Base bibliographique

Sommaire :

Toxine botulique après échec de neuromodulation sacrée dans l’hyperactivité vésicale idiopathique
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 696-697


Objectifs

Il existe peu de données sur la conduite à tenir en cas d’échec de neuromodulation sacrée (SNS) chez les patients atteints d’hyperactivité détrusorienne idiopathique. Notre objectif était d’évaluer la tolérance et l’efficacité d’une première injection d’abobotulinum toxine (Dysport) ou d’onabotulinum toxine (Botox) en cas d’échec de SNS chez ces patients.


Méthodes

L’ensemble des patients traités par toxine botulique Dysport ou Botox après échec de SNS, dans notre centre, en 2005 et 2016 ont été inclus. Chaque patient était évalué avant l’injection puis 1 et 6 semaines après, avec un calendrier mictionnel sur 3jours et un score de satisfaction quoté à 10. Étaient également colligés, les paramètres urodynamiques, le maintien du neuromodulateur en position ON ou OFF, le nombre d’injections, la nécessité d’un traitement ultérieur. Les doses injectées étaient principalement 50 UI de Botox et 250 UI de Dysport.


Résultats

Trente patients, 22 femmes (73,3 %) et 8 hommes (26,7 %), ont été inclus. La moyenne d’âge était de 58,6 ans avec un suivi médian de 23,8 mois. Le délai médian entre le test de neuromodulation et la TB était de 11,7 mois [0,6–72,7]. Seulement 5 patients (16,6 %) avaient toujours un neuromodulateur fonctionnel lors de la première injection. Quatorze patients (46 %) ont eu une injection de Botox et 16 (54 %) une injection de Dysport. La moyenne journalière de miction et la nycturie ont significativement diminuée après injection de toxine (17,7 vs 11,5, p =0,0026 et 3 vs 2,2, p =0,008, respectivement). La médiane d’injections était de 2 [1–10]. Douze patients (40 %) ont arrêté la toxine pour inefficacité ou intolérance après une ou deux injections et 2 (15,3 %) après plus de 3 injections.


Conclusion

L’injection de toxine botulique permet d’améliorer significativement les symptômes d’hyperactivité vésicale après échec de SNS. Près de 46 % des patients arrêtent cependant la toxine à cause d’une intolérance ou d’une inefficacité.

Traitement conservateur des tumeurs de la voie excrétrice supérieure : devons-nous pousser les indications ?
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 794-795


Objectifs

Les tumeurs de la voie excrétrice supérieure (TVES) éligibles à un traitement conservateur (TC) doivent être de bas grade, non infiltrante, infracentimétrique et unifocale chez un patient compliant à la prise en charge. Il existe peu d’étude de fort niveau de preuve qui appuient ces recommandations. Nous avons souhaité comparer, dans notre série, les survies des TVES de bas grade, non infiltrante en les séparant en 2 groupes : infracentimétrique et unifocale, et supracentimétrique et/ou multifocale.


Méthodes

Le groupe 1 comprenait 31 patients présentant une TVES éligibles à un TC tel que recommandé par les sociétés savantes. Le groupe 2 comprenait 59 patients présentant une TVES de bas grade, non infiltrante, supracentimétrique et/ou multifocale. Les survies sans récidive (SSR), sans progression (SSP) et globale (SG) ont été analysées.


Résultats

La SSR (Figure 1) à 1 an, 2 ans et 5 ans était respectivement de 81,1 %, 76,1 % et 58,1 % pour le groupe 1 et de 58,8 %, 51,1 % et 44,5 % pour le groupe 2, sans différence statistiquement significative (p =0,160). La SSP (Figure 2) à 1 an, 2 ans et 5 ans était de 75,0 % pour le groupe 1 et de 89,0 %, 87,0 % et 79,1 % pour le groupe 2 sans différence statistiquement significative (p =0,118). La SG à 1 an, 2 ans et 5 ans était de 93,5 % pour le groupe 1 et de 98,2 %, 96,1 % et 77,4 % pour le groupe 2 sans différence statistiquement significative (p =0,634).


Conclusion

Le TC recommandé par les sociétés savantes et le TC poussé, pour des tumeurs multifocales et/ou supérieures à 1cm, semblent équivalents en termes de SG, SSR et SSP dans notre étude. Cependant, ces résultats sont à interpréter avec précaution car issus d’une population petite avec une faible survenue d’évènements qui rendent les analyses statistiques peu fiables. Des études de fort niveau de preuve sont nécessaires pour conclure à une équivalence entre ces 2 populations.

Traitement mini-invasif des tumeurs rénales de plus de 4 cm
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 709


Objectifs

La chirurgie partielle du rein est le traitement de référence des cancers du rein localisé (T1). Toujours dans un souci de préservation néphronique et de traitement mini-invasif, la néphrectomie partielle robot-assistée (NPRA) a permis une généralisation de la chirurgie partielle et son extension à des tumeurs plus volumineuses. On tend également à élargir les indications des techniques de thermo-ablation (TA). Comparaison des résultats fonctionnels et oncologiques entre les deux groupes de traitement pour les tumeurs rénales de plus de 4cm.


Méthodes

Nous avons collecté les données de 93 patients ayant été pris en charge dans notre centre (HEGP-Necker–Enfants-Malades) de janvier 2010 à mai 2016 pour une masse rénale de plus de 4cm. Les patients ont été traités par une technique mini-invasive : 36 par néphrectomie partielle robot-assistée (NPRA) et 47 par l’une des techniques thermo-ablative (TA) (cryothérapie ou radiofréquence). L’analyse intermédiaire tente d’évaluer la préservation de la fonction rénale à 12 mois, la survie sans récidive locale et la mortalité compétitive prédictive à 5 ans.


Résultats

Le suivi médian de notre étude est de 29 mois. Le diamètre tumoral médian est similaire entre les groupes NPRA et TA : 45mm IQ [40–55] et 45mm IQ [41–54], respectivement (p =0,870). Nous avons comparé les caractéristiques des patients, tumorales et périopératoires (Tableau 1). Il ne subsiste pas de différence significative en termes de préservation de la fonction rénale à 12 mois du traitement, entre NPRA et TA (89 % vs 91 % ; p =0,644). Les complications post-interventionnelles classées selon le score de Clavien sont similaires entre les deux groupes (p =0,275). Le taux de récidive local est significativement plus élevé dans le groupe TA (p =0,033) (Figure 1). La probabilité prédictive de mortalité non spécifique à 5 ans, en rapport avec la morbidité compétitive, est plus élevée dans le groupe TA : 42,6 % [28,8–61,7] vs 15,2 % [5–20,9] pour NPRA (p <0,0001).


Conclusion

La chirurgie conservatrice rénale avec assistance robotique préserve la fonction rénale de manière semblable aux traitement ablatifs dans le cadre spécifique des tumeurs rénales de plus de 4cm. Le taux de récidive locale est plus élevé dans le groupe thermo-ablation. Évaluer la mortalité compétitive prédictive est déterminant pour la décision thérapeutique. En effet, un traitement n’est bénéfique que lorsqu’il entraîne une réduction de la morbidité et de la mortalité spécifique.

