapportées dans la littérature pour les autres techniques. L’âge du patient est le principal facteur de détérioration de la fonction rénale postopératoire.

Impact du délai avant prise en charge par néphrectomie partielle d’une tumeur du rein localisé
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 749


Objectifs

La prise en charge chirurgicale par néphrectomie partielle d’une tumeur du rein localisée peut-être retardée en raison des comorbidités du patient ou encore de problèmes d’accès au bloc opératoire. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’impact carcinologique d’un délai prolongé avant néphrectomie partielle.


Méthodes

Nous avons inclus dans la base de données prospectives uroCCR les patients opérés d’une néphrectomie partielle dans un centre unique pour tumeur du rein localisée entre 2015 et 2020. Nous avons étudié le stade anatomopathologique des tumeurs ainsi que le taux de récidive chez les patients ayant eu une prise en charge chirurgicale>90jours. L’impact de la réalisation d’une biopsie préopératoire sur ces données a également été étudié. Ces données ont été comparées par des tests de Student et de Chi2 à l’aide du logiciel SPSS.


Résultats

Nous avons inclus 179 patients dont l’âge médian était de 63 (±13) ans, 41 (23 %) ont reçu une biopsie préopératoire. Quatre-vingt-neuf patients (50 %) ont été opérés dans un délai de plus de 3 mois. Le délai médian avant néphrectomie était alors de 150 (±139) jours. Il n’existait pas plus de récidive en cas de délai prolongé avant chirurgie (p =0,617), et le taux de tumeurs de stade T3 était comparable (p =0,531). La croissance tumorale, calculée par le différentiel de la taille au diagnostic initial et la taille à l’anatomopathologie était comparable (p =0,122). La réalisation d’une biopsie préopératoire entraîne un doublement du délai avant chirurgie (p <0,001), mais n’est pas corrélée un stade tumoral plus élevé (p =0,944) ni à un taux de récidive plus important (p =0,097) (Fig. 1 et Tableau 1).


Conclusion

Une prise en charge par néphrectomie partielle pour tumeur du rein localisée au-delà de 3 mois, notamment pour permettre de biopsier la tumeur en cas de doute diagnostique, ne semble pas impacter le pronostic carcinologique des patients. Ces données, validées à plus grande échelle pourraient permettre de rassurer les patients ayant une prise en charge chirurgicale retardée.

Impact du traitement du syndrome d’apnées obstructives du sommeil par pression positive continue nocturne sur les symptômes du bas appareil urinaire
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 796


Objectifs

Évaluer l’impact du traitement du syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) par pression positive continue (PPC) nocturne sur les symptômes du bas appareil urinaire (SBAU).


Méthodes

Une étude prospective, monocentrique, a été menée entre juin 2018 et août 2019. Ont été inclus, les patients présentant un SAOS modéré ou sévère avec indication de traitement par PPC nocturne lors de la polygraphie ventilatoire nocturne de dépistage à l’unité du sommeil, associé à des SBAU. L’efficacité du traitement par PPC a été évaluée par auto-questionnaires sur les SBAU (IPSS et USP) et sur leur retentissement (IPSS-Qdv) remplis le jour du dépistage du SAOS et après 4 mois d’appareillage par PPC.


Résultats

Au total, 113 patients ont été inclus dans notre étude parmi lesquels 62 hommes et 51 femmes. Quatre mois après l’appareillage par PPC, l’IPSS et l’IPSS-Qdv étaient significativement améliorés, respectivement 7,44±5,05 vs 5,20±3,78 ; p <0,0001 et 2,27±1,56 vs 1,93±1,26 ; p =0,002 ainsi que les items du score IPSS sur la pollakiurie (1,53±1,33 vs 0,98±0,83 ; p <0,0001), l’urgenturie (0,95±1,34 vs 0,58±0,85 ; p =0,001) et la nycturie (2,12±1,33 vs 1,20±0,80 ; p <0,0001). Les scores USP sur l’incontinence urinaire d’effort et l’hyperactivité vésicale étaient significativement améliorés, respectivement 1,13±2,10 vs 0,65±1,38 ; p <0,0001 et 5,43±3,66 vs 3,24±2,58 ; p <0,0001 (Tableau 1).


Conclusion

Dans notre étude, le traitement par PPC a permis d’améliorer significativement les SBAU en quatre mois. L’interrogatoire des patients consultant en urologie pour des SBAU à propos de la qualité du sommeil permettrait d’adresser les patients suspects de SAOS vers un pneumologue afin d’être dépister et les traiter de leur SAOS le cas échéant.

Impact du volume prostatique traité après photovaporisation prostatique au laser GreenLight XPS 180 W
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 823-824


Objectifs

Dans l’hypertrophie bénigne de prostate (HBP), le volume prostatique (VP) n’est pas corrélé à la gêne fonctionnelle urinaire. Néanmoins, le but des traitements chirurgicaux de l’HBP est de lever l’obstruction prostatique en réduisant le plus possible son volume. L’objectif de cette étude était de comparer les résultats du traitement de l’HBP par photovaporisation prostatique (PVP) au laser GreenLight XPS 180W selon le VP traité (VPT).


