Validation linguistique en français du Pelvic Organ Prolapse/Urinary Incontinence Sexual Questionnaire – Révisé IUGA (PISQ-IR)

25 décembre 2013

Auteurs : B. Fatton, J.F. Hermieu, F. Cour, L. Wagner, B. Jacquetin, R. de Tayrac
Référence : Prog Urol, 2013, 17, 23, 1464-1473
Objectif

Proposer la validation linguistique en français du PISQ-IR, questionnaire révisé par l’IUGA, sur la sexualité des femmes présentant un prolapsus génital et/ou une incontinence urinaire et/ou anale.

Méthodes

Le PISQ-IR est un questionnaire validé en anglais, fiable et spécifique des femmes sexuellement actives ou non présentant un trouble de la statique pelvienne. Le processus de validation a respecté les recommandations éditées par l’IUGA et la version française du questionnaire a été obtenue après une double traduction inversée, une rétro-traduction, une revue des traductions par des experts en urogynécologie et une double série de tests de compréhension sur un panel de 25 femmes présentant un trouble de la statique pelvienne suivies dans le service de gynécologie du CHU de Nîmes.

Résultats

Le PISQ-IR est un questionnaire auto-administré qui pallie certaines insuffisances du PISQ dans sa version initiale. Le PISQ-IR compte 20 questions, la 1re question permettant de savoir si la femme est ou non sexuellement active. La section 1 du questionnaire s’adresse ensuite aux femmes sans activité sexuelle et regroupe 5 questions. La section 2 est réservée aux femmes sexuellement actives et comporte 14 ou 12 questions selon que la femme déclare avoir ou non un partenaire sexuel.

Conclusion

Cet article propose la version traduite et validée linguistiquement en français du PISQ-IR. La validation psychométrique est actuellement en cours et sera suivie de la publication du système de scoring et de la version définitive du questionnaire.

Niveau de preuve

3.




 




Introduction


À l'heure où la chirurgie du prolapsus connaît encore, avec l'arrêt de commercialisation de certains kits prothétiques, des turbulences, la question de l'impact de nos chirurgies sur la qualité de vie est au centre des débats. Dans ce climat, l'association sexualité et troubles de la statique pelvienne, longtemps tabou, souvent complexe et toujours riche en symbolique mérite une attention toute particulière. Depuis 2009, nous disposons de la version française validée du PISQ 12 (Pelvic Organ Prolapse/Urinary Incontienence Sexual Function Questionnaire), questionnaire sur la sexualité des femmes présentant un prolapsus génital et/ou une incontinence urinaire [1]. Ce questionnaire spécifique, auto-administré, est aujourd'hui largement utilisé dans la communauté urogynécologique et reste, malgré des imperfections, l'outil de référence pour évaluer le retentissement sexuel d'un prolapsus et/ou d'une incontinence urinaire ou évaluer les patientes avant et après chirurgie. Récemment, le International Urogynecological Association (IUGA) a proposé une version révisée de ce questionnaire, le PISQ-IR (PISQ-IUGA Revised) afin d'optimiser le questionnaire et de corriger certaines de ces insuffisances. Le PISQ-IR, validé en anglais, vient d'être publié [2, 3] et s'impose donc comme la nouvelle référence. En marge de cette publication, l'IUGA a initié, encouragé et contrôlé un large processus de validation internationale afin qu'un grand nombre de pays puissent bénéficier du questionnaire validé dans leur propre langue. Nous avons donc été sollicités pour la validation en langue française et c'est le processus de validation linguistique que nous rapportons ici.


Le PISQ est le seul questionnaire sexuel spécifique du prolapsus. Il est validé en anglais et il est disponible en 2 versions. La version longue, publiée en 2001, comporte 31 questions réparties en 3 domaines à savoir, « comportements/émotions » (15 questions), « aspects liés au partenaire » (6 questions), et « aspects physiques/corporels » (10 questions). La version courte, souvent préférée dans les études cliniques, regroupe 12 questions couvrant les 3 mêmes domaines. Le PISQ 31 et le PISQ 12 ont été validé en langue espagnole respectivement en 2003 [4] et 2008 [5]. La validation linguistique du PISQ 12 en langue française a été réalisée par Fatton et al. en 2009 [1], mais ce questionnaire n'a jamais fait l'objet d'une validation psychométrique en français.


La société savante internationale IUGA a très récemment proposé une version révisée du PISQ (le PISQ-IR) avec pour objectif de pallier à certaines limites du PISQ [3]. Le PISQ-IR permet l'évaluation des femmes sans partenaire ou non sexuellement actives et a été validé dans une population de femmes présentant une incontinence anale, situations qui n'étaient pas prises en compte par le PISQ. Les questions s'organisent selon 3 grands domaines : « l'inactivité sexuelle », « la réponse sexuelle », et « la qualité, la satisfaction et le désir » (Figure 1). Chaque domaine comprend plusieurs subdivisions lesquelles incluent un nombre variable d'items.


Figure 1
Figure 1. 

