Base bibliographique

Sommaire :

Profil épidémiologique et évolutif des infections urinaires post-transplantation rénale
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 768


Objectifs

L’infection urinaire (IU) est la complication infectieuse la plus fréquente en post-transplantation rénale. Le but de notre étude est de décrire les caractéristiques de ces infections au sein de notre population de transplantés rénaux (TR).


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective incluant tous les TR de notre CHU depuis janvier 2008 jusqu’en juin 2015 qui étaient au nombre de 57. Les patients ont été évalués sur leurs caractéristiques démographiques, sur les épisodes d’IU post-TR et leur retentissement sur la fonction du greffon. Les IU prises en compte sont les prostatites et les pyélonéphrites aiguës (PNA) ainsi que les bactériuries asymptotmatiques (BA).


Résultats

Cinquante-sept patients ont été transplantés durant cette période dont 33 ont eu au moins un épisode d’IU soit une prévalence de 57 %. Il s’agissait d’une transplantation à partir d’un donneur vivant dans 84,8 % des cas et dans 15,2 % en état de mort encéphalique. Le nombre total d’IU s’élevait à 83, soit 2 épisodes par malade. La médiane de survenue de la première IU était de 8jours Les BA étaient les plus fréquentes (78,3 %) suivies des PNA (37,6 %) ; un seul cas de prostatite à été rapporté. Les micro-organismes les plus souvent retrouvés sont l’E. COLI (48 %) et le KP (38,5 %). On rapporte 10,8 % de BLSE et 2,4 % multirésistants. Pour le traitement, nous avons eu recours aux carbapénèmes dans 27,5 % des cas et une seule fois à la colistine.


Conclusion

La prévalence de l’IU post-transplantation rénale dans notre unité est très élevée mais représentée en grande majorité par des BA sans retentissement sur la fonction du greffon. Ces infections sont de survenue très précoce avec un profil de résistance bactérienne peu rassurant ce qui pousse à réévaluer les stratégies de prévention des infections postopératoires.

Profils histologiques des tumeurs rénales kystiques et leur corrélation avec la classification de Bosniak : étude multicentrique Uro-CCR/CCAFU
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 791


Objectifs

Les formes kystiques ne représentant que 7 % des cancers du rein, les données les concernant sont rares, basées sur des études anciennes de faible effectif. Notre objectif était de définir le profil histologique des tumeurs rénales kystiques et leur corrélation avec le diagnostic radiologique au sein d’une série contemporaine tenant compte des évolutions anatomopathologique et radiologique récentes, 30 ans après l’introduction de la classification de Bosniak.


Méthodes

Une étude rétrospective a été réalisée au sein du réseau Uro-CCR. Nous avons inclus les patients opérés de 2007 à 2016 d’une tumeur rénale kystique selon l’imagerie préopératoire. Les patients dont les données d’imagerie et/ou anatomopathologiques n’étaient pas disponibles pour une relecture étaient exclus. Les lames histologiques ont été relues par 6 anatomopathologistes experts du réseau CARARE pour confirmer le type histologique des tumeurs. Une relecture des examens d’imagerie (TDM ou IRM) préopératoires a été réalisée pour chaque centre par un binôme de radiologue/urologue experts du réseau Uro-CCR. Les tumeurs ont été classées selon la classification de Bosniak.


Résultats

Deux cent seize patients ont été inclus, dont l’âge médian était de 60 ans (22–88). L’imagerie préopératoire rapportait 9 lésions Bosniak 2F (B2F), 86 B3 et 121 B4. Il a été identifié 175 (81,0 %) tumeurs malignes, dont 4 (55,6 %) B2F, 60 (69,8 %) B3 et 110 (91,1 %) B4. Parmi les tumeurs malignes, les principaux types étaient le carcinome à cellules claires (CRCC) (62,3 %), le carcinome tubulo-papillaire (CRTP) (25,2 %) et la néoplasie kystique multiloculaire de faible potentiel de malignité (6,3 %). Ces tumeurs étaient majoritairement peu agressives (89,1 % de stade T1–2, et 69,8 % de grade de Fuhrman I–II). Parmi les tumeurs bénignes, les néphromes kystiques (34,1 %), kystes simples (24,4 %) et tumeurs mixtes épithéliales et stromales (TMES) (17,1 %) étaient les plus fréquentes. Deux patients (1,1 %) ont présenté une récidive après un suivi médian de 20 mois (1–145).


Conclusion

Notre série a montré qu’une majorité des tumeurs rénales kystiques complexes sont malignes notamment pour celles classées Bosniak 3 avec comme dans les tumeurs solides un type histologique dominé par le CRCC et le CRTP. Cependant, ces tumeurs sont souvent de faible stade et de bas grade et sembleraient d’excellent pronostic.

Pronostic des TVIM traitées chirurgicalement : TVIM d’emblée vs TVNIM secondairement infiltrantes. Étude rétrospective monocentrique
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 683-684


Objectifs

Les tumeurs de vessie infiltrant la musculeuse traitées par cystectomie totale peuvent être divisées en deux groupes : les tumeurs de vessie d’emblée infiltrantes lors du diagnostic et les tumeurs secondairement infiltrantes après traitement endoscopique. Les données de la littérature divergent concernant leur pronostic. L’objectif de l’étude était d’évaluer le pronostic des tumeurs de vessie infiltrant d’emblée le muscle et des tumeurs de vessie infiltrant secondairement le muscle en évaluant la survie globale et la survie sans récidive.


Méthodes

Nous avons inclus de manière rétrospective et monocentrique les patients traités par cystectomie totale pour un carcinome urothélial infiltrant le muscle vésical entre 2000 et 2014. Les patients métastatiques lors de la cystectomie ont été exclus. Les survies ont été calculées selon la méthode de Kaplan-Meier et comparées avec le test de log rank si les proportionnalités étaient respectées. Le logiciel utilisé était SAS 9.4. Le seuil de significativité était p <0,05.


Résultats

Au total, 220 patients ont été inclus, 46 présentaient une tumeur de vessie infiltrant secondairement le muscle et 174 présentaient une tumeur de vessie infiltrant d’emblée le muscle. On observait 83,2 % d’hommes et 16,8 % de femmes. Selon les tables de l’EORTC, parmi les patients ayant secondairement progressé, 71 % présentaient initialement lors de leur première résection, un risque élevé de progression, 11 % un risque intermédiaire et 9 % un risque faible. Le délai entre la première résection pour les TVNIM initiales et la cystectomie était en moyenne de 33,4 mois. La survie médiane sans récidive était estimée à 38 mois dans le groupe secondairement infiltrant et à 55 mois pour le groupe d’emblée infiltrant. La survie globale médiane était estimée à 67 mois dans le groupe secondairement infiltrant et à 128 mois dans le groupe d’emblée infiltrant. Les résultats ne mettaient pas en évidence de différence significative (Figure 1).


Conclusion

Notre étude n’a pas démontré de différence significative en termes de survie entre les deux groupes, mais une étude multicentrique apparaît nécessaire afin d’objectiver si les tumeurs de vessie secondairement infiltrantes ont un plus mauvais pronostic et ainsi de mieux définir la place de la cystectomie totale précoce dans la prise en charge des tumeurs de vessie n’infiltrant pas le muscle et ayant un haut risque de progression.

Prostatectomie radicale après thérapie photodynamique vasculaire ciblée TOOKAD soluble : faisabilité, résultats à court et long terme
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 725


Objectifs

La thérapie focale par thérapie photodynamique vasculaire ciblée avec TOOKAD® soluble (VTP) est l’une des nouvelles alternatives à faible morbidité pour traiter le cancer localisé de la prostate. L’objectif de notre étude était d’évaluer la faisabilité d’une prostatectomie radicale (PR) en cas d’échec ou de récidive après VPT et décrire des résultats fonctionnel et oncologique à court et à long terme.


Méthodes

Étude rétrospective comprenant 42 patients atteints de cancer de la prostate persistant ou récidivant après une thérapie photodynamique, avec un suivi médian de 22 (12–36) mois après PR à partir de 14 centres chirurgicaux en Europe entre 2008 et mars 2017. Ont été incluses 15 chirurgies assistées par robot, 6 procédures cœlioscopiques et 18 prostatectomies par laparotomie. Le critère d’évaluation primaire était la morbidité périopératoire (paramètres périopératoires, difficultés techniques). Les paramètres secondaires étaient les résultats postopératoires précoces et à long terme sur le plan fonctionnel et oncologique.


Résultats

Le temps opératoire médian était de 180 (150–223) minutes. La médiane de perte sanguine était de 200mL (155–363). Selon les chirurgiens, la chirurgie était facile pour 29 patients (69 %), difficile pour 13 patients (31 %). La préservation nerveuse était possible pour 14 patients (33 %). Pas de mortalité périopératoire. Il y avait 13 pT3 (31 %), 21 (50 %) pT2c. Les marges chirurgicales étaient positives pour 13 patients (32 %). Le PSA était indétectable à 6–12 mois pour 37 patients (88 %). Neuf patients ont eu une radiothérapie complémentaire. Quatre patients avaient un dernier PSA>0,2ng/mL. À un an, 27 patients (64 %) étaient complètement continents (aucune protection/jour), 9 (21 %) avaient une faible incontinence (1 protection/jour). Quatre patients (11 %) pouvaient avoir des rapports sexuels sans traitement, 23 (64 %) avec un traitement approprié.