Transplantation rénale issue de donneurs décédés d’arrêt cardiaque de la catégorie II de Maastricht : expérience monocentrique après 100 cas
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 715


Objectifs

Pour pallier la pénurie de greffon la transplantation rénale (TR) à partir de donneurs décédés d’arrêt cardiaque (DDAC) Maastricht II a été rétablie en France en 2006. Restreinte à certains centres agréés, cette procédure est parfois difficile à mettre en œuvre et ses résultats controversés. Le but de cette étude était d’étudier les résultats postopératoires et à moyen terme après 100 transplantations issues de DDAC MII.


Méthodes

Nous avons étudié rétrospectivement les données collectées prospectivement dans notre centre des 100 TR réalisées avec des greffons provenant de DDAC M2 entre août 2007 et mai 2016. Nous avons étudié les caractéristiques des donneurs et des receveurs, les modalités de perfusion, les durées d’ischémie, les taux de reprise retardée de fonction, les conditions de reprise de la diurèse, les taux de créatininémie à 1 et 5 ans et les survies globales et du greffon à 1 et 5 ans. Nous avons comparé les survies avec celle des transplantations issues de donneurs décédés de mort encéphalique.


Résultats

L’âge moyen des donneurs était de 45,2 ans, 75 % étaient des hommes. Les durées moyennes d’ischémie chaude et froide ont été de 11min et 515minutes respectivement. Au total, 61 % des préservations ont été réalisées par circulation régionale normothermique, 49 % par sonde de Gillot. L’âge moyen des receveurs était de 52,1 ans. Soixante-cinq pour cent ont présenté une reprise retardée de fonction avec une moyenne de 3,4 séances d’hémodialyse. La diurèse a été reprise en moyenne à j4 et le NADIR de créatinine atteint en moyenne à j23. La créatininémie moyenne à 1 an était de 146mol/L et à 5 ans de 185mol/L. Les survies globales et du greffon étaient respectivement de 97 % et 96 à 1 an et de 93 et 89 % à 5 ans.


Conclusion

La procédure M2 est aujourd’hui délaissée dans de nombreux centres en raison des contraintes logistiques et de résultats pas toujours satisfaisants. Pourtant dans notre centre, si les taux de reprise retardée de fonction sont importants, les résultats à moyen terme sont meilleurs que ceux des greffons issus de donneurs décédés de mort encéphaliques à critères élargis. De tels résultats incitent probablement à poursuivre la procédure pour l’instant.

Transplantation rénale robot-assistée : résultats à 1 an de la première série européenne
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 769-770


Objectifs

La transplantation rénale (TR) est le traitement de référence pour les patients en insuffisance rénale terminale. La TR par voie robot-assistée a été développée afin de réduire la morbidité liée à la laparotomie. Elle permet également d’avoir des conditions opératoires optimales sur les anastomoses vasculaires et urinaires sans impacter les résultats fonctionnels sur le greffon. Nous présentons les résultats à 1 an d’une étude prospective, multicentrique, issue du groupe européen (EAU) de transplantation rénale robot-assistée (European Robotic Urology Society).


Méthodes

Étude prospective multicentrique débutée en juillet 2015 évaluant les résultats périopératoires et postopératoires de la TR robot-assistée dans 8 centres européens.


Résultats

Au total, 112 patients ont été inclus, 43 femmes et 69 hommes avec un âge moyen de 42 ans (25–64), IMC moyen de 26kg/m2 (22–33), une créatinine moyenne pré-transplantation à 579 micromole/L (198–1414), DFG 10mL/min/1,73m2 (4–29), un score ASA moyen de 2. Les patients avec des anomalies vasculaires ou urétérales étaient exclus. La durée opératoire moyenne était de 262min (220–430) avec une durée moyenne des anastomoses vasculaires de 42min (32–48) et une perte sanguine moyenne inférieure à 150mL. Le temps d’ischémie chaude était de 53minutes (35–110). Deux patients ont eu une conversion en laparotomie. Deux transplantectomies ont été réalisées pour plicature de l’artère rénale principale. Sept jours après la greffe, la créatinémie était à 180 micromole/L (55–1326). Cinq patients ont eu un retard de reprise de fonction. La durée moyenne d’hospitalisation était de 6jours (4–8) (Tableau 1, Tableau 2).


Conclusion

Il s’agit de la première série européenne sur la TR robot-assistée. Les principaux avantages de cette voie d’abord semblent se retrouver sur la qualité du geste anastomotique et sur la rapidité de récupération postopératoire. Les résultats périopératoires et postopératoires ouvrent des perspectives à une voie d’abord mini-invasive à la transplantation rénale. Une étude prospective est en cours afin d’évaluer les bénéfices de cette voie d’abord chez les patients obèses contre-indiqués à la chirurgie ouverte.

Transplantation rénale sur entérocystoplastie d’agrandissement ou dérivation trans-iléale : résultats à court et à long terme chez l’adulte et l’enfant
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 767-768


Objectifs

La transplantation rénale chez les patients porteurs d’enterocystoplastie d‘agrandissement (EA) ou de dérivation urinaire incontinente type bricker est rare. Nous rapportons les résultats à court et à long terme de transplantations rénales réalisées dans 2 centres chez la population adulte et pédiatrique.


Méthodes

Nous avons analysé rétrospectivement les données de patients transplantés rénaux entre 1980 et 2016. Les patients ayant eu soit une entérocystoplastie d’agrandissement, soit une dérivation type Bricker étaient comparés à la population globale transplantée pendant la même période. Le critère de jugement principal était la survie globale ainsi la survie des greffons à 1 an, 5 ans et 10 ans, nous rapportons aussi dans le groupe vessie modifiée le taux de rejet, les pyélonéphrites et les sténoses urétérales. Les complications chirurgicales postopératoire sont classées selon la classification de Clavien Dindo.

Résultats Au total, 81 patients avec 93 transplantations ont été analysés, 65 adultes et 16 pédiatriques, La population globale était de 5311. Chez l’adulte, la survie des greffons à 1 an, 5 ans et 10 ans était de 95,6 %, 68,9 %, 47,5 % et de 88,8 %, 72,2 %, 47,95 %, p =0,34, p =0,35, p =0,7 et la survie globale était 97,8 %, 88,9 %, 75 % vs 95,6 %, 86,5 %, 68,8 % a 1 an, 5 ans et 10 ans respectivement chez les patients avec vessie modifiée versus la population globale. Dans le groupe vessie modifiée, le taux de sténose urétérale, de pyélonéphrites et de rejet était de 21,53 %, 69,2 %, 23,07 % chez l’adulte vs 0 %, 43,75 %, 43,75 % chez l’enfant. Le score de Clavien Dindo dans le groupe vessie modifiée était de 1,76 (min=1–max=5) chez l’adulte et 1,06 (min=1–max=2) chez l’enfant. Chez l’enfant, La survie des greffons à 1 an, 5 ans et 10 ans était de 94 %, 88 %, 64 %, p =0,7, p =0,54, p =0,59.


Conclusion

La greffe rénale chez les patients porteurs de bricker ou d’agrandissement de vessie présentent des résultats similaires en survie globale et en survie de greffons que la population générale. Les complications postopératoires sont acceptables, le risque de pyélonephrites et de sténose urétérale est plus élevé mais n’augmente pas le risque de dysfonction du greffon.

