Troubles vésico-sphinctériens associés à l’endométriose profonde : revue de la littérature

25 janvier 2018

Auteurs : A. Grouin, A. Florian, A.C. Sans Mischel, O. Toullalan
Référence : Prog Urol, 2018, 1, 28, 2-11
Contexte

Chez les patientes atteintes d’endométriose profonde, les troubles vésico-sphinctériens sont responsables d’une altération de la qualité de vie indépendamment des douleurs chroniques pelviennes ou des dyspareunies. La chirurgie qui est le principal traitement de l’endométriose profonde peut également engendrer des troubles vésico-sphinctériens. Leur recherche et leur prise en charge sont donc indispensables chez les femmes atteintes d’endométriose.

Objectif

Déterminer le type de troubles vésico-sphinctériens associés à l’endométriose profonde, leur éventuel lien avec la localisation anatomique de l’endométriose et leur pronostic après une chirurgie. D’autre part, nous avons étudié les troubles vésico-sphinctériens postopératoires en précisant leur nature, leur moyen de prévention et leur prise en charge.

Sources documentaires

Une revue systématique de la base de données PubMed® a été effectuée à l’aide des mots clés suivants : « deep endometriosis », « urinary disorders », « voiding dysfunction » et « urinary dysfunction ».

Sélection des études

Les critères d’inclusion étaient les articles originaux publiés en anglais ou en français, concernant les études rétrospectives, prospectives et les revues de la littérature.

Résultats

Dans un contexte d’endométriose profonde vésicale, les troubles vésico-sphinctériens (TVS) sont présents chez plus de 50 % des patientes. La résection du nodule endométriosique permet une franche amélioration, voire une disparition de ces troubles. Dans un contexte d’endométriose profonde de l’étage postérieur du pelvis, des TVS sont mis en évidence même en l’absence de plainte fonctionnelle urinaire. Les TVS sont plus fréquents en cas d’atteinte colorectale et leur taux varie de 2 à 50 % selon les auteurs. La chirurgie de résection d’une endométriose postérieure, améliore les symptômes décrits en préopératoire, mais est également pourvoyeuse de TVS de novo pouvant aller jusqu’à 47,5 %. La prévention des TVS de novo est basée sur la technique de « nerve sparing », c’est-à-dire de préservation des nerfs végétatifs, permettant de diminuer les taux de complications postopératoires en dessous de 1 % pour certains auteurs.

Conclusion

Les TVS associés à une endométriose profonde ont un bon pronostic si leur prise en charge est adaptée. Ils doivent être systématiquement recherchés par un interrogatoire rigoureux intégrant un questionnaire validé. Un examen urodynamique peut être discuté en présence d’endométriose vésicale, y compris chez les patientes asymptomatiques d’un point de vue urinaire. La prise en charge des TVS nécessite une résection complète des nodules d’endométriose profonde. Dans le cadre d’une endométriose postérieure, il faut réaliser une dissection respectant les nerfs végétatifs rétropéritonéaux.




 




Introduction


L'endométriose profonde (EP) pelvienne est connue depuis de nombreuses années pour être pourvoyeuse de troubles vésico-sphinctériens (TVS). Ces troubles passent encore souvent au second plan, par rapport aux douleurs pelviennes chroniques, aux dyspareunies ou encore à l'infertilité. Ils sont pourtant responsables d'une altération de la qualité de vie. La multifocalité des lésions d'endométriose et l'hétérogénicité des symptômes fonctionnels urinaires, ainsi que leur physiopathologie rendent l'analyse des TVS parfois complexe. L'EP présente souvent différentes localisations anatomiques, notamment au niveau pelvien. Dans la littérature il est courant de différencier l'atteinte des voies urinaires de celle postérieure. Dans les cas de l'endométriose des voies urinaires (2 à 6 % des cas), c'est la vessie qui est principalement concernée [1]. L'endométriose infiltre l'épaisseur du détrusor ce qui engendre directement les symptômes urinaires. Lorsque l'EP atteint la partie postérieure du pelvis (94 % des cas environ), les organes suivants peuvent être impliqués : rectum, cloison rectovaginale, ligaments utéro-sacrés (US) et paramètres. Ces localisations entraînent de façon fréquente des TVS, alors qu'il peut ne pas y avoir d'atteinte vésicale associée. Dans ce cas, les TVS sont expliqués par les implants d'endométriose localisés sur le péritoine qui provoquent une infiltration des plexus nerveux rétropéritonéaux notamment des nerfs hypogastriques et du plexus hypogastrique inférieur [2]. Ce système nerveux végétatif contient les fibres parasympathiques et sympathiques à l'origine de l'innervation vésicale sensitivomotrice ; son atteinte provoque donc des troubles vésico-sphinctériens différents en fonction du niveau de la lésion. Le non-respect du nerf hypogastrique contenant des fibres sympathiques entraîne une incontinence urinaire, une hyperactivité vésicale ou une vessie neurogène. Les lésions des nerfs splanchniques pelviens sont, elles, responsables d'atonie vésicale. Enfin, l'atteinte du plexus hypogastrique inférieur entraîne des troubles de la sensibilité vésicale et de la contraction détrusorienne [3]. Dans cette population de femmes jeunes en âge de procréer, il faut également savoir prendre en compte les TVS liées à d'autres étiologies que l'endométriose (surpoids, atteinte neurologique périphérique notamment le diabète, TVS idiopathiques). Par ailleurs, des TVS sont décrits dans un contexte postopératoire, la chirurgie étant le principal traitement de l'EP symptomatique. Les TVS, sont dans ce cas également, liés aux lésions peropératoires des plexus nerveux végétatifs pelviens.