Conclusion

La prostatectomie est faisable, sans morbidité significative pour traiter la plupart des cancers prostate localement récurrents après thérapie photodynamique. Les résultats oncologique et fonctionnel semblent comparables à ceux des prostatectomies premières. L’évaluation des résultats de la chirurgie est très importante afin d’évaluer la place réelle de ce nouveau traitement focal mini invasif.

Prostatectomie radicale robot-assistée (RALP) post-chirurgie de l’adénome : étude rétrospective multicentrique
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 726-727


Objectifs

Plusieurs études ont montré que les antécédents de résection trans-urétrale de prostate (RTUP) entraînent un risque majoré de sténose anastomotique, de dysfonction érectile et d’incontinence urinaire après une prostatectomie totale par voie ouverte. De même avec la voie robot-assistée avec une augmentation de la durée opératoire, des saignements et de l’incontinence. L’objectif de l’étude est de comparer les résultats périopératoires des prostatectomies totales robot-assistées pour cancer de la prostate localisé réalisée après chirurgie de l’adénome.


Méthodes

Il s’agit d’une étude observationnelle descriptive rétrospective multicentrique, réalisée entre janvier 2005 et décembre 2015, à laquelle ont participé 4 services d’urologie. Tous les hommes opérés d’un cancer de la prostate par voie robot-assistée dans les suites d’une chirurgie de l’adénome ont été inclus : post-RTUP, post-PVP ou post-AVH. Les résultats périopératoires ont été comparés à un groupe de malade témoin, opérés sur la même période, appariés sur les mêmes centres et les mêmes opérateurs, n’ayant pas d’antécédents de chirurgie de la prostate.


Résultats

Soixante-dix-sept hommes ont été inclus dans l’étude : 9 post-PVP, 42 post-RTUP, 7 post-AVH et 19 patients témoins indemnes de toutes chirurgies prostatiques. Aucune différence significative n’a été mise en évidence en comparant le groupe PVP au groupe RTUP ou AVH concernant le temps opératoire, le taux de saignement, le taux de complications ainsi que le taux de marges, la continence ou la fonction érectile. La comparaison du groupe PVP seul au groupe témoin confirme des différences significatives favorables au groupe témoin concernant la durée opératoire, le taux de saignement périopératoire, ainsi que le nombre de garniture par jour à 1 an (224mL vs 67mL, p =0,0043 ; 185min vs 143min p =0,0281 et 2,2 garnitures contre 0,6 p =0,0035). Néanmoins, aucune différence n’était constatée sur le taux de marges ou la fonction érectile.


Conclusion

La chirurgie de l’adénome semble rendre plus difficile et plus risqué la prostatectomie radicale robot-assistée, mais sans différence concernant le type de chirurgie réalisée (PVP vs RTUP ou AVH) Des études prospectives sont nécessaires pour confirmer ces résultats.

Prostatectomie totale laparoscopique transpéritonéale : faisabilité pour un haut volume prostatique
2017
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 806


Objectifs

La prostatectomie totale est le traitement de référence dans la prise en charge des adénocarcinomes prostatiques localisés. À l’ère de la chirurgie robotique, la voie laparoscopique présente quelques difficultés liées à la vision en deux dimensions, ainsi qu’à la mobilité restreinte des instruments dans l’espace de travail. Nous présentons ici l’application de cette technique pour une prostate estimée à 170g.


Méthodes

Patient : Intervention réalisée chez un patient de 71 ans de 74kg, présentant un taux de PSA à 18,2ng/mL. Au toucher rectal la prostate était volumineuse, ferme à gauche. Quatre biopsies à gauche objectivaient un adénocarcinome Gleason 7 (3+4). L’IRM confirmait une lésion classée P-RADS 4, et une prostate de 170g environ. Le bilan d’extension ne montrait pas de lésions à distance. Technique : Réalisation d’un curage ganglionnaire ilio-obturateur bilatéral. Section du col vésical avec préservation. Dissection des vésicules séminales. Préservation des bandelettes vasculonerveuses. Ligature et section du plexus veineux de Santorini. Section de l’urètre et anastomose uréthrovésicale.


Résultats

L’intervention a duré 3heures. Les saignements peropératoires ont été mesurés à 350mL au total. La pesée de la pièce montrait un poids de 188g. L’analyse anatomopathologique met en évidence un adénocarcinome prostatique pT2c. Les suites opératoires ont été simples. Le drainage est retiré à j3. Le patient a repris un transit à j5. La sonde vésicale est retirée à j8, permettant la sortie.


Conclusion

À l’ère de la technique robotique, le volume prostatique ne récuse pas la voie laparoscopique. La technique est applicable même en cas de haut volume prostatique. Les résultats obtenus sont satisfaisants, aussi bien concernant les suites opératoires que d’un point de vue carcinologique. Elle nécessite cependant une connaissance et une certaine expérience des prostatectomies totales cœlioscopiques.

Protocole de réhabilitation précoce ERAS après cystectomie radicale : qui en tire le plus de bénéfices ?
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 742-743


Objectifs

Le programme de réhabilitation rapide ERAS, instauré en février 2016 dans notre CHU, a démontré une réduction significative de la morbidité périopératoire et de la durée d’hospitalisation. Les patients jeunes de moins de 70 ans avec peu de comorbidités sembleraient profiter le plus de ce protocole. L’objectif de cette étude est de comparer les suites postopératoires des patients âgés de moins de 70 ans par rapport à celles des patients de plus de 70 ans, selon les comorbidités.


Méthodes

Une étude comparative monocentrique a été menée, depuis février 2016, sur des patients opérés d’une cystectomie totale avec Bricker ou néovessie, par voie ouverte ou cœlioscopique. Tous les patients pris en charge ont été inclus prospectivement et ont suivi le programme ERAS. Un groupe témoin regroupait les patients opérés de 2012 à février 2016 et n’ayant pas bénéficié de ce programme. Les patients étaient répartis en 2 groupes selon leur âge : groupe 1 (moins de 70 ans) et groupe 2 (70 ans ou plus). Les scores ASA étaient précisés. Le critère de jugement principal était la durée de séjour. Les critères secondaires étaient le taux de complications majeures (Clavien≥3B), et le taux de repose de sonde nasogastrique.


Résultats

Quatre-vingt-dix-sept patients furent inclus au total : 41 patients ERAS et 56 patients témoins. Dans le groupe ERAS : 20 patients ont≥70 ans (64 % ASA3–4) et 21 patients ont<70 ans (48 % ASA3–4). La durée médiane de séjour diminue de 19 à 14jours pour le groupe 1 et de 19 à 18jours pour le groupe 2 principalement pour les patients fragiles (19jours à 17jours pour les ASA 3–4 versus 19jours à 32jours pour les ASA 1–2 ; p  : NS). Le taux de complication majeure diminue dans le groupe 1 : 5 % contre 24 % pour le groupe 1, versus 20 % contre 23 % pour le groupe 2 (p  : NS). Une sonde nasogastrique est reposée dans 22 % des cas contre 39 % avant ERAS : 19 % versus 56 % pour le groupe 1 (ASA 1–2), et 25 % versus 26 % pour le groupe 2 (p  : NS).


Conclusion

L’optimisation de la prise en charge des cystectomies par un programme de réhabilitation précoce permettrait une amélioration de la durée de séjour et des suites postopératoires principalement pour les patients de moins de 70 ans ASA1–2 et les patients de plus de 70 ans avec de nombreuses comorbidités (ASA3–4), pour une compliance au protocole identique.

Qualité de vie après cystectomie avec dérivation urinaire type Briker
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 752


Objectifs

La cystectomie est le traitement de référence pour les tumeurs vésicales infiltrantes. Le choix de la dérivation urinaire dépend de critères liés à la tumeur et aux patients. La dérivation urinaire externe type Bricker est un montage fréquemment réalisé et faire partie de cette chirurgie mutilante qui change le schémas corporel. Le but de notre travail est d’étudier la qualité de vie des patients ayant eu une cystectomie avec dérivation type Briker.


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective réalisée au service d’urologie du centre hospitalo-universitaire La Rabta de Tunis. Notre étude a été réalisée de janvier 2007 à décembre 2013 sur 70 patients traités par cystectomie totale pour un cancer infiltrant de la vessie avec dérivation urinaire type Briker. L’étude s’est basée sur un questionnaire contenant 35 questions inspirées du questionnaire validé et publié en France par Dr Christian Castagnola en janvier 1996. Un score de gêne a été établi à partir de la sensation de gêne et le malaise à effectuer certaines tâches dans la vie quotidienne (sur le plan professionnel, émotionnel et relationnel, le fonctionnement moteur…).