Transplantation rénale sur prothèse vasculaire : est-ce vraiment raisonnable ? Étude multicentrique avec le concours du CTAFU
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 771-772


Objectifs

La transplantation rénale avec implantation de l’artère sur prothèse vasculaire est une intervention rare, réputée difficile et plus risquée (Figure 1). L’objectif principal de ce travail a été d’évaluer la survie globale et spécifique du transplant dans cette situation. L’objectif secondaire était l’étude des complications et l’élaboration d’un score pronostic.


Méthodes

Pour cela, il a été constitué trois groupes de patients, à partir d’un recueil rétrospectif multicentrique de données issues de la cohorte DIVAT (6 centres) et de 4 autres centres. Le Comité de transplantation de l’Association française d’urologie a apporté son soutient et son aide dans la diffusion de ce recueil de données. Le groupes 1 (n =24/34) a rassemblé les patients transplantés avec anastomose artérielle sur prothèse. Le groupe 2 (n =108) a réuni les patients au même profil vasculaire que ceux du groupe 1 mais dont l’implantation artérielle a été réalisée sur artère native. Le groupe 3 (n =1713) a concerné les receveurs sans antécédents vasculaires notables.


Résultats

La survie du transplant a été moindre pour le groupe 1 par rapport aux groupes 2 et 3 (p =0,1107). La médiane de survie du transplant était de 3 ans et 10 mois pour le groupe 1 et respectivement de 5 ans et 5 mois et 5 ans et 9 mois pour les groupes 2 et 3. Dans le groupe 1, les arrêts de fonction du transplant ont été majoritairement liés une dégradation néphrologique et un retour en dialyse (80 %) et suite à un décès du receveur directement imputable à la transplantation rénale (10 %). Dans le groupe 2, il a été retrouvé une surmortalité (p =0,0016), plus de complications graves (p >0,0001) et de complications vasculaires (p <0,0001) par comparaisons aux groupes 1 et 3 (Figure 2).


Conclusion

La transplantation rénale avec anastomose artérielle sur prothèse vasculaire, chez des patients sélectionnés, donnerait des résultats équivalents si ce n’est supérieurs à ceux observés chez les patients au profil vasculaire identique mais dont l’anastomose artérielle est à distance de la prothèse.

Transplantations rénales à partir de donneurs décédés après arrêt cardiaque type Maastrischt 3, résultats préliminaires d’une série monocentrique de 29 patients
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 715


Objectifs

Le recours aux transplants rénaux issus de donneurs à critères élargis, notamment de donneurs décédés après arrêt cardiaque (DDAC) se développe dans le contexte actuel de pénurie de transplants. Le prélèvement sur DDAC de type Maastricht 3 est autorisé en France depuis 2014. L’objectif de ce travail est d’analyser les résultats préliminaires des premières transplantations de reins DDAC M3.


Méthodes

Cette étude rétrospective monocentrique recense l’ensemble des DDACM3, et la totalité des patients transplantés rénaux avec ces transplants. Le recueil des données a été effectué à l’aide de la base locale de la coordination hospitalière des prélèvements d’organes et des tissus, des dossiers patients et de la base « Données informatisées et validée en transplantation ». Les procédures de prélèvements ont été réalisées, selon les réglés définies par le protocole DDACM3 de l’Agence de la biomédecine, après mise en place d’une Circulation normothermique régionale (CRN) en réanimation.


Résultats

Depuis le début du programme dans notre centre en 2015, 57 DDACM3 potentiels ont été recensés, 29 procédures ont abouti à une transplantation. Les caractéristiques des donneurs ont été : un âge moyen de 53,1±2,21 ans, une durée d’hospitalisation moyenne en réanimation de 5.2jours (1–28j). L’ischémie chaude fonctionnelle moyenne a été de 32minutes (dont 58 %≤30min). Le temps de CRN moyen a été de 178min (±11min). L’ischémie froide moyenne a été de 476minutes (348–1140min). Les caractéristiques des receveurs ont été : un âge moyen de 60±9 ans, 35 % de transplantation préemptive, 25 % IRC diabétiques, 27 % de PKD. Neuf pour cent des patients ont eu une reprise retardée de fonction du transplant et aucune non fonction primaire n’a été retrouvée. Les taux moyens de créatinémie à 3,6 et 12 mois post-transplantation ont été respectivement de 129μmol/L, 135μmol/L et 133μmol/L.


Conclusion

Les excellents résultats des transplantations rénale à partir de DDACM3 ne peuvent que nous inciter à poursuivre le développement de ce programme.

Un abord hybride NBI–vaporisation au plasma versus le traitement standard des tumeurs non-invasives de la vessie–une étude de cohorte a longue terme, distribuée en paires, index-témoin
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 669-670


Objectifs

Pendant une étude à longue terme, distribuée en paires, index-témoin, un abord combiné diagnostique (cystoscopie standard [CS] et narrow band imaging [NBI]) et thérapeutique (vaporisation bipolaire au plasma [VBP]) a été comparé au protocole conventionnel (CS et résection transurétrale monopolaire de la vessie [RTUV]) dans des cas de grandes tumeurs de la vessie non invasives de la musculaire (TVNIM).


Méthodes

On a inclus 260 patients avec au moins une tumeur≥3cm diagnostiqués par échographie abdominale et scanner avec contraste. Les patients index (n =130) ont été prospectivement enrôlés et ont subi une CS et NBI, suivie par VBP (évaluation du stage tumoral et confirmation de l’ablation complète par résection bipolaire de la base tumorale). CS et RTUV ont été appliqués chez les cas-témoin sélectionnés de manière rétrospective (n =130). L’assortissement des paires a été déterminé par la catégorie similaire de risque de récurrence établi en accord avec le score de risque EORTC. Après 4 semaines, une ré-résection a été effectué dans les cas de TNIVM.


Résultats

VBP a montré des taux significativement réduits de la stimulation du nerf obturateur (2,7 % versus 18,4 %), de la perforation de la paroi vésicale (0,9 % versus 6,4 %), du cathétérisme (48,6 versus 74,1heures) et de l’hospitalisation (2,9 versus 4,2jours), ainsi qu’une moindre baisse de l’hémoglobine (0,47g/dL versus 0,96g/dL). La cystoscopie NBI a été caractérisée par un taux de détection tumorale substantiellement amélioré (CIS : 95,3 % versus 65,1 % ; pTa : 93,3 % versus 82,2 % ; TNIVM : 95 % versus 84,2 %). Dans le groupe NBI-VBP à la ré-résection, on a trouvé des taux substantiellement réduits des récurrences en générale (6,3 % versus 17,4 %) et particulièrement des lésions orthotopiques (3,6 % versus 12,8 %). Les taux de récurrences à un (7,2 % versus 18,3 %), deux (12,4 % versus 25,8 %) et trois (16,5 % versus 31,8 %) ans ont été significativement réduits dans la série NBI-VBP.


Conclusion

La VBP a souligné une efficacité supérieure, une réduction du risque hémorragique et une récupération postopératoire plus rapide pour les grandes TVNIM. La cystoscopie NBI a démontré une meilleure précision du diagnostic, tandis qu’on a trouvé plus de lésions de tous les stages tumoraux. Cet abord hybride a déterminé une baisse significative des taux de récurrences à trois ans.

