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Sommaire :

Effet de l’arrêt cardiaque récupéré chez le donneur décédé de mort encéphalique sur la reprise de fonction du greffon rénal
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 720


Objectifs

L’arrêt cardiaque récupéré (ACR) du donneur décédé de mort encéphalique (DDME) est responsable d’une ischémie rénale précédant le prélèvement et la transplantation, cependant l’ACR n’est pas associé à un pronostic fonctionnel défavorable des transplantations issues de DDME.

L’objectif de cette étude est d’identifier des facteurs de risque de reprise retardée de fonction (RRF) spécifiques aux DDME avec ACR.


Méthodes

Sur les 6266 transplantations à partir de DDME de la base de données CRISTAL entre 2015 et 2017, 1760 proviennent de DDME ayant présentés un ACR. Nous avons extrait les caractéristiques des donneurs et des receveurs à partir de CRISTAL, le délai entre l’ACR et le clampage aortique, la durée de low-flow et no-flow ont été codées en double lecture à partir des commentaires libres de la base.

Nous avons exclu les donneurs sous assistance circulatoire, les ACR multiples et les greffes préemptives chez les receveurs.

Nous avons étudié l’association des variables avec la RRF incluant la non-fonction primaire (NFP) chez les DDME avec ACR.


Résultats

Au total, 1475 greffes rénales issues de donneurs DDME avec ACR ont été incluses.

L’âge moyen des donneurs était de 49,9 ans, 56,7 % étaient des hommes. Les durées moyennes de no-flow et low-flow ont été 7,5minutes et 23,5minutes respectivement. Le délai moyen entre ACR et prélèvement était de 3,3jours. Le taux de RRF était de 31,7 %, dont 2,7 % de NFP.

En analyse univariée, il n’avait pas de différence significative entre les patients avec ou sans RRF sur la durée du low-flow et du no-flow .

Le délai entre l’ACR et le prélèvement chez les patients avec RRF était de 3,4jours contre 3,2jours chez les patients sans RRF (p =0,08) avec une distribution de cette variable différente en fonction du critère RRF dans notre population (Fig. 1).


Conclusion

Bien que la survenue d’un ACR ne constitue pas un sur-risque de RRF chez les DDME, des paramètres spécifiques à cette situation pourraient affecter la fonction du greffon. La durée de conditionnement du donneur entre ACR et prélèvement pourrait modifier le risque de RRF. Une analyse multivariée doit être effectuée pour préciser les facteurs de risque spécifiques à cette population.

Efficacité à 5 ans du traitement des cancers de la prostate cliniquement significatifs par hémi-ablation HIFU
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 836-837


Objectifs

Les traitements focaux du cancer de la prostate (CaP) ne sont pas encore recommandés en routine et sont réalisés dans le cadre d’essais cliniques. L’objectif de cette étude était de rapporter les résultats oncologiques à moyen terme (>5 ans) du traitement par hémi-ablation HIFU chez des patients présentant un CaP localisé cliniquement significatif et des traitements de rattrapages nécessaires.


Méthodes

Étude rétrospective unicentrique sur 81 patients avec CaP cliniquement significatif (ISUP 2 ou ISUP1+MCCL>5mm ou visible à l’IRM), unilatéral ou présence d’un micro-foyer controlatéral, postérieur et à plus de 6mm de l’apex. Traitement : hémi-ablation HIFU. Le suivi consistait en une IRM+biopsies per protocole à 1 an puis IRM+biopsies pour cause en cas d’élévation suspecte du PSA (PSAV>0,5ng/mL/an). Le suivi minimum était d’un an. Le critère de jugement principal était la survie sans récidive de CaP cliniquement significatif dans la zone traitée. Les critères de jugement secondaires étaient la survie sans traitement glande entière, le taux de patients sans métastase, la survie spécifique et globale à 5 ans.


Résultats

Les patients inclus avaient un âge médian de 65 ans (60–69), un PSA médian à l’inclusion de 6,3ng/mL (4,8–8), un volume prostatique médian de 43cm3 (32–60). La lésion était visible à l’IRM dans 88 % (IC95 % : 81–95) des cas. Trente-six patients (44 %) avaient un CaP de GG1 et 45 (56 %) un CaP de GG2. Après un suivi médian de 63 mois (30–81), la survie sans récidive cliniquement significative dans la zone traitée était de 94 % (IC95 % : 86–98) à 1 an, 76 % (IC95 % : 63–85) à 3 ans et 67 % (IC95 % : 52–78) à 5 ans. La survie sans traitement glande entière était de 100 % à 1 an, 83 % (IC95 % : 71–91) à 3 ans et 68 % (IC95 % : 53–79) à 5 ans. À 5 ans, le taux de patients sans métastase, la survie spécifique, et la survie globale étaient respectivement 99 % (IC95 % : 96–100), 100 % et 99 % (IC95 % : 96–100) (Fig. 1, Fig. 2).


Conclusion

Le traitement focal par hémi-ablation HIFU du CaP cliniquement significatif est efficace avec un taux de récidive cliniquement significative en zone traitée à 5 ans de 67 %. Les taux très faibles d’apparitions de métastases ou de décès spécifiques à moyen terme semblent rassurants pour proposer ce traitement aux patients qui doivent être informés sur le risque de récidive.

Efficacité de l’enzalutamide (ENZA) + traitement par suppression androgénique (TSA) dans le cancer de la prostate hormonosensible métastatique (mHSPC) en fonction de la localisation des métastases : analyses post-hoc de l’étude ARCHES
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 745


Objectifs

ENZA+TSA a considérablement réduit le risque de progression radiologique chez les hommes atteints de mHSPC (NCT02677896). L’objectif est ici d’évaluer dans quelle mesure la localisation des métastases affecte l’efficacité d’ENZA+TSA chez les patients inclus dans l’étude ARCHES.


Méthodes

Les patients mHSPC ont été randomisés selon un rapport 1 :1 pour recevoir ENZA (160mg/jour)+TSA ou du placebo (PBO)+TSA, avec une stratification selon le volume métastatique et le recours antérieur à un traitement par docétaxel. Le critère principal était la survie sans progression radiologique (rPFS). Les critères secondaires comprenaient le temps jusqu’à progression de l’antigène spécifique de la prostate (PSA), le temps jusqu’au premier événement osseux symptomatique (SSE), le temps jusqu’à résistance à la castration et le temps jusqu’à initiation d’un nouveau traitement antinéoplasique. Des analyses post-hoc ont été effectuées selon la localisation des métastases à l’inclusion.


Résultats

Dans la population totale présentant des métastases identifiées lors de la sélection (n =1146), les sous-groupes de patients les plus importants étaient ceux présentant uniquement des métastases osseuses (n =513) et ceux présentant uniquement des métastases osseuses et dans les tissus mous (n =351) ; il y avait moins de patients M0 ou de patients avec des métastases dans les tissus mous seulement (n =154) et de patients avec des métastases viscérales±osseuses (n =128). ENZA+TSA a réduit le risque de progression radiologique ou de décès et d’autres événements liés aux critères secondaires par rapport à PBO+TSA dans tous les sous-groupes, avec une plus grande efficacité relative observée chez les patients sans métastases viscérales (Tableau 1).


Conclusion

ENZA+TSA contribue à l’amélioration de la rPFS et d’autres critères secondaires par rapport au PBO+TSA chez les patients atteints de mHSPC, quelle que soit la localisation des métastases, en particulier chez les patients sans métastases viscérales. Ces Résultats soulignent l’importance de la discussion patient/médecin concernant l’utilisation d’ENZA dans le traitement du mHSPC.

Efficacité et faisabilité de la mini néphrolithotomie percutanée < 15 F (miniNLPC) dans la prise en charge des calculs rénaux complexes en urologie pédiatrique : expérience initiale d’un centre tertiaire d’urologie pédiatrique français
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 706


Objectifs

La chirurgie percutanée est le traitement recommandé des calculs>2cm car elle permet d’obtenir un taux de « stone free » élevé. En France, la chirurgie percutanée pédiatrique reste peu développée notamment du fait d’un taux de complications élevé. La miniNLPC semble réduire le taux de complications. Nous avons voulu rapporter notre expérience concernant la miniNLPC dans la prise en charge des calculs>2cm.


Méthodes

Nous avons analysé de manière prospective toutes les miniNLPC réalisé de mars 2018 à décembre 2019. Tous les patients âgés de moins de 18 ans avec un calcul de plus de 2cm ont été opérés d’une miniNLPC. Le diamètre de travail utilisé était entre 8,5 et 14,5 French. La chirurgie était réalisée en position de Valdivia modifié. Le stone free était considéré comme l’absence de résidu>4mm sur l’imagerie de contrôle à 4 mois de la chirurgie.


Résultats

Huit procédures ont été réalisé chez 6 patients dont 1 patient ayant 2 procédures pour le même rein et 1 patient ayant eu un traitement bilatéral. L’âge moyen était de 8 ans (2 ;18) et le poids moyen de 21,5kg (12 ;36). La taille cumulée moyenne des calculs était de 40,4mm dont 5 calculs coralliformes. Le taux de stone free après une procédure était de 75 % (6/8) après une procédure et de 100 % après 2 procédures. La durée moyenne d’intervention était de 180min (80 ;328). La durée d’hospitalisation moyenne était de 5,4jours et le suivi moyen a été de 17,7 mois. Il y a 2 complications>Clavien 3. Une patiente de 2 ans a présenté un uro-sepsis à j0 (Clavien 4a) puis un abcès rénal (Clavien 3) drainé à j21 (Fig. 1, Fig. 2, Fig. 3).