Organisation conceptuelle du PISQ-IR avec les différents domaines en fonction des populations sexuellement active (SA) ou non sexuellement active (NSA).




Pour les femmes non sexuellement actives (NSA), on individualise 2 domaines : le domaine « inactivité sexuelle » et le domaine « qualité, satisfaction ». Au sein du domaine « inactivité sexuelle », il existe 2 subdivisions : une intitulée « condition spécifique » [NSA - CS (condition specific )] qui évalue l'influence des troubles pelvi-périneaux et de la santé globale sur l'inactivité sexuelle et qui compte 3 items, l'autre dite « reliée au partenaire » [NSA - PR (parter related )] et qui intègre 2 items. Le domaine « qualité, satisfaction » se compose de 2 subdivisions : une évaluant la « qualité sexuelle globale » [NSA - GQ (global quality )] qui comporte 4 items et une intitulée « impact de la condition » [NSA - CI (condition impact )] qui évalue le rôle du prolapsus et/ou des incontinences sur la sexualité.


Pour les femmes sexuellement actives (SA), on sépare 2 domaines. Un 1er domaine dit « réponse sexuelle » qui génère 3 subdivisions. Une 1re qui concerne « l'excitation et l'orgasme » [SA-AO (arousal, orgasm )] qui compte 4 items, une seconde intitulée « questions en relation avec le partenaire » [SA-PR (partner related )] incluant 3 items et une dernière dite « condition spécifique » [SA-CS (condition specific )] de 3 items supplémentaires. Le second domaine est le domaine « qualité, satisfaction, désir » qui comporte 3 subdivisions. La 1re subdivision s'intéresse à la « qualité globale » [SA - GQ (global quality )] et compte 4 items, la seconde évalue le « désir » [SA-D (desire )] en 3 items et la dernière dite « impact de la condition » [SA-CI (condition impact )] qui comporte 4 items.


Au total, le PISQ-IR affiche 20 questions, la 1re question permettant de savoir si la femme est ou non sexuellement active.


Ensuite, la section 1 du questionnaire qui s'adresse aux femmes sans activité sexuelle regroupe 5 questions pour un total de 12 items explorant 2 domaines. La section 2 réservée aux femmes sexuellement actives comporte 14 questions pour un total de 22 items (explorant 2 domaines) si la femme déclare avoir un partenaire, et 12 questions pour un total de 19 items (explorant ces 2 mêmes domaines) si la femme n'a pas de partenaire sexuel.


L'analyse psychométrique détaillée du questionnaire et la détermination du système de scoring ont fait l'objet d'un article spécifique [2]. Les qualités psychométriques du PISQ-IR apparaissent élevées chez les femmes sexuellement actives et sont acceptables chez les femmes non actives sexuellement. Les scores sont établis pour chaque subdivision. Pour être scorée, la moitié des items de la subdivision doivent avoir été complétés. La méthode de scoring recommandée par les auteurs est celle du « calcul moyen » (somme des réponses valides divisée par le nombre d'items avec une réponse valide) mais une méthode un peu plus complexe « la sommation modifiée » peut aussi être utilisée permettant d'obtenir un format homogène de scores selon une échelle métrique de 0 à 100. Aucun score global ne doit pas être calculé, les résultats étant donnés par subdivisions : chez les patientes non sexuellement actives, 4 scores séparés seront produits et chez les femmes sexuellement actives, 6 scores devront être rapportés. La question du scoring ne sera pas abordée davantage ici et fera l'objet d'un prochain article une fois la validation psychométrique du questionnaire finalisée et la formulation des différents domaines validée. La phase de validation psychométrique peut encore théoriquement entraîner la modification d'une ou plusieurs questions et c'est donc au terme du processus global que nous pourrons disposer de la version totalement définitive du questionnaire.


Patientes et méthodes


L'objectif principal de ce travail présenté ici est de décrire le processus de validation linguistique en langue française du PISQ-IR (phase 1). Cette validation linguistique n'est pas une traduction littérale du questionnaire original mais l'élaboration d'une version conceptuellement équivalente facilement compréhensible par les femmes françaises. La validation psychométrique de ce même questionnaire contre un questionnaire non spécifique des troubles de la sexualité féminine (FSFI) est en cours auprès d'une cohorte multicentrique de 300 patientes sexuellement actives ou non, opérées ou non d'un prolapsus génital et/ou d'une incontinence urinaire d'effort. Cette deuxième étape (phase 2) fera l'objet d'une autre publication et est partiellement basée sur l'étude multicentrique randomisée PROSPERE promue par le CHRU de Lille (étude ancillaire) et qui compare chirurgie prothétique par voie vaginale versus promontofixation cÅ“lioscopique dans le traitement des cystocèles de haut grade [6].


Une fois finalisé, ce travail nous permettra de disposer de la version francophone validée du PISQ-R, outil à ce jour de référence internationale et indispensable à la réalisation et à la publication de travaux cliniques sur le prolapsus et/ou les incontinences de la femme.