Résultats

Soixante-deux pour cent des patients actifs avant l’intervention ont cessé de travailler après la mise en place d’une dérivation urinaire externe, devant la grande gêne ressentie sur les lieux du travail. Seulement 35 % des patients étaient globalement satisfaits de leurs interventions et de leurs dérivations urinaires externes au moment de l’enquête. Depuis l’intervention, 87 % des patients étaient très gênés dans la vie. La vie sexuelle a été beaucoup perturbée chez 89 % des patients, avec 85,5 % des patients ont déclaré que cela s’est répercuté sur leur relation de couple. Au total, 92 % des patients interrogés ont déclaré qu’ils n’aimaient plus leurs corps. Cependant, seuls deux patients ont consulté un psychiatre depuis l’intervention.


Conclusion

La qualité de vie est un concept important dans la prise en charge des patients. Le caractère non continent de la dérivation urinaire ne permet pas la réinsertion du patient dans la vie socioprofessionnelle et est source de problèmes psychologiques. Une meilleure écoute des patients et une prise en charge multidisciplinaire associant urologues, stomathérapeutes et psychiatres sont importants pour améliorer la qualité de vie du patient en post opératoire.

Quel est le pronostic des patients traités par chimiothérapie d’induction pour un cancer de vessie localement avancé ou métastatique ganglionnaire ?
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 686


Objectifs

Lorsque les tumeurs de vessie infiltrant le muscle sont localement avancées, ou qu’il existe une atteinte ganglionnaire, une chimiothérapie « d’induction » est recommandée. Elle vise à obtenir l’opérabilité du malade mais son bénéfice potentiel ne peut être extrapolé à partir d’études sur la chimiothérapie néoadjuvante, réalisée de principe, chez un patient opérable. Nous nous sommes intéressés aux devenir et pronostic des patients traités par chimiothérapie d’induction pour un cancer de la vessie localement avancé ou métastatique ganglionnaire.


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective monocentrique incluant les patients pris en charge pour une tumeur de vessie cTxN1-3M0 ou cT4NxM0 traités par chimiothérapie d’induction entre 2006 et 2016. L’envahissement ganglionnaire a été déterminé soit sur des critères d’imagerie, soit histologiquement avec la réalisation d’un curage premier. Les données clinico-bio-pathologiques et du suivi des patients ont été relevées. Les courbes actuarielles de survie ont été établies selon la technique de Kaplan–Meier et comparée par le test du log rank . L’analyse de l’association des différents facteurs supposément pronostiques à la survie ont été réalisées.


Résultats

Soixante-douze patients ont été étudiés. Leur devenir est rapporté dans la Figure 1. Le pronostic des 51 patients répondeurs à la chimiothérapie d’induction étaient significativement plus favorable en termes de survie sans progression et de survie globale (p <0,0001 et p =0,025, respectivement). Le pronostic des patients 47 patients opérés étaient significativement plus favorable en termes de survie sans progression et de survie globale (p <0,0001 pour les deux critères). L’analyse multivariée incluant les facteurs significatifs en univariée (p <0,10) faisait ressortir la réponse à la chimiothérapie d’induction et le stade T comme étant des facteurs pronostiques indépendants significativement associés à la survie sans progression (p =0,03 et p =0,04, respectivement) et faisait ressortir le taux de plaquettes avant chirurgie (thrombopénie ou thrombocytose) et la réalisation d’une chirurgie après chimiothérapie d’induction comme étant des facteurs pronostiques indépendants significativement associés à la survie globale (p =0,0014 et p =0,0017, respectivement).


Conclusion

Il semble de meilleur pronostic que les patients répondeurs à la chimiothérapie d’inductions soient opérés au décours de ce traitement.

Quel profil des patients métastatiques hormonosensibles en 2016 ? Enquête descriptive de la pratique et de la prise en charge en France
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 721


Objectifs

Le cancer métastatique de la prostate est une maladie très hétérogène pour laquelle plusieurs facteurs pronostiques ont été identifiés. En France, si l’incidence et l’épidémiologie de la maladie sont étudiées, il existe en revanche peu de données spécifiques sur les patients métastatiques hormonosensibles. Le but cette enquête descriptive est de décrire la prise en charge de ces patients en pratique quotidienne.


Méthodes

L’enquête a été conduite auprès de 98 médecins participants (44 urologues et 54 oncologues médicaux et/ou radiothérapeutes) entre novembre et décembre 2016, via un cahier de recueil (questionnaire de 2 pages) reprenant l’historique de la maladie depuis son diagnostic initial. Au total, 984 cas patient ont été recueillis, pour lesquels un diagnostic de cancer de la prostate métastatique a été posé entre le 1er janvier 2014 et le 31 décembre 2015, qu’il s’agisse d’un primo-diagnostic (cancer de la prostate de novo métastatique) ou d’un cancer de la prostate en récidive métastatique. Un focus particulier a été réalisé chez les patients diagnostiqués métastatiques d’emblée.


Résultats

Cinquante-six pour cent des patients (n =549) ont été diagnostiqués en phase métastatique à partir d’un dosage du PSA (77 %), de douleurs ou d’évènements osseux (50 %). Dans plus de 70 % des cas, l’urologue a géré la prise en charge du patient. L’âge moyen était de 69,4 ans (min 41 ; max 93), 61 % des patients avaient un score de Gleason≥8. Une altération de l’état général était présente dans 26 % des cas (ECOG 2+) et une comorbidité dans 69 %. Quatre-vingt-quinze pour cent présentaient de multiples métastases osseuses, 14 % viscérales. 77 % étaient classés « haut volume » (métastases viscérales ou+de 3 lésions osseuses) et 54 % sont « haut risque » (2 parmi Gleason≥8 et critères haut volume). Tous les patients ont reçu un agoniste LHRH dont 17 % en association avec docétaxel en 2015.


Conclusion

L’urologue reste l’acteur clé de la prise en charge des patients métastatiques en pratique quotidienne. Ces patients restent des patients âgés avec des co-morbidités importantes et une charge tumorale élevée. Les nouvelles recommandations sur l’utilisation de la chimiothérapie précoce par docétaxel sont progressivement adoptées.

Quelle est la place de la radio-embolisation en urgence dans la prise en charge de patients traumatisés rénaux en instabilité hémodynamique ? Résultats de l’étude multicentrique nationale TRAUMAFUF
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 699-700


Objectifs

La plupart des sociétés savantes recommandent une laparotomie en urgence chez les patients traumatisés rénaux arrivés en instabilité hémodynamique (chirurgie « damage control »). Au cours des 10 dernières années, la radio-embolisation s’est largement développée. Toutefois sa place chez les traumatisés rénaux en instabilité hémodynamique n’a jamais été évaluée. L’objectif de cette étude était d’évaluer la place pratique de l’embolisation dans la prise en charge de ces patients.


Méthodes

Nous avons conduit l’étude multicentrique rétrospective nationale TRAUMAFUF incluant les patients pris en charge pour un traumatisme rénal dans 15 centres hospitaliers entre 2005 et 2015. L’instabilité hémodynamique était définie par une pression artérielle systolique<90 mmHg à l’entrée dans le centre hospitalier. Nous avons relevé les données du bilan diagnostique initial : imagerie à l’entrée, grade et nature du traumatisme, lésions associées. Pour les patients instables ayant eu une embolisation en première intention, nous avons relevé la date du premier levé, la nécessité et le motif d’une imagerie de réévaluation, la nécessité d’une transfusion post-embolisation, la durée d’hospitalisation, le taux de réhospitalisation et le taux de complications à long terme.


Résultats

Parmi une cohorte de 1287 patients, 240 patients (18,6 %) étaient arrivés en instabilité hémodynamique. Neuf patients n’avaient pas eu de scanner à l’entrée. Trente-huit patients ont été embolisés, dont 2 n’avaient pas eu de scanner d’évaluation initiale. Six patients (15,8 %) avaient un traumatisme de grade 3, 27 (71,1 %) de grade 4 (21 vasculaires et 6 urinaires) et 5 (13,2 %) de grade 5. Vingt-quatre patients avaient des lésions viscérales et 23 des lésions osseuses associées. Dix patients (26,3 %) avaient eu un traitement complémentaire : 2 chirurgies (5,3 %), 3 embolisations de faux anévrysmes (7,9 %) et 5 traitements endo-urologiques (13,2 %). Six patients (15,8 %) étaient hospitalisés moins d’une semaine et 30 (78,9 %) moins d’un mois. Cinq patients (13,2 %) ont nécessité une réhospitalisation. Un patient (2,6 %) a été suivi à long terme pour une insuffisance rénale chronique et 4 patients (10,5 %) étaient décédés.


Conclusion

Dans cette étude multicentrique, l’embolisation en radiologie interventionnelle précoce des patients arrivés en instabilité hémodynamique semblait être une option thérapeutique efficace et bien tolérée : complications et durée d’hospitalisation étaient limitées. Au vu de ces données, la radio-embolisation pourrait avoir une place chez les patients en instabilité hémodynamique en raison d’un traumatisme rénal.