Conclusion

D’après notre série, la chirurgie percutanée pédiatrique permet d’obtenir un taux élevé de stone free associés à un faible taux de complications malgré des tailles de calculs élevés. Nos résultats sont comparables à ceux de la littérature.

Efficacité et sécurité de la chirurgie de désobstruction prostatique après une rétention aiguë d’urines en échec de désondage
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 768-769


Objectifs

Évaluer l’efficacité et la sécurité de la chirurgie de désobstruction prostatique après une rétention aiguë d’urines (RAU) en échec de désondage.


Méthodes

Étude rétrospective menée dans trois centres urologiques entre janvier 2017 et janvier 2019 incluant les patients ayant eu une chirurgie de désobstruction prostatique dans les suites d’une RAU avec échec du retrait de la sonde vésicale malgré l’utilisation d’un α-bloquant. Les interventions pouvaient être : une résection transurétrale de prostate (RTUP), une photovaporisation de la prostate (PVP), une radio-embolisation des artères prostatiques (PAE), une adénomectomie voie haute (AVH) et une énucléation endoscopique de la prostate. Un antécédent de vessie neurologique, un cancer de prostate ou une sténose urétrale étaient des critères d’exclusion. Le critère de jugement principal était la survie sans récidive de RAU à 12 mois postopératoire.


Résultats

Cent soixante et onze patients consécutifs ont été inclus : âge médian 72 ans (65–80), volume prostatique médian 75 cm3 (56–110). Le nombre médian d’échec de désondage avant chirurgie était de 2 (2–3) et le délai médian entre la RAU et la chirurgie était de 69jours (46–125). Les interventions comprenaient : 48 (28 %) RTUP, 62 (36,3 %) PVP, 21 (12,3 %) énucléations endoscopique, 15 (8,8 %) PAE et 25 (14,6 %) AVH. La survie sans sonde vésicale à 12 mois était de 84,8 %. L’efficacité était comparable entre les techniques sauf les embolisations qui avaient un taux de succès significativement plus faible (46 %, p <0,001). La survenue d’une complication dans les 30jours postopératoires a été rapportée chez 29,8 % des patients. Le taux de complication était comparable entre les techniques sauf les AVH qui ont eu un taux de complications significativement plus élevé (64 %, p =0,002).


Conclusion

La chirurgie prostatique en situation de RAU avec échec de désondage a eu un taux de succès élevé, à 84,8 %, chez des patients sélectionnés. Le choix de la technique chirurgicale doit prendre en compte le volume prostatique, les comorbidités, les préférences du patient, la disponibilité de matériel chirurgical dans chaque centre et l’expérience du chirurgien.

Électroporation irréversible du cancer de la prostate localisé : résultats oncologiques et fonctionnels
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 837


Objectifs

Les thérapies focales sont des techniques récentes permettant de traiter le cancer de la prostate (CaP) localisé de risque faible et intermédiaire tout en limitant les effets secondaires. L’électroporation irréversible (IRE) est une technique basée sur la destruction cellulaire par application d’un courant de haut voltage et faible intensité sans variation thermique. Nous présentons ici les résultats oncologiques et fonctionnels d’une série de patients ayant été traité par d’IRE.


Méthodes

Des hommes présentant un CaP localisé ≤Gleason 7 (3+4), ≤20mm, avec un PSA ≤20ng/mL et naïfs de tout traitement ont été traités par IRE. Une ou deux cibles étaient repérées à l’IRM. Des électrodes étaient introduites par voie transpérinéale sous écho guidage afin d’appliquer des impulsions électriques. Une IRM était réalisée 6 à 9 mois après l’intervention puis annuellement en cas de normalité. En cas de suspicion de récidive, des biopsies ciblées étaient réalisées. Le suivi fonctionnel était basé sur les scores IPSS, QoL et IIEF.


Résultats

Entre mai 2015 et janvier 2019, 63 patients ont été traités. Le suivi médian était de 19,6 mois. Dix-huit (28,6 %) ont récidivé avec un délai médian de 15,1 mois. Treize (20,6 %) patients ont nécessité un traitement de rattrapage. Aucune évolution métastatique et aucun décès n’ont été constatés. Les scores IPSS et QoL étaient améliorés respectivement de −2,74 et −0,79 points (p <0,05). L’IIEF était altéré de −3,0 points (p <0,05). Parmi les patients, 82,8 % ont eu un volume éjaculatoire diminué. Aucune complication Clavien–Dindo ≥4 n’a été constaté.


Conclusion

L’IRE apparaît comme une thérapie efficace, intermédiaire entre la surveillance active et les traitements radicaux, avec un retentissement fonctionnel modéré. En cas de récidive, toutes les thérapies habituelles sont réalisables en tant que traitement de rattrapage. Elle peut s’inscrire dans le cadre d’une surveillance active améliorée, dite « super surveillance active ». Des essais randomisés devraient apporter prochainement un niveau de preuve suffisant afin d’inclure cette technique encore expérimentale dans l’arsenal thérapeutique du CaP localisé.

Enquête nationale sur la pratique de la surveillance active pour cancer de la prostate en Tunisie
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 695-696


Objectifs

La surveillance active (SA) est actuellement recommandée par les sociétés savante comme option thérapeutique pour les cancers de la prostate à faible risque (CPFR), dont l’incidence a augmenté vu l’amélioration des techniques de détection de ce cancer. Vu l’absence de données relatives à la pratique de la SA en Tunisie, une enquête nationale a été réalisée.


Méthodes

Un questionnaire Google Forms a été envoyé à 163 urologues de façon anonyme, comprenant 28 items répartis comme suit : données sociodémographiques des répondants ; les critères d’inclusion et les obstacles pour inclure les patients dans un protocole de SA ; pratique de la SA : les modalités du suivi des patients sous SA et les critères de passage à une autre modalité thérapeutique.


Résultats

Nous avons analysé 74 questionnaires. L’âge moyen était de 45,59 ans avec une expérience moyenne de 16 ans. Devant un CPFR, 95 % des urologues considèrent que la SA ne compromet pas la survie des patients et 51 % préfèrent cette option thérapeutique. Les principaux obstacles à la SA étaient l’anxiété des patients (86 %) et la peur de perdre le malade de vue (75 %). Bien que 78 % % des répondants avaient des patients sous SA, ils représentaient moins de 10 % des patients ayant un CPFR. Les critères d’inclusion et d’arrêt de la SA suivaient globalement les recommandations françaises et européennes (Fig. 1, Fig. 2). L’IRM prostatique était faite par 83,3 % des répondants avant la SA et les biopsies prostatiques n’étaient refaites systématiquement que dans 52,7 % des cas.


Conclusion

Notre enquête montre que malgré les bonnes connaissances des urologues de notre pays sur la SA, cette option n’est proposée que pour un faible nombre de patients ayant une CPFR et le taux de biopsies prostatiques systématique au cours du suivi était assez faible. Des recommandations nationales semblent nécessaires pour codifier et encourager la SA.

Épidémiologie des tumeurs de vessie sur vessie neurologique opérées entre 2010 et 2018 en France : analyse de la base PMSI
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 803


Objectifs

Les tumeurs de vessie (TV) survenant sur vessie neurologique sont peu étudiées. L’analyse de la littérature, ancienne et hétérogène, indique une incidence comparable à la population générale mais une survenue plus précoce, un diagnostic à un stade plus avancé et une mortalité plus importante. Notre objectif était de décrire et d’analyser l’incidence réelle des TV survenues sur vessie neurologique en France de 2010 à 2018.


Méthodes

Une étude rétrospective, de janvier 2010 à décembre 2018 a été réalisée par extraction des données de la base française du Programme de médicalisation des systèmes d’information. Une extraction des séjours des patients atteints d’une des affections neurologiques les plus associées à la survenue d’une vessie neurologique (tétraplégie, paraplégie, SEP et spina bifida) et opérés d’une TV (biopsie, RTUV, cystectomie partielle, cystoprostatectomie totale ou pelvectomie antérieure) a été menée. Tous les séjours de chacun des patients étudiés ont ensuite été chaînés afin de déterminer l’incidence des TV pour chaque étiologie neurologique, leur répartition géographique, le nombre de cystectomies totales secondaires et de décès sur la période.


Résultats

Sur la période étudiée parmi 196 947 995 séjours pour 50 243 847 assurés, 2015 patients neurologiques ont été opérés d’une TV dont 933 patients paraplégiques, 509 patients avec une sclérose en plaques, 491 patients tétraplégiques et 82 patients avec un spina bifida. La répartition géographique brute était inhomogène (0 à Mayotte, 160 en Île-de-France). Le nombre moyen de patients diagnostiqués par an était de 224 (±36), principalement sur une RTUV ou biopsie de vessie à la pince (215±34), plus rarement sur une cystectomie partielle (3±1) ou sur une cystectomie totale (6±4). Parmi les patients diagnostiqués sur RTUV, biopsie de vessie ou cystectomie partielle, 551 ont eu une cystectomie totale par la suite et 613 sont décédés au cours d’une hospitalisation (Fig. 1).


Conclusion

En France, 189 à 295 patients neurologiques par an ont un diagnostic de TV. Le taux de cystectomie totale est de 27 % et la mortalité intra-hospitalière est de 30 %. Ces résultats sous évaluent la proportion de TV infiltrantes, en ne comptabilisant pas celles qui ne sont pas opérées, et la mortalité, en ne comptabilisant que la mortalité intra-hospitalière.