Méthodes

Une étude ancillaire a été réalisée à partir d’une cohorte prospective de patients opérés par PVP au GreenLight XPS 180W, en analysant les résultats fonctionnels et les complications selon le VPT, ≤ou>50 % du VP initial (VPi) mesuré par échographie transrectale. Les critères d’inclusions étaient : 45>âge<80 ans, VPi de 30 à 100mL, symptômes du bas appareil urinaire (SBAU) avec International Prostate Symptom Score (IPSS) ≥15 en échec thérapeutique, PSA ≤4ng/mL ou biopsie négative<6 mois. Les patients restaient hospitalisés une nuit postopératoire et suivis 3 mois.


Résultats

Au total, 80 patients ont été inclus, 6 exclus, 74 analysés parmi lesquels 36 avaient un VPT ≤50 % du VPi et 38 un VPT>50 % du VPi. Les données pré-, per- et postopératoires sont résumés dans le Tableau 1. Un VPT>50 % du VPi était associé à une plus grande amélioration des SBAU (Δ IPSS −14,4 vs −10 ; p =0,03 et Δ IPSS-QoL −3,36 vs −2,21 ; p =0,03) sans augmentation des complications postopératoires. L’analyse en sous-groupes de l’impact du VPT selon le VPi retrouvait une amélioration plus importante des SBAU en cas de VPT>50 % uniquement pour les VPi ≥50mL (p =0,04) (Tableau 2).


Conclusion

Dans le traitement de l’HBP par laser GreenLight XPS 180W, un VPT>à 50 % du VPi est associé à de meilleurs résultats fonctionnels sans augmentation du risque de complication mais uniquement pour les adénomes de moyen et haut volumes (50 à 100mL). Un suivi à long terme est nécessaire pour affiner nos résultats.

Impact infectiologique et organisationnel de l’examen cytobactériologique des urines (ECBU) systématique avant BCG d’induction
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 794


Objectifs

Il n’existe pas de recommandation unanime entre les sociétés savantes concernant la réalisation d’un ECBU avant les instillations de BCG. La crainte d’une infection urinaire associée aux soins (IUAS) en cas d’ECBU positif expose au risque de retard de prise en charge par modification du schéma d’induction. L’objectif était de recueillir les ECBU réalisés avant les instillations et d’étudier leur impact sur leur schéma d’administration.


Méthodes

Les dossiers de BCG d’induction (6 instillations par cycle) entre 2016 et 2017 ont été revus rétrospectivement. Tous les patients avaient un ECBU avant chaque instillation et étaient traités si ce dernier était positif. Les données démographiques des patients, les caractéristiques des tumeurs, les facteurs de risque d’infection urinaire (FDRIU), les données bactériologiques (réalisation de l’ECBU, positivité, germe identifié, antibiothérapie associée), les effets indésirables et l’incidence organisationnelle (report) ont été recueillis. Les facteurs de risque associés à la survenue d’un ECBU positif ou d’une IUAS ont été étudiés.


Résultats

Quarante patients ont été inclus présentant tous une tumeur de vessie non infiltrant le muscle de haut grade. L’âge médian était de 75 ans et 60 % des patients présentaient au moins un FDRIU. Au cours de l’induction, 20 % des patients ont eu au moins un ECBU positif indépendamment du rang de l’instillation. Les données de l’ECBU ont conduit au report d’au moins une instillation chez 10 patients sur les 40 (25 %). La proportion de troubles du bas appareil urinaire (TUBA) était similaire chez les patients ayant des ECBU positifs par rapport à ceux ayant des ECBU négatifs (30 %). Une seule instillation a été reportée en raison de mauvaise tolérance. Aucun évènement infectieux grave n’a été rapporté et aucun facteur de risque de survenue d’un ECBU positif n’a pu être identifié.


Conclusion

La présence d’ECBU positif au cours des instillations de BCG est un évènement fréquent. Aucun évènement infectieux grave n’a été observé. La nécessité de traitement est source de désorganisation du schéma d’induction, exposant à des conséquences oncologiques et à un risque de récidive plus élevé. L’impact de la réalisation de l’instillation malgré un ECBU positif asymptomatique reste à déterminer.

Impact médico-économique et sanitaire de l’insufflateur Airseal® : exemple de la promontofixation cœlioscopique
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 759


Objectifs

Airseal® est un système d’insufflation assurant un pneumopéritoine stable lors des interventions cœlioscopiques, permettant de travailler confortablement à basse pression. Ce système assure un renouvellement permanent du gaz abdominal en système clos permettant une évacuation constante des fumées et microparticules à travers un filtre. L’objectif de cette étude est d’évaluer l’impact médico-économique de l’insufflateur Airseal® au cours des promontofixations laparoscopiques.


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective de données recueillies prospectivement, monocentrique, comparant 17 promontofixations cœlioscopiques opérées de façon consécutive avec insufflateur Airseal® et 17 promontofixations cœlioscopiques réalisées avec insufflateur standard, sur une période d’un an, par un unique opérateur. La douleur postopératoire a été évaluée par l’échelle EVA en salle de réveil et en hospitalisation à j0, j1 et j2. La consommation d’antalgique et les paramètres anesthésiques peropératoires (dose de curare et de morphiniques, pression de crête, CO2  expiré et la température au réveil) ont également été étudiés. L’aptitude à une sortie au domicile a été évaluée par le score de Chung.