Que ce soit par atteinte détrusorienne directe, par infiltration ou par lésion directe du système nerveux végétatif, les TVS sont donc associés à l'EP. Afin de proposer une prise en charge adaptée et optimale des TVS associés à l'endométriose, nous avons cherché à préciser leur nature exacte, leur éventuel lien avec la localisation anatomique de l'endométriose et leur devenir post-chirurgical. D'autre part, nous avons analysé les TVS postopératoires de novo en précisant leur nature, leur moyen de prévention et leur prise en charge. Pour cela, nous avons réalisé une revue de la littérature portant sur la présence de TVS associée à une EP, avec ou sans contexte chirurgical, et dans le cas d'une chirurgie, avant et après l'intervention.


Matériel et méthodes


Nous avons réalisé une étude de la littérature à partir de la base de données PubMed. Une revue systématique a été faite à partir des termes MesH suivants : « deep endometriosis », « urinary disorders », « voiding dysfunction » et « urinary dysfunction ». Les articles sélectionnés étaient tous ceux publiés en français et en anglais jusqu'en avril 2017. Les articles ont été sélectionnés sur la base du titre, puis du résumé et enfin de l'article intégral. L'analyse des articles concernait les études rétrospectives et prospectives, ainsi que les revues de la littérature.


Quatre-vingt-huit articles ont été identifiés par la recherche PubMed dont 83 en anglais ou en français (soit 5 exclus pour raison linguistique). Quarante-six articles ont été exclus car non pertinents pour notre étude (le plus souvent en rapport avec l'endométriose urétérale, les biomarqueurs d'endométriose, l'imagerie ou encore la grossesse). Au total, 37 articles ont été pris en compte dans leur intégralité (Figure 1).


Figure 1
Figure 1. 

Diagramme de flux selon la méthode PRISMA.