Quelle valeur donner à une fixation prostatique fortuite sur une tomographie par émission de positon au 18 F-fluorodésoxyglucose (TEP 18 F-FDG) ?
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 702-703


Objectifs

La tomographie par émission de positon au 18F-fluorodésoxyglucose (TEP 18F-FDG) n’a aucune indication recommandée dans le bilan initial du cancer de la prostate. Le TEP-FDG étant un examen de plus en plus accessible avec des indications plus larges, des patients nous sont adressés pour avis concernant une fixation prostatique fortuite. Il n’existe aucune recommandation actuelle précisant l’attitude à adopter dans ce cas. Quelle valeur peut-on accorder à cette fixation fortuite ? Faut-il poursuivre les investigations ou pas ?


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective multicentrique sur 2 ans avec recherche à l’aide des mots clés « prostate » et « prostatique » dans la base de données du service de médecine nucléaire. Les patients inclus devaient avoir une fixation prostatique suspecte de malignité au TEP-FDG (SUV>3,5), moins de 80 ans, une maladie principale à l’origine de la prescription du TEP-FDG contrôlée, un score ECOG≤1, une espérance de vie>10 ans et aucune infection prostatique en cours. Après un dépistage individuel du cancer de la prostate, une série de ponctions biopsies prostatiques était proposée aux patients en précisant l’absence de recommandation validée quand bien même le dépistage individuel était normal.


Résultats

Au total, 4752 patients ont passé un TEP-FDG entre le 1er janvier 2013 et le 31 décembre 2014 dans le service de médecine nucléaire de l’hôpital Sainte-Musse. Trente-neuf (0,8 %) présentaient une fixation prostatique fortuite suspecte et 9 remplissaient les critères d’inclusions. Sept (18 %) patients sur 9 ont accepté les PBP dont 6 avec un PSA>4ng/mL, et 4 avec une anomalie au toucher rectal. Les patients biopsiés avaient entre 53 et 80 ans. Le diagnostic d’adénocarcinome (ADK) prostatique a été retrouvé chez tous les patients biopsiés amenant à un traitement adapté (chirurgie, radiothérapie, hormonothérapie) selon les recommandations française. De plus, nous avons trouvé une concordance de 100 % entre la latéralité de la fixation prostatique et le côté de l’ADK prostatique. Il existait également une concordance de latéralité entre le toucher rectal et l’hyperfixation prostatique (Figure 1, Figure 2).


Conclusion

Le TEP n’a aucune place pour le diagnostic initial de l’ADK prostatique. En cas de fixation prostatique fortuite au TEP-FDG, il faut considérer l’histoire clinique du patient. Il peut exister un réel intérêt de proposer des PBP sur la seule fixation prostatique selon son intensité et le caractère focalisé (sujet jeune), en dépit d’un examen clinique sans anomalie et de d’un taux de PSA normal.

Recueil et analyse d’une cohorte de prostatectomies totales pour cancers de prostate diagnostiqués par IRM et biopsies : prévalence, caractéristiques morphométriques et histopathologiques des cancers antérieurs
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 675


Objectifs

L’imagerie IRM a récemment amélioré le diagnostic des cancers prostatiques. Il y a peu de données publiées concernant les résultats anatomopathologiques des cas de prostatectomies totales (PT) pour cancer antérieur détectés par IRM. L’objectif de notre étude est de faire un recueil et une analyse comparative des cancers antérieurs et postérieurs à l’aide des données des résultats anatomopathologiques des PT, incluant la localisation et l’étendue des foyers tumoraux et des marges d’exérèse chirurgicales (MCP).


Méthodes

Étude de cohorte incluant tous les patients opérés d’une PT de janvier 2009 à juin 2016, pour cancer, et ayant bénéficié d’une IRM prostatique systématique et de biopsies dirigées en cas de présence d’une lésion non échantillonnée par les biopsies systématisées (notamment en cas de lésion antérieure). Recueil effectué dans une base de données des résultats anatomopathologiques des PT : localisation, taille (grand axe), grade tumoral du foyer principal (FP) et secondaire (FS) éventuel, localisation des marges chirurgicales positives et taille des MCP (focales ou étendues, si>3mm). Un cancer antérieur était défini par la présence d’un FP antérieur. Analyse par test du Chi2 et de test de Student.


Résultats

Au total, 1002 patients ont été inclus. L’âge médian était de 63 ans (59–8), le PSA médian de 6,8ng/mL (5,2–9,5). Le FP était antérieur dans 13 % des cas (n =129). Dans 75 % (745) des cas, il existait un FS. Le FS était antérieur dans 13 % des cas (n =92), postérieur dans 85 % des cas (638) et non précisé dans 2 % des cas. Le grand axe tumoral était de 16mm (12–22) pour les FP postérieurs et 20mm (15–24) pour les FP antérieurs (p =0,0006). On retrouvait plus de MCP étendues lorsque le FP était antérieur (19,1 % vs 12,1 %, p =0,04). Il n’existait pas de différence entre le grade (p =0,46) et le stade (p =0,71) tumoral des FP antérieurs vs postérieurs (Figure 1).


Conclusion

L’analyse de cohorte de prostatectomies totales pour cancer diagnostiqué par IRM et biopsies a permis de mettre en évidence que les cancers antérieurs étaient de même grade que ceux de localisation postérieure, mais avaient un plus grand axe tumoral et un taux de MCP étendues plus important. L’impact de ces données sur la survie sans récidive biologique doit être étudié après un délai de suivi d’au moins 5 ans.

Réhabilitation améliorée après chirurgie urologique : une expérience monocentrique prospective évaluant l’impact sur la durée de séjour et les complications péri- et postopératoires
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 742


Objectifs

L’objectif de cette étude est d’évaluer l’impact de la mise en place d’un protocole de réhabilitation améliorée après chirurgie (RAAC) sur la durée de séjour et la morbidité périopératoire chez les patients opérés d’une chirurgie mini-invasive robot-assistée.


Méthodes

Il s’agit d’une étude monocentrique prospective ayant inclus 202 patients consécutifs entre janvier 2016 et mai 2017, dont 162 prostatectomies totales (PT) et 40 néphrectomies partielles (NP) opérés par chirurgie robot-assistée. Le protocole RAAC incluait des mesures pré-, per- et postopératoires anesthésiques (charge glucidique préopératoire, remplissage peropératoire euvolémique, ventilation artificielle protectrice, épargne morphinique, prévention des nausées et vomissements postopératoires,…) et chirurgicales (pas de drainage systématique, ré-alimentation précoce,…), ainsi qu’un suivi quotidien par un infirmier coordinateur en collaboration avec un réseau d’infirmiers libéraux. Nous avons recensé la durée de séjour et les complications périopératoires (durant l’hospitalisation) et postopératoires précoces (<90jours) selon la classification de Clavien-Dindo pour chacune des deux interventions et comparé ces données à celles antérieures au protocole RAAC.


Résultats

La durée moyenne de séjour était de 2,88jours (médiane=3 [1-21]) concernant la PT (versus 4,24 avant RAAC) et de 3,84jours (médiane=4 [2–11]) pour la NP (versus 4,80 avant RAAC). Concernant les complications périopératoires, le taux de complications a été significativement réduit par la mise en place du protocole RAAC, aussi bien pour la PT (6,7 % vs 16,2 %, p =0,02) que pour les NP (16,6 % vs 42,6 %, p =0,01), essentiellement à la faveur des complications mineures (Clavien-Dindo I et II). Concernant les complications postopératoires précoces, nous avons constaté une stabilité du taux de complications par rapport à la période antérieure au protocole RAAC (NP : 6,7 % vs 9,8 %, p =0,62 ; PT : 14,1 % vs 8 %, p =0,15).


Conclusion

La mise en place d’un protocole RAAC standardisé multidisciplinaire a permis de réduire significativement la durée de séjour et le taux de complications périopératoires chez les patients opérés d’une chirurgie mini-invasive robot-assistée, sans augmentation du taux de complications postopératoires à 90jours.

Réimplantation urétérale gauche selon la technique Politano-Leadbetter avec plastie urétérale pour méga uretère par laparoscopie robot assistée
2017
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 808


Objectifs

Le méga uretère congénital obstructif est une pathologie le plus souvent décrite chez l’enfant. Chez notre patient de 56 ans, des douleurs lombaires associées à des pyélonéphrites obstructives récidivantes ont permis la découverte d’un méga uretère gauche sur sténose de la jonction urétérovésicale. Une indication de réimplantation urétérale avec plastie urétérale est retenue par laparoscopie robot assistée.


Méthodes

Le patient est installé en décubitus dorsal avec Trendelenburg de 25°, 3 trocarts robots sont positionnés en para rectal droit et gauche. Deux trocarts sont mis en place pour l’assistant, le robot est arrimé en latéral gauche.

Les principales étapes de l’intervention sont :

– repérage de l’uretère gauche et sa dissection jusqu’à son abouchement trigonal ;

– ouverture de la vessie à sa face antérieure après libération des cornes vésicales ;

– remodelage urétéral gauche par résection d’une bandelette longitudinale ;

– réimplantation urétérovésicale gauche selon la technique Politano-Leadbetter ;

– anastomose urétérovésicale guidée par une sonde JJ ;

– fermeture vésicale.