Résultats

La douleur postopératoire a été moindre chez les patientes du groupe Airseal® avec 40 % de recours aux morphiniques vs 52 % pour le groupe non Airseal® (p >0,05). La concentration télé-expiratoire de CO2  moyenne à H1 est 37,2mmHg pour le groupe Airseal® vs 39,5mmHg (p >0,05). La différence de température peropératoire entre l’induction et l’exsufflation était moindre pour le groupe Airseal® (0,3 vs 0,5 ; p >0,05). Pour les patientes ayant bénéficié d’une promontofixation par une bandelette antérieure seule (47 % dans chaque groupe), la durée opératoire moyenne était inférieure pour le groupe Airseal® (110min vs 128min) (p <0,05). Le séjour hospitalier était plus court dans le groupe Airseal® avec 65 % versus 35 % des patientes aptes à la sortie à j0, et 95 % versus 76 % à j1 (p >0,05).


Conclusion

Ces résultats préliminaires semblent suggérer un impact médico-économique du système Airseal® via une réduction de la durée moyenne de séjour. Ils nécessitent d’être confirmés par des études de meilleur niveau de preuve. Conformément aux recommandations durant l’épidémie de COVID-19, Airseal® assure une protection du personnel soignant grâce à la filtration continue des fumées durant les procédures cœlioscopiques.

Impact périopératoire des anticoagulants et antiagrégants plaquettaires dans la chirurgie par HoLEP de l’hypertrophie bénigne prostatique
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 766-767


Objectifs

La chirurgie prostatique par laser permet de diminuer les risques de saignement mais l’impact sur les sous-groupes de patients prenant des anticoagulants ou des antiagrégants plaquettaires est sujet à controverse. L’objectif est de mesurer l’impact des anticoagulants et antiagrégants plaquettaires dans les résultats per- et postopératoire précoces des patients traités pour une hypertrophie bénigne de prostate par HoLEP en pratique courante.


Méthodes

Étude de cohorte rétrospective monocentrique incluant les patients consécutifs ayant eu une chirurgie par HoLEP de 2014 à 2019. Les patients ont été répartis en 3 : un groupe contrôle, un groupe antiagrégant (sans arrêt) et un groupe anticoagulant (relayé par héparine). Ont été comparés : le taux énucléation (volume réséqué/volume prostatique), la vitesse d’énucléation, la durée opératoire, la durée d’hospitalisation et de sondage ainsi que les complications (selon Clavien) durant l’hospitalisation et à 1 mois.


Résultats

Au total, 339 patients ont été inclus dans les groupes contrôle (181), antiagrégant (103) et anticoagulant (55). L’âge et le score ASA étaient significativement plus élevés dans les groupes antiagrégant et anticoagulant. Les durées opératoires et le taux d’énucléation étaient similaires entre les groupes (Tableau 1). En revanche, il existait une différence significative pour tous les critères postopératoires entre le groupe anticoagulant et chacun des deux autres groupes. Par rapport au groupe contrôle, les durées de sondage et d’hospitalisation du groupe anticoagulants étaient près de deux fois supérieures. Le taux de complications postopératoires quadruplait, et les complications hémorragiques per- (2,2 %) et post-hospitalisation (3,9 %) étaient près de dix fois supérieures (29 % et 33 %, p <0,001). En revanche, il n’existait pas de différence significative entre les groupes contrôle et antiagrégant.


Conclusion

Les traitements anticoagulants ont un impact très important sur la durée d’hospitalisation, le temps de sondage ainsi que sur la morbidité immédiate et précoce chez les patients traités par HoLEP.

Impact pronostique des rapports neutrophiles/lymphocytes préopératoire et postopératoire dans le cancer du rein de stade localisé (UroCCR n o  61)
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 817-818


Objectifs

Le rapport neutrophiles/lymphocytes (NLR) est un marqueur établi de l’inflammation systémique et son intérêt comme biomarqueur a été rapporté dans d’autres cancers. Le but de cette étude était d’évaluer la valeur pronostique du NLR pré- et postopératoire dans le cancer du rein de stade localisé et localement avancé. Sa simplicité d’obtention pourrait permettre d’améliorer les recommandations de suivi.


Méthodes

Étude rétrospective monocentrique issue de cas inclus prospectivement après consentement écrit dans la base de données française UroCCR (CNIL DR 2013-206 ; NCT03293563). Nous avons inclus les patients opérés d’un cancer du rein de stade pT1-4N0M0 entre mai 2000 et janvier 2019. Les associations entre les variables cliniques, biologiques, anatomopathologiques et les NLR pré- et postopératoires ont été évaluées en analyses univariées et multivariées. Une analyse de survie sans récidive selon Kaplan–Meier en fonction du NLR pré- et postop a été réalisée.


Résultats

Un total de 789 patients a été inclus. Le suivi moyen sur la cohorte était de 57,5±35 mois et 137 patients ont présenté une récidive locale ou à distance. Le NLR moyen préopératoire était de 4,2±4 dans le groupe récidive vs 2,5±1,7 (p <0,001). Le NLR moyen postopératoire était à 4±2,9 vs 2,7±2,5 (p <0,001). Le NLR moyen à la récidive était de 4,9±3,7.