La validation linguistique du PISQ-IR a fait l'objet d'un projet de recherche (référence CPP 2012.02.07, référence AFSSAPS 2012-A00133-40) qui a reçu un avis favorable du comité de protection des personnes Sud Méditerranée III en date du 8 février 2012. Le protocole de validation a respecté les recommandations de l'IUGA qui a édité un document à l'intention des référents internationaux pour le processus de validation, document qui décrit en détail le protocole de validation complet du PISQ-R (Annexe B).


Le processus de validation linguistique s'organise en plusieurs étapes.


Étape 1 : établir une traduction française initiale du questionnaire (anglais>français) par traduction parallèle inversée


En préambule, une analyse conceptuelle du questionnaire original a été faite par les membres du comité scientifique, porteurs du projet, les Dr B. Fatton et R. de Tayrac, en collaboration avec l'auteur, le Dr Rebecca Rogers et le groupe d'experts de l'IUGA. Cette étape préliminaire est indispensable pour définir les notions sous-jacentes à chaque item et les subtilités propres à certains termes anglais. La traduction forward (vers la langue cible, soit anglais-français) a été confiée à 2 traducteurs indépendants.


Les traducteurs désignés pour ce travail répondaient aux exigences suivantes :

parler et écrire couramment l'anglais et la langue cible (le français) ;
être familiarisés avec les normes sexuelles anglo-saxones ;
être familiarisés avec les normes sexuelles françaises.


Par ailleurs, une connaissance médicale dans les domaines de la statique pelvienne et une expertise dans les étapes de développement d'un questionnaire étaient souhaitables.


La version originale du PISQ-R (items, annotations et notes d'informations sur chaque item), en anglais, a été remise aux 2 traducteurs (T1 et T2) dont la langue maternelle est le français afin qu'ils la traduisent en langue française (Annexe B). La correspondance entre les mots (équivalence sémantique) est difficilement réalisable d'une culture à l'autre compte tenu du vocabulaire et de la grammaire propre à chaque langue. Certaines expressions traduites littéralement n'ont pas de sens dans une autre culture et des expressions propres à la culture ciblée et conservant le sens des items doivent être trouvées (équivalence des expressions). Enfin, certaines situations qui sont évoquées dans la culture de l'instrument d'origine peuvent ne pas correspondre à la réalité dans une autre culture ; ces items devront être remplacés par d'autres situations appropriées à cette culture tout en préservant l'objectif et le sens visé par ces items (équivalence expérientielle). Le même exercice doit être appliqué pour certains concepts, qui traduits littéralement, ne permettent pas la même représentation d'une culture à l'autre (équivalence conceptuelle).


Les traducteurs ont ensuite produit un rapport écrit comprenant la traduction ainsi que des commentaires sur les choix qu'ils ont dû arbitrer, les difficultés rencontrées, les incertitudes.


Les traductions ainsi obtenues ont été colligées par les membres du comité scientifique (CS) qui, travaillant à partir du texte original aussi bien que des deux versions traduites VT1 et VT2, ont élaboré une version synthétique intermédiaire VI. Un rapport écrit documentant le processus de traduction, les problèmes rencontrés et comment ils ont été résolus, a été rédigé et la version préliminaire du questionnaire a été soumise pour avis au comité d'experts indépendants (2 gynécologues, 2 urologues). À l'issue de cette étape, le comité scientifique a validé la version V1 destinée à être testée auprès d'un 1er groupe de patientes.


Étape 2 : effectuer une première série de tests de compréhension (cognitive debriefing ) auprès d'un panel de 15 patientes


Ces tests ont été réalisés en interview face à face par une psychologue clinicienne (P). Cette psychologue recrutée par les porteurs du projet, a été volontaire, intéressée par le projet, à l'aise dans l'approche des troubles de la statique pelvienne et des difficultés sexuelles, familiarisée avec la terminologie qui s'y rapporte et capable de conduire un entretien structuré. Ces entretiens ont été conduits chez 15 patientes volontaires également réparties dans 5 sous-groupes :

3 patientes atteintes d'incontinence urinaire (non encore opérées) ;
3 patientes atteintes de prolapsus (non encore opérées) ;
3 patientes opérées pour incontinence urinaire ;
3 patientes opérées d'un prolapsus par voie vaginale ;
3 patientes opérées d'un prolapsus par voie abdominale.


Ces tests de compréhension ont évalué la formulation initiale, la compréhension des différents termes et ont listé des propositions de reformulation de la part des patientes. Ils ont donné lieu à une indemnisation des patientes de 25€ en dédommagement du temps passé et des frais de déplacement.


Étape 3 : établir une version révisée du questionnaire


Après la 1re série de tests de compréhension, des propositions de modification ont été présentées, discutées puis validées ou amendées par le comité scientifique. La version révisée du questionnaire V1R a été soumise au comité d'experts pour avis et au terme de ce processus a pu être élaborée la version V2 qui a fait l'objet d'une seconde série de tests de compréhension.