Résultats

La durée opératoire était de 3heures 30minutes dont le docking, 25minutes. Les pertes sanguines sont estimées à 100cc. Les suites opératoires sont simples. La sonde vésicale est gardée jusqu’à J4. Le patient sortira à J5. La sonde double J sera enlevée à 21jours. L’analyse histologique définitive retrouvait une urétérite chronique.


Conclusion

La réimplantation urétérale selon la technique Politano-Leadbetter est un des traitements de référence du méga uretère obstructif chez l’enfant. Cette technique est duplicable chez l’adulte. La voie laparoscopique robot assistée offre une aide technique précieuse et facilite les sutures.

Réimplantation ureterovésicale avec remodelage ureteral et ablation de calcul par voie cœlioscopique robot-assistée
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 808-809


Objectifs

L’évolution du méga-uretère peut longtemps être silencieuse et le diagnostic porté à l’âge adulte devant les complications de l’obstruction et/ou du reflux. Le traitement de référence vise à corriger l’anomalie anatomique et ainsi prévenir ou ralentir le développement des complications : c’est la réimplantation urétérovésicale avec remodelage urétéral initialement décrit par voie ouverte. Nous proposons ici une alternative par voie cœlioscopique robot-assistée.


Méthodes

Patient âgé de 39 ans pris en charge pour une colique néphrétique aiguë gauche hyperalgique. L’uroscanner montre une dilatation pan urétérale ainsi que 2 macrocalculs enclavés dans l’uretère pelvien et 1 calcul du calice inférieur gauche. Une scintigraphie rénale au DTPA marqué au 99mTc révèle une stase urétérale gauche au cours de la vidange vésicale et un retentissement modéré sur la fonction du rein gauche. L’intervention commence par l’installation du patient en Trendelenburg à 30°. On démarre par la dissection urétérale. On poursuit par sa section permettant l’ablation des calculs pelviens. On réalise ensuite le remodelage urétéral sur 3cm sur une sonde JJ ch8/26 puis la réimplantation urétérovésicale selon la technique de Lich-Gregoir après un remplissage vésical préalable à 350mL.


Résultats

Les pertes sanguines ont été de 30mL et la durée opératoire de 4h. Les suites ont été simples. La sonde vésicale et la sonde JJ ont respectivement été enlevées à J10 et 6 semaines. En endoscopie le néo-méat est situé à 2/3cm en arrière du trigone, légèrement latéralisé à gauche, le rendant facilement accessible par voie endoscopique. L’Analyse SPIR a révélé la présence d’acide urique >90 %. L’alcalinisation sur le calcul caliciel a été efficace avec une diminution de 5mm de son plus grand axe tomodensitométrique en 6 mois.


Conclusion

La réimplantation urétérovésicale avec remodelage urétéral par voie cœlioscopique robot-assistée est une alternative séduisante à la voie ouverte car elle permet, outre d’obtenir des résultats aussi satisfaisants sur la cure du méga-uretère, des suites postopératoires plus confortables liées à l’utilisation de la voie cœlioscopique.

Relecture des pièces de prostatectomie de l’étude ANDROCAN
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 673-674


Objectifs

L’interprétation histologique des pièces de prostatectomie radicale a pour but de confirmer la présence d’un adénocarcinome prostatique, d’en préciser la stadification : pTNM, score de Gleason et état des marges d’exérèse chirurgicale. Ces critères sont parfois sujets à des interprétation individuelles inter-pathologistes avec des coefficient kappa variant de 0,2 à 0,9. Nous rapportons les résultats de la lecture centralisée des foyers index (plus haut stade et/ou de plus haut grade) des pièces de prostatectomie radicale de l’étude ANDROCAN.


Méthodes

Les pathologistes des centres ayant participé à l’étude ANDROCAN ont transmis pour relecture centralisé les lames du foyer index des pièces de prostatectomies radicales (1494 cas sur les 1516 inclus). Les deux pathologistes experts en uropathologie (VM, CR) ont relus de manière anonymes les lames transmises et ont précisé pour chaque cas le score de Gleason, le stade pTNM (2010) et l’état des marges. En cas de discordance entre les deux relecteurs, une troisième lecture au microscope à double tête a été effectuée afin d’obtenir un consensus. Le coefficient de corrélation Kappa a été calculé pour évaluer la reproductibilité interobservateur.


Résultats

La concordance dans l’interprétation du score de Gleason exact (n =1211) est de 36,5 % (Kappa=0,035) avec une sous-évaluation du score dans 24,8 % des cas et une surévaluation du score dans 27,2 % des cas. En regroupant les cas en score de Gleason≤6 ; 3+4 ; 4+3 et ≥8 (n =1190), la concordance est de 36,8 % (Kappa=0,025). La concordance pour la prédominance de grade 4 et/ou 5 a été de 57 % (Kappa=–0,003). L’analyse du stade pathologique effectuée dans 1342 cas retrouve une concordance dans 93,5 % des cas (Kappa=0,86) avec une sous-évaluation du stade dans 2.2 % et une surévaluation du stade dans 4,2 % des cas. L’analyse des marges évaluable pour 1144 cas a montré une concordance dans 96,5 % des cas avec une sous-estimation des marges dans 5,8 % et une sur-estimation dans 16,6 % des cas (Kappa=0,92) Tableau 1, Tableau 2.


Conclusion

Nos résultats montrent qu’en termes d’analyse interobservateur les pathologistes ayant participé à cette étude ont des coefficient de corrélation excellents pour l’évaluation du stade et des marges, supérieurs à ceux rapportés dans la littérature (Kappa=0,58–0,82) mais que l’évaluation du SG et du pourcentage de grade 4/5 reste encore problématique.

Réponse pathologique finale après chimiothérapie néoadjuvante et cystectomie totale : le stade ypT0 associé à une meilleure survie comparé au stade ypTa-pTis-pT1
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 685


Objectifs

La réponse pathologique après chimiothérapie néoadjuvante pour une tumeur de vessie infiltrant le muscle a été proposé comme un critère de substitution pour la survie globale. Cependant, une controverse persiste, à savoir, si l’absence de cancer résiduel (ypT0) ou la présence d’une tumeur de vessie n’infiltrant pas le muscle (ypTa-pTis-pT1) est le critère de substitution optimal. Nous avons cherché à évaluer l’impact sur la survie globale de ces réponses pathologiques dans une cohorte multicentrique rétrospective.


Méthodes

Nous avons revu rétrospectivement les dossiers de patients atteints de cancer urothélial de la vessie ayant reçu une chimiothérapie néoadjuvante suivie d’une une cystectomie totale dans 19 institutions entre 2000 et 2013. Les patients atteints d’une tumeur de vessie cT2-4aN0M0 pN0 ont été sélectionnés. La survie globale a été comparée entre les patients ypT0 et ypTa-pTis-pT1, y compris en analyse multivariée selon un modèle de régression de Cox.


Résultats

Au total, 1543 patients ayant eu une chimiothérapie néoadjuvante suivie d’une cystectomie totale ont été inclus ; 257 étaient ypT0N0 et 207 étaient ypTa-pTis-pT1 sur les pièces opératoires. Selon la méthode de Kaplan–Meier, la survie globale chez les patients ypT0 et ypTa-pTis-pT1, respectivement, étaient de 186,7 mois et de 138 mois, respectivement (p =0,58). En analyse multivariée, les patients ypTa-pTis-pT1N0 ypT0N0 présentaient un risque diminué de mortalité globale (RR 0,36, 95 % IC 0,23–0,67 et RR 0,28, 95 % IC 0,17–0,47, respectivement) par rapport aux patients pT2N0.


Conclusion

Le stade pathologique ypT0 sur les pièces opératoires de cystectomie totale est un bon prédicteur de la survie globale chez les patients ayant reçu une chimiothérapie néoadjuvante. En comparaison, les patients ypTa-pTis-pT1 n’avaient pas un risque de mortalité globale supérieur et sont eux aussi de bon pronostic. Ces résultats peuvent permettre une meilleure information des patients quant à leur pronostic en pratique quotidienne.

Résection bipolaire en-block au plasma versus la résection monopolaire standard dans des cas particuliers des tumeurs non invasives de la vessie–une étude prospective, randomisée à terme médium
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 669


Objectifs

L’étude a été désignée à évaluer une nouvelle technique d’ablation tumorale (résection bipolaire en-block au plasma [REBP], complétée par biopsie de la base d’implantation) et de la comparer à la résection transurétrale de la vessie (RTUV) monopolaire standard. Les deux méthodes ont été appliquées de manière randomisée, dans des cas sélectionnés par le critère de la dimension des tumeurs vésicales non invasives de la musculaire (TVNIM).