En analyse multivariée, le NLR préopératoire>2,7 était un facteur de risque indépendant de récidive (OR : 2,9 [1,1–7,8], p =0,034).

Nous avons évalué la survie sans récidive en fonction du NLR et elle était significativement défavorable lorsque le NLR était>2,7 en préopératoire (p <0,001) (Fig. 1).


Conclusion

Le NLR préopératoire>2,7 était significativement associé de façon indépendante au risque de récidive de la maladie. Par ailleurs, le NLR était significativement augmenté à la récidive. Il pourrait donc s’agir d’un biomarqueur, économique et facile d’utilisation.

Impact sur les résultats et les coûts de la mise en œuvre de la cystectomie radicale robotique avec dérivation intracorporelle complète à l’ère de la RAAC
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 716


Objectifs

Nous avons cherché à déterminer l’impact sur les résultats et les coûts de la cystectomie radicale assistée par robot (RARC) avec une diversion intracorporelle complète à l’ère ERAS.


Méthodes

Ont été inclus dans cette étude, 196 patients consécutifs subissant une RC pour un cancer de la vessie avec RAAC entre 2014 et 2019. Des comparaisons ont été faites entre la chirurgie ouverte (ORC) et RARC dans la cohorte globale et après l’analyse appariée. Le critère d’évaluation était l’impact du robot sur les résultats (séjour à l’hôpital, complications, temps opératoire, perte de sang) et les coûts.


Résultats

Au fil du temps, la proportion de RARC est passée de 39,5 % à 60,0 % avec plus de néo-vessie réalisée (p =0,011). Les paramètres périopératoires se sont améliorés de façon continue dans le temps dans la cohorte RARC malgré une proportion accrue de patients plus âgés avec un état de comorbidité plus sévère. Globalement, il y a eu une économie moyenne de 4641 euros par RC en faveur du RARC par rapport aux ORC contemporaines. Après appariement pour l’âge, l’IMC et le statut de comorbidité, les patients RARC avaient un séjour inférieur (p =0,002), des taux de complications inférieurs (26,7 % contre 53,3 %, p =0,016) et une perte de sang moyenne plus faible (p <0,001) que les patients ORC. Le RARC était un facteur de protection indépendant de séjour prolongé (OR : 0,199) et de complication (OR : 0,334). Après l’appariement, le déséquilibre des coûts favorisait l’ORC, avec un coût supplémentaire de 816 euros en cas de RARC avec néo-vessie (Fig. 1).


Conclusion

Cette étude met en évidence la difficulté de comparer les résultats et les coûts entre ORC et RARC en raison de biais de sélection préopératoires favorisant la RARC. Cependant, même après l’appariement, le coût supplémentaire de la RARC a été bien contrebalancé par des améliorations des résultats et une réduction des coûts postopératoires par rapport à l’ORC, en particulier lorsqu’une néo-vessie orthotopique a été réalisée.

Implant pénien hydraulique ZSI 475 (Zephyr surgical implants®) pour les phalloplasties des hommes transgenres (FTM) : résultats préliminaires
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 814


Objectifs

Un nouvel implant pénien hydraulique, ZSI 475 (Zephyr Surgical implants®) a été développé spécifiquement pour répondre à l’anatomie des phalloplasties. Il est composé d’un cylindre unique se terminant en forme de gland, d’une plaque de fixation sur le pubis et d’une pompe en forme de testicule. L’objectif était de rapporter les résultats préliminaires avec ce dispositif chez les hommes transgenres (FtM).


Méthodes

De janvier 2019 à janvier 2020, 9 personnes FtM ont eu la pose de 11 implants péniens ZSI 475. Les complications postopératoires étaient rapportées selon la classification de Clavien–Dindo, les grades>2 étaient considérés comme des complications majeures. La fonction sexuelle des patients était évaluée par l’International Index of Erectile Fonction (IIEF-15), celle du partenaire par l’Index of Sexual Life (ISF).

Une analyse complémentaire sur la satisfaction esthétique, fonctionnelle du dispositif a été menée en utilisant pour chaque réponse une échelle à 5 points de Likert.


Résultats

Les patients avaient principalement eu une phalloplastie par lambeau inguinal (89 %). Il y a eu 7 complications majeures, dont 4 érosions distales du cylindre, 2 pannes mécaniques, 1 hypermobilité distale du gland. Le nombre moyen d’interventions par patient était de 1,8 (min 1 ; max 4). En postopératoire précoce, 2 patients ont présenté des douleurs en regard du pubis spontanément résolutives. Après un suivi de 7,4 mois [±4,7], 5 patients (55,5 %) avaient un implant fonctionnel. La moyenne d’utilisation était de 2,2 par semaine (min 1, max 5) ; le score IIEF-15 était de 52/70 (min 23 ; max 67) et le score ISF de la partenaire à 37,2/50 (min 24 ; max 45). L’aspect esthétique et fonctionnel que procure cet implant était considéré comme satisfaisant par 4 patients (80 %).