Étape 4 : effectuer une seconde série de tests de compréhension auprès d'un panel de 10 autres patientes


Cette seconde série de tests a été réalisée auprès de 10 patientes, 2 dans chacun des sous-groupes préalablement définis. Ces patientes devaient être différentes de celles interviewées lors de la 1re série de tests. Comme pour la 1re série de tests, ces tests ont été réalisés en interview face à face par la même psychologue clinicienne et ont donné lieu à indemnisation forfaitaire de 25€.


Étape 5 : établir la version finale du questionnaire


À l'issue de cette seconde série de tests, le comité scientifique a pu établir la formulation finale de chaque question du questionnaire. Cette version finale française du questionnaire VF a été alors soumise à une rétro-traduction en anglais.


Étape 6 : procéder à une rétro-traduction (français>anglais) : traduction backward


La version VF du questionnaire a été remise à un autre traducteur T3 dont la langue maternelle est l'anglais, ignorant de la version originale du texte, afin qu'il essaie de reproduire la forme anglaise du PISQ-IR à partir des traductions obtenues. La traduction inverse magnifie souvent les ambiguïtés de formulation entre les traductions ; elle constitue seulement un type de contrôle en validation et permet principalement de souligner les contradictions brutes ainsi que les erreurs conceptuelles de la traduction. La remise de la version rétro-traduite (VRT) a été accompagnée d'un rapport écrit.


Étape 7 : adresser la version finale du questionnaire et le questionnaire rétro-traduit au comité spécifique de l'IUGA pour approbation finale


La version finalisée du questionnaire traduit (VF) et la rétro-traduction (VRT) ont ensuite été adressées à l'IUGA pour validation par le groupe de travail en charge des traductions. Ce groupe a approuvé la validation de la version française du PISQ-IR (Annexe 1). À la suite de cette première phase a pu débuter la seconde phase de ce travail, la validation psychométrique du PISQ-IR qui est actuellement en cours et a fait l'objet du dépôt d'un second protocole de recherche clinique.


Résultats


Pour faciliter l'identification du questionnaire et en analogie avec ce qui avait été fait pour le PISQ-12, l'acronyme PISQ-IR a été conservé. Le titre original a été traduit et la formulation « questionnaire révisé par l'IUGA, sur la sexualité des femmes présentant un prolapsus génital et/ou une incontinence urinaire et/ou anale » a été retenu. Les tests de compréhension ont été organisés en avril et mai 2012 dans le service de consultations externes de gynécologie du CHU de Nîmes. La 1re série de tests a concerné 15 femmes d'âge moyen de 54ans (extrêmes 24 et 86ans) dont la langue usuelle était le français et la langue maternelle, le français pour 14 d'entre-elles, et l'arabe pour la dernière. Le niveau d'étude rapporté était le primaire pour 8, le secondaire pour 3 et un niveau d'études supérieures pour 4. Onze de ces femmes étaient mariées, 2 vivaient en union libre et 2 étaient divorcées. Neuf (60 %) étaient sexuellement actives. Sur le plan urogynécologique, la répartition s'établissait comme suit au sein de 5 groupes : IU non opérée (3), IUE opérée (3), prolapsus génital non opéré (3), prolapsus génital opéré par voie vaginale (3), prolapsus génital opéré par voie haute (3). Après la série de tests, 4 questions ont été amendées : la question 4b (choix des termes « suffisante », « insuffisante » à la place des termes « bonne qualité » et « mauvaise qualité »), la question 5c (choix du terme « très affectée » à la place du mot « exaspérée »), la question 9 (modification dans l'ordre des séquences de phrase pour une meilleure compréhension) et la question 11 (rajout de « avec pénétration vaginale » après rapports sexuels).


La seconde série de tests a évalué auprès d'un échantillon de 10 autres patientes ces modifications et la compréhension générale du questionnaire. L'âge moyen était de 59ans (32-80ans) dans ce groupe. La langue maternelle était le français (6), le portugais (1), l'italien (1), l'espagnol (2) mais la langue usuelle était le français dans tous les cas. Six femmes étaient mariées, 3 divorcées, et 1 vivait en union libre. Les niveaux d'étude rapportés étaient primaire (4) secondaire (3) et supérieur (3). La moitié des femmes étaient sexuellement actives et la répartition en fonction du statut urogynécologique était homogène dans les 5 groupes préalablement cités avec 2 patientes dans chaque groupe. À l'issue de cette série d'entretiens, aucune modification n'a été apportée au questionnaire et la version ainsi obtenue a été adressée au comité de traduction de l'IUGA pour validation avant de débuter la phase de validation psychométrique.