Un système de neuromodulation sacré rechargeable pour le traitement de l’hyperactivité vésicale : résultats intermédiaires d’un essai clinique, prospectif, multicentrique
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 695-696


Objectifs

La neuromodulation sacrée (NMS) est un traitement symptomatique recommandé pour le syndrome d’hyperactivité vésicale (HAV). Actuellement, les NMS implantées sont non rechargeables avec une durée de vie de 3 à 5 ans. Le système Axonics® (r-NMS), approuvé en 2016, est rechargeable avec une durée de vie de 15 ans. L’objectif de cette étude est d’évaluer la sécurité et l’efficacité de ce système.


Méthodes

Il s’agit d’une étude clinique prospective multicentrique, simple bras. Les patients concernés présentaient un diagnostic d’hyperactivité vésicale idiopathique. Les critères de jugements étaient les symptômes d’HAV sur le calendrier mictionnel, les réponses au questionnaire de qualité de vie spécifique validé (ICIQ OAB QoL) et la satisfaction du patient à 1 et 3 mois. Les patients étaient systématiquement implantés avec le boîtier de neuromodulation Axonics (R), dont la taille est très petite, sans phase de test.


Résultats

Cinquante et un patients ont été inclus dans 7 centres. À 3 mois, le taux d’efficacité sur la réduction des symptômes d’HAV sur le calendrier mictionnel était de 73 % des patients à 3 mois (n =33). Il a été observé une réduction significative du nombre de mictions et de fuites urinaires quotidiennes (p <0,001). Quatre-vingt-six pour cent des patients du groupe HAV avec fuite (UUI) ayant répondu avaient une réduction des fuites urinaires supérieure à 75 %. La qualité de vie des patients était significativement améliorée (p <0,001) sur le questionnaire ICIQ OAB QoL. Le taux de patients « satisfaits » était de 82 %. Concernant les effets indésirables, 8 % des patients (n =4) décrivaient un inconfort lié au dispositif et 4 % (n =2) une douleur sur le site de l’implant. Aucun patient n’a eu de difficulté à recharger le système (Figure 1, Figure 2, Tableau 1).


Conclusion

Le système r-NMS semble être sûr et efficace à 3 mois de l’implantation. Les patients peuvent recharger le système et aucun évènement indésirable concernant le chargement n’a été reporté. L’intérêt du système rechargeable est double, au niveau médicoéconomique ainsi que pour le patient en permettant de limiter la répétition des interventions chirurgicales.

Une filière de circuit court post-service d’accueil des urgences comme alternative à l’hospitalisation conventionnelle : évaluation rétrospective sur 16 mois
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 776-777


Objectifs

L’hospitalisation conventionnelle est un recours fréquent après passage aux urgences pour coliques néphrétiques, rétention d’urine, infection urinaire ou hématurie. Elle entraîne pour les patients une situation d’inconfort et de stress liés à des délais d’attente parfois inutiles. L’objectif était d’évaluer la pertinence d’un circuit court après passage aux urgences en alternative à l’hospitalisation et d’étudier le lien avec le développement de la chirurgie ambulatoire.


Méthodes

Étude rétrospective sur 14 mois (septembre 2015–décembre 2016) de la création d’un nouveau chemin clinique depuis les urgences pour les patients consultant pour motif urologique. En l’absence de signe de gravité et selon des protocoles rédigés au début de l’étude, les patients sortaient avec le numéro de téléphone des infirmières de la consultation. Le lendemain, une fiche standardisée pour chaque situation était remplie par l’infirmière lors de l’appel du patient et présentée à l’urologue. Une convocation du patient dans la semaine était organisée si un acte était nécessaire. Nous avons étudié la faisabilité de ce circuit et son intérêt pour développer la chirurgie ambulatoire.


Résultats

Le nombre de patients inclus en circuit court en 2015 et 2016 était respectivement de 89 et de 335 (cf. Figure 1). Le motif le plus fréquent était la colique néphrétique (74 %) puis la rétention aiguë d’urine (13 %), l’infection urinaire (11 %) et l’hématurie (2 %). Pour le critère principal, on notait une diminution significative de l’incidence des hospitalisations avec des valeurs pour 2015 et 2016 qui étaient respectivement de 68,7 % et 46 % (p <0,05). Pour le critère secondaire, on notait que l’incidence des actes en chirurgie ambulatoire augmentait significativement avec 48,6 % en 2015 contre 57,4 % en 2016 avec (p =0,028).


Conclusion

La mise en place d’un circuit court post-urgence en urologie a constitué une alternative efficace à l’hospitalisation. Elle a permis une prise en charge plus rapide et confortable des patients. L’instauration de cette filière a accompagné de manière notable le développement de l’activité ambulatoire. D’autres études avec questionnaire de qualité de vie des patients sont nécessaires pour confirmer ces hypothèses.

Urétérectomie segmentaire robotique avec repérage de la sténose en fluorescence proche infrarouge au vert d’indocyanine et réimplantation urétérale sur vessie psoïque
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 807-808


Objectifs

Décrire pour la première fois notre technique d’urétérectomie segmentaire laparoscopique robot-assistée avec repérage de la sténose urétérale grâce au système d’imagerie par fluorescence proche infrarouge Da Vinci® FireflyTM après marquage endoscopique.


Méthodes

L’intervention a eu lieu en octobre 2016 chez une patiente de 54 ans souffrant d’endometriose avec nodule urétéral intrinsèque, qui a bénéficié d’une prise en charge médicale avec traitement hormonal ayant abouti à une sténose ureterale droite séquellaire. Le marquage endoscopique de la sténose a été réalisé par urétéroscopie rigide avec injection de vert d’indocyanine dans la paroi urétérale grâce à une aiguille à injection endoscopique. La sténose ainsi marqué a par la suite été mise en évidence pendant le temps laparoscopique robot-assisté par le système d’imagerie par fluorescence proche infrarouge FireflyTM, permettant un repérage rapide et exérèse précise de la lésion. L’uretère a par la suite été réimplanté sur une vessie psoïque sur une sonde double J.


Résultats

L’ablation de la sonde JJ a eu lieu six semaines après la chirurgie sans récidive de la symptomatologie. Une échographie de l’appareil urinaire réalisée à 12 semaines montrait une dilatation résiduelle de 24mm du bassinet avec une créatinine normale (Figure 1).


Conclusion

En conclusion, l’imagerie par fluorescence proche infrarouge lors de l’urétérectomie segmentaire par laparoscopie robot-assisté permet un repérage aisé et rapide ainsi qu’une résection précise de la sténose.

Urétérocèle sur duplicité pyélo-urétérale : urétérocélotomie endoscopique : indications et résultats. À propos d’une série monocentrique homogène de 41 patients
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 740


Objectifs

La prise en charge des urérétérocèles avec urétéro-hydronéphrose polaire supérieure sur système double varie selon : le mode de découverte (antenatale ou infection), implantation (orthotopique ou ectopique), degré de dilatation des voies excrétrices, valeur fonctionnelle du rein… Ainsi, la stratégie thérapeutique initiale–surveillance ou urétérocélotomie–reste encore discutée sans qu’existe de véritable consensus d’un centre à l’autre.