Conclusion

La pose d’implant pénien hydraulique ZSI 475 pour les phalloplasties, reste technique et sujet à des complications. Néanmoins, ces résultats préliminaires sur la fonction sexuelle du patient et de leur partenaire ainsi que sur la satisfaction esthétique et fonctionnelle nous incitent à continuer d’implanter ce dispositif.

Implantation robot-assistée du sphincter artificiel urinaire AMS-800 chez la femme : une série multicentrique internationale de 125 patientes
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 754


Objectifs

La voie robot-assistée a récemment été décrite pour l’implantation du sphincter artificiel urinaire (SAU) chez la femme pour tenter de diminuer la morbidité périopératoire. L’objectif de cette étude était de rapporter les résultats périopératoires et fonctionnelles de la première série multicentrique internationale de sphincter artificiel urinaire robot-assistée.


Méthodes

Toutes les patientes ayant eu une implantation robot-assistée d’un SAU en utilisant une technique standardisée (voie antérieure) entre 2013 et 2020 dans quinze institutions européennes ont été incluses dans une étude rétrospective. L’indication du SAU était une incontinence urinaire d’effort par insuffisance sphinctérienne définie comme la combinaison d’une faible pression de clôture urétrale et un urètre peu mobile/figé. Le principal critère d’évaluation était le résultat fonctionnel classé comme sec (aucune protection), amélioré ou inchangé.


Résultats

Cent vingt-cinq patientes ont été incluses. Les caractéristiques des patientes sont résumées dans le Tableau 1. Il y a eu 20 complications peropératoires (16 %) : 12 plaies du col vésical et huit plaie vaginales. Dans un cas de plaies multiples du col vésical, l’intervention a été interrompue mais elle a été poursuivie dans tous les autres cas. Vingt-deux patientes ont eu une complication postopératoire (17,6 %) mais seulement quatre étaient Clavien≥3 (3,2 %) : trois explantations précoces (2 pour érosion vaginale et une pour infection) et une réintervention pour fistule vésicale. Après un suivi moyen de 13 mois, il y a eu 7 explantations (4,1 %) : les 3 précoces rapportées ci-dessus, une pour rétention chronique d’urine et trois pour érosions tardives (2 vaginales et une urétrale). Au dernier suivi, 101 patientes étaient sèches (80,8 %), 11 étaient améliorées (8,8 %) et 13 étaient inchangées (10,4 %).


Conclusion

Cette série est la première série multicentrique internationale évaluant les Résultats de l’implantation du SAU chez la femme par voie robot-assistée selon une technique standardisée. Cette étude confirme les résultats périopératoires et fonctionnels prometteurs rapportés dans les précédentes séries.

Implantation robot-assistée d’un sphincter artificiel urinaire ams 800 chez les patientes neurologique après entérocystoplastie d’agrandissement et cystostomie continente
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 852


Objectifs

Au cours des 5 dernières années, l’implantation du sphincter artificiel urinaire (SAU) chez la femme par voie robot-assistée s’est largement développé. La faisabilité de cette intervention reste toutefois à démontrer dans certains cas complexes qui pourraient rester des indications d’implantation ouverte. L’objectif de cette vidéo était de présenter un cas d’implantation robot-assistée d’un sphincter artificiel urinaire AMS 800 chez les patientes neurologique après entérocystoplastie d’agrandissement et cystostomie continente.


Méthodes

Nous présentons le cas d’une patiente de 29 ans aux antécédents de myelomeningocele, ayant eu dans l’enfance une enterocystoplastie d’agrandissement associée à une cystostomie continente de type Mitrofanoff en fosse iliaque droite. Elle consulte pour incontinence urinaire d’effort sévère (pad test=390g/24h) par insuffisance sphinctérienne. Deux solutions chirurgicales lui ont été proposées : bandelette aponévrotique pubovaginale et SAU. Elle opte pour un SAU dont l’implantation est programmée par voie robot-assistée.


Résultats

La patiente est positionnée en Tredelenburg à 23°. On réalise un abord laparoscopique transpéritonéal en disposant les trocarts sur la ligne ombilical, cranialement au mitrofanoff avec à droite, un trocart de part et d’autre du trajet de cystostomie continente. Le robot Da Vinc Xi est amarré latéralement. Un sondage est effectué pour repérer le Mitrofanoff. Après une adhésiolyse prudente et étendue, en prenant soin de remplir la vessie à l’aide d’une sonde pour repérer ses contours, on atteint le fascia endopelvien de part et d’autre du col. Un passage est crée à droite du conduit de Mitrofanoff pour permettre le passage d’une prograsp pour la dissection du cul de sac vaginal Passage du mesureur et mise en place ensuite d’une manchette de 75mm.


Conclusion

La voie d’abord robot-assistée pourrait s’appliquer même au cas complexe pour l’implantation du SAU chez la femme et diminuer la morbidité de cette intervention y compris dans cette population.

Incrustation, biodégradation et fracture des sondes urétérales: à propos de 15 cas
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 763-764


Objectifs

La sonde urétrale double J (SU) est un outil couramment utilisé en urologie pour le drainage et dans la gestion des fuites urinaires. L’incrustation de celle-ci est une complication grave entraînant une ablation parfois laborieuse non dénuée de risques. L’objectif de cette étude est de décrire les facteurs de risques, complications et la PEC SU négligées dans notre contexte.