Résultats


Troubles vésico-sphincteriens avant une chirurgie d'endométriose profonde


Chez une patiente souffrant d'endométriose infiltrante profonde, la fréquence des troubles fonctionnels urinaires (TFU) paraît souvent faible comparée aux autres symptômes gynécologiques ou digestifs ; en réalité elle dépend surtout de la localisation de l'endométriose. Dans une revue de la littérature de 2012, le taux de TFU variait de 2 à 48 % lorsque l'endométriose concernait l'étage postérieur du pelvis, alors qu'il était entre 24,4 et 79,2 % lorsque l'endométriose atteignait l'appareil urinaire [4]. Cette tendance a été confirmée plus récemment par Knabben et al. qui ont étudié 213 patientes atteintes d'EP et dont un peu plus de la moitié avait une lésion des voies urinaires [5]. Parmi celles porteuses de lésion vésicale isolée, 68,8 % se plaignaient de symptômes urinaires contre seulement 7,9 % dans le groupe sans atteinte des voies urinaires. En cas d'atteinte isolée du pelvis postérieur il existe également des TFU, longtemps sous évalués car peu étudiés. Ballester et al. ont mis en évidence, dans une étude prospective, que quelle que soit la localisation anatomique de l'EP postérieure, il y avait une augmentation des TFU chez les femmes porteuses d'EP comparé aux femmes indemnes d'endométriose : ces patientes avaient significativement plus de symptômes mictionnels, une qualité de vie plus altérée et un International Prostate Symptom Score (score IPSS) plus augmenté [6]. En pratique courante, les nodules endométriosiques de l'étage postérieur du pelvis coexistent fréquemment avec des nodules du muscle vésical, engendrant ainsi une grande variété de symptômes urinaires [7]. Certains auteurs ont cherché à mieux préciser ces symptômes, lors de consultations préopératoires soit par un simple interrogatoire [8, 9, 10, 11, 12, 13], soit par le biais de questionnaires standardisés tels que l'IPSS, le Bristol Female Lower Urinary Tract Symptom Questionnaire (questionnaire BFLUTS) [6, 14, 15] ou encore le Pelvic Floor Distress Inventory (PFDI) et le Measurement of Urinary Handicap (MUH) [16]. Les différents symptômes retrouvés en fonction des auteurs sont résumés dans le Tableau 1. Les symptômes les plus fréquents sont la dysurie et les troubles mictionnels. La fréquence des symptômes est extrêmement variable en fonction de la façon dont ils sont recherchés et varie entre 4 et 100 %. Ces chiffres sont beaucoup plus disparates que les taux retrouvés dans la revue de la littérature de Fadhlaoui et al. [17], qui lui, met en évidence la présence des symptômes urinaires allant de 3,4 à 15,4 %. On constate dans l'ensemble des études que nous avons relevées que lorsque l'endométriose est à minima vésicale, le taux de TFU est toujours supérieur à 50 %, et quand l'endométriose n'atteint que le compartiment postérieur, ce taux est inférieur à 50 % (avec tout de fois dans la série de 12 patientes de Lapasse et al., 67 % de patientes se plaignant de au moins 1 TFU [13]). Les études d'Azaïs et al. [9] et Dubernard et al. [15] retrouvent les plus faibles taux de TFU. Dans l'étude rétrospective d'Azaïs et al., il s'agit de TFU présents en préopératoire chez 16 patientes ayant été sélectionnées parmi 881 femmes opérées d'une EP car elles répondaient au critère de rétention mictionnelle postopératoire. Ces taux ne reflètent donc pas au mieux ceux de la population générale de patientes atteinte d'EP. Dans l'étude de Dubernard et al., les taux de TFU mis en évidence par le questionnaire BFLUTS sont nettement moins importants que ceux relevés par Ballester et al. [6]. Pourtant, les effectifs sont sensiblement les mêmes (respectivement 86 et 50 patientes), la localisation de l'EP et le questionnaire standardisé sont les mêmes. Mais les items ne sont pas rapportés de la même façon par ces 2 auteurs. Alors que Ballester et al. rapportaient des troubles mictionnels à 22 %, Dubernard et al. détaillaient ces troubles mictionnels (miction incomplète, miction par poussée, arrêt du débit, jet hésitant) avec par conséquent des taux plus faibles pour chaque sous-groupe, mais qui tous cumulés dans un groupe « troubles mictionnels » atteindraient des taux plus élevés.


Certains auteurs ont cherché à mettre en évidence un lien entre TFU et localisation anatomique de l'EP. Panel et al. dans leur étude prospective portant sur 30 patientes (20 avec atteinte antérieure et postérieure, 10 avec atteinte uniquement postérieure) ne montraient pas de différence significative sur le taux de TFU entre ces 2 groupes [16]. Mais pour d'autres, la localisation anatomique de l'endométriose semble significativement corrélée aux TFU. Ainsi, dans la série de Knabben et al. [5], le taux de dysurie était significativement plus important dans le groupe atteint d'endométriose vésicale que dans celui atteint d'endométriose postérieure (67 % versus 6 %). Pour Ballester et al. [14], le score IPSS et le questionnaire BFLUTS mettaient en évidence que l'endométriose des paramètres est associée de façon significative à une augmentation symptômes urinaires (et notamment mictionnels), à une altération de la qualité de vie et à un score IPSS augmenté. Ce même auteur a démontré dans une autre étude que l'endométriose colorectale et vaginale est associée à une augmentation du score mictionnel et que les patientes avec une atteinte colorectale ont un score BFLUTS de qualité de vie plus altéré [6].