Épidémiologie et parcours de soin des fistules vésicovaginales opérées en France en 2017 à partir de l’analyse du PMSI
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 760-761


Objectifs

Une fistule vésicovaginale (FVV) est une communication congénitale ou acquise entre vessie et vagin. Dans les pays riches, elles sont rares, souvent iatrogènes et responsables d’un fort taux de recours médicolégal. Nous étudions à partir du PMSI leur épidémiologie globale. L’objectif de ce travail était de décrire et d’analyser plus précisément l’incidence, les étiologies et le devenir des FVV survenues en France durant l’année 2017.


Méthodes

Nous avons mené une étude rétrospective(janvier 2017–décembre 2017) par extraction des données de la base française du Programme de Médicalisation des Systèmes d’Information (PMSI) portant sur les séjours des femmes opérées en 2017 d’une fistule vésicovaginale à partir des codes JDSC024-006-002 (fermeture FVV acquise par cœlioscopie, abord vaginal ou laparotomie). Nous avons ensuite étudié en chaînant les séjours de chaque patiente les diagnostics et actes associés survenus durant les 7 années (janvier 2010–décembre 2016) précédant leur intervention afin de déterminer l’étiologie de la FVV et le cheminement jusqu’à la chirurgie.


Résultats

En 2017, 279 patientes d’âge moyen 52,4±14,7 ans ont eu 378 interventions (1,35 intervention/patiente) pour FVV par laparotomie (n =152), voie vaginale (n =150), cœlioscopie (n =72) ou mixte (n =2). La répartition géographique brute était inhomogène (n =1 dans le Gard, n =91 en Île-de-France). Les étiologies étaient postopératoires (n =169), post-obstétricales (n =24), post-traumatique (n =4) ou post-radiothérapie (n =4). Pour 18 patientes, aucune cause n’était retrouvée. La durée moyenne d’hospitalisation pour cure de FVV était de 7,3jours et le délai moyen avant la première cure de 152jours. Dix-neuf patientes ont eu un échec de traitement dont 13 (6 %) pour lesquelles une dérivation cutanée non continente a été nécessaire. Vingt patientes ont eu après la fermeture de la FVV une incontinence urinaire dont 14 (7 %) ont nécessité une intervention secondaire (Fig. 1).


Conclusion

En France, environ 300 patientes/an sont opérées de FVV. Leur prise en charge est complexe avec un long délai avant traitement, un taux important d’échec et de séquelles fonctionnelles (incontinence postopératoire). Une étude clinique de type registre national prospectif serait utile pour affiner notre connaissance des facteurs de risque de survenue, de succès de traitement et les conséquences fonctionnelles postopératoires.

Essai GETUG/AFU-V05 VESPER phase III randomisée de chimiothérapie périopératoire (schéma MVAC dose-dense ou GC) dans le cancer de vessie infiltrant localisé. Résultats sur la toxicité de la chimiothérapie et la réponse histologique
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 715-716


Objectifs

La chimiothérapie néoadjuvante est fortement recommandée pour les patients présentant un carcinome vésical infiltrant le muscle de stade localisé avant cystectomie, néanmoins le schéma optimal de cette chimiothérapie reste à ce jour discuté.


Méthodes

Entre février 2013 et mars 2018, 494 patients (pts) ont été randomisés dans 28 centres français, ils recevaient soit 6 cycles de MVAC dose-dense (dd) toutes les 2 semaines (bras experimental), soit 4 cycles de GC toutes les 3 semaines (bras standard) avant chirurgie (groupe néoadjuvant) ou après chirurgie (groupe adjuvant). L’objectif principal non rapporté dans cette analyse était la survie sans progression à 3 ans. Les objectifs secondaires analysés étaient la toxicité de la chimiothérapie et la réponse anatomopathologique.


Résultats

Dans le groupe néoadjuvant group (218 pts dd-MVAC et 219 pts GC), 60 % ont reçu 6 cycles dans le bras dd-MVAC, 84 % ont reçu 4 cycles dans le bras GC, avec une cystectomie pour 199 pts (91 %) et 198 pts (90 %), respectivement. Une réponse histologique complète (ypT0pN0) était observée respectivement chez 84 pts (42 %) et 71 pts (36 %). De plus, un meilleur contrôle local était rapporté pour le bras dd-MVAC (p =0,02). Une maladie confinée à l’organe (<ypT3pN0) était note respectivement chez 154 pts (77 %) et 124 (63 %) pts (p =0,002). Dans le groupe adjuvant, 40 % ont reçu 6 cycles dans le bras dd-MVAC, 60 % ont reçu 4 cycles dans le bras GC. La majorité des toxicités CTCAE grade ≥ 3 étaient hématologiques, observées pour 125 pts (50 %) dans le bras dd-MVAC et pour 134 pts (54 %) dans le bras GC (p =NS). Les troubles gastro-intestinaux (GI) grade ≥ 3 étaient plus souvent rapportés dans le bras dd-MVAC (p <0.003) tout comme l’asthénie grade ≥3 (p <0,0002). Quatre décès (3 dd-MVAC) sont survenus durant la chimiothérapie (Fig. 1).


Conclusion

L’analyse des objectifs secondaires de VESPER démontre que la toxicité du schéma dd-MVAC est acceptable, mais avec plus d’asthénie et de troubles GI en néoadjuvant que le GC. Par contre, il existait un meilleur contrôle tumoral local dans le bras dd-MVAC.

Essai transfer : étude ancillaire au sein du réseau UROCCR la transmission de savoir de la génération pionnière à la seconde génération accélère-t-elle la courbe d’apprentissage des néphrectomies partielles robot-assistées (RAPN)
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 750-751


Objectifs

La RAPN est une procédure dont les performances à court terme sont évaluées par le trifecta : temps d’ischémie chaude (TIC), complication Clavien–Dindo (CD) et marges chirurgicales positives (MCP). L’objectif principal de cette étude était de comparer les vitesses d’apprentissage entre deux chirurgiens pionniers et trois chirurgiens de seconde génération, pour la RAPN en termes de TIC, CD et MCP.


Méthodes

Les données de 810 RAPN de deux chirurgiens pionniers (groupe 1) et trois chirurgiens de seconde génération (groupe 2) ont été incluses. Il s’agissait de toutes les procédures consécutives par voie transperitoneale robot-assistée, sur deux plateformes robotiques DaVinci® Si puis X. Des données démographiques, opératoires et postopératoires ont été extraites du réseau UroCCR. L’influence de l’expérience était ajustée sur l’âge et le score RENAL. L’influence de l’expérience a aussi été analysée sur trois séquences consécutives de 50, 50 et 60 procédures. Enfin, la vitesse d’apprentissage pour le TIC a été explorée graphiquement par régression polynomiale après splines cubiques.


Résultats

Les scores RENAL étaient plus élevés (7,8 vs 5,7 p <0,001) dans le groupe 1. Les temps d’intervention (178 vs 133min p <0,001) et le TIC (24,7 vs 20min p <0,001) étaient plus élevés dans le groupe 1. La distribution des CD était différente entre les groupes (p <0,001) (Tableau 1), ainsi que le taux de MCP (3,9 % vs 24 % p <0,001). Au cours des 3 séquences le score RENAL était toujours plus élevé dans le groupe 1 ; mais les temps opératoires, le TIC et les pertes sanguines évoluaient en faveur du groupe 2 (Tableau 2). L’expérience avait un impact significatif dans le groupe 2 (OR=0,9, p <0,001), et non dans le groupe 1 (OR=1, p =0,25). La courbe d’apprentissage du TIC montrait une pente plus abrupte dans le groupe 2 autour de 50 procédures (Fig. 1).


Conclusion

L’influence de l’apprentissage sur le TIC et les CD semble plus importante pour la seconde génération, témoignant d’un transfert de connaissance contrairement à l’établissement des standards d’une technique. Ce phénomène ne s’observe pas sur le taux de MCP ni pour les récidives, sous réserve du faible suivi médian. Enfin, 50 procédures semblent marquer une amélioration significative dans le TIC.

Est-il nécessaire d’associer des biopsies systématiques aux biopsies ciblées (« In Bore ») de lésions ayant un score de PIRADS 4 et 5 à l’IRM multiparamétrique ? Notre expérience chez 257 patients
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 741-742


Introduction

L’association de biopsies systématiques aux biopsies ciblées est recommandée chez les patients « biopsies naïves » avec lésions suspectes de cancer prostatique (CP) à l’IRM multiparamétrique (IRMm). L’objectif de notre étude est de présenter notre série de biopsies ciblées réalisées directement sous IRM (in Bore) et de déterminer si l’on peut omettre les biopsies systématiques associées aux biopsies ciblées dans les lésions de score de PIRADS 4 et 5.


Méthodes

Nous avons réalisé une analyse rétrospective de 257 patients ayant subi des biopsies ciblées (BC) et guidées par IRM (« in-bore) entre novembre 2015 et mars 2020. Deux cent quatre-vingt foyers suspects de CP (score de PIRADS 3 et plus) sont biopsiés, dont 37 foyers de score 3, 156 de score 4 et 87 de score 5. Des biopsies randomisées (BR) concomitantes sont pratiquées chez 98 patients dont 12 ayant un score 3 de PIRADS, 72 score 4 et 14 score 5. Les biopsies sont réalisées sous anesthésie locale par un seul radiologue expert en IRM et sous couverture antibiotique, en utilisant un kit spécial « dyna interventional device » et une aiguille « trucut »16g. Nous considérons les CP ayant un score de Gleason 7 comme cliniquement significatifs.