Méthodes

Nous rapportons une étude rétrospective unicentrique menée du 02/2017 au 17/02/2020 incluant tous les patients opérés d’une montée de SU négligée. Les données recueillies étaient: l’âge, le sexe, le délai de port la SU, le biomatériau utilisé, complications, imagerie (Fig. 1) le traitement et l’évolution. La classification des SU oubliées, incrustées et calcifiées a été utilisé pour apprécier le degré d’incrustation.


Résultats

Quinze cas répertorié soit 0,007 des patients opérés d’une SU, dont 12 hommes et 3 femmes (ratio F/M à 0,25). L’âge moyen 54,5 ans. Dans 86,7 % l’indication de la pose de la SU était la lithiase urinaire. Soixante pour cent de nos patients se disaient non informée de la SU. Le délai moyen de port de la SU in situ était de 12,9 mois. L’incrustation représentait 100 % des complications dont 33,3 % grade III. L’incrustation–calcification de la SU représentait 66,7 % des cas suivi de l’association incrustation–fragmentation–calcification dans 20 % de cas. Dans 53,3 % des calcifications intéressant la SU polyuréthane (PU-R/PU, PU-S) et 13,3 % de celles-ci s’observaient chez les patients porteurs de stent depuis 8 mois. Deux cas (13,4 %) d’incrustation–biodégradation de la SU PU-R/PU ont été retrouvés à 36 mois de la port in situ. L’ablation de la SU a été faite par l’urétéro-rénoscopie laser dans 83 % cas. Les suites opératoires étaient simples (Fig. 1).


Conclusion

La lithiase urinaire, le délai de port in situ de la SU et l’information sur la SU sont des principaux facteurs impliqués dans ce phénomène. D’où l’intérêt, d’une part, de bien informer les patients sur les risques liés à la présence de la SU et de la nécessité d’une ablation ou changement. D’autre part, éviter un temps de drainage important.

Index des auteurs
2020
- Index des auteurs
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 856-864


Infections urinaires post-urétéroscopie : influence du mode d’élimination urinaire dans la population neurologique
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 707-708


Objectifs

Évaluer les conséquences du mode d’élimination urinaire sur le taux d’infection urinaire post-urétéroscopie au sein de la population neurologique.


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective monocentrique. Tous les patients neurologiques ayant eu un geste d’urétéroscopie (rigide ou souple) entre janvier 2013 et mai 2019 étaient éligibles. Les patients étaient séparés en deux groupes distincts en fonction du mode d’élimination urinaire : dérivation urinaire non-continente (DUNC) et vessie native (VN). Le critère de jugement principal était la fréquence des infections urinaires fébriles survenant dans les 3jours suivant le geste d’urétéroscopie. Les critères de jugements secondaires comprenaient la sévérité de l’infection urinaire postopératoire et la description des profils microbiologiques (ECBU) pré-, per- et postopératoires pour les deux groupes.


Résultats

Pendant la période d’inclusion, 106 procédures étaient réalisées chez 49 patients. Vingt-neuf patients avaient une DUNC et 20 patients avaient une VN. L’âge moyen était respectivement de 42,5 ans (±12,6) et de 49,8 ans (±13,2) dans les groupes DUNC et VN. Le taux d’infection urinaire postopératoire était plus élevé dans le groupe DUNC, sans que la significativité statistique ne soit atteinte (21,7 % vs 13,3 % ; p =0,26). Le taux d’infection urinaire postopératoire associée à un sepsis sévère était comparable entre les deux groupes (6 % vs 8,3 % ; p =0,35). Les données microbiologiques pré-, per- et postopératoires étaient disponibles pour 96 procédures. L’ECBU intra-pyélique peropératoire était plus souvent positif (41,9 % vs 22,6 %) dans le groupe DUNC. En revanche, parmi les ECBU positifs peropératoires, le taux de bactéries multirésistantes (BMR) était significativement plus bas dans le groupe DUNC (27,8 %, vs 81,8 % ; p =0,031) (Tableau 1, Tableau 2, Tableau 3).


Conclusion

Au sein de la population neurologique, la présence d’une DUNC semble exposer les patients à un risque plus élevé d’infection urinaire post-urétéroscopie, en lien avec un ECBU peropératoire plus souvent positif.

Insertion d’un stent urétéral thermo-expansible pour le traitement d’une sténose urétérale : première expérience au Maroc
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 850-851


Objectifs

Le stent urétéral est un outil indispensable dans les soins urologiques contemporains aux patients. Il est devenu un dispositif de première ligne pour le maintien de la perméabilité urétérale en post-opératoire et en cas de rétrécissement urétéral. Malgré leur utilisation répandue, ces endoprothèse sont associés à de multiples complications. Le stent métallique est un instrument efficace que nous avons utilisé pour la première fois au Maroc dans le traitement de notre patient ayant eu une sténose urétérale après urétéroscopie pour calcul urétéral.


Méthodes

Nous rapportons le cas d’un patient de 28 ans qui a consulté pour une douleur lombaire et dont l’uroscanner a montré une sténose urétérale de 1cm de longueur. Nous avons utilisé un nouveau stent en maille métallique à double couche et auto-extensible (Uventa Stent) pour maintenir la perméabilité urétérale.