Discussion


Les troubles de la statique pelvienne peuvent induire de nombreux symptômes tant au plan urinaire, digestif ou sexuel. L'évaluation de ces symptômes et de leur retentissement est une étape essentielle pour décider d'une stratégie thérapeutique adaptée et optimale et dispose aujourd'hui de questionnaires validés qui ont fait l'objet de traduction en langue française. L'utilisation de ces outils de mesure validés et reproductibles est le préalable indispensable à une prise en charge de qualité et en adéquation avec les attentes de la femme concernée. L'estimation de la gêne fonctionnelle doit rester l'élément primordial pour décider à la fois de la légitimité et du type de la prise en charge. À ce titre, l'évaluation de la sexualité est une étape incontournable et trop souvent encore reléguée au second plan au cours de l'entretien médecin-patiente. Un travail récent a révélé que l'objectif principal d'un recours à la chirurgie pour prolapsus était sexuel chez 3 % des patientes [7]. Seul questionnaire spécifique des femmes présentant un trouble de la statique pelvienne, le PISQ et notamment sa version courte le PISQ 12 s'est imposée depuis sa publication comme l'outil de référence pour l'étude de la sexualité en dépit d'incontestables insuffisances. Le type de scoring notamment, sous forme d'un score global était sujet à caution, pouvant masquer artificiellement un aspect délétère sur l'un des paramètres ou des domaines concernés. De même, aucune part n'était faite aux femmes sans activité sexuelle et le motif de cette inactivité n'était pas pris en compte, sauf à poser des questions non validées à discrétion du thérapeute. Enfin, le mode de scoring par simple addition ne s'avérait pas le plus pertinent conduisant parfois à des erreurs d'évaluation. Ces limites s'avéraient préjudiciables notamment au cours des évaluations pré et postopératoires. C'est le mérite de l'IUGA que d'avoir retravaillé ce questionnaire pour aboutir à la version PISQ-IR plus complète et incontestablement optimisée : prise en compte des femmes non sexuellement actives, disparation du score global au profit de sous scores de domaines plus pertinents, validation auprès de femmes incontinentes anales. Néanmoins, cette optimisation a un coût : celui d'une certaine complexification essentiellement dans la méthode de scoring avec des subdivisions aux items éparpillés qui imposent de disposer d'une version classée par « domaines et subdivisions » dudit questionnaire. Cette version IR du questionnaire reste toujours incomplète pour une vraie évaluation postopératoire et ne donne notamment aucune information « mécanique » sur une dyspareunie postopératoire (raccourcissement, rétrécissement, déviation, distorsion du conduit vaginal, obstacle ou sensation de butée, douleurs positionnelles ou sur exposition de treillis, autant de paramètres utiles à un chirurgien) et n'évalue que très sommairement le ressenti du partenaire. C'est en raison de ces limitations que nous avons développé, au sein d'un groupe d'experts multidisciplinaire, un questionnaire spécifique de l'évaluation pré- et postopératoire des femmes présentant un trouble de la statique pelvienne. Ce questionnaire, français, est actuellement en cours de validation et sera peut être un outil performant dans l'avenir, surtout s'il pouvait faire l'objet d'une validation en anglais. Mais le processus est long et le PISQ-IR constitue donc aujourd'hui l'outil de référence dans cette population spécifique que représentent les femmes avec un prolapsus et/ou une incontinence.


S'il existe aujourd'hui une multiplicité de techniques chirurgicales susceptibles de réparer les troubles de la statique pelvienne leurs conséquences, au plan sexuel, ont longtemps été très mal évaluées. Ce manque est d'autant plus inacceptable que cette chirurgie s'adresse, aujourd'hui, à des femmes de plus en plus jeunes, qui ne vivent plus leur prolapsus ou leur incontinence comme une fatalité mais qui réclament des solutions efficaces et respectueuses de leur qualité de vie. Traditionnellement la promontofixation jouit d'une réputation d'innocuité en termes de sexualité, à la différence des techniques réalisées par voie vaginale beaucoup plus à risque [8]. Ce dogme mérite quand même d'être nuancé car, si les chirurgiens vaginalistes ont fait l'effort ces dernières années d'évaluer de manière rigoureuse les conséquences sexuelles de leur chirurgie, notamment prothétique, force est de constater encore que beaucoup de papiers rapportant les résultats des promontofixations ne font aucun état des résultats sexuels [9], ce qui reprochable dans des séries qui concernent avant tout des femmes jeunes !


Conclusion


La diffusion de la forme révisée du PISQ s'inscrit dans une démarche qualité qui s'impose aujourd'hui à tout professionnel de santé ayant en charge les troubles de la statique pelvienne. La question de la sexualité, trop longtemps laissée au second plan, est devenue primordiale dans une société qui hésite entre le culte de l'image et le respect sans condition de la qualité de vie. Le recours à des outils validés et faciles d'utilisation a optimisé, ces dernières années, l'analyse de l'impact sexuel de l'incontinence et du prolapsus et a permis de mieux évaluer aussi les conséquences des traitements, notamment chirurgicaux sur la fonction sexuelle [10, 11, 12]. Comme le PISQ, le PISQ-IR est initialement publié en langue anglaise et sa validation en langue française constitue une étape essentielle pour à la fois améliorer nos pratiques cliniques et aussi faciliter les publications dans les revues internationales. Ce 1er article propose la version traduite et validée linguistiquement du PISQ-IR et sera suivi par un second volet qui proposera, une fois la validation psychométrique achevée, la version définitive du questionnaire et ses modalités de scoring .