Résultats

La durée moyenne de la procédure est de 19 minutes (15 à 30). Quatre carottes (intervalle interquartile [IIQ] : 2 ;5) sont prélevées en moyenne par patient. Deux cas d’infection urinaire fébrile rapidement résolues sont notés. La répartition des biopsies ciblées est illustrée sur la Fig. 1. Les taux de détection de cancers cliniquement significatifs (CPCS) pour les scores de PIRADS 3, 4 et 5 sont respectivement 10,8 %, 44,2 % et 96,5 %. Le Tableau 1 illustre le taux de détection de cancer et les scores de Gleason en fonction des scores de PIRADS. Vingt et un sur 98 (21,4 %) BR se sont révélées positives et ont permis le diagnostic de CP indétectable par biopsie ciblée chez 3 patients supplémentaires. Sur 87 biopsies ciblées PIRADS-5, 84 sont positives pour un CPCS avec une valeur prédictive positive (VPP) de 96,5 %. Une des trois BC négatives est une prostatite granulomateuse post-BCG, suspectée cliniquement avant la biopsie. Sept des 14 biopsies systématiques sont positives mais sans pour autant modifier le score final de Gleason. Sur 156 biopsies ciblées PIRADS-4, 79 sont positives dont 69 cliniquement significatifs. La VPP des lésions PIRADS-4 pour les cancers cliniquement significatifs est de 44,2 %. Douze sur 72 (16,7 %) BR sont positives dont 3 cliniquement significatifs avec BC négatives. L’ajout des BR a permis aussi faire un « up-grading » de 2 autres cancers détectés par BC. Tous ces résultats sont illustrés sur la Fig. 2.


Conclusion

La réalisation des biopsies prostatiques directement sous IRM (in-bore ) peut être considérée comme technique de référence dans les biopsies prostatiques ciblées. Elle paraît plus précise que les autres techniques de biopsies ciblées, mais plus coûteuse et nécessite un radiologue expérimenté et disponible. D’autre part, la réalisation de BC (in-bore ) sans BR peut être considérée pour les lésions PIRADS-5, avec une VPP de 96,5 % pour les CPCS. Elle permet de prélever un minimum de carottes, réduisant ainsi les complications infectieuses et l’inconfort du patient. Par contre, pour les lésions PIRADS-4, une approche combinée semble meilleure pour diagnostiquer tous les CP.

Étude bicentrique comparative à long terme entre photovaporisation par laser Greenlight et adénomectomie voie haute pour les prostates de plus 80 cm 3
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 825


Objectifs

La photo vaporisation laser (PVP) et l’adénomectomie voie haute (AVH) sont des interventions largement réalisées pour le traitement des symptômes urinaires en rapport avec l’hypertrophie bénigne de prostate (HBP). Néanmoins, les résultats à long terme de ces techniques pour les grosses prostates (>80 cm3) sont rares et débattus. L’objectif de l’étude était de comparer les résultats postopératoires immédiats, à moyen et long terme de la PVP par rapport à l’AVH.


Méthodes

Il s’agit d’une étude bicentrique incluant des hommes traités pour des symptômes urinaires en rapport avec une HBP supérieure à 80 cm3 traités par PVP ou par AVH. Le volume du résidu post-mictionnel (RPM), le débit urinaire maximal (Qmax), l’International Prostate Symptom Score (IPSS) et un score de qualité de vie urinaire (IPSS-Qol) étaient étudiés. Les données étaient recueillies en préopératoire puis à 3 mois, un an et à long terme de manière prospective pour le groupe PVP et rétrospective pour le groupe AVH. Les résultats fonctionnels des deux techniques, les complications selon la classification de Clavien–Dindo ainsi que les réinterventions ont été comparés.


Résultats

Au total, 332 patients ont été opérés de janvier 2004 à décembre 2008 dans le groupe AVH et de janvier 2007 à décembre 2013 dans le groupe PVP. Le suivi médian à long terme était respectivement de 54 mois et 48 mois. À long terme dans le groupe AVH le Qmax était supérieur, le résidu post-mictionnel et l’IPSS-Qol étaient inférieurs avec respectivement 20,6mL/s (±11,4) contre 15,0mL/s (±8,9), 14mL (±31) contre 31mL (±52) et 0,9 (±1,2) contre 1,6 (±1,5) ; p <0,05. L’IPSS était comparable entre les groupes PVP et AVH avec 5,8 (±4,7) contre 5,1 (±4,6) ; p =0,45. À long terme, 14 patients (10,6 %) ont été opérés pour repousse adénomateuse dans le groupe PVP (p <0,001) et aucun dans le groupe AVH (Tableau 1, Tableau 2).


Conclusion

La PVP est une option thérapeutique valide pour les prostates de plus de 80 grammes avec un faible taux de complications mais nécessite plus de réinterventions à long terme. Elle reste l’intervention de choix pour les malades ayant des comorbidités importantes et sous anticoagulants pour lesquelles elle constitue souvent la principale alternative au sondage à demeure.

Étude de cohorte préliminaire sur les ondes de choc basse intensité administrées par le patient lui-même (auto-traitement) pour dysfonction érectile
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 814-815


Objectifs

Les ondes de choc basse intensité furent proposées pour traiter la dysfonction érectile (DE) et consistent en une régénération tissulaire. Le temps passé, l’absence de cotation de l’acte freinent le développement de cette technique d’ordinaire administrée par médecin ou personnel paramédical formé. L’objectif était d’évaluer l’efficacité à 6 mois et la sécurité du traitement réalisé par le patient (auto-traitement) après formation sur dispositif Omnispec ED1000.


Méthodes

Étude monocentrique prospective incluant dix-huit patients de janvier 2018 à mars 2020 consultant pour DE. Antécédents, histoire du trouble sexuel, traitements utilisés et leurs réponses furent répertoriés. Le protocole consistait en douze séances d’auto-traitement réparties sur deux périodes de trois semaines avec application par séance de 300 ondes de choc basse énergie. Ces périodes étaient espacées d’une récupération de trois semaines. L’efficacité du traitement était évaluée par le questionnaire IIEF-5 six mois après la fin du traitement (V1) et les critères de Rosen. Les complications étaient recherchées à chaque visite. Les comparaisons furent effectuées par test-t de Student, p <0,05 considéré comme statistiquement significatif.


Résultats

L’apprentissage puis la réalisation de l’auto-traitement fut très bien perçue par le patient, devenant acteur de sa prise en charge. Aucune complication n’a été relevée, aucun patient n’a présenté de douleur. L’âge moyen était de 61,2 ans (±2,6) avec une ancienneté moyenne de DE de 7,40 (±1,3) ans. Le score moyen d’IIEF était respectivement à l’inclusion et à V1 de : 12,2 IC95 % (9,6–14,8) et 16,3 IC95 % (12,7–19,9). L’augmentation du score IIEF à V1 fut statiquement significative, de 4,1 points (1,4–6,7), p =0,005. Sur le plan clinique, 50 % des patients ont noté une amélioration de la fonction érectile selon les critères de Rosen, principalement dans le groupe DE modérée et DE légère. Dans cette dernière catégorie, deux patients ont été guéris.


Conclusion

Les ondes de choc basse intensité sont un dispositif pouvant être utilisé de manière efficace et sûre en auto-traitement par le patient après une formation adaptée. Cela permettrait d’étendre les indications de cette thérapeutique en facilitant son application au quotidien. Il s’agit d’une étude préliminaire nécessitant une cohorte plus importante pour confirmer ces résultats.

Étude de la détection des néoplasies urologiques chez les patients consultant pour suspicion de cancer du tractus urinaire : résultat d’IDENTIFY étude multicentrique prospective
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 790


Objectifs

L’objectif de notre étude (IDENTIFY) était de déterminer le taux de cancer des voies urinaires de manière contemporaine ainsi que les performances des tests diagnostiques chez des patients ayant une suspicion de cancer urothélial.


Méthodes

Étude prospective, internationale et multicentrique auprès de patients adressés pour cystoscopie en consultation d’urologie. Les données démographiques, cliniques et des tests diagnostiques ont été récoltées. Les taux de prévalence ont été calculés pour chaque sous-type de cancer urologique de même que la performance des tests diagnostiques.


Résultats

Plus de 11 060 patients consultant pour cystoscopie ont été inclus dans 128 hôpitaux de 30 pays (décembre 2017–décembre 2018). Au total, 65 % présentait une hématurie macroscopique (HMa), 29 % une hématurie microscopique (Hmi) et 6 % aucune hématurie (AH). La prévalence du cancer de la vessie (CV) était de 17,7 % globalement ; de 18,1 %, 3,7 % et 26,6 % pour les groupes HMa, Hmi et AH respectivement. On retrouvait une HMa dans 81,5 % des cancers de vessie. La prévalence des tumeurs de la voie excrétrice supérieure (TVES) était de 1 %, du carcinome à cellules rénales de 0,9 % et le cancer de la prostate de 1,2 %. La prévalence du CV et des TVES culminait entre 70 et 79 ans et était plus élevée chez les hommes. Les variables associées de manière significative aux CV comprenaient le type d’hématurie, l’âge, les antécédents de tabagisme, l’anticoagulation, les signes fonctionnels urinaire de la phase de remplissage et plus d’un épisode d’HMa (25,5 %) contre un seul épisode (17,9 %). Les performances diagnostiques de l’échographie et de l’uroscanner sont présentées dans le Tableau 1.