Afin d'étayer encore plus les troubles vésico-sphinctériens dans l'endométriose profonde quelques auteurs ont réalisé de façon systématique un examen urodynamique (EUD) avant la prise en charge chirurgicale [6, 16, 18, 19]. L'ensemble des anomalies urodynamiques constatées dans les différentes séries est résumé dans le Tableau 2. Les taux d'anomalies révélées par les EUD sont relativement élevés, puisqu'on retrouve au moins une anomalie dans 48 % [6], 83 % [13], voire 97,6 % des cas [16] en fonction des séries. Les anomalies les plus récurrentes sont l'augmentation de la pression de clôture urétrale maximale, l'hyperactivité et l'hypersensibilité vésicale. Par ailleurs, chez des patientes atteintes d'endométriose et asymptomatiques d'un point de vue urinaire, ces troubles vésico-sphinctériens sont significativement plus fréquents lorsque l'endométriose est infiltrante et profonde. C'est ce que démontre Serati et al. en opposant un groupe de 12 femmes atteintes d'EP postérieure (avec une taille moyenne de l'endométriose de 3,1mm) à un groupe contrôle de 13 femmes atteintes d'endométriose ovarienne [19]. Les patientes des 2 groupes, qui n'exprimaient aucune plainte fonctionnelle urinaire, ont toutes réalisé un EUD avant leur opération. Une hyperactivité détrusorienne était significativement plus fréquente chez les patientes du groupe EP postérieure (91,7 % versus 7,7 %). Tous les paramètres de la cystométrie et du détrusor étaient significativement plus altérés dans le groupe EP postérieure ; la pression détrusorienne maximale était plus importante dans ce même groupe. Les résultats concernant l'association entre localisation anatomique de l'EP et les anomalies à l'EUD sont discordants. Pour certains auteurs [13, 18], les résultats des EUD préopératoires n'avaient pas de lien significatif avec la localisation anatomique, la taille ou encore le nombre de lésions de l'endométriose. En revanche Panel et al. [16] constataient que les patientes ayant une EP postérieure associée à une localisation vésicale ont une hypersensibilité vésicale et une douleur au remplissage vésical significativement plus importantes que celles ayant uniquement une EP postérieure.


La fréquence des troubles vésico-sphinctériens associés à l'endométriose profonde (avec ou sans atteinte vésicale) justifie donc de les rechercher systématiquement par un interrogatoire rigoureux et à l'aide d'un questionnaire standardisé qui, s'il n'est pas recommandé en pratique courante, a l'avantage de qualifier et quantifier ces anomalies. L'intérêt d'un EUD systématique n'est pas démontré, mais pourrait être proposé en cas de localisation vésicale qui semble être plus pourvoyeuse d'anomalies.


Troubles vésico-sphinctériens après une chirurgie d'endométriose profonde


TVS préexistants à la chirurgie


Il existe dans certains articles que nous avons déjà détaillés, une comparaison entre les TVS avant et après la chirurgie d'endométriose. Même si ces études sont peu nombreuses et portent sur de petits effectifs, elles sont toutes en faveur d'une amélioration franche, voire complète des symptômes en postopératoire. Dans l'étude de Chapron et al. [1], 77 patientes avaient des lésions d'endométriose vésicale opérée avec résection complète du nodule. L'auteur étudiait l'importance des symptômes fonctionnels urinaires (sans en détailler le type) par une échelle visuelle analogique : l'EVA était significativement inférieure dans le postopératoire. La même constatation était faite dans les 3 sous-groupes suivants : endométriose vésicale, endométriose vésicale associée à une EP postérieure non symptomatique, endométriose vésicale associée à une EP postérieure symptomatique. Dans les séries de Langebrekke et al. [20], Kovoor et al. [12] et Kjer et al. [21] portant respectivement sur 5, 21 et 31 patientes qui avaient bénéficié d'une résection complète de leur endométriose vésicale profonde (associées le plus souvent à une autre localisation), toutes les patientes décrivaient une amélioration significative de leurs symptômes fonctionnels urinaires (le suivi moyen post-chirurgical étant respectivement de 12, 20 et 59 mois). Les mêmes constats sont faits lorsque l'EP ne concerne que l'étage postérieur. Une étude rétrospective portant sur 23 patientes opérées pour endométriose profonde avec résection rectosimgoïdienne montrait qu'en postopératoire, après un suivi moyen de 24 mois, il existait 100 % d'amélioration ou de disparition des TFU décrits en préopératoire [11]. L'étude prospective récente de Ballester et al. utilisant le questionnaire BFLUTS chez 50 patientes atteintes d'une EP postérieure avec indication chirurgicale, retrouvait en postopératoire, une qualité de vie et un score BFLUTS total significativement améliorés [6]. Enfin, une étude rétrospective comparait les TFU des patientes ayant une chirurgie d'endométriose profonde postérieure (avec résection des US ou résection rectovaginale) aux TFU de celles ayant eu une chirurgie d'endométriose d'autres site [22]. Un questionnaire combinant le Questionnaire for Urinary Incontinence Diagnosis (QUID) et le BFLUTS permettait d'évaluer les troubles de la miction, l'incontinence urinaire d'effort et l'incontinence urinaire par impériosité. Les patientes ayant eu une résection d'EP postérieure rapportaient toutes une amélioration de leur TFU, cette amélioration étant significativement plus importante que dans le groupe contrôle. L'ensemble de ces données fait évoquer que la résection complète de l'endométriose permet de corriger les dommages causés sur le détrusor, ou sur le plexus nerveux végétatif.