Méthodes

Il s’agit d’une revue rétrospective des patients pris en charge pour urétérocèle sur système double. Ceux présentant une urétérocèle avec dilatation des cavités du pôle inférieur ou une pyonéphrose ont eu une urérétocélotomie endoscopique initiale (UEI) ; une surveillance a été adoptée sinon. Les données cliniques et paracliniques ont ainsi été étudiées initialement et au cours du suivi. L’urétérocélotomie a été effectuée par cystoscopie par ponction-électrocoagulation. Le suivi était systématisé : clinique (survenue d’infections urinaires, retard de croissance staturo-pondérale, trouble du fonctionnement vésical) et paraclinique : échographies à 3 mois, 6 mois, un an puis tous les ans, scintigraphie rénale au DMSA, cystographie (CGR).


Résultats

Quarante et un patients ont été suivis consécutivement entre 1998 et 2016. Les caractéristiques sont résumées dans le Tableau 1. Un enfant a été perdu de vue précocement. Vingt-sept patients sur 40 ont eu une UEI : isolée 13 fois (48,15 %) et suivie d’une autre intervention chez 14 enfants (51,85 %) : 5 hémi-néphrectomies polaires supérieures, 6 urétérocélectomies et réimplantations urétérovésicales, 3 anastomoses de l’uretère du pôle supérieur dans le pyélon du pôle inférieur, 1 néphrectomie et 3 urétérocélotomies endoscopiques secondaires. Parmi les 13 patients n’ayant pas eu d’UEI, aucun geste chirurgical n’a été réalisé chez 4/13 (30,77 %) ; pour les 9 autres : 5 hémi-néphrectomies polaires supérieures, 2 urétérocélectomies et réimplantations anti-reflux, 2 anastomoses de l’uretère du pôle supérieur dans le pyélon du pôle inférieur et 1 urétérocélotomie endoscopique secondaire.


Conclusion

L’UEI permet de se passer d’une chirurgie ultérieure plus lourde dans presque la moitié des cas, et n’a entraîné, pour les autres, ni complication lors de la chirurgie ultérieure ni perte de fonction rénale. La stratégie thérapeutique s’est avérée indépendante de l’existence ou non d’un reflux à la CGR, soulevant la question de sa systématisation dans le bilan initial.

Uréthroplastie en 2 temps avec greffe de muqueuse buccale pour sténose urétrale étendue
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 762-763


Objectifs

Le traitement des sténoses urétrales étendues est difficile avec parfois une prise en charge envisagée trop tard ou pire mal adaptée, il est parfois nécessaire de réaliser une chirurgie en deux temps. C’est pourquoi l’objectif principal de cette étude est d’évaluer l’efficacité et les complications de l’uréthroplastie en 2 temps.


Méthodes

Nous avons recueilli de façon rétrospective les données de 24 patients ayant bénéficié d’une uréthroplastie en 2 temps de 2009 à 2016. La première intervention consistait en la résection de la zone de sténose par abord direct, prélèvement de muqueuse buccale de longueur correspondant à la perte de substance et la fixation de la greffe. Le 2e temps intervenait au minimum 3 mois après la première chirurgie et consistait en la tubulisation de la greffe de muqueuse.


Résultats

Les patients étaient âgés en moyenne de 46,6 ans. Les étiologies principales des sténoses étaient : un polytraumatisme, un hypospade ou la présence d’une endoprothèse sténosée. La localisation de la sténose était bulbaire chez 8 patients, pénienne chez 9 patients, glanulaires chez 2 patients et prostatique chez 5 patients. Les longueurs des sténoses allaient de 3cm à 10cm avec en moyenne 5,7cm. Vingt patients (83 %) ont eu des suites sans récidive de sténose. Trois patients ont présenté une fistule urétrale, 2 patients présentaient des fuites urinaires, 1 dysérection. Quatre patients (17 %) ont nécessité une réintervention soit pour récidive de sténose, soit pour fistule urinaire non tarie. Les traitements complémentaires ont été la pose d’une prothèse urétrale type allium dans 2 cas, une urétrotomie et une nouvelle cure de fistule.


Conclusion

Les résultats sont encourageants avec 83 % des patients considérés comme guéris. L’uréthroplastie en 2 temps peut être considérée comme une excellente technique pour le traitement des sténoses urétrales étendues.

Urétroplastie en 2 temps selon la technique de Schreiter
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 763-764


Objectifs

Dans les sténoses de l’urètre complexe antérieures et bulbaires, multi-opérés, l’urétroplastie en 2 temps avec greffe de peau mince en filet, proposée par Schreiter et Noll (Mesh Graft uretroplasty), apparaît intéressante car elle apporte une peau sans poil, avec une possibilité de reconstruction d’un tube urétral, et ce quelle que soit la longueur de la sténose [11Schreiter F., Noll E.L. J Urol 1989 ;  142 : 1223

Cliquez ici pour aller à la section Références]. L’objectif de cette étude a été d’évaluer la technique avec un recul suffisant.


Méthodes

Quarante-cinq 45 patients, 59.2±7.12 ans, ont été opérés de 2005 à 2015. Neuf patients avaient un antécédent d’hypospadias péno-scrotal, multi-opérés, dont 2 présentaient une fistule péno-scrotale. Les 36 autres patients avaient été opérés d’une sténose de l’urètre selon la séquence : urétrotomie (n =3.10±0.82) puis urétroplastie (n =1.8±0.43), parfois précédée ou suivie de la mise en place de prothèse métallique (6 cas). La longueur de la sténose a été de 8,7±4.26cm. La technique comprend :

–1er temps : large mise à plat de la sténose, en gardant la face dorsale, et greffe de peau mince en filet ;

–2nd temps : 8 semaines plus tard : création d’un tube urétral à partir de la greffe cutanée.


Résultats

La surveillance a été basée sur la qualité de vie, la débimétrie, la présence ou non d’infections urinaires, la nécessité de gestes complémentaires. Le recul a été de 5.66±2.34 ans. Aucune fistule urétro-cutanée n’a été observée. Deux patients (4,5 %) ont nécessité la réalisation d’une urétrostomie périnéale en raison de l’échec de la technique avec récidive d’une sténose complexe. La persistance ou récidive d’infections urinaires a été notée dans 31 % des cas, avec persistance de BMR dans 8/14 cas. La débimétrie n’est pas bonne avec un débit maximum moyen de 8.72±3.32mL/s, mais 72 % des patients estiment avoir une amélioration de leur qualité de vie (Figure 1, Figure 2).


Conclusion

Cette technique en 2 temps permet la reconstruction d’un tube urétral fonctionnel dans la majorité des cas, à partir de situations complexes avec un long passé de dysurie majeure, rétention d’urine et d’infections urinaires. Elle représente une réelle alternative sur des terrains avec de lourdes comorbidités (diabète, paraplégie, antécédent de gangrène de Fournier) où l’urétroplastie en 1 temps est souvent en échec.

Utilisation de lambeaux scrotaux pédiculés pour reconstruire les défects de peau du fourreau de la verge : technique et résultats
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 811-812


Objectifs

Les plasties péniennes pour défects cutanés du fourreau de la verge, toutes étiologies confondues, restent actuellement des procédures délicates et peu communes, qui doivent répondre à des attentes esthétiques et fonctionnelles. La technique la plus communément pratiquée est la greffe de peau, avec des résultats imparfaits. Notre objectif est de décrire la technique et les résultats de la plastie pénienne par rotation de lambeaux scrotaux pédiculés.


