Urétéroscope souple réutilisable ou non : de la souplesse à tous niveaux ? Comparaison des coûts et de l’impact organisationnel de ces dispositifs

05 novembre 2020

Auteurs : V. Bertucat, P. Luque, S. Hurel, F. Audenet, C. Dariane, M.O. Timsit, J. Pineau, A. Mejean, N. Martelli
Référence : Prog Urol, 2020, 13, 30, 701
Objectifs

Plusieurs études ont déjà porté sur l’intérêt de l’urétéroscope souple à usage unique (URSUU) par rapport aux urétéroscopes réutilisables (URSUM). Afin de prendre en compte l’ensemble des données « en vie réelle » et déterminer la place d’une technique par rapport à l’autre, une évaluation économique comparative doit être menée mais également la mesure de l’impact organisationnel (IO) au sein des établissements de santé.

Méthodes

Dans notre établissement, nous souhaitons réaliser les urétéroscopies souples en ambulatoire, activité pour l’instant réservée au bloc classique. Une étude de micro-costing menée pendant le 1er trimestre 2020 a permis d’estimer le coût des étapes spécifiques à l’utilisation des URSUM (désinfection, prélèvements par l’hygiène, maintenance) en prenant en compte les dépenses en ressources humaines, le coût des équipements et les consommables utilisés. L’IO a été évalué par une analyse des modes de défaillance, de leurs effets et de leurs criticité (AMDEC) modifiée qui a été réalisée en concertation avec chacun : urologues, infirmiers de bloc opératoire, aide-soignants, techniciens de laboratoire et biomédicaux.

Résultats

Le coût d’une intervention avec URSUM pour 114 urétéroscopies souples annuelles a été évalué à 262,70€ HT. Trois fournisseurs (A, B et C) nous proposent des URSUU à respectivement 665€ HT (A), 950€ HT (B) et 629€ HT (C) ; les frais liés à la réalisation des commandes, la gestion de leur réception et l’élimination des dispositifs ont été ajoutés. Le nombre d’interventions/an pour lequel l’usage unique serait aussi coûteux que l’usage multiple s’élève à 39 pour le fournisseur A, 28 pour B et 40 pour C. En parallèle, l’AMDEC révèle 3 IO critiques liés à l’utilisation des URSUM : la qualité d’image insuffisante liée à l’ancienneté du matériel réutilisable ; la réalisation difficile des prélèvements bisannuels obligatoires ; le risque de perte de matériel associé aux envois en maintenance.

Conclusion

Les URSUU représentent un surcoût. Leur utilisation pourrait être restreinte aux indications diagnostiques (9,6 %) en ambulatoire dans notre hôpital. Les 3 URSUU devront être testés dans cette optique. L’AMDEC modifiée souligne les risques de contamination du patient, de difficultés opératoires et un impact logistique important en cas de panne associés aux URSUM qui seront atténués si leur utilisation baisse.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






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