Conclusion

En cas d’hématurie macroscopique, une tumeur de vessie est identifiée dans près d’une cystoscopie sur 5. L’échographie et l’uroscanner ont des performances similaires pour diagnostiquer un cancer de vessie. Ces nouvelles données permettront une approche personnalisée des bilans d’hématurie ainsi que le développement de modèles prédictifs afin optimiser la détection du cancer urothélial.

Étude de phase I évaluant l’administration concomitante de l’atezolizumab à la thérapie trimodale pour patients atteints d’un cancer de vessie localisé infiltrant le muscle
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 714


Objectifs

L’immunothérapie (anti-PDL-1) a montré des réponses rapides et durables dans le cancer de vessie (TVIM) métastatique. Notre objectif était d’évaluer l’innocuité et la tolérabilité de l’atezolizumab (anti-PDL-1) en association avec un traitement trimodal (TMT) chez les patients atteints de TVIM localisée.


Méthodes

Étude prospective monocentrique de phase I non randomisée utilisant un modèle 3+3 chez des patients atteints de TVIM localisée (T2-T4a N0M0) dans le cadre d’un programme de préservation vésicale. Après résection transurétrale d’une tumeur de vessie, les patients ont reçu : une radiothérapie concomitante à une dose fixe de 50Gy en 20 fractions, de la gemcitabine (100mg/m2, IV une fois par semaine×4) et de l’atezolizumab (1200mg IV toutes les 3 semaines×16 cycles). Le critère de jugement principal était le profil d’innocuité/toxicité. Essai clinique : NCT03620435.


Résultats

Entre mai 2018 et mars 2019, 8 patients (6 hommes et 2 femmes) ont été inclus. L’âge médian était de 68 ans (IQR : 60–70) ; 6 patients étaient cT2 et 2 cT3. Les 5 premiers patients ont reçu de l’atezolizumab à 1200mg et 3 d’entre eux ont développé des effets secondaires de grade 3. La dose d’atezolizumab a été réduite à 840mg pour 3 patients supplémentaires. Malgré la réduction de dose d’atezolizumab, l’étude a été interrompue en raison de la présence de deux nouveaux événements indésirables de grade 3. Les événements gastro-intestinaux (GI) étaient la principale toxicité. Aucun effet indésirable de grade 4–5 n’a été observé (Tableau 1).


Conclusion

L’administration concomitante de l’atezolizumab à une radiothérapie hypofractionnée et à la gemcitabine semble être associée à une toxicité gastro-intestinale inacceptable. Ces résultats ne supportent pas cette utilisation concomitante avec une thérapie trimodale pour des patients atteints d’un cancer de vessie localisé infiltrant le muscle.

Étude multicentrique et rétrospective évaluant l’impact des différentes modalités de traitement antibiotique d’une colonisation urinaire avant chirurgie urologique
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 793-794


Objectifs

Selon les recommandations actuelles, toute chirurgie au contact de l’urine nécessite un dépistage et un éventuel traitement de la colonisation urinaire. L’objectif de cette étude était de connaître l’épidémiologie de la colonisation urinaire en France avant chirurgie urologique et d’analyser les modalités de traitement d’une colonisation urinaire avant chirurgie afin de définir des facteurs de risque d’infection postopératoire.


Méthodes

Il s’agit d’une étude multicentrique et rétrospective incluant tous les patients opérés d’une chirurgie urologique nécessitant un dépistage de la colonisation urinaire entre janvier 2016 et aujourd’hui. Les critères de non-inclusions étaient : les patients opérés en urgence, sans ECBU préopératoire ou en cas de chirurgie combinée. Le critère de jugement principal était la survenue d’une complication infectieuse dans les 30jours postopératoires. Les critères de jugement secondaires étaient la survenue d’autres complications non infectieuses ainsi que la survie à 30jours.


Résultats

Nous avons inclus 615 patients dont 144 URSS, 106 RTUV, 71 prostatectomies, 43 PVP et 33 changements de JJ. Sur l’ensemble des ECBU analysés, 72 % étaient négatif, 18 % étaient positifs monomicrobiens, 2 % positifs bimicrobiens, 8 % positifs polymicrobiens. Les 5 micro-organismes les plus souvent rencontrés et leurs profils de résistances sont résumés sur Fig. 1 et dans le Tableau 1. Sur les 28 % d’ECBU positifs, 50 % des patients étaient porteurs de matériel endo-urinaire. En postopératoire l’analyse montre 32 patients avec une complication infectieuse soit 5,2 %. En analyse univariée, il est retrouvé des différences significatives permettant d’identifier des facteurs de risque de complications postopératoires qui sont détaillés dans le Tableau 2. L’augmentation de la durée de traitement antibiotique pour le traitement d’une colonisation urinaire ne diminuait pas le nombre de complications infectieuses postopératoires.


Conclusion

Cette étude multicentrique permet d’appréhender l’épidémiologie de la colonisation urinaire des services d’urologie en France. Ces résultats préliminaires pourraient amener à modifier nos stratégies de traitement des colonisations urinaires avant chirurgie urologique ainsi qu’à repenser les modalités d’antibioprophylaxie peropératoire. La poursuite des inclusions devrait nous permettre de répondre à ces questions fondamentales pour limiter le risque infectieux mais également l’antibiorésistance.

Étude prospective et observationnelle de l’impact du COVID-19 sur la santé mentale et la formation des jeunes chirurgiens en France
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 699-700


Objectifs

Dans le cadre de l’épidémie de COVID-19, les jeunes chirurgiens ont été réquisitionnés pour aider dans les services d’urgence ou de soins intensifs. Notre objectif était d’évaluer l’impact de COVID-19 sur la formation chirurgicale, la charge de travail et la santé mentale des internes et des jeunes chirurgiens en France et de déterminer les facteurs de risque de troubles de la santé mentale.


Méthodes

Il s’agissait d’une étude prospective et observationnelle nationale réalisait par questionnaire informatisé. Ce questionnaire a été envoyé à 1450 internes et jeunes chirurgiens de France de toutes les spécialités des 18 régions de France du 10 avril 2020 au 7 mai 2020. Les symptômes de dépression, d’anxiété et d’insomnie, ont respectivement été évaluées par les versions françaises du PHQ-9, du GAD-7 et de l’ISI. Nous avons effectué une analyse de régression logistique multivariée afin d’identifier les facteurs de risque associés aux troubles de la santé mentale.


Résultats

Nous avons obtenu 1001 réponses (69,0 %). Au total, 364 (36,4 %) étaient de jeunes internes, 332 (33,2 %) des internes de fin de cursus et 305 (30,5 %) CCA/AH. Il y avait 484 hommes (48,4 %) et 517 femmes (51,6 %) ; 4,2 % avaient un test COVID-19 positif. Les équipements de protection individuelle fournis par l’hôpital étaient considérés comme insuffisants par 42,8 % des personnes interrogées ; 47,9 % estimaient que leur hôpital ne les avait pas suffisamment formés à la prise en charge des patients COVID-19 ; 93,5 % ont estimé que l’épidémie de COVID-19 avait un impact négatif sur leur formation. Des symptômes d’anxiété, de dépression et d’insomnie étaient présents respectivement pour 359 (35,9 %), 408 (40,8 %) et 431 (43,1 %) répondants. Notre analyse multivariée a identifié 4 facteurs de risque associés aux symptômes d’anxiété, de dépression et d’insomnie (Fig. 1, Tableau 1, Tableau 2).


Conclusion

Il existe un taux élevé de symptômes d’anxiété, de dépression et d’insomnie dans notre population. Les participants de sexe féminin tout comme les participants ayant une augmentation de leur consommation d’alcool ou de tabac était particulièrement à risque. Ces différents symptômes pourraient être prévenus par une meilleure formation concernant le COVID-19 et une mise à disposition suffisante de matériel de protection.

Étude rétrospective sur l’intérêt d’un traitement concomitant de l’hyperplasie bénigne de prostate lors de l’ablation de calculs de vessie chez les hommes de plus de 50 ans
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 767-768


Objectifs

La formation des calculs de vessie chez l’homme est souvent attribuée à l’hyperplasie bénigne de prostate (HBP). Le traitement du calcul et de l’obstruction sous-vésicale lors de la même intervention est fréquent mais parfois inefficace voire délétère. Notre objectif était d’analyser l’évolution des hommes opérés d’une ablation de calcul de vessie avec ou sans chirurgie concomitante de l’HBP.


Méthodes

Tous les cas d’hommes de plus de 50 ans opérés d’une ablation de calcul vésical dans 2 centres universitaires français entre 2009 et 2018 ont été analysés de façon rétrospective. Les patients présentant une insuffisance rénale terminale, une vessie neurologique ou opérés d’une entérocystoplastie ou d’une prostatectomie radicale étaient exclus. Trois critères binaires de jugement au suivi étaient recensés : complications postopératoires Clavien ≥2 suite à une chirurgie pour calcul et/ou pour HBP concomitante ou secondaire, chirurgie de l’HBP secondairement, nouvelle intervention pour récidive de calcul de vessie.

Un score composite de 0 à 3 était calculé (0=succès aux 3 critères).