Résultats

Une antibioprophylaxie a été réalisée 12heures avant la procédure. L’urétéroscopie exploratrice a objectivé la sténose au niveau lombaire. Une pyélographie rétrograde a permi identifier la forme, le niveau et la longueur du segment urétéral obstrué (Figure 1), puis mise en place guide de 0,035 pouce avec un revêtement hydrophile. L’insertion du stent a été faite sous contrôle scopique (Figure 2). L’urétéroscopie a permis le contrôle du bon positionnement du stent (Figure 3). Les suites post-opératoire étaient simples, absence de douleur lombaire, examen cytobactériologique des urines était stérile à J15.


Conclusion

Le résultat à court terme de l’utilisation d’un stent thermo-expansible pour le traitement de la sténose urétérale pour notre patient montre qu’il s’agit d’une procédure mini-invasive efficace et reproductible. Cependant, une étude à long terme semble nécessaire pour une meilleure évaluation.

Instauration du traitement adjuvant endovésical par épirubicine des tumeurs de vessie n’infiltrant pas le muscle : premier retour national d’expérience du CCAFU vessie
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 830


Objectifs

La mitomycine C est le traitement adjuvant intravésical de référence des TVNIM de risque intermédiaire.

Des tensions d’approvisionnement en mitomycine ont vu le jour en France depuis la fin de 2019.

L’ANSM a proposé d’utiliser l’épirubicine, disponible dans d’autres pays européens.

L’objectif de notre étude était de rapporter l’expérience initiale française de l’utilisation de l’épirubicine en traitement adjuvant des TVNIM.


Méthodes

Une étude rétrospective descriptive multicentrique française a permis de colliger, auprès des centres des membres du CCAFU vessie, les données clinicopathologiques des patients, les indications, les modalités d’utilisation (dose, indication, circuit à la pharmacie) et les données de tolérance de l’épirubicine.

L’impact de l’épidémie de COVID-19 sur les interruptions de traitement a également été recensé.

Sur les 20 centres contactés, 5 (25 %) ont instauré le protocole d’administration de l’épirubicine élaboré par le sous-comité vessie du CCAFU.

Au total, 61 patients ont été traités par instillations endovésicales d’épirubicine entre novembre 2019 et mai 2020 pour une TVNIM à la dose unique de 50mg.


Résultats

Au total, 61 patients (âge moyen 68,7 ans, 64–77 ans) ont été traités dont 45 (73,8 %) étaient des hommes.

Les patients présentaient une TVNIM de risque intermédiaire pour 86,9 % (13,1 % haut risque).

Un traitement d’induction sans/avec entretien était prévu pour 48 (78,7 %) et 13 patients (21,3 %), respectivement.

La préparation et l’administration de l’épirubicine étaient semblables à la mitomycine : préparation en pharmacie centrale, délivrance le jour de l’instillation en consultation sans alcalinisation urinaire.

Sur les 498 instillations totales programmées, 345 ont été réalisées (69,3 %).

L’épidémie de COVID-19 a considérablement impacté la délivrance d’épirubicine : un patient n’a pas pu démarrer son traitement (1,6 %), 8 patients (13,1 %) ont dû l’interrompre définitivement ; le reste des patients ont subi des instillations décalées (18 %).

Les autres causes d’arrêt comprenaient des complications infectieuses (9,8 %).

Aucune toxicité majeure n’a été déplorée.


Conclusion

La mise en place d’un protocole de traitement adjuvant par épirubicine a présenté une bonne faisabilité avec une faible toxicité, sans modifier l’organisation du parcours de soin du patient.

Dans le contexte actuel de pénurie de mitomycine de durée indéterminée, l’épirubicine représente une bonne alternative thérapeutique dans le traitement adjuvant endovésical des TVNIM de risque intermédiaire.

Intérêt de drainage des cavités rénales avant la scintigraphie rénale au DMSA (acide 2,3-dimercaptosuccinique) : résultats préliminaires
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 764


Objectifs

Devant une hydronéphrose, la décision de conserver ou de faire la néphrectomie dépend en grande partie aux données de la scintigraphie rénale. Or, dans notre pratique un drainage préalable des cavités rénales est la règle. En effet, est-il vraiment un intérêt à ce drainage avant une scintigraphie rénale au DMSA ?


Méthodes

Il s’agit d’une étude qui colligeait 28 patients traités pour une hydronéphrose entre janvier 2018 et juin 2020. L’âge moyen est de 41,17±14,02 ans. Tous les patients étaient l’objet de scintigraphie rénale au DMSA avant et après le drainage des cavités rénales. Chez 16 patients la fonction rénale était<10 %, et initialement un drainage a été fait par sonde double J pour tous les patients. Par la suite, une réévaluation systématique à 3 mois avec la scintigraphie rénale au DMSA.


Résultats

On a distingué 2 groupes :

– groupe A : 12 patients avec une fonction rénale avant le drainage ≥10 % dont :

– +6 patients parmi eux qu’ont amélioré significativement (>10 %) la fonction rénale après le drainage,

– +4 patients ont aggravé la fonction rénale après drainage,

– +2 patients avaient une amélioration non significative (<10 %) de la fonction rénale après le drainage ;

– groupe B : 14 patients avec une fonction rénale<10 % et sans amélioration significative après le drainage (Fig. 1).