Déclaration d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflits d'intérêts en relation avec cet article.



Annexe 1. PISQ-IR : Sexual Function for Women with POP, Urinary Incontinence and/or Fecal Incontinence


Q1 Laquelle des situations suivantes vous correspond le mieux ?




Je n'ai aucune activité sexuelle  1 □ →  Passez à la question Q2 (Partie 1) 
J'ai une activité sexuelle avec ou sans partenaire  2 □ →  Passez à la question Q7 (Partie 2) 




Partie 1 : pour les femmes non sexuellement actives


Si vous avez une activité sexuelle, merci de cochez cette case □ et passez à la partie 2


Q2 Vous trouverez ci-dessous une liste de raisons pouvant expliquer votre absence d'activité sexuelle. Pour chaque proposition, merci d'indiquer dans quelle mesure vous êtes d'accord ou non pour dire que c'est une raison de votre absence d'activité sexuelle.
Tout à fait d'accordPlutôt d'accordPlutôt pas d'accordTout à fait en désaccordaPas de partenaire□1□2□3□4bCela ne m'intéresse pas□1□2□3□4cEn raison de problèmes de vessie ou de problèmes intestinaux (incontinence urinaire ou fécale) ou à cause d'un prolapsus (sensation ou présence d'une boule dans le vagin)□1□2□3□4dEn raison d'autres problèmes de santé□1□2□3□4eDouleur□1□2□3□4

Tout à fait d'accord Plutôt d'accord Plutôt pas d'accord Tout à fait en désaccord
Pas de partenaire  □1  □2  □3  □4 
Cela ne m'intéresse pas  □1  □2  □3  □4 
En raison de problèmes de vessie ou de problèmes intestinaux (incontinence urinaire ou fécale) ou à cause d'un prolapsus (sensation ou présence d'une boule dans le vagin)  □1  □2  □3  □4 
En raison d'autres problèmes de santé  □1  □2  □3  □4 
Douleur  □1  □2  □3  □4 




Q3 Dans quelle mesure la peur de perdre de l'urine et/ou des selles et/ou de ressentir une boule dans le vagin (descente de la vessie, du rectum ou de l'utérus) vous fait éviter ou restreindre une activité sexuelle ?

1
□ Pas du tou
2
□ Un peu
3
□ Assez
4
□ Beaucoup


Q4 Pour chacune des propositions suivantes, merci d'entourer le chiffre entre 1 et 5 qui représente le mieux la façon dont vous jugez votre vie sexuelle actuelle :
NoteaÉpanouissante12345Non épanouissantebSatisfaisante12345Insatisfaisante



Q5 Merci d'indiquer dans quelle mesure vous êtes d'accord ou non avec les propositions suivantes :
Tout à fait d'accordPlutôt d'accordPlutôt pas d'accordTout à fait en désaccordaJe me sens frustrée par ma vie sexuelle□1□2□3□4bDu fait de mon incontinence et/ou prolapsus, je me sens diminuée sur le plan sexuel□1□2□3□4cJe suis très affectée des répercussions qu'a mon incontinence et/ou mon prolapsus sur ma vie sexuelle□1□2□3□4

Tout à fait d'accord Plutôt d'accord Plutôt pas d'accord Tout à fait en désaccord
Je me sens frustrée par ma vie sexuelle  □1  □2  □3  □4 
Du fait de mon incontinence et/ou prolapsus, je me sens diminuée sur le plan sexuel  □1  □2  □3  □4 
Je suis très affectée des répercussions qu'a mon incontinence et/ou mon prolapsus sur ma vie sexuelle  □1  □2  □3  □4 




Q6 Dans l'ensemble, à quel point votre absence d'activité sexuelle vous perturbe-t-elle ?

1
□ Pas du tout
2
□ Un peu
3
□ Assez
4
□ Beaucoup


Fin des items pour les femmes non sexuellement actives.


Partie 2 : pour les femmes sexuellement actives


Les questions suivantes concernent un domaine qui n'est souvent pas abordé dans un questionnaire. Merci de répondre le plus honnêtement et le plus clairement possible


Q7 À quelle fréquence ressentez-vous de l'excitation sexuelle (physique ou mentale), au cours d'une activité sexuelle ?

1
□ Jamais
2
□ Rarement
3
□ Parfois
4
□ Souvent
5
□ Toujours


Q8 Au cours d'une activité sexuelle, à quelle fréquence vous sentez-vous :
JamaisRarementParfoisSouventPresque toujoursaComblée□1□2□3□4□5bHonteuse□1□2□3□4□5cAnxieuse□1□2□3□4□5



Q9 À quelle fréquence vous arrive-t-il de perdre de l'urine et/ou des selles au cours d'une activité sexuelle, quelle que soit la nature de l'activité sexuelle ?