Méthodes

Une étude randomisée, à terme médium a enrôlé 140 patients consécutifs diagnostiqués par écographie abdominale et scanner avec contraste qui ont présenté au moins une tumeur papillaire de la vessie de 1 à 3cm en diamètre. Les patients du groupe étude (n =70) ont subi une ablation tumorale en-block au plasma, et une résection bipolaire de la base des tumeurs. Dans le groupe témoin (n =70), on a utilisé la RTUV conventionnelle monopolaire. Le protocole de suivi des patients avec TVNIM confirmés a inclus une cytologie urinaire et une cystoscopie (tous les 3 mois pendant une année). Les cas de cancer invasif de la musculaire ont été exclus.


Résultats

La résection en-block au plasma a été caractérisée par une réduction significative du temps opératoire (18,34 versus 25,93minutes), du cathétérisme (1,58 contre 2,47jours) et de l’hospitalisation (2,09 contre 3,52jours) ainsi qu’une moindre baisse moyenne du niveau de l’hémoglobine (0,41 contre 0,76g/dL). Chez tous les patients inclus, l’analyse pathologique a confirmé la présence de fibres musculaires du détrousseur dans les pièces reséquées. Soixante et un et respectivement 63 des cas de TVNIM des deux groupes ont complété le protocole de suivi. Un taux de récurrence substantiellement réduit a été décrit parmi les patients du bras REBP (9,8 % contre 17,5 %). Cette différence a été liée à la fréquence réduite de manière significative des récurrences orthotopiques retrouvée dans le group étude (6,6 % contre 12,7 %) par comparaison à la série RTUV.


Conclusion

La technique d’ablation en-block au plasma a été caractérisée par une efficacité chirurgicale supérieure, un risqué d’hémorragie bien réduit et une période de convalescence plus courte. Du point de vue du oncologique, on a obtenu un avantage significatif à terme médium, tandis que, parmi les patients de la série REBP on a retrouvé, substantiellement, moins des récurrences hétérotopiques.

Résultat d’une étude prospective de surveillance active dans une population à risque de cancers agressifs
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 679


Objectifs

La surveillance active (SA) est une option thérapeutique dans le cancer de prostate de faible risque. Toute la difficulté réside dans la bonne sélection des patients éligibles à ce traitement. L’objectif de cette étude est d’identifier les facteurs pronostics impliqués dans la sortie de SA.


Méthodes

Il s’agit d’une étude unicentrique incluant des patients originaires d’Afrique subsaharienne de façon prospective de 2005 à 2017. Initialement, la SA était proposée aux patients présentant un cancer de prostate de très faible risque en accord avec les critères français puis depuis 2008 l’étude a été ouverte au patient présentant un cancer de faible risque et aussi ceux ayant un cancer de risque intermédiaire favorable. Une analyse de Kaplan-Meier a été utilisée pour calculer la survie en SA et nous avons recherché des facteurs de sortie de SA au diagnostic avec un modèle de Cox.


Résultats

Nous avons inclus 278 patients. Cent quatre patients étaient sortis de SA à la date du 29/05/2017. Les caractéristiques démographiques et tumorales des patients au moment du diagnostic sont résumées dans le Tableau 1. La survie spécifique et globale à 10 ans était de 100 % et 94,8 %, respectivement. À 2,5 ans, 5 ans et 10 ans, le pourcentage de patients toujours en SA était de 74,46 %, 57,90 % et 43,50 %, respectivement (Figure 1). Le Tableau 2 décrit les causes de sorties de SA. La densité du PSA, l’âge au moment du diagnostic et le volume de la prostate étaient des facteurs de sortie de SA (Tableau 1).


Conclusion

La surveillance active est une alternative thérapeutique sûre dans notre population afro-caribéenne. Elle semble être faisable pour les risques intermédiaires favorables. La densité du PSA est un facteur prédictif d’agressivité tumorale et de sortie de SA.

Résultats à long terme de la transplantation rénale dans les uropathies malformatives du bas appareil : étude multicentrique
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 770-771


Objectifs

L’accès à la transplantation rénale a longtemps été refusé aux patients porteurs d’une uropathie malformative du bas appareil urinaire. Les progrès de la prise en charge pédiatrique de ces patients leur ont donné un accès plus facile à la transplantation. Les données dans la littérature à ce sujet restent rares. L’objectif de cette étude a été l’évaluation de la faisabilité et les résultats de la transplantation rénale dans les uropathies malformatives du bas appareil urinaire.


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective multicentrique dans 3 centres français de transplantation rénale (Montpellier, Nantes et Lyon). Entre le 1er janvier 1996 et le 1er septembre 2016, 123 transplantations chez 112 patients porteurs d’une uropathie malformative du bas appareil urinaire ont été réalisées. Ont été recueillies les données concernant les donneurs, les receveurs, et les aspects techniques de la transplantation. L’objectif principal a été l’analyse de la survie des patients et des greffons. L’objectif secondaire a été l’analyse des complications chirurgicale et infectieuse. La population a été segmentée en fonction du type d’uropathie, et en fonction des gestes urologiques réalisée dans l’enfance ou en préparation à la greffe.


Résultats

Ont été inclus 49 valves de l’urètre postérieur, 21 spina bifida, 13 vessies neurologiques centrales, 14 exstrophies vésicales, 12 syndromes de prune belly, 6 syndromes de Hinman, 4 sinus uro-génitaux et 4 autres pathologies vésicales. Quatorze transplantations ont été réalisées sur entérocystoplastie d’agrandissement, 15 sur dérivation urinaire continente, 29 sur dérivation urinaire incontinente et 65 sur vessie native réhabilitée. Pour l’ensemble des groupes (n =123), la survie des patients à 1, 5, 10 et 15 ans est de 97,48 %, 93,01 %, 89,39 % et 80,04 %. La survie spécifique des greffons à 1, 5, 10, 15 et 20 ans est de 96,65 %, 87,62 %, 77,31 %, 60,63 % et 36,43 % toutes pathologies confondues. Les entérocystoplasties et les dérivations urinaires incontinentes exposent significativement aux pyélonéphrites aiguë du greffons (p =0,02). Il n’y a pas de différence sur la survie des greffons transplantés sur entérocystoplastie, sur dérivations urinaires continente ou incontinente et sur vessie native (Figure 1).


Conclusion

La survie des patients et des greffons dans la transplantation rénale sur uropathie malformative du bas appareil est similaire à celle de la population générale transplantée. Les aspects techniques chirurgicaux et les complications infectieuses n’influencent pas la survie des transplants rénaux. Ainsi, il n’y a donc pas de restriction pour l’accès à la transplantation rénale chez ces patients.

Résultats à long terme du sphincter urinaire artificiel chez les patients spina bifida de sexe masculin
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 760-761


Objectifs

Rapporter les résultats fonctionnels à très long terme après implantation d’un sphincter artificiel urinaire (SAU) chez une population d’homme spina bifida.


Méthodes

De 1982 à 2014, 34 patients spina bifida de sexe masculin ayant une incontinence urinaire par insuffisance sphinctérienne ont bénéficié d’un SAU. Les taux d’explantation et de révision ont été évalués à partir de la date de l’implantation jusqu’à la dernière visite de suivi, en utilisant la méthode de Kaplan–Meier. Le taux de survie des SAU (sans révision ni explantation) en fonction du mode mictionnel (spontané vs sondage intermittent) a également été rapporté. La continence, définie par l’absence de port de protections, a été évaluée au terme du suivi.


Résultats

Au total, 42 SAU ont été implantés chez 34 patients. L’âge médian des patients au moment de la chirurgie était de 19 ans (IQR 15–29). La durée médiane de suivi était de 21 ans (IQR 10–25). Au terme du suivi, 100 % des patients ont eu au moins une intervention. Le taux de survie sans révision des SAU était de 56 %, 31 %, 8 % et 0 % à 10, 15, 20 et 25 ans. Le taux de survie sans explantation était de 77 %, 59 %, 52 % et 45 % à 10, 15, 20 et 25 ans. En considérant le mode mictionnel, la durée médiane sans révision ni explantation est plus logue dans le groupe « miction spontané » que dans le groupe « sondage intermittent » (12,9 ans vs 4,9 ans ; p <0,001). Au terme du suivi, 37 % des patients qui avaient encore leur SAU étaient continents.


Conclusion

Le SAU implanté chez les patient spina bifida de sexe masculin semble offrir à long terme un résultat fonctionnel acceptable mais au prix d’un taux de ré intervention élevé.

Résultats à moyen et long terme de la photo-vaporisation laser Greenlight avec préservation des éjaculations antégrades
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 736


Objectifs

La perte des éjaculations antégrades après traitement chirurgical pour obstruction sous-vésicale d’origine prostatique est un risque associé quelle que soit la technique chirurgicale employée. L’objectif de cette étude a été de rapporter les résultats à moyen et long terme de la photo-vaporisation laser Greenlight avec préservation des éjaculations antégrades.