Résultats

Cent trente-deux patients ont été inclus, 77 (58 %) ont reçu un traitement chirurgical concomitant de l’HBP (RTUP, laser, ICP ou AVH) et 55 une ablation seule de calcul. Le groupe avec un traitement concomitant avait un volume prostatique moyen supérieur (66mL vs 52mL, p =0,012) et un résidu post-mictionnel plus élevé (119mL vs 51mL, p =0,05). Avec un suivi moyen de 51 mois (écart-type 37 mois), les patients ayant reçu un traitement concomitant étaient moins souvent réopérés pour HBP (8 % vs 45 %, p <0,01, délai moyen 35 mois), avaient plus de complications précoces (48 % vs 26 %, p =0,012) et étaient moins souvent réopérés pour calcul de vessie (8 % vs 42 %, p <0,01). Le score composite était en faveur du traitement concomitant (0,61 vs 1,14, p =0,001).


Conclusion

La chirurgie de l’HBP concomitante à l’ablation d’un calcul de vessie semble apporter un bénéfice concernant les taux de nouvelle intervention pour HBP ou calcul, au prix cependant d’une morbidité postopératoire supérieure. La stratégie thérapeutique d’ablation d’un calcul doit vraisemblablement être décidée au cas par cas.

Étude UROCCR 54 RURANPO : néphrectomie partielle sur rein unique : comparaison des voies ouverte et laparoscopique robot-assistée
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 751-752


Objectifs

La prise en charge d’une tumeur sur rein unique anatomique est un défi chirurgical avec un objectif de résultat impératif à la fois oncologique et fonctionnel. L’objectif de notre étude était de comparer les résultats périopératoires de la chirurgie robot-assisté à ceux de la chirurgie à ciel ouvert dans cette indication.


Méthodes

Nous avons mené une étude multicentrique sur la base de données uro-CCR, 150 patients ont été inclus entre 1988 et 2020. Les données clinicopathologique, pré-, per- et postopératoires ont été analysées de manière rétrospective. L’objectif principal de l’étude était l’étude de la variation du débit de filtration glomérulaire (DFG) calculé selon MDRD à 3, 6, 12 et 24 mois en fonction de la voie d’abord choisie. L’objectif secondaire était la comparaison de l’accomplissement du Trifecta (marges négatives, absence de complications et clampage<25min) en fonction de la voie d’abord.


Résultats

Soixante-huit patients (45 %) ont été inclus dans le groupe robot et 82 patients (55 %) dans le groupe chirurgie ouverte. Les deux groupes étaient comparables pour toutes les données pré-, per- ou postopératoire. Une différence significative était observée sur la durée d’hospitalisation qui était de 5jours pour le groupe robot versus 9jours pour le groupe chirurgie ouverte (p <0,0001). Le DFG à 3, 6, 12 et 24 mois diminuait respectivement de 15,5 %, 11,9 %, 20,3 % et de 20,0 % dans le groupe robot versus 9,6 %, 11 %, 10,9 % et de 16,3 % dans le groupe ouvert sans différence significative entre les deux groupes (p =0,45). Le trifecta était respecté chez 44 % des patients du groupe robot et 40 % du groupe chirurgie ouverte (p =0,78) (Tableau 1, Tableau 2).


Conclusion

Dans notre étude, la voie d’abord ne modifiait ni les résultats oncologiques ni les résultats fonctionnels et permettait une diminution significative de la durée de séjour. La chirurgie laparoscopique robot-assistée est une technique sure et efficace pour la prise en charge des tumeurs rénales sur rein unique anatomique.

Évaluation de la prise en charge des patients sous sondage intermittent propre par les médecins généralistes
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 809-810


Objectifs

Le sondage intermittent propre (SIP) est le mode mictionnel de référence des patients neurologiques en rétention urinaire. Ces patients sont souvent suivis conjointement par un médecin spécialiste et un médecin généraliste qui doit connaître ce mode mictionnel pour assurer un suivi adapté. Notre objectif est d’évaluer les connaissances des médecins généralistes sur le SIP afin de détecter les difficultés rencontrées dans le suivi de ces patients.


Méthodes

Étude prospective observationnelle (questionnaire anonyme en ligne) réalisée auprès de 220 médecins généralistes entre mars et avril 2020. Chaque médecin devait remplir un questionnaire direct, orienté sur la connaissance du SIP. Le questionnaire est composé de 21 questions qui portent sur la définition du SIP, les indications, les modalités de réalisation, les indications d’un examen cytobactériologique des urines et de l’antibiothérapie et les complications de ce mode de drainage. Les données ont été recueillies et analysées grâce au logiciel SPSS 23.0. Les tests statistiques effectués étaient le test Chi2, le test exact bilatéral de Fisher avec un seuil de significativité (p ) fixé à 0,05.


Résultats

Une définition exacte du SIP a été donnée par seulement 18,2 % des médecins. Concernant l’intérêt du SIP, 67,7 % ont répondu qu’il permet de protéger le haut appareil urinaire, 37,7 % permet de prévenir les infections urinaires et 65,5 % qu’il améliore la qualité de vie. Soixante-huit pour cent des médecins ne connaissaient pas la fréquence nécessaire des sondages par jour. Des gants stériles étaient nécessaires pour 57,3 % et un antiseptique pour 56,4 % des médecins. L’infection était considérée comme la principale complication du SIP (86,8 %) et 35,9 % des médecins demandaient un examen cytobactériologique des urines systématique (Fig. 1). Devant une bactériurie asymptomatique, 65,5 % prescrivaient une antibiothérapie. Soixante-dix-sept pour cent des médecins n’ont jamais eu une formation sur le SIP (Fig. 2). Le Tableau 1 résume les variables influençant le taux de bonnes réponses.


Conclusion

Le SIP doit être mieux connu par les médecins généralistes qui assurent le suivi de patients sous ce mode de drainage. Les médecins généralistes ont besoin de formations complémentaires sur le rôle du SIP, ses indications, ces modalités et la conduite à tenir devant une colonisation ou une infection urinaire pour améliorer la prise en charge de ces patients.

Évaluation de la qualité de vie sexuelle des patients opérés d’une urétroplastie pour sténose de l’urètre
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 738


Objectifs

L’urétroplastie pour sténose de l’urètre est une intervention qui peut avoir des séquelles urinaires ou sexuelles. Si le versant urinaire est bien évalué dans la suite de la prise en charge, l’altération de la fonction sexuelle reste sous-évaluée. Notre objectif est de dresser un constat de la fonction sexuelle des patients et de son altération après une ou plusieurs urétroplasties pour sténoses de l’urètre.


Méthodes

Il s’agit d’une étude monocentrique. Nous avons sélectionné les patients de moins de 70 ans qui ont été opérés d’une ou plusieurs urétroplasties pour sténoses de l’urètre entre janvier 2002 et décembre 2019. Après avoir récupéré les données pré- et postopératoire, un entretien téléphonique avec les patients permettait d’évaluer leur fonction sexuelle. Nous avons utilisé l’International Index of Erectile Function (IIEF-5) pour détecter une dysfonction érectile. Les patients étaient interrogés sur les différents moyens utilisés pour traiter une dysfonction érectile et ils pouvaient ensuite ajouter des commentaires sur différents aspects de leur sexualité.


Résultats

Deux cent cinq patients étaient éligibles, 107 (52,2 %) patients ont pu être contacté, 2 patients n’ont pas voulu parler de sexualité au téléphone. L’IIEF-5 retrouvait une dysfonction érectile chez 39 (37,1 %) patients, sévère, modérée ou légère respectivement chez 18 (17,1 %), 10 (9,5 %) et 11 (10,5 %) patients. Cinquante-cinq (52,4 %) patients ne présentaient pas de dysfonction érectile et 11 (10,5 %) patients ne pouvaient pas remplir le questionnaire car ils n’avaient pas eu de rapport lors des 6 derniers mois. Vingt-sept (25,7 %) patients ont utilisé au moins une fois un médicament pour l’érection et 6 (5,7 %) ont déjà eu au moins une injection intracaverneuse. Dix-sept (16,2 %) patients étaient désireux qu’on leur propose un traitement pour améliorer leurs érections. Huit (7,6 %) patients se sont plaint d’éjaculation précoce, 6 (5,7 %) d’une perte de jet lors de l’éjaculation, 5 (4,8 %) d’une éjaculation douloureuse et 2 (1,9 %) d’une érection douloureuse.


Conclusion

La dysfonction érectile est un effet secondaire fréquent qui peut persister après une urétroplastie. Elle reste sous-évaluée dans cette population à risque et son évaluation est primordiale pour pouvoir proposer un traitement adéquat au patient. D’autres effets secondaires peuvent apparaître en postopératoire et altérer la qualité de vie sexuelle, une meilleure information de ceux-ci est nécessaire auprès des patients.

Évaluation de la sensibilité diagnostique des examens complémentaires utiles au diagnostic d’une fistule urétéro-artérielle
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 763


Objectifs

La fistule urétéro-artérielle (FUA) ne doit plus être un diagnostic d’élimination devant une hématurie macroscopique récidivante. Depuis la première publication par Moschcowitz en 1908, aucune étude n’a permis de déterminer l’examen complémentaire idéal et la sensibilité des examens est très variable d’une étude à l’autre. L’objectif de cette étude est d’évaluer la sensibilité diagnostique des examens complémentaires fréquemment utilisés pour le diagnostic de FUA.


Méthodes

Nous avons réalisé une étude rétrospective, observationnelle des patients ayant présenté une FUA dans notre centre depuis 2013. Les données démographiques, antécédents, les facteurs de risque (FDR), les signes cliniques, les examens réalisés, le traitement choisi et les complications ont été extraits. Un risque de première espèce α inférieur à 0,05 a été considéré comme significatif. La comparaison des résultats a été faite à l’aide d’un test de Mann–Whitney Wilcoxonn et un test exact de Fisher. Sur le plan analytique, nous avons calculé la sensibilité des différents examens. Ces dernières ont été comparées entre elle par un coefficient de Kappa.