1
□ Jamais
2
□ Rarement
3
□ Parfois
4
□ Souvent
5
□ Toujours


Q10 En comparaison avec les orgasmes que vous aviez auparavant, quelle est l'intensité de vos orgasmes actuels ?

1
□ Nettement moins intenses
2
□ Moins intenses
3
□ Même intensité
4
□ Plus intenses
5
□ Nettement plus intenses


Q11 À quelle fréquence ressentez-vous des douleurs lors des rapports sexuels avec pénétration vaginale ? (Si vous n'avez pas de rapports sexuels avec pénétration vaginale, cochez cette case □ et passez à la question suivante).

1
□ Jamais
2
□ Rarement
3
□ Parfois
4
□ Souvent
5
□ Toujours


Q12 Avez-vous un(e) partenaire sexuel(le) ?

1
□ Oui → Passez à la question Q13
2
□ Non → Passez à la question Q15


Q13 Avec quelle fréquence votre partenaire rencontre-t-il/elle des problèmes (absence d'excitation, de désir, d'érection, etc.) qui limitent votre propre sexualité ?

1
□ Tout le temps
2
□ La plupart du temps
3
□ Parfois
4
□ Presque jamais/Rarement


Q14 Globalement, diriez-vous que votre partenaire a un impact positif ou au contraire un impact négatif sur ce qui suit ?
Très positifPlutôt positifPlutôt négatifTrès négatifaVotre désir sexuel□1□2□3□4bLa fréquence de votre activité sexuelle□1□2□3□4

Très positif Plutôt positif Plutôt négatif Très négatif
Votre désir sexuel  □1  □2  □3  □4 
La fréquence de votre activité sexuelle  □1  □2  □3  □4 




Q15 Au cours d'une activité sexuelle, vous arrive-t-il de ressentir que vous en auriez voulu davantage ?

1
□ Jamais
2
□ Rarement
3
□ Parfois
4
□ Souvent
5
□ Toujours


Q16 A quelle fréquence ressentez-vous du désir sexuel, ceci pouvant inclure l'envie d'avoir une relation sexuelle, des pensées de nature sexuelle, des fantasmes... ?

1
□ Tous les jours
2
□ Toutes les semaines
3
□ Tous les mois
4
□ Moins d'une fois par mois
5
□ Jamais


Q17 Selon vous, quel est le niveau de votre désir sexuel ou de votre intérêt pour le sexe ?

1
□ Très élevé
2
□ Elevé
3
□ Modéré
4
□ Faible
5
□ Très faible voire nul


Q18 Dans quelle mesure la peur de perdre de l'urine, des selles et/ou de ressentir une boule dans le vagin (prolapsus) vous fait éviter une activité sexuelle ?

1
□ Pas du tout
2
□ Un peu
3
□ Assez
4
□ Beaucoup


Q19 Pour chacune des propositions suivantes, merci d'entourer le chiffre entre 1 et 5 qui représente le mieux la façon dont vous jugez votre vie sexuelle actuelle :
NoteaÉpanouissante12345Non épanouissantebSatisfaisante12345InsatisfaisantecEn confiance12345Inquiète



Q20 Merci d'indiquer dans quelle mesure vous êtes d'accord ou non avec les propositions suivantes :
Tout à fait d'accordPlutôt d'accordPlutôt pas d'accordTout à fait en désaccordaJe me sens frustrée par ma vie sexuelle□1□2□3□4bDu fait de mon incontinence et/ou prolapsus, je me sens diminuée sur le plan sexuel□1□2□3□4cJe ressens de la gêne vis-à-vis de ma vie sexuelle□1□2□3□4dJe suis très affectée des répercussions qu'a mon incontinence et/ou mon prolapsus sur ma vie sexuelle□1□2□3□4

Tout à fait d'accord Plutôt d'accord Plutôt pas d'accord Tout à fait en désaccord
Je me sens frustrée par ma vie sexuelle  □1  □2  □3  □4 
Du fait de mon incontinence et/ou prolapsus, je me sens diminuée sur le plan sexuel  □1  □2  □3  □4 
Je ressens de la gêne vis-à-vis de ma vie sexuelle  □1  □2  □3  □4 
Je suis très affectée des répercussions qu'a mon incontinence et/ou mon prolapsus sur ma vie sexuelle  □1  □2  □3  □4 





Annexe B. Matériel complémentaire


(3.78 Mo)
  
(137 Ko)
  




Je n'ai aucune activité sexuelle  1 □ →  Passez à la question Q2 (Partie 1) 
J'ai une activité sexuelle avec ou sans partenaire  2 □ →  Passez à la question Q7 (Partie 2) 





    Tout à fait d'accord  Plutôt d'accord  Plutôt pas d'accord  Tout à fait en désaccord 
Pas de partenaire  □1  □2  □3  □4 
Cela ne m'intéresse pas  □1  □2  □3  □4 
En raison de problèmes de vessie ou de problèmes intestinaux (incontinence urinaire ou fécale) ou à cause d'un prolapsus (sensation ou présence d'une boule dans le vagin)  □1  □2  □3  □4 
En raison d'autres problèmes de santé  □1  □2  □3  □4 
Douleur  □1  □2  □3  □4 