Méthodes

L’ensemble des patients ayant bénéficié d’une plastie pénienne par lambeaux scrotaux dans notre centre entre 2009 et 2016 a été inclus. Les données concernant les patients et les procédures ont été collectées rétrospectivement (Tableau 1, Tableau 2). La technique consiste à prélever des lambeaux de scrotum bilatéraux, pédiculés sur les vaisseaux iliaques externes superficiels, comprenant le fascia de Dartos, qui sont disséqués et séparés de la vaginale testiculaire puis pivotés le long de la verge, au contact du fascia de Buck. Ces lambeaux sont ensuite suturés longitudinalement entre eux sur les faces ventrale et dorsale de la verge, et coronalement à la muqueuse du sillon balano-prépucial.


Résultats

Vingt-deux patients ont bénéficié de cette intervention avec un suivi médian de 10,5mois. Les indications étaient iatrogènes, verges enfouies, lésions tumorales et dermatosiques ou injections de produits sclérosants. La durée moyenne d’intervention était de 150,3min et la durée d’hospitalisation de 4,6jours. Les complications précoces comprenaient 36,4 % de désunions cicatricielles, 9,1 % d’infections et 9,1 % d’hématomes, sans aucune reprise chirurgicale. Plus tardivement, 27,3 % des patients ont présenté une ascension testiculaire, 31,8 % une rétraction cutanée, 9,1 % un aspect pyramidal de la verge, 13,6 % un raccourcissement de la verge, avec au total 36,4 % de réinterventions.


Conclusion

Dans notre expérience, la plastie pénienne par rotation de lambeaux scrotaux pédiculés est une technique simple, sûre et efficace pour reconstruire les défects cutanés de fourreau de la verge. Cette technique pourrait concurrencer la greffe de peau libre, encore très largement utilisée dans cette indication.

Utilisation du PCA3 dans l’estimation individuelle du cancer de la prostate lors d’une consultation spécialisée. Résultats à 5 ans d’une étude prospective en vie réelle
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 676-677


Objectifs

Évaluer l’intérêt du dosage du PCA3 dans l’évaluation individuelle du risque de cancer de prostate (CaP) après une première série de biopsies prostatiques (BP) négatives.


Méthodes

De 2011–2016, lors d’une consultation dédiée au diagnostic du CaP, les candidats à une nouvelle série de BP ont eu un interrogatoire standardisé, des dosages biologiques (PSA total, libre score PCA3), une mesure du volume prostatique (VP) permettant d’évaluer le risque individuel de CaP avec le PCPT/PCPT2.0/PCPT+PCA3. Après cette consultation, la décision de réaliser une nouvelle série de biopsies était propre à chaque urologue. Le succès de cette consultation était défini par le diagnostic de CaP dans la première année après cette consultation ou par l’absence de cancer à la fin du suivi. Au contraire, l’échec était d’avoir réalisé des biopsies négatives lors de la première année du suivi, ou le diagnostic d’un CaP plus d’un an après la consultation.


Résultats

Au total, 516 patients étaient inclus avec un âge moyen de 64,7 ans (47–85), PSA 8,1ng/mL (0,27–119,8), score PCA3 moyen à 22 (1–533) et 18,9 % présentaient un toucher rectal anormal. À 12 mois, les 7 facteurs prédictifs de succès de la consultation étaient : PSAl/PSAt (p =0,08), VP (p <0,01), PSAd (p <0,01), score PCA3 élevé (p <0,01), et les trois nomogrammes PCPT, PCPT+PCA3 élevés, PCPT2.0. À 5 ans seulement, le score PCA3 et le PCPT+PCA3 étaient des facteurs prédictifs de succès. Le taux de succès de cette consultation était de 46,5 % à 1 an et de 94 % à 5 ans (Tableau 1, Tableau 2).


Conclusion

Le PCA3 intégré dans une consultation dédiée au CaP permet d’avoir un taux élevé de biopsies positives à 1 an et d’éviter 94 % de biopsies à 5 ans.

Utilisation d’un nouveau logiciel informatique pour l’évaluation de la courbure dans la maladie de Lapeyronie : l’étude GOSOFT
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 687-688


Objectifs

L’évaluation de la courbure (EC) est un challenge dans la maladie de Peyronie (MP) et est une étape cruciale dans l’évaluation du patient. L’évaluation en consultation utilisant l’injection intracaverneuse (IC) combinée au goniomètre (IG) est probablement l’approche la plus standard. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’utilité d’un nouveau logiciel (GoSoft) pour la mesure de la déformation de la verge dans la maladie de Lapeyronie.


Méthodes

Hommes atteints de MP, qui avaient une EC utilisant IG. Jusqu’à trois injections IC étaient réalisées pour obtenir une érection rigide. Le degré de courbure était mesuré avec un goniomètre, tandis que simultanément une photo était prise. La photo était analysée à l’aide du logiciel GoSoft par trois observateurs à différents moments, chacun étant à l’aveugle de l’évaluation goniomètrique. Le critère de jugement principal était de comparer la fiabilité inter-observateur et de GoSoft. Nous avons également comparé la concordance entre GoSoft et le goniométre. La corrélation était comparée pour des courbures≤45° et pour>45°. Une variabilité de 5° était acceptée et nous considérions une sous- et une sur-estimation si la différence était>5°.


Résultats

L’analyse comprenait 53 sujets. La fiabilité intra-observateur était excellente, ce qui représentait une corrélation élevée (r =0,96 à 0,98, p <0,001) avec une variance entre les moyennes de 1,3±0,6° (Tableau 1). La fiabilité inter-observateur était également élevée (r =0,89 à 0,95, p <0,001) avec une variance entre les moyennes de 2,2±1° (Tableau 2). Les coefficients de corrélation de Pearson (r ) entre le goniomètre et GoSoft pour chaque observateur étaient :

– observateur 1 : r =0,75, p <0,001 ;

– observateur 2 : r =0,73, p <0,001 ;

– observateur 3 : r =0,80, 5° dans 30 % des courbures.

La corrélation semblait être plus élevée pour des courbures plus importantes. Pour une courbure≤45°, les corrélations entre goniomètre et GoSoft variaient de : r =0,41–0,47, p =0,03 ; Tandis que, pour les courbures>45°, les corrélations variaient de : r =0,59–0,65, p <0,01 (Figure 1).


Conclusion

L’évaluation GoSoft est comparable avec la goniométrie. L’excellente fiabilité et reproductibilité pourrait fournir un instrument plus standardisé pour les évaluations de courbure chez les hommes atteints de maladie de Lapeyronie.

Valeur ajoutée de l’IRM de prostate avant première série de biopsies : étude MRI-FIRST
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 701-702


Objectifs

Évaluer l’apport de l’IRM de prostate avant première série de biopsies.