Résultats

Sept patients ont été inclus dont 4 hommes. L’âge moyen était 70,71 ans. Les FDR sont la chirurgie pelvienne (85,71 %), la présence d’un stent urétéral (71,44 %), et la radiothérapie (42,85 %). Les signes cliniques étaient une hématurie macroscopique (100 %), un saignement urétéral chez 5 patients, une insuffisance rénale chez 5 patients, un choc hémorragique chez 4 patients. Le diagnostic positif a été réalisé par artériographie chez 5 patients et angioscanner chez 3 patients. Un traitement par stent artériel a été réalisé chez 5 patients et chirurgie ouverte chez 2 patients. Une récidive de l’hématurie est apparue chez 3 patients, thrombose de stent chez 1, infection de stent chez 5 patients et 2 patients sont décédés. La sensibilité était de 57,14 % pour l’artériographie et 25 % pour l’angioscanner (33,3 % avec les critères indirects) (Tableau 1, Tableau 2).


Conclusion

L’artériographie est l’examen avec la meilleure sensibilité diagnostique. L’utilisation des critères indirects permet d’augmenter la sensibilité de l’angioscanner, plus facilement accessible en débrouillage et pour éliminer un diagnostic différentiel.

Évaluation de la technique de néphrectomie partielle robotique guidée par l’image et assistée par modélisation 3D (IGRAPN) : étude comparative appariée par score de propension (UroCCR 51)
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 747-748


Objectifs

La néphrectomie partielle est une intervention anatomique aux objectifs fonctionnel et oncologique présentant un risque de complications postopératoires significatif. L’utilisation de la modélisation 3D issue de l’imagerie préopératoire permettrait une meilleure planification chirurgicale ainsi qu’une assistance peropératoire susceptible d’améliorer la qualité du geste. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’apport de cette assistance pour la néphrectomie partielle robot-assistée (NPRA).


Méthodes

Analyse rétrospective de tous les patients traités par NPRA pour tumeur rénale, par trois chirurgiens experts de haut volume exerçant dans des centres académiques. Les données cliniques ont été collectées prospectivement après consentement écrit dans la base de données française UroCCR (CNIL DR 2013–206 ; NCT03293563). Les patients opérés durant la courbe d’apprentissage des chirurgiens experts ont été exclus (100 premières NPRA). Notre cohorte a été divisée en deux groupes : avec modélisation 3D (IGRAPN) réalisée avec Synapse 3D® ou sans. Un score de propension en fonction de l’âge, du DFG préopératoire et du RENAL score a été utilisé pour un appariement 1 : 1 des patients de chaque groupe afin de constituer 2 groupes comparables. Les deux techniques ont été comparées en termes de résultats périopératoires.


Résultats

Ont été inclus 694 cas opérés entre novembre 2013 et mars 2020, formant après appariement 2 groupes de 238 patients. Le diamètre tumoral médian était de 48mm dans le groupe IGRAPN contre 46mm dans le groupe contrôle(cf. Tableau 1) (p =0,16). Le score RENAL médian était de 9 [7 ;10] IQR. Il y avait 49 % de chirurgie sans clampage et 40 % de clampage sélectif dans le groupe 3D contre 92 % de clampage de l’artère rénale dans le groupe contrôle (cf. Tableau 2). Dans le groupe IGRAPN 96 % des marges chirurgicales étaient négatives contre 94 % dans le groupe contrôle (NS). Entre le préopératoire et la sortie d’hospitalisation, le DFG variait de −10,7mL.min−1 dans le groupe IGRAPN contre −12,85mL.min−1 dans le groupe contrôle (p =0,13). Il y avait 2 % de complications Clavien>2 dans le groupe IGRAPN contre 9 % dans le groupe contrôle (p <0,001).


Conclusion

L’assistance par modélisation 3D permet une planification préopératoire ainsi qu’une chirurgie guidée par l’image pour les NPRA qui pourrait diminuer le risque de complications et aider le chirurgien à répondre le mieux possible aux enjeux fonctionnel et oncologique de cette chirurgie, mais également d’en réduire la morbi-mortalité.

Évaluation de l’impact clinique du score de Gleason et de l’envahissement des vésicules séminales retrouvés sur des biopsies prostatiques transpérinéales de mapping réalisées avant curiethérapie de rattrapage
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 772-773


Objectifs

Le score de Gleason sur les biopsies prostatiques réalisées au diagnostic initial est actuellement indispensable pour permettre d’établir le pronostic d’un patient atteint d’un adénocarcinome prostatique. En vue d’un traitement de rattrapage, notamment d’une curiethérapie, la réalisation d’un mapping biopsique peut être nécessaire. Quelle est la valeur pronostique des résultats histologiques retrouvés sur ces biopsies réalisées à distance d’un premier traitement ?


Méthodes

Cinquante-trois patients initialement traités par radiothérapie ou curiethérapie, éligibles pour une curiethérapie de rattrapage, ont été inclus de façon rétrospective et unicentrique de 2007 à 2010. Après confirmation de la récidive locale par un PSA supérieur ou égal au PSA nadir+2ng/mL, une IRM prostatique et un TEP-Choline, des biopsies transpérinéales de mapping ont été exécutées chez tous les patients. Nous avons étudié l’impact des résultats histologiques de ces biopsies sur la survie sans récidive biologique (SSRB) et la survie sans hormonothérapie (SSH) à 5 ans après la curiethérapie de rattrapage. Les critères histologiques retenus étaient l’invasion des vésicules séminales et le Gleason.


Résultats

Parmi les 53 patients inclus, 12 avaient reçu un traitement initial par curiethérapie et 41 par radiothérapie. La durée moyenne entre le traitement initial et la réalisation des biopsies transpérinéales était de 7 ans. Le suivi médian après la curiethérapie de rattrapage était de 29 mois. Trente-deux patients avaient un score de Gleason supérieur ou égal à 4+3 et 21 avaient un score inférieur ou égal à 3+4. Neuf patients avaient un envahissement des vésicules séminales. Nous n’avons pas montré de différence significative sur les survies à 5 ans en fonction du Gleason. La SSRB et SSH à 5 ans étaient significativement inférieures chez les patients avec envahissement des vésicules séminales : SSRB à 20 % en cas d’envahissement versus 39 % sans envahissement et SSH à 28 % versus 49 % (p =0,006) (Fig. 1, Fig. 2, Fig. 3).


Conclusion

Il est difficile d’affirmer le rôle pronostic du score de Gleason des biopsies réalisées à distance d’un premier traitement conservateur. Cependant, l’envahissement des vésicules séminales sur ces biopsies semble un facteur de risque de récidive biologique précoce et pose la question de la pertinence de la curiethérapie de rattrapage chez ces patients pour lesquels pourrait se discuter une prostatectomie.

Évaluation de l’intérêt de la radiomique dans la prédiction du stade et du grade du cancer de la prostate localisé
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 771-772


Objectifs

La radiomique permet d’extraire des données quantitatives géométriques et texturales de l’imagerie médicale. Notre objectif était d’évaluer l’intérêt de la radiomique à partir de l’imagerie par résonance magnétique pour la prédiction du stade et du grade du cancer de la prostate (CaP).


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective unicentrique ayant inclus les patients avec un CaP traités par prostatectomie radicale (PR) entre janvier 2018 et décembre 2019. Une imagerie par résonance magnétique (IRM) 1,5T prostatique préopératoire avait été réalisée. Les lésions suspectes de CaP ont été segmentées et16 caractéristiques radiomiques d’Haralick ont été extraites. Les facteurs prédictifs de stade et grade défavorable sur la pièce de PR, défini par tout pT3-4 et/ou pN1 et/ou de grade (ISUP) ≥3, ont été analysés par un modèle de régression logistique binaire. Les performances prédictives de différents modèles ont été évaluées.


Résultats

Quatre-vingt-un patients ont été analysés. Le Skewness et la Variance, respectivement en séquence T2-w et ADC, étaient significativement associés avec un CaP avec critères défavorables (p =0,02 et p =0,01, respectivement). En analyse multivariée, le pourcentage de grade 4, l’extension extra prostatique à l’IRM, le Skewness en séquence T2 et la variance en ADC étaient des facteurs prédictifs indépendants de CaP de critères histopathologiques défavorables sur la pièce de prostatectomie (OR=1,04, p =0,014 ; OR=8,79, p =0,004, OR=2,78, p =0,05 et OR=1,01, p =0,019 respectivement). Quatre modèles prédictifs à partir de ces données cliniques, d’imagerie, anatomopathologiques et de radiomique ont été définis pour prédire le pronostic pathologique final (AUC=0,61 ; AUC=0,66 ; AUC=0,71 et AUC=0,77 respectivement) (Fig. 1, Fig. 2).


Conclusion

Certains paramètres radiomiques texturaux pourraient être associés aux critères histopathologiques défavorables de CaP et permettre ainsi de mieux le stade et le grade du Cap avant sa prise en charge.

Évaluation des complications et échecs nécessitant réintervention chirurgicale après implantation initiale d’une bandelette transobturatrice pour incontinence urinaire d’effort chez la femme : résultats d’une série rétrospective avec sui...
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 755-756


Objectifs

Peu de données sont disponibles quant aux résultats à long terme de l’implantation des bandelettes sous-urétrales transobturatrices. Dans cette étude, nous avons recherché à évaluer, de manière rétrospective, les incidences et caractéristiques des complications et échecs ayant nécessité réintervention chirurgicale chez des patientes souffrant d’incontinence urinaire d’effort (IUE) traitées par pose de bandelette sous-urétrale transobturatrice « de dedans en dehors ».