    Note 
 
Épanouissante  Non épanouissante 
Satisfaisante  Insatisfaisante 





    Tout à fait d'accord  Plutôt d'accord  Plutôt pas d'accord  Tout à fait en désaccord 
Je me sens frustrée par ma vie sexuelle  □1  □2  □3  □4 
Du fait de mon incontinence et/ou prolapsus, je me sens diminuée sur le plan sexuel  □1  □2  □3  □4 
Je suis très affectée des répercussions qu'a mon incontinence et/ou mon prolapsus sur ma vie sexuelle  □1  □2  □3  □4 





    Jamais  Rarement  Parfois  Souvent  Presque toujours 
Comblée  □1  □2  □3  □4  □5 
Honteuse  □1  □2  □3  □4  □5 
Anxieuse  □1  □2  □3  □4  □5 





    Très positif  Plutôt positif  Plutôt négatif  Très négatif 
Votre désir sexuel  □1  □2  □3  □4 
La fréquence de votre activité sexuelle  □1  □2  □3  □4 





    Note 
 
Épanouissante  Non épanouissante 
Satisfaisante  Insatisfaisante 
En confiance  Inquiète 





    Tout à fait d'accord  Plutôt d'accord  Plutôt pas d'accord  Tout à fait en désaccord 
Je me sens frustrée par ma vie sexuelle  □1  □2  □3  □4 
Du fait de mon incontinence et/ou prolapsus, je me sens diminuée sur le plan sexuel  □1  □2  □3  □4 
Je ressens de la gêne vis-à-vis de ma vie sexuelle  □1  □2  □3  □4 
Je suis très affectée des répercussions qu'a mon incontinence et/ou mon prolapsus sur ma vie sexuelle  □1  □2  □3  □4 




Références



Fatton B., Letouzey V., Lagrange E., Mares P., Jacquetin B., de Tayrac R. [Validation of a French version of the short form of the Pelvic Organ Prolapse/Urinary Incontinence Sexual Questionnaire (PISQ-12)] J Gynecol Obstet Biol Reprod (Paris) 2009 ;  38 : 662-667 [inter-ref]
Rockwood T.H., Constantine M.L., Adegoke O., et al. The PISQ-IR: considerations in scale scoring and development Int Urogynecol J 2013 ;  24 : 1105-1122 [cross-ref]
Rogers R.G., Rockwood T.H., Constantine M.L., et al. A new measure of sexual function in women with pelvic floor disorders (PFD): the Pelvic Organ Prolapse/Incontinence Sexual Questionnaire, IUGA-Revised (PISQ-IR) Int Urogynecol J 2013 ;  24 : 1091-1103 [cross-ref]
Romero A.A., Hardart A., Kobak W., Qualls C., Rogers R. Validation of a Spanish version of the Pelvic Organ Prolapse Incontinence Sexual Questionnaire Obstet Gynecol 2003 ;  102 : 1000-1005 [cross-ref]
Pons E.M., Clota P.M., Aguilon G.M., Zardain P.C., Alvarez R.P. [Questionnaire for evaluation of sexual function in women with genital prolapse and/or incontinence. Validation of the Spanish version of "Pelvic Organ Prolapse/Urinary Incontinence Sexual Questionnaire (PISQ-12)"] Actas Urol Esp 2008 ;  32 : 211-219
Lucot J.P., Fritel X., Debodinance P., et al. [PROSPERE randomized controlled trial: laparoscopic sacropexy versus vaginal mesh for cystocele POP repair] J Gynecol Obstet Biol Reprod (Paris) 2013 ;  42 : 334-341 [inter-ref]
Shveiky D., Sokol A.I., Gutman R.E., Kudish B.I., Iglesia C.B. Patient goal attainment in vaginal prolapse repair with and without mesh Int Urogynecol J 2012 ;  23 : 1541-1546 [cross-ref]
Fatton B. [Sexual outcome after pelvic organ prolapse surgery] Prog Urol 2009 ;  19 : 1037-1059 [inter-ref]
Ganatra A.M., Rozet F., Sanchez-Salas R., et al. The current status of laparoscopic sacrocolpopexy: a review Eur Urol 2009 ;  55 : 1089-1103 [cross-ref]
Gauruder-Burmester A., Koutouzidou P., Tunn R. Effect of vaginal polypropylene mesh implants on sexual function Eur J Obstet Gynecol Reprod Biol 2009 ;  142 : 76-80 [cross-ref]
Kuhn A., Hausermann A., Brandner S., Herrmann G., Schmid C., Mueller M.D. Sexual function after sacrocolpopexy J Sex Med 2010 ;  7 : 4018-4023 [cross-ref]
Thibault F., Wagner L., Rouvellat P., et al. [Sexual function before surgery for pelvic organ prolapse] Prog Urol 2012 ;  22 : 665-670 [inter-ref]






© 2013 
Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.