Méthodes

Au total, 225 patients adressés pour une première biopsie de prostate (âge≤75 ans, PSA≤20ng/mL, TR≤T2c) ont été inclus dans cette étude prospective multicentrique (16 centres). Après IRM multi-paramétrique, un premier opérateur sans connaissance de l’IRM a prélevé 12 biopsies systématiques (plus deux biopsies optionnelles guidées par échographie). Un second opérateur a obtenu des biopsies sur une ou deux cibles suspectes (Likert≥3/5, 3 biopsies par cible). Les biopsies ciblées ont été réalisées sous guidage cognitif (4 centres), fusion écho/IRM (11 centres) ou échographie de contraste (1 centre). Le cancer significatif (CS) était défini selon 3 définitions : CS-A, ISUP grade groupe (GG)≥2 ou ISUP GG 1 avec invasion maximale≥6mm ; CS-B, ISUP GG≥2 ; CS-C, ISUP GG≥3.


Résultats

Le taux de biopsies positives était de 128/225 (56,9 %) pour tous cancers, 96/225 (42,7 %) pour les CS-A, de 87/225 (38,7 %) pour les CS-B et de 47/225 (20,9 %) pour CS-C. L’IRM était négative (Likert≤2/5) chez 45 patients (20 %). Suivant la définition du CS, la valeur prédictive négative de l’IRM était de 88,9–95,6 %. Le nombre de patients détectés par les biopsies systématiques seules, les biopsies ciblées seules et les deux types de biopsies étaient de 15, 19 et 62, respectivement pour les CS-A. Il était respectivement de 12, 18 et 57 pour les CS-B et de 3, 15 et 29 patients pour les CS-C.


Conclusion

Suivant la définition du CS, les biopsies ciblées ont détecté un CS qui aurait été raté par les biopsies systématiques chez 6,7–8,4 % des 225 patients. Omettre les biopsies systématiques aurait fait rater un CS chez 1,3-6,7 % des 225 patients.

Valeur pronostique du grade 4 biopsique minoritaire après prostatectomie : comparaison biopsie standard versus ciblée
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 672


Objectifs

L’objectif de l’étude était de démontrer la valeur pronostique de la présence de grade 4 biopsique minoritaire, sur l’anatomopathologie après prostatectomie, en fonction de la technique biopsique (ciblée versus standard).


Méthodes

Entre janvier 2014 et décembre 2016, nous avons inclus 102 patients ayant eu une prostatectomie totale avec un score de Gleason biopsique à 7 (3+4). En préopératoire, 51 patients ont eu des biopsies ciblées KOELIS (BC) et 51 patients ont eu des biopsies standards (BS). L’analyse anatomopathologique était réalisée par la même équipe d’uropathologiste.


Résultats

La médiane d’âge et de PSA était de 64,7 vs 65,6 ans (ns) et de 8,9 vs 7,2ng/mL (p <0,0001) dans les groupes BC et groupes BS, respectivement. Concernant le score de Gleason, le taux d’« Upgrading » et « Downgrading » étaient de 23,5 % (12/51) vs 25,5 % (13/51) (ns), 9,8 % (5/51) vs 3,9 % (2/51) (ns) dans les groupes BC et BS, respectivement. Les taux de pT2, pT3, pT2R1 et pT3R1 étaient de 58,8 % (30/51) vs 62,7 % (32/51) (ns), de 41,2 % (21/51) vs 37,3 % (19/51) (ns), 3,3 % (1/30) vs 3,1 % (1/32) (ns) et 23,8 % (5/21) vs 26,3 % (5/19) (ns) dans les groupes BC et groupes BS, respectivement. Le pourcentage de volume tumoral sur la pièce opératoire était de 13,7 % vs 14,6 % dans les groupes BC et BS, respectivement (ns).


Conclusion

La présence de grade 4 biopsique minoritaire n’est pas influencée par la technique biopsique utilisée et n’est pas corrélée au résultat histologique après prostatectomie. La présence de grade 4 sur biopsie ciblée ne doit donc pas faire changer notre évaluation préopératoire du risque, comparativement au même résultat sur des biopsies randomisées.

Validation externe d’un nomogramme de prédiction des complications après néphro-urétérectomie totale
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 793-794


Objectifs

Un outil de prédiction préopératoire des complications de la néphro-urétérectomie totale (NUT) a été développé à partir de 5 variables : l’ âge, la race, le statut OMS, le DFG, et le score de comorbidité de Charlson (CCI). Ce dernier avait une discrimination de 72 % (aire sous la courbe). L’objectif de cette étude était de faire une validation externe multicentrique de ce nomogramme.


Méthodes

Nous avons inclus de manière rétrospective 610 NUT réalisées dans 7 centres entre 2005 et 2015 ; le recueil des données permettant d’utiliser le nomogramme était complet pour 382 (63 %) patients. Une régression logistique a été réalisée pour déterminer l’association entre les variables préopératoires et les complications post-NUT. La performance de discrimination du nomogramme était évaluée par le calcul de l’aire sous la courbe ; la calibration par l’analyse de la probabilité prédite par rapport au taux réel de complications observées dans les 30jours postopératoires.


Résultats

Au total, 225 hommes et 157 femmes avec un âge médian de 71 ans ont été inclus. Quatre-vingt-cinq pour cent des patients étaient Caucasiens, 18 % avait un statut OMS>2, 25 % avait un score CCI>5 et 52 % avait une insuffisance rénale de stade≥III. Parmi les 93 patients (24 %) qui avaient présenté une complication, 31 (8 %) étaient Clavien>III. La discrimination du nomogramme analysé par la courbe ROC–ASC était de 67,0 % (95 % IC : 60,3 %–73,7 %) (Figure 1). La courbe de calibration montrait une sous-estimation du risque de complication par rapport aux complications observées (Figure 2).


Conclusion

La validation externe du nomogramme de prédiction préopératoire des complications post-NUT montrait une discrimination de 67 % avec un risque de sous-estimation du risque sur la courbe de calibration. Ces résultats pourraient être expliqués par un faible taux de complications dans la cohorte de validation par la cohorte originale (24 % vs. 38 %). Cependant, cet outil préopératoire pourrait être utile dans l’information des patients en pratique quotidienne.

Validation externe d’un nomogramme pour l’identification d’une maladie favorable chez les patients atteints de cancer de la prostate de risque intermédiaire
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 674-675


Objectifs

Établir une validation externe du nouveau nomogramme de Gandaglia et al. qui estime la probabilité d’avoir un CaP localisé et favorable chez les patients à risque intermédiaire.


Méthodes

Au total, 2928 patients atteints de CaP du groupe risque intermédiaire selon d’Amico ont été traités par PT et curage ganglionnaire bilatéral entre 2000 et 2011 (base multicentrique). Le CaP favorable était défini comme une maladie de bas grade et localisée (pT2 et SG6). La courbe sensibilité/spécificité ROC a été obtenue pour quantifier la précision globale (zone sous la courbe [AUC]) du modèle afin de prédire la probabilité d’avoir une maladie confinée à la prostate. La méthode de Kaplan–Meier a été utilisée pour l’évaluation de survie sans récidive (SSRB) de PSA.


Résultats

Parmi les patients, 10,6 % présentaient finalement des caractéristiques pathologiques favorables dans ce groupe intermédiaire. L’âge médian était de 68 ans. L’analyse de la courbe ROC montre une bonne précision du modèle (AUC=0,82 ; IC 95 %=0,79–0,84). Les facteurs indépendants de CaP non favorable étaient le PSAD (OR=0,01 ; IC 95 %=0,00–0,04 ; p <0,0001) et le pourcentage de biopsies positives (OR=0,97 ; IC 95 %=0,96–0,98 ; p <0,0001). La SSRB après PT était significativement supérieure dans le groupe favorable vs défavorable (94,2 % contre 74,4 % à 4 ans, p <0,0001) (Figure 1).