Méthodes

Les dossiers médicaux et de facturation hospitalière de toutes les patientes qui ont bénéficié de l’implantation d’une bandelette transobturatrice « de dedans en dehors » dans notre service entre le 1er janvier 2004 et le 31 décembre 2018 ont été évalués à la recherche d’une éventuelle chirurgie ultérieure en relation avec la procédure de pose de bandelette initiale. Les patientes opérées initialement d’une bandelette dans une autre institution ont été exclues de l’étude. Les détails de toutes les réopérations ont été recueillis et colligés durant le 1er trimestre 2020.


Résultats

La cohorte a compris un total de 2293 femmes d’âge médian de 60,1 ans (intervalle interquartile [IIQ] : 50,3–69,8 ans). Une chirurgie de prolapsus concomitante a été réalisée chez 380 patientes (16,6 %). Après un suivi médian de 10,4 ans (IIQ : 6,6–13,2 ans), 65 patientes (2,83 %) ont subi au moins une chirurgie additionnelle après pose initiale de la bandelette. Parmi celles-ci, 23 ont subi≥2 procédures supplémentaires. En raison d’une obstruction infra-vésicale, 9 (0,39 %) patientes ont subi un abaissement ou une section de bandelette. Au moins une intervention pour érosion vaginale a été pratiquée chez 25 patientes (1,09 %). La bandelette a fait l’objet d’une exérèse chez 3 autres patientes (0,13 %) se plaignant de douleur sans évidence d’érosion vaginale ou d’infection. Au moins une réintervention pour IUE persistante/récidivante a été réalisée chez 28 patientes (1,22 %).


Conclusion

Dans cette large série de patientes consécutives, avec suivi médian de 10 ans, l’implantation d’une bandelette transobturatrice « de dedans en dehors » a été associée à un risque faible (<3 %) de réintervention pour complication ou échec, suggérant son efficacité et sécurité à long terme. Les limitations de notre étude, outre sa nature monocentrique, sont celles habituellement associées à une analyse rétrospective de données.

Évaluation des connaissances théoriques et pratiques des étudiants en 2 e cycle des études médicales sur le sondage vésical
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 811-812


Objectifs

Le sondage vésical constitue un geste médical élémentaire qui doit être maîtrisé par tout étudiant en 2e cycle des études médicales. Mal réalisé, il peut être responsable de traumatismes et d’infections de l’appareil urinaire. Cette étude a pour objectif d’évaluer les connaissances théoriques et pratiques des étudiants en 2e cycle des études médicales sur le sondage vésical.


Méthodes

Étude prospective observationnelle réalisée auprès de 1033 étudiants en 2e cycle des études médicales à l’aide d’un questionnaire anonyme en ligne entre mars et avril 2020. Le questionnaire comportait 14 questions portant sur les connaissances théoriques et pratiques de la réalisation de chaque étape du sondage vésical, les indications d’un examen cytobactériologique des urines (ECBU) et de l’antibiothérapie ainsi que les complications observées. Les données ont été recueillies par un logiciel Excel, puis analysées grâce au logiciel SPSS version 23.0. Les tests statistiques effectués étaient le test de Chi2, le test exact bilatéral de Fisher avec un seuil de significativité (p ) fixé à 0,05.


Résultats

Parmi les 1033 étudiants, 52,3 % n’ont jamais posé de sonde vésicale chez un homme, et 62,4 % chez une femme. Le sondage vésical est considéré comme un geste acquit par 31,1 % des étudiants chez l’homme et par 22,1 % chez la femme. Les variables influençant la maîtrise du sondage vésical sont résumées dans le Tableau 1. Une toilette urogénitale avant sondage est réalisée par 34,9 % des étudiants et un lavage antiseptique des mains par 52,8 %. Après sondage, 21,7 % prescrivent systématiquement un ECBU de contrôle et 32,1 % démarrent un traitement antibiotique en cas de bactériurie asymptomatique. Concernant le test des connaissances théoriques sur les étapes du sondage vésical, le taux de bonnes réponses moyennes est de 42,38 %. Les variables influençant la maîtrise théorique des connaissances sont résumées dans le Tableau 2 (Fig. 1).


Conclusion

L’apprentissage du sondage urinaire est enseigné de façon insuffisante au cours des études médicales puisque les étudiants en médecine se sentent incapables de le reproduire au terme de leur externat. Cette étude doit mener une réflexion sur l’amélioration de l’enseignement et des méthodes d’acquisition du sondage urinaire, qui doit être réalisé par tous médecins non urologues dans leur pratique quotidienne.

Évaluation des pratiques de prise en charge des tumeurs de la vessie en France
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 828-829


Objectifs

La prise en charge des tumeurs vésicales (TV) est complexe tant dans la réalisation du diagnostic endoscopique que dans les traitements itératifs et la surveillance. Malgré l’existence de recommandations, cette complexité peut faire suspecter une hétérogénéité des pratiques. L’objectif de cette étude était d’évaluer les pratiques des urologues français dans la prise en charge des TV.


Méthodes

Le questionnaire développé avec le logiciel SurveyMonkey évaluait les pratiques quotidiennes à partir de 27 questions divisées en 4 parties : informations générales sur le répondeur (3), fibroscopie (10), résection transurétrale de vessie (RTUV) (7), postopératoire (7). Ces questions étaient validées par le groupe vessie du comité de cancérologie de l’Association française d’urologie (CCAFU) et diffusées à la mailing-list des membres de l’AFU et des urologues entre avril et mai 2020. Les données ont été analysées puis comparées selon les sous-groupes suivants : l’âge, l’expérience, le secteur d’activité.


Résultats

Les caractéristiques des 224/1769 (12,7 %) répondeurs sont rapportées sur la Fig. 1. Lors du diagnostic, 60,1 % (n =130) ne réalisaient pas de fibroscopie si une échographie suspectait une TV. Les résultats de l’endoscopie étaient rapportés sous la forme d’un rapport écrit (90,3 %, n =196), par schéma (13 %, n =30) ou photos (14 %, n =31). Le courant électrique utilisé était monopolaire ou bipolaire exclusivement chez 38,9 (n =84) et 32,7 % (n =71) des répondeurs. La RTUV était réalisée indifféremment en monobloc ou copeaux par 57 % (n =123) des répondeurs. Les mauvaises indications théoriques du monobloc suggérées par les urologues sont résumées sur la Fig. 2. Quarante-huit pour cent (n =104) opéraient en lumière blanche exclusive. En cas de récidive supposée de faible risque, 65 % (n =142) évoquaient une surveillance (traitement différé) mais 75 % (n =164) refusaient un traitement sans histologie (fulguration). Les comparaisons entre groupes de praticiens sont rapportées dans le Tableau 1.


Conclusion

Les prises en charge des TV restent aujourd’hui variées dans la population des urologues français, avec une répartition homogène selon l’âge et l’expérience, et le secteur d’activité, comme le montrent les analyses en sous-groupes.

Évaluation des pratiques médicales en oncologie dans le contexte de la pandémie de COVID-19 en France
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 697-698


Objectifs

Depuis décembre 2019, nous devons faire face à la pandémie mondiale du COVID-19. Cela a entraîné une adaptation des soins, notamment pour les patients atteints d’un cancer urologique. L’étude PRATICOVID vise à décrire la modification de la prise en charge médicale et chirurgicale des patients pour cette population, selon les recommandations dans ce contexte de pandémie, au sein de nos hôpitaux fortement mobilisés.


Méthodes

Nous avons analysé les données de 9 institutions différentes : 3 hôpitaux militaires, 4 hôpitaux universitaires, 2 hôpitaux privés. Nous avons considéré les patients suivis par les oncologues, chirurgiens et radiothérapeutes. Au total, 435 patients ont été inclus entre le 9 mars et le 30 avril 2020 dans l’étude PRATICOVID. Parmi eux 178 patients présentaient un cancer urologique. Le critère d’évaluation principal était d’évaluer la prévalence des soins adaptés aux patients pendant la pandémie. Les critères d’évaluation secondaires étaient de décrire le point de vue des cliniciens et des patients pendant et après la pandémie.


Résultats

Cent quarante-cinq patients avec un cancer urologique ont été retenus pour l’analyse finale. L’âge médian était de 71 ans (24–97), dont 90,3 % étaient des hommes. Parmi les patients, 62 (42,8 %) étaient nouvellement diagnostiqués et seuls 10 étaient inclus dans un essai clinique. En raison de la pandémie de COVID19, 46,2 % des patients ambulatoires avaient modifié les soins aux patients. Le cancer de la prostate représentait 50,7 % des cancers urologiques avec une modification de prise en charge. La chirurgie ne concernait que 11 % des patients inclus contre 56,6 % pour les traitements systémiques. Parmi les patients, 31,7 % ont bénéficiés exclusivement d’une téléconsultation. Parmi les médecins, 67 % étaient détendus et 57 % des patients se sont dits détendus ou peu inquiets par rapport à la pandémie. Parmi les patients, 71 % sont inquiets pour l’évolution de leur maladie.


Conclusion

L’étude PRATICOVID est la première à évaluer la modification des soins lors d’une épidémie des patients cancéreux. Le suivi à long terme de ces patients est nécessaire pour mesurer l’impact en termes de survie globale, spécifique et sans progression.