Ces résultats satisfaisants ont tous été observés à court terme après l'opération. En ce qui concerne les récidives des TFU à moyen et long terme, les données sont moins nombreuses et plus contradictoires. Schonman et al. rapportaient une amélioration des TFU à type pollakyurie, urgenturie et dysurie dans près de 93 % des cas, à 60 mois d'une résection de nodule vésical endométriosique [10]. Dans un contexte d'EP postérieure, l'amélioration à long terme ne semble pas toujours aussi franche. Dans l'étude unicentrique de Ruffo et al. [23], 774 patientes avaient bénéficié d'une résection d'EP postérieure avec résection digestive et leur suivi moyen était de 54 mois. L'unique TFU étudié était la dysurie, évaluée par 3 questionnaires téléphoniques espacés dans les temps et aucune amélioration significative de la dysurie n'était constatée. De plus, Ballester et al. [6] ne retrouvaient pas de différence significative entre les scores de BFLUTS pré- et postopératoires avec un délai moyen de suivi de 66 mois.


Seulement 2 auteurs ont comparé les anomalies urodynamiques avant et après une chirurgie de résection complète d'EP postérieure. Dans les 2 séries aucune différence significative n'était trouvée sur le débit maximal urinaire, le débit moyen, le volume post-mictionnel, la mesure pression/débit [6, 18].


TVS de novo


La littérature est beaucoup plus riche en ce qui concerne l'apparition de TVS dits « de novo », c'est-à-dire survenant après la chirurgie. À l'exception de Li et al. qui retrouvaient l'apparition d'incontinence urinaire d'effort chez les patientes opérées d'une EP postérieure [22], l'ensemble des études s'accorde à déterminer que ces TVS concernent les troubles mictionnels, le type de trouble mictionnel et leur fréquence étant très variables en fonction des auteurs. Dubernard et al. mettaient en évidence, sur une série de 80 patientes, un score de BFLUTS significativement augmenté en postopératoire pour les items concernant un jet hésitant, une miction par poussée, un arrêt du jet urinaire, une rétention aiguë d'urine, et une miction incomplète [15, 24]. Les taux de ces troubles variaient de 32,5 à 47,5 %. Renner et al. relevaient, eux, grâce au German Pelvic Floor Questionnaire, l'apparition de jet urinaire faible, lent et prolongé dans 22,4 % des cas et de sensation de miction incomplète dans 18,4 % des cas [8]. La rétention urinaire de novo est moins fréquente mais elle est évoquée dans de nombreuses études [8, 9, 15, 25, 26]. Elle survient toujours dans un contexte de résection d'EP postérieure et son taux peut aller jusqu'à 12,5 % [8] quand il s'agit de rétentions aiguë. Les rétentions persistantes ne concernent, elles, qu'un faible pourcentage de patientes : 1 patiente sur 15 pour Rozsnyai et al. [25], 1,8 % pour Azaïs et al. [9]. Au regard de l'étude de Possover 2014, les patientes ayant présenté une rétention urinaire après résection segmentaire du rectum ou des paramètres sont plus exposées à un risque d'atonie vésicale neurogène chronique avec pour conséquence à long terme une réduction des mictions, un faible jet urinaire et la nécessité d'une manÅ“uvre de Valsalva ou de Crede [27]. En cas de persistance de la rétention urinaire, la réalisation d'auto-sondage est le traitement le plus efficace. La neuromodulation sacrée testées sur de très petits effectifs offre des espoirs d'amélioration ; elle nécessite des études de grande ampleur [28].