Méthodes

Tous les patients consécutifs avec symptômes du bas appareil urinaires liés à une obstruction sous-vésicale d’origine prostatique avec indication chirurgicale et sexuellement actifs ont été inclus dans cette étude monocentrique prospective menée entre janvier 2010 et décembre 2013. Un traitement chirurgical endoscopique avec tentative de préservation des éjaculations antégrades a été proposé à tous les patients. Ces derniers ont été informés en préopératoire des risques d’échec de préservation des éjaculations antégrades ainsi que de la récidive précoce de la symptomatologie urinaire. Critères d’évaluation : débit maximal à la débimétrie mictionnelle, résidu post-mictionnel, score IPSS symptôme et qualité de vie, Danish Prostate Symptom Score Sex Questionnaire (DAN-PSSsex). Ces critères ont été évalués à 1–3, 3–6, 6–12, 12–24, 24–36, >36 mois.


Résultats

Soixante-cinq patients ont été inclus avec un âge moyen de 62,15 ans. L’éjaculation antégrade était préservée dans 90,7 % des cas (59/65) entre 1 et 3 mois (Tableau 1). Ce taux restait constant jusqu’à 24–36 mois. Une amélioration significative du débit maximal, du volume mictionnel et du résidu post-mictionnnel était observée à 3 mois. De la même manière, les score IPSS symptôme et qualité de vie étaient significativement diminués. Ces résultats se maintenaient dans le temps jusqu’à 36 mois (Tableau 2). Sept patients (10,8 %) ont été réopérés avec nouvelle tentative de préservation des éjaculations antégrades du fait de la récidive de la symptomatologie urinaire.


Conclusion

Cette étude montre que la préservation des éjaculations antégrades après traitement chirurgical par photo-vaporisation laser Greenlight est possible et que les résultats se maintiennent dans le temps. Les résultats postopératoires fonctionnels obtenus sont comparables à ceux décrits pour les techniques conventionnelles. Les résultats de cette étude interrogent sur la prise en compte de la préservation des éjaculations dans la décision chirurgicale.

Résultats chirurgicaux des poses d’implants péniens après phalloplastie : analyse rétrospective de 95 procédures
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 693-694


Objectifs

La création d’un neophallus est une chirurgie complexe devant répondre à des objectifs esthétiques et fonctionnels. C’est un long et exigeant processus chirurgical dont l’étape finale réside en l’implantation d’une prothèse rigide ou gonflable permettant de reproduire une érection. Les données de la littérature à ce sujet sont rares et peu développées. L’objectif de notre étude était d’analyser les résultats chirurgicaux des patients opérés d’une pose de prothèse pénienne après phalloplastie selon une technique chirurgicale standardisée.


Méthodes

Tous les patients consécutifs opérés d’une pose de prothèse pénienne après phalloplastie de mars 2007 à mars 2015 ont été inclus. Les facteurs associés aux complications ont fait l’objet d’analyse multivariée. Les données ont été recueillies rétrospectivement dans le dossier médical informatisé, incluant les complications précoces survenant au cours du premier mois postopératoire et les complications tardives (érosion, infection, malposition et dysfonction mécanique).


Résultats

Soixante-neuf patients ont été inclus et 95 procédures analysées. Après un suivi moyen de 4 ans, 43 patients (62,3 %) avaient toujours leur implant originel en place. Les patients étaient opérés d’une phalloplastie pour transsexualisme (n =62, 89,9 %), malformation (n =4, 5,8 %), ou traumatisme (n =3, 4,3 %). Les phalloplasties réalisées étaient à 58 % des lambeaux libres antébrachiaux (n =40), 33 % des phalloplasties suprapubiennes (n =23), ou autres (7 %, n =6). Les prothèses érectiles utilisées étaient des AMS Ambicor (n =71, 74,7 %), des AMS Ambicor avec embout de prothèse vasculaire (n =19, 20,0 %), et autres (n =5, 5,2 %). Il n’y a pas eu de complications précoces dans 89 procédures (93,7 %) et si présentes il s’agissait principalement d’infection (n =4, 4,2 %). Les complications tardives étaient des érosions (n =4, 4,2 %), infections (n =4, 4,2 %), dysfonctionnement mécanique (n =10, 10,5 %) et des malpositions (n =12, 12,6 %) (Figure 1) (Tableau 1, Tableau 2).


Conclusion

Cette étude présente les résultats chirurgicaux après l’implantation de prothèse pénienne des patients opérés d’une phalloplastie. Des études multicentriques sont nécessaires afin de préciser les facteurs de risque de survenue de complication ainsi qu’étudier la satisfaction des patients.

Résultats de la néphrectomie partielle robotique durant la phase d’adoption : experience du Moyen-Orient
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 710-711


Objectifs

La néphrectomie partielle robotique constitue la deuxième indication urologique du robot Da Vinci après la prostatectomie radicale. Elle permet des résultats oncologiques similaires à la chirurgie ouverte dans les tumeurs de stade T1 avec moins de morbidité et une récupération plus rapide. Nous décrivons les résultats préliminaires durant la phase d’adoption de la technologie robotique dans notre centre.


Méthodes

Apres accord du Comité d’éthique de l’hôpital américain de Beyrouth, les données de 57 malades ayant bénéficié d’une néphrectomie partielle robotique entre mars 2014 et mars 2017 ont été recueillis. Les paramètres péri- et postopératoires, le score RENAL de néphrométrie et les résultats anatomopathologiques ont été analysés.


Résultats

L’âge moyen des patients était de 58 ans (24–84), et l’IMC était de 31kg/m2 (19–52). Le score RENAL de néphrométrie était bas (4–6), moyen (7–9) et élevé (10+) chez 51 %, 45 % et 4 % des malades respectivement. Le diamètre moyen des tumeurs était de 3cm (1,4–6), le temps opératoire total était de 241min (140–480). Le saignement est évalué à 250mL en moyenne (50–1200) avec un taux de transfusion de 5 %. Le temps d’ischémie chaude était de 17min en moyenne (12–30). Les résultats anatomopathologiques ont révélé 80 % de tumeurs malignes et 20 % de tumeurs bénignes (Tableau 1). Les marges étaient saines sauf pour un cas où la résection était rendue difficile par un clampage artériel incomplet. La durée d’hospitalisation était de 3,7jours (2–6). Le taux moyen de variation de la filtration glomérulaire à un mois de suivi était de–8,2mL/min.


Conclusion

La néphrectomie partielle robotique permet d’excellents résultats oncologiques et fonctionnels même durant la phase d’adoption. Une bonne formation en robotique, la sélection des cas et le travail d’équipe sont des éléments clés pour le succès du programme de chirurgie robotique.

Résultats des injections de collagénase Clostridium histolyticum (CCH) chez les hommes atteints de la maladie de Peyronie
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 689


Objectifs

L’injection intra-plaque de collagénase Clostridium histolyticum (IP-CCH) est une pharmacothérapie approuvée par la FDA et l’EAU pour le traitement des hommes atteints de maladie de Lapeyronie (ML). IMPRESS I et II (Études de phase 3 de la CCH) retrouvaient une amélioration de la courbure de 34 % (–17,0±14,8°), comparativement à une amélioration de 18 % (–9,3±13,6°) dans le groupe placebo. Cette analyse a été menée pour définir les résultats des IP-CCH dans un centre expert.


Méthodes

La population de l’étude comprenait des hommes atteints de ML, avait une maladie stable (plus de 3 mois), et répondaient aux indications de CCH. Les patients recevaient jusqu’à 8 injections de CCH réparties en 4 cycles de traitement. Les évaluations de la courbure étaient réalisées à la première consultation, entre les cycles 2 et 3 et après le cycle 4. Le « pénis extenseur » a été utilisée comme technique de traction pour normaliser la thérapie mécanique post-IP-CCH. Les données anthropométriques des patients, les facteurs de ML et les complications de l’IP-CCH ont été enregistrées. Une analyse multivariée (MVA) a été utilisée pour explorer les prédicteurs d’amélioration. Deux définitions d’amélioration ont été utilisées : >10° et >25 % d’amélioration.


Résultats

Quatre-vingt-trois patients ont été évalués dont 42 avaient complété l’évaluation après 8CCH (Tableau 1). La courbure moyenne était de 44±20°, et diminuait après 4CCH à 40±20° (p =0,01). Pour les 42 hommes qui avaient bénéficié des 8 CCH, leur courbure de base était de 49±26° et diminuait à la fin du traitement à 43±23° (p =0,005). Trois catégories de changements de courbure étaient évaluées : « amélioration » (>10°) ; « Pas de changement » (variation de ±10°) et « aggravé » (>10°). Après 4 IP-CCH : 33 % s’amélioraient, 54 % ne changeaient pas et 13 % empiraient. Après 8 IP-CCH : 36 % s’amélioraient, 43 % ne changeaient pas et 21 % empiraient. Sur l’analyse multivariée, la courbure de base est restée le seul prédicteur significatif d’amélioration (OR=1,04 ; IC 95 % : 1,01–1,07, p =0,04). Pour une amélioration définie comme>25 % : après 4 CCH 31 % s’amélioraient et 41 % après 8 (Tableau 2).


Conclusion

Ces résultats reflètent notre expérience clinique, ce qui est très différent de ceux présentés dans les essais IMPRESS I et II. Environ un tiers des hommes améliorent considérablement leur courbure du pénis et il semble que la réponse maximale survienne après 4 injections de CCH.