Conclusion

Selon nos résultats préliminaires, les patients avec hydronéphrose et une fonction rénale initiale<10 % à la scintigraphie rénale au DMSA peuvent subir d’emblée la néphrectomie sans recours au drainage. Ce résultat est en cours de discussion et pas un dogme à appliquer.

Intérêt de l’appel infirmier du lendemain dans les protocoles de réhabilitation améliorée après chirurgie (RAAC) en chirurgie robot-assistée du rein
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 752


Objectifs

Les protocoles de réhabilitation améliorée après chirurgie (RAAC) en chirurgie robot-assistée rénale ont permis d’optimiser la prise en charge des patients. L’appel du lendemain par l’infirmière de coordination sert à vérifier que le retour à domicile s’est effectué dans de bonnes conditions et détecter précocement des complications postopératoires. L’objectif de cette étude est d’évaluer l’intérêt de l’appel et ses conséquences dans le suivi du patient.


Méthodes

Il s’agit d’une étude préliminaire et rétrospective. Tous les patients consécutifs opérés d’une néphrectomie (partielle ou totale) ou d’une néphro-urétérectomie robot-assistée depuis septembre 2018 ont été inclus. Les patients ont tous bénéficié du protocole RAAC en vigueur dans le service incluant un appel à j1 de la sortie. Les principaux critères de jugement étaient le taux d’appel du médecin à l’issue de l’entretien téléphonique, le taux d’appel du médecin à 1 mois de la sortie et le taux de réhospitalisation à 1 mois.


Résultats

Soixante patients ont été inclus. L’âge médian était de 61 ans (29–80). Quarante-sept (78 %) patients ont été opéré d’une tumorectomie, 12 (20 %) d’une néphrectomie élargie et 1 (2 %) d’une néphro-urétérectomie. La durée moyenne de séjour était de 2jours. Cinquante-huit (97 %) des patients ont répondu à l’appel. Parmi les répondants, tous avaient repris une alimentation, 55 (95 %) un transit, 44 (76 %) n’avaient pas ou peu de douleurs, 10 (18 %) présentaient des nausées et aucun n’avait de la fièvre. Seuls 5 patients (8 %) ont nécessité une mise en relation avec un médecin et il ne s’agissait dans ces situations que de complications mineures Clavien 1. Parmi les 58 répondants, 3 (5 %) ont rappelé un médecin et 5 (8 %) ont été ré-hospitalisés dans les 30jours postopératoires, à distance de l’appel infirmier.


Conclusion

L’appel du lendemain par l’infirmière de coordination, peut être en raison de la précocité de cet appel, n’a pas abouti au diagnostic de complications graves après chirurgie du rein robot-assistée. Sa suppression pourrait être discutée pour concentrer ce temps sur la phase préopératoire déterminante dans la prise en charge des patients en protocole RAAC.

Intérêt d’un second look en lumière bleue après une primo-résection transurétrale de vessie en lumière bleue macroscopiquement complète
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 831-832


Objectifs

Évaluer le taux de tumeur résiduelle lors d’une résection transurétrale de vessie (RTUV) de second look en lumière bleue après une primo-résection avec diagnostic photodynamique macroscopiquement complète d’une tumeur de vessie non infiltrant le muscle (TVNIM) à haut risque.


Méthodes

Étude monocentrique rétrospective incluant tous les patients avec une TVNIM à haut risque (T1 et/ou CIS et/ou haut grade) ayant eu une primo-résection complète en lumière bleue entre janvier 2014 et mai 2020. Une seconde RTUV en lumière bleue après une instillation endovésicale d’acide hexaminolaevulinique était réalisée dans un délai de 4 à 6 semaines suivant la première résection. Les critères d’exclusion étaient : primo-résection incomplète ou effectuée sans lumière bleue, tumeur intra-diverticulaire et tumeur de la voie excrétrice supérieure synchrone. Le critère de jugement principal était l’existence de tumeur résiduelle lors de la résection second look , confirmé par l’analyse anatomopathologique.


Résultats

Un total de 107 patients (âge médian : 73 ans, 80 % d’hommes) ont été inclus après une primo-résection complète en lumière bleue. Les indications d’une RTUV second look étaient : muscle non vu (n =12 ; 11,2 %), tumeur T1 (n =67 ; 62,6 %), CIS (n =18 ; 16,8 %) et tumeur de haut grade multifocale (n =10 ; 9,4 %). Le délai médian entre la première et seconde RTUV était de 8 (6–10) semaines. Le taux de tumeur résiduelle lors de la résection second look était de 61,6 % (n =66) incluant 34 cas de CIS dont 9 CIS de novo, 19 tumeurs T1, 15 tumeurs pTa et 5 tumeurs de vessie infiltrant le muscle (TVIM).


Conclusion

Le taux de tumeur résiduelle lors de la RTUV second look en lumière bleue après une primo-résection en lumière bleue était de 61,6 %. La résection second look semble toujours indiquée malgré l’utilisation du diagnostic photodynamique lors de la primo-résection.