Les TVS de novo concernent essentiellement les patientes opérées d'une EP postérieure, faisant ainsi évoquer que le geste chirurgical nécessaire dans ces conditions est iatrogène. Comme le précise Deffieux et al. dans un article de 2007 [29], les lésions peropératoires du système nerveux autonome jouent un rôle crucial dans l'apparition de troubles vésicaux après la résection d'endométriose profonde située au niveau de la cloison rectovaginale, du rectosigmoïde ou encore des ligaments US. La série de Dubernard et al. [15] démontrent le lien entre résection de l'EP et TVS de novo en fonction de la localisation anatomique des lésions et en fonction du geste chirurgical. Ainsi, les patientes opérées d'une endométriose colorectale avaient significativement plus de complications de novo à type de jet hésitant, arrêt du jet et vidange incomplète. Diguisto et al. démontraient dans une série de 28 patientes qu'il n'y avait pas de différence significative pour les symptômes urinaires entre le groupe ayant eu une résection colorectale et celui ayant eu un shaving (17 % versus 18 %) [30] pouvant faire évoquer que c'est la dissection colorectale plus que la résection qui induit les lésions. Par ailleurs, parmi les patientes ayant eu une atteinte des ligaments US, une vidange incomplète apparaît plus fréquemment chez celles ayant eu une résection bilatérale [15]. Pour Azaïs et al. le taux de rétention urinaire persistant était significativement corrélé à une lésion palpable du compartiment postérieur ayant nécessité une résection colorectale [9]. De même, la résection bilatérale des US et une colpectomie postérieure tendraient à augmenter ce risque.


Il ressort de ces différentes séries qu'une résection bilatérale des US ou qu'une dissection colorectale étendue plus ou moins associée à la résection colorectale entraîne des complications urinaires mictionnelles. Mais ces constats sont en contradiction avec ceux d'un article publié en 2017 qui met en évidence qu'il n'y a statistiquement pas plus de rétention urinaire lorsque les patientes ont eu une dissection bilatérale des ligaments utéro-sacrés, ni après une dissection du vaginale ou de l'espace rectovaginal [8]. De plus, pour Li et al. il n'y avait pas, chez les patientes opérées d'une EP postérieure, d'association significative entre la résection de l'endométriose et la présence d'un trouble mictionnel, après un suivi médian de 4,9 ans [22].


L'absence de troubles vésico-sphinctériens de novo récemment mise en évidence s'explique certainement par le développement de la chirurgie de préservation des nerfs végétatifs dite « nerve sparing ». Dans les 15 dernières années, un travail essentiel de compréhension et de reconnaissance du système nerveux végétatif a permis de développer cette technique qui garantit de bons résultats en terme de préservation de la morbidité vésico-sphinctérienne lors de cure d'endométriose pelvienne profonde. Dans un article très récent, Darwish et al. décrivaient de façon détaillée l'anatomie pelvienne du système nerveux permettant de réaliser au mieux la technique du nerve sparing dans la résection de l'EP [3]. Kavalariss et al. ont comparé les différentes techniques chirurgicales de l'endométriose profonde et leurs résultats dans la littérature [31]. Seize essais ont été analysés, dans lesquels toutes les patientes avaient eu au moins une résection unilatérale d'un ligament US. Les patientes ayant eu une technique de nerve sparing n'ont décrit aucun cas d'auto-sondage à long terme contrairement aux patientes opérées sans nerve sparing . L'étude prospective de Ceccaroni et al. [32], incluant 126 patientes opérées d'endométriose pelvienne profonde avec résection digestive comparait un groupe A traité par laparoscopie avec une approche dite « classique » à un groupe B opéré par laparoscopie avec technique du nerve sparing . Les patientes du groupe A rapportaient un taux plus élevé de troubles fonctionnels urinaires ; le taux de rétention urinaire à 1 et 6 mois était plus fréquent (p =0,035) et sans amélioration à 6 et 12 mois (p =0,018). Par ailleurs, le temps moyen d'auto-sondage était significativement plus court dans le groupe « nerve sparing ». L'intérêt du nerve sparing a également été mis en avant par Ercoli et al. qui rapportaient une série de 31 patientes ayant bénéficié d'une résection d'un nodule rectal rétrocervical par laparoscopie robot-assistée avec nerve sparing (1 seule patiente a dû nécessiter une résection digestive) [33]. La dysurie, dont l'évaluation se faisait par une échelle visuelle analogique notée sur 10, était significativement améliorée à 3 mois de la chirurgie, avec persistance de cette amélioration dans le temps (à 6 et 12 mois). Les limites de cette technique sont évoquées par Possover [27] qui montrait que dans le cas de lésions profondément intriquées aux paramètres le « nerve sparing » n'était réalisable que si l'envahissement était unilatéral et par Campin et al. [34] qui précisaient que les structures nerveuses devaient être sacrifiées lorsque lorsqu'elles étaient infiltrées par l'endométriose.