Résultats et satisfaction de la bandelette sous-urétrale rétropubienne (BSU TVT) à long terme chez la femme
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 754-755


Objectifs

La bandelette sous-urétrale (BSU) est un traitement courant de l’incontinence urinaire d’effort (IUE) chez la femme. Le but de notre étude est d’évaluer les résultats et la satisfaction des patientes traitées par bandelette sous-urétrale rétropubienne (BSU TVT, tension-free vaginal tape ) avec un recul d’au moins 10 ans.


Méthodes

Étude rétrospective réalisée sur une cohorte de 70 patientes opérées d’une BSU TVT entre avril 2002 et avril 2007 pour une IUE objectivée à l’examen clinique (présence de fuites à l’effort avec test de soutènement positif). Quatorze patientes (20 %) présentaient une IU mixte. L’appréciation du résultat et de la satisfaction étaient recueillies par téléphone avec le questionnaire Ditrovie et des questions portant sur la présence ou non de fuites urinaires, leur abondance, leur caractère à l’effort ou non, le nombre de protections et la satisfaction.


Résultats

Huit patientes ont été exclues (5 décès, 3 démences sévères). Soixante-deux patientes ont été contactées. Le taux de réponses était de 61,3 %, 28/38 patientes se disaient satisfaites (73,7 %), 21/38 patientes étaient continentes (55,3 %), 17/38 patientes décrivaient la persistance de fuites urinaires (44,7 %) dont 4 à l’effort (23,5 %) et 13 sur urgenturies (76,5 %) dont 7 avaient une IU mixte initialement. Au total, 10,5 % des patientes interrogées présentaient des fuites à l’effort à au moins 10 ans de l’intervention. Parmi les patientes ayant toujours des fuites, 14 (82,3 %) portaient des protections dont 10 (26,3 %) plusieurs par jour et 10 (26,3 %) au moins une la nuit. Le score Ditrovie moyen était de 1,37. Les limites de cette étude étaient le caractère rétrospectif, l’absence d’examen clinique pour confirmer la présence ou l’absence de fuites et le caractère subjectif des questions.


Conclusion

Le taux de satisfaction 10 ans après TVT est de 73,7 %. Seules 55,3 % des patientes étaient continentes mais les récidives décrites à l’effort ne sont que de 10 %.

Résultats fonctionnels à long terme après photo-vaporisation laser prostatique au Greenlight XPS
2017
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 788-789


Objectifs

Évaluer pour la première fois les résultats à long terme après photo-vaporisation laser prostatique avec le laser Greenlight XPS(GL-XPS), chez des patients présentant une hypertrophie bénigne de prostate(HBP) symptomatique ou compliquée.


Méthodes

Notre étude a inclus tous les patients traités par photo-vaporisation laser dans notre centre au laser Greenlight XPS de septembre 2010 à septembre 2012 pour le traitement d’une HBP symptomatique ou compliquée. Les résultats fonctionnels ont été évalués par questionnaires, avec l’International Prostate Symptome Score (IPSS), International Continence Society(ICS), International Index of Erectile Function (IIEF5), ainsi que les complications et le taux de ré-opération à long terme. Le taux de PSAt a été mesuré en postopératoire et à long terme.


Résultats

Le taux de réponse au questionnaire était très élevé, 82 %. Au total, 84 patients ont été inclus dans l’analyse. Le suivi moyen était de 57,4±6,8 mois. L’IPSS moyen était significativement amélioré passant de 19,9±6,4 en préopératoire à 8,2±5,7 à 1 mois, 6,16±5,6 à 3 mois et 3,9±3,4 à 12 mois. L’IPSS restait stable à 5,9±5,8 après 48 mois. Le PSAt moyen a diminué significativement après la chirurgie passant de 4,5±4,3ng/mL à 2,0±2,1ng/mL à 1 mois, 2,0±2,0ng/mL à 12mois et il est resté stable à 2,6±2,2ng/mL après 48 mois. Le débit maximal est passé de 9,6±3,8mL/s en préopératoire à 21,8±11,3mL/s à 1 mois, 23,9±11,5mL/s à 3 mois et est resté stable à 12 mois, 25,2±9,2mL/s. Le taux de satisfaction à long terme était de 88 %. Deux patients ont du être réopéré pour repousse adénomateuse et 2 autres pour sclérose du col vésical.


Conclusion

Le laser GL-XPS représente une alternative sure et efficace avec des résultats fonctionnels stables à long terme avec un taux de satisfaction élevé après un suivi minimal de 4 ans. Le taux de ré-opération est faible tous volumes prostatiques confondus.

Résultats fonctionnels à long terme du sphincter urinaire artificiel AMS 800, chez les patientes âgées de plus de 75 ans ayant une incontinence urinaire d’effort par insuffisance sphinctérienne
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 757


Objectifs

Évaluer les résultats fonctionnels à long terme du sphincter urinaire artificiel (SUA) AMS 800 chez les patientes âgées de plus de 75 ans et ayant une incontinence urinaire d’effort (IUE) par insuffisance sphinctérienne.


Méthodes

Nous avons réalisé une étude monocentrique rétrospective incluant toutes les patientes âgées de plus de 75 ans et ayant bénéficié de la pose d’un SUA pour incontinence urinaire entre mars 1991 et décembre 2015. La continence postopératoire était définie par l’absence de port de protection. Les taux de révisions et d’explantation ont été rapportés. Une courbe de survie de Kaplan–Meier a été réalisée afin d’évaluer la survie du SUA sans explantation ni révision (Figure 1).


Résultats

Au total, 45 patientes ont été incluses. L’âge médian des patientes au moment de la chirurgie était de 77 ans (IQR 75–82). La durée moyenne de suivi était de 5 ans (IQR 0,1–17). Trente-sept patientes (82 %) avaient déjà eu au moins une chirurgie pour incontinence avant la pose du SUA. Au total, 32 patientes avaient encore leur SUA à la fin du suivi, sans révision ni explantation. Quatre patientes ont été explantées (une pour infection, deux pour érosion et une pour plaie du grêle au cours d’une révision) et 9 patientes ont eu une révision du matériel. Les taux de survie sans explantation ni révision étaient de 78 % à 5 ans et de 50 % à 10 ans. À la fin du suivi, 69,4 % de patientes étaient sèches.


Conclusion

Le SUA est une option efficace de traitement de l’IUE par insuffisance sphinctérienne dont les résultats fonctionnels à long terme, chez les patientes de plus de 75 ans, sont satisfaisants.

Résultats fonctionnels après chirurgies d’ablation de bandelettes synthétiques
2017
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2017, 13, 27, 755


Objectifs

Les bandelettes synthétiques pour chirurgie d’incontinence urinaire d’effort (IUE) et/ou de prolapsus pelvien peuvent mener à des complications nécessitant des chirurgies supplémentaires. L’objectif de cette étude est d’évaluer les indications de ces chirurgies de révision ainsi que leurs résultats fonctionnels.


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective, réalisée dans un centre tertiaire, dans laquelle toutes les patientes consécutives ayant eu une chirurgie de révision de bandelettes synthétiques, entre janvier 2008 et septembre 2016, ont été incluses. Les données suivantes ont été recueillies : informations démographiques, antécédents médicaux, données liées à la pose initiale de la bandelette, complications postopératoires et prise en charge. Les complications liées à la pose initiale des bandelettes ont été catégorisées selon la classification de complications de prothèses de l’ICS/IUGA.


Résultats

Au total, 140 femmes, d’âge moyen 60,5 ans (écart 35–91), ont eu une chirurgie de révision de bandelettes. Les patientes ont bénéficié des chirurgies suivantes : ablation de bandelette sous-urétrale (BSU) (n =95/140, 67,9 %), section de BSU (n =23/140, 16,4 %), ablation de bandelette après cure de prolapsus pelvien (n =18/140, 12,9 %) et ablation concomitante de BSU et de bandelette après cure de prolapsus pelvien (n =4/140, 2,9 %). Les indications chirurgicales des révisions sont présentées à la Figure 1. Les bandelettes ont majoritairement été révisées à T3 (2 à 12 mois) et T4 (plus de 12 mois). La durée moyenne de suivi était de 20,4 mois (écart 6,0 jours–7,8 ans). Les symptômes de remplissage et de vidange se sont complètement résolus chez 37/59 (62,7 %) et 14/37 (37,8 %) patientes, respectivement. Les douleurs pelviennes/dyspareunies ont été totalement soulagées dans 30/47 (63,8 %) des cas. Les complications des chirurgies de révision sont présentées à la Figure 2.


Conclusion

Les complications liées aux BSU et aux bandelettes après cure de prolapsus pelvien peuvent nécessiter une chirurgie de révision. Bien que la majorité des symptômes ait été soulagée suite aux chirurgies de révision, les patientes doivent être informées du fait qu’ils peuvent perdurer. L’incontinence urinaire d’effort récidivante ou persistante peut nécessiter une chirurgie complémentaire.