Conclusion

Cette validation externe du nomogramme de Gandaglia et al. montre une précision satisfaisante. Un patient sur dix dans ce groupe CaP à risque intermédiaire présentait une CaP favorable et pathologiquement prouvée. L’utilisation de ce nomogramme permet de distinguer les patients avec un CaP favorable qui pourraient être traités par une approche conservatrice.

Variation du nombre de copies de GSTT1 et GSTM1 et le risque de récidive biochimique du cancer de la prostate dans une population des Caraïbes d’ascendance africaine
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 718


Objectifs

Les suppressions des gènes de glutathion S-transférase M1 et T1 (GSTM1 et GSTT1) ont été étudiées comme facteurs de risque potentiels pour le cancer de la prostate. Nous avons étudié l’impact de la variation du nombre de copies (CNV) des gènes GSTM1  et/ou GSTT1  sur le risque de récidive biologique du cancer de la prostate dans une population d’ascendance africaine.


Méthodes

Nous avons étudié 518 patients qui ont subi une prostatectomie radicale entre le 1er avril 2000 et le 31 décembre 2010 dans un même centre. La récidive biologique (BCR) a été définie par le dosage de 2 PSA consécutifs au-dessus de 0,2ng/mL. Les nombres exacts de copies de GSTM1 et GSTT1 ont été déterminés par PCR en temps réel. Des analyses univariées ont été effectuées pour calculer le rapport de risque et la régression logistique a été utilisée pour estimer le rapport de cote (OR) et 95 % des intervalles de confiance (IC).


Résultats

Le taux de récidive est de 27,6 % avec un suivi médian de 5,5 ans. Les hommes avec 4 copies ou plus de GSTT1 ont un risque plus élevé de récidive biologique que du cancer de la prostate (OR : 4,92 ; [IC95 % :1,39–7,4] ; p =0,013) ajusté aux PSA et aux données histologiques. Les hommes avec 5 et 6 copies ou plus de gènes GSTM1  et GSTT1  ont un risque plus élevé de récidive (OR : 5,08 ; [IC95 % : 1,13–22,9] ; p =0,034 ; OR : 7,75 ; [IC95 % : 1,23–48,8] ; p =0,030) ajusté aux données PSA et histologiques.


Conclusion

Le nombre de copies de GSTT1 et GSTM1/GSTT1 combiné semble être associé à un risque accru de récidive biologique du risque de cancer de la prostate dans notre étude de population avec une relation de dose génique. Nos résultats confirment l’hypothèse selon laquelle les variations du nombre de copies de GSTT1 modulent le risque de maladie de récidive après une prostatectomie radicale.

Variations anatomiques du drainage veineux de la glande surrénale gauche
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 712-713


Objectifs

La laparoscopie est la voie de référence pour les surrénalectomies et permet une baisse de la morbidité ainsi qu’une diminution de la durée d’hospitalisation. Le contrôle de la veine surrénalienne est le temps clé de cette intervention chirurgicale. Cette étude a pour objet de décrire l’anatomie de la veine surrénalienne moyenne gauche (VSMG) ainsi que de ses variations anatomiques.


Méthodes

Il s’agit d’une étude anatomique basée sur la dissection de 80 surrénales de cadavres frais entre août 2014 et décembre 2016. Les corps ne devaient pas avoir d’antécédents surrénaliens ou de chirurgie retropéritonéale. Les conditions de dissection se rapprochaient de celles sur le vivant. Toutes les mesures étaient réalisées in situ. Les méthodes d’injection et de corrosion n’étaient pas utilisées.


Résultats

La VSMG était unique dans la majorité des cas mais deux veines surrénaliennes principales ont été retrouvées dans six cas (Figure 1). Elle avait un diamètre de 5mm (2–7mm) avec un trajet de 21mm en moyenne (10–32mm). La VSMG s’abouchait dans tous les cas au niveau du bord supérieur de la veine rénale gauche, après une anastomose avec la veine phrénique inférieure dans 34 cas (85 %) et sans anastomose dans six cas (15 %) (Figure 2). La VSMG s’abouchait au même niveau que de la terminaison de la veine gonadique gauche dans la veine rénale dans 14 cas (35 %) et en dedans de la terminaison de la veine gonadique gauche dans 26 cas (65 %). Dans ce cas, le VSMG était en dedans de la veine gonadique de 8mm en moyenne (2–20mm).


Conclusion

La VSMG présente une anatomie relativement modale mais il existe des variations. Sa ligature première est importante sur le plan chirurgical et endocrinien en particulier en cas de phéochromocytome. En cas de difficulté, la VSMG peut être identifiée en suivant, sur le bord interne de la surrénale, le tronc veineux surréno-diaphragmatique qui anastomose la veine phrénique gauche à la VSMG.

Vingt-cinq ans de prostatectomies totales : amélioration des résultats carcinologiques malgré la migration des tumeurs opérées vers des risques intermédiaire et élevé
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 717


Objectifs

L’objectif était d’évaluer l’épidémiologie des tumeurs opérées par prostatectomie totale de 1988 à 2015 et l’impact des éventuelles modifications sur la survie sans récidive biologique.


Méthodes

De 1988 et 2015, 3783 PT ont été réalisées pour un cancer de la prostate localisé. Les données préopératoires (âge, PSA préopératoire, stade clinique, score de Gleason, risque selon d’Amico, présence de grade IV) et postopératoires (stade pathologique, score de Gleason) ont été analysées et comparées selon des périodes de 5 ans. La survie sans progression (définie comme un PSA postopératoire>0,2ng/mL) a été analysée à l’aide de courbes de Kaplan–Meier selon ces périodes.


Résultats

Le nombre de PT annuelle augmentait jusqu’à 344 en 2011 puis diminuait à 179 en 2015. L’âge ne variait pas entre 1995 et 2015. Les tumeurs de risques intermédiaire et élevé augmentaient au cours des années, passant respectivement de 30,2 % et 16,7 % sur la période 1995–2000 à 49,6 % et1 8,2 % sur la période 2010–2015 alors que le risque faible diminuait de 53 % à 32 % avec une augmentation des grade 4 sur les biopsies de 16 à 57 %. Le score Gleason pathologique était de 6,8 sans modification au cours des périodes alors que le stade pathologique évoluait vers des tumeurs de plus haut stade (33,1 % et 2 % de pT3 et de N+ entre 1995–2000 vs 48,12 % et 6,4 % entre 2010–2015). La survie sans progression biologique à 5 ans augmentait pour chaque période de 63,9 % avant 1995 à 85,2 % pour la période 2010–2015 (p <0,0001) (Figure 1, Figure 2).


Conclusion

Le profil des tumeurs opérées par prostatectomie totale a changé depuis 1995, s’orientant vers plus de tumeurs de risque intermédiaire et élevé selon d’Amico et moins de tumeurs de stade pT2 sur la pièce. Malgré cela, la survie sans récidive biologique est meilleure traduisant l’amélioration de la qualité du geste chirurgical en 25 ans et démontrant l’excellente indication de la prostatectomie totale dans le cancer de la prostate localisé.