Bot-Robin et al. ont rapporté la faisabilité de la résection de l'EP postérieure par laparoscopie robot-assistée sans complication peropératoire à propos de 6 cas [35]. Dans une série de 10 patientes ayant eu une résection colorectale par laparoscopie robot-assistée, Morelli et al. rapportaient une bonne préservation de la fonction urinaire puisqu'à un an de la chirurgie aucune femme ne se plaignait de TVS [36]. Sur des cohortes plus importantes, il ne semblait pas y avoir de bénéfice de l'assistance par robot dans la prévention des TVS de novo. Collin et al. ont étudié 164 femmes opérées par laparoscopie robot-assistée d'une endométriose stade 4 avec un taux d'auto-sondage à long terme de 1,06 % [37], ce qui correspond au taux observé chez les patientes traitées par la laparoscopie sans assistance robot. La prévention des TVS de novo semble donc résider dans la technique du nerve sparing , plutôt que dans l'utilisation du robot. C'est ce que confirme Gingold et Falcone [38] pour qui le taux de complications postopératoires, incluant le taux de rétention urinaire, est inférieur à 1 % dès lors que la technique chirurgicale est appropriée, avec une bonne connaissance de l'anatomie pelvienne permettant une dissection appropriée des espaces rétropéritonéaux.


Conclusion


Notre revue de la littérature souligne que les TVS associés à une endométriose profonde sont fréquents. Devant tout tableau d'endométriose, les femmes doivent bénéficier d'un interrogatoire rigoureux, en y associant un questionnaire standardisé, notamment chez les patientes atteintes d'endométriose vésicale ou colorectale car elles présentent plus de risque de TVS. L'examen urodynamique n'a pas montré son utilité en pratique clinique systématique, mais reste un moyen supplémentaire d'objectiver et de qualifier les TVS préopératoires. Les TVS ont un bon pronostic si la prise en charge chirurgicale est adaptée. La résection de l'endométriose de vessie permet une franche amélioration voire une disparition des TVS. La résection d'une endométriose postérieure améliore les symptômes décrits en préopératoire. Cette chirurgie est également pourvoyeuse de TVS de novo. Il s'agit principalement de troubles mictionnels, ayant une fréquence plus élevée lors de résection bilatérale des ligaments US ou de dissection colorectale. Une dissection pelvienne respectant l'anatomie des nerfs végétatifs rétropéritonéaux permet une bonne prévention des TVS de novo.


Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.




Tableau 1 - Troubles fonctionnels urinaires associés à l'endométriose profonde avant une chirurgie.
Auteurs, année  Nombre de patientes  Modalité d'évaluation des TFU  Type de TFU  n (%)  Localisation anatomique de l'endométriose 
Renner et al., 2017 [8 113  Interrogatoire  Dysurie  29 (26 %)  EP postérieure 
Panel et al., 2016 [16 30  PFDI, MUH  ≥1TFU  23 (77 %)  EP postérieure avec atteinte vésicale associée pour 10 patientes 
      Urgenturie  16 (53 %) 
      Pollakuyrie  15 (50 %) 
      Difficulté mictionnelle  18 (60 %) 
      Douleur vésicale  11 (37 %) 
Knabben et al., 2015  101  Interrogatoire  Dysurie  6 (6 %)  EP sans atteinte vésicale 
[5     Hyperactivité vésicale  2 (2 %) 
  16    Dysurie  11 (70 %)  EP avec atteinte vésicale 
      Hyperactivité vésicale  2 (12,5 %) 
Azaïs et al., 2015 [9 16  NR  Crampe vésicale  2 (12,5 %)  EP postérieure avec atteinte vésicale associée pour 1 patiente 
      Urgenturie  2 (12,5 %) 
      Pollakyurie diurne  1 (6,5 %) 
      IU  1 (6,5 %) 
      Perte de la sensibilité vésicale  1 (6,5 %) 
Ballester et al., 2014  50  BFLUTS  ≥1TFU  23 (46 %)  EP postérieure 
[6     Trouble mictionnel  11 (22 %) 
      Urgenturie  11 (22 %) 
      IU par urgenturie  5 (10 %) 
      IU d'effort  12 (24 %) 
      Vessie pleine douloureuse  14 (28 %) 
Kjer et al., 2014 [21 31  Non précisé  Pollakuyrie  31 (100 %)  EP vésicale associée à une autre localisation dans 87 % des cas 
      IU par urgenturie  NR 
      Nycturie  NR 
      Miction douloureuse  NR 
Boileau et al., 2012 [11 23  Interrogatoire  Douleur vésicale  6 (26 %)  EP postérieure (atteinte vésicale NR) 
      Dysurie  1 (4 %) 
Ballester et al., 2011  153  BFLUTS, IPSS  Douleur vésicale  46 (30 %)  EP postérieure 
[14     Urgenturie  44 (29 %) 
      IU d'effort  23 (15 %) 
      Dysurie  22 (14 %) 
      IU par urgenturie  11 (7 %) 
Kovoor et al., 2010 [12 21  Interrogatoire  dysurie  13 (62 %)  EP vésicale 
      Urgenturie  11 (52 %) 
Dubernard et al.,  86  BFLUTS  Miction incomplète  10 (12 %)  EP postérieure 
2008 [15     Miction par poussée  5 (6 %) 
      Arrêt du débit  5 (6 %) 
      Jet hésitant  4 (5 %) 
de Lapasse et al.,  12  Interrogatoire  ≥1TFU  8 (67 %)  EP postérieure sans atteinte vésicale 
2008 [13     Pollakyurie diurne  6 (50 %) 
      Urgenturie  6 (50 %) 
      Miction par poussée  5 (42 %) 
      Pollakuyrie nocturne  3 (25 %) 
      Douleur vessie pleine  3 (25 %) 
      Douleur en fin de miction  3 (25 %) 
      IU d'effort  2 (17 %) 
      Diminution de la sensibilité vésicale  1 (8 %) 



Légende :
TFU : troubles fonctionnels urinaires ; PFDI : Pelvic Floor Distress Inventory ; MUH : Measurement of Urinary Handicap ; NR : non renseigné ; BFLUTS : Bristol Female Lower Urinary Tract Symptom Questionnaire ; IPSS : International Prostate Symptom Score ; IU : incontinence urinaire.



Tableau 2 - Anomalies à l'examen urodynamique chez les patientes atteintes d'endométriose profonde avant une chirurgie.
Auteurs, année  Nombre de patientes  Type d'anomalie à l'EUD  n (%) 
Panel et al., 2016 [16 30  ≥1 anomalies  29 (96,7) 
    Augmentation de la pression de clôture urétrale maximale  27 (90) 
    Hypersensibilité vésicale  18 (60) 
    Douleur au remplissage  13 (43) 
    Altération de la vidange  9 (30) 
    Faible débit urinaire  6 (21) 
    Résidu post-mictionnel>10 %  4 (13) 
    Hyperactivité détrusorienne  2 (7) 
Spagnolo et al., 2014 [18 25  Altération de la vidange  10 (45) 
    Augmentation de la pression de clôture urétrale maximale  8 (32) 
    Hyperactivité détrusorienne  5 (20) 
Serati et al., 2013 [19 12  Hypersensibilité vésicale  12 (100) 
    Capacité vésicale diminuée  12 (100) 
    Hyperactivité détrusorienne  11 (92) 
    Douleur au remplissage  5 (42) 
Ballester et al., 2014 [14 50  ≥1anomalies  24 (48) 
    Débit maximum urinaire<15mL/s  13 (26) 
    Débit/pression obstructive  9 (18) 
    Débit/pression équivoque  5 (10) 
    Résidu post-mictionnel>100mL  5 (10) 
de Lapasse et al., 2008 [13 12  ≥1anomalies  10 (83) 
    Hypertonie urétrale  4 (30) 
    Instabilité urétrale  3 (25) 
    Dysurie  3 (25) 
    Hypersensibilité vésicale  2 (17) 
    Insuffisance sphinctérienne  2 (17) 
    Résidu post-mictionnel>100mL  1 (8) 
    Capacité vésicale diminuée  1 (8) 
    Hypo-sensibilité vésicale  1 (8) 




Références



Chapron C., et al. Surgery for bladder endometriosis: long-term results and concomitant management of associated posterior deep lesions Hum Reprod 2010 ;  25 (4) : 884-889 [cross-ref]
Fauconnier A., Chapron C. Endometriosis and pelvic pain: epidemiological evidence of the relationship and implications Hum Reprod Update 2005 ;  11 (6) : 595-606 [cross-ref]
Darwish B., Roman H. Nerve sparing and surgery for deep infiltrating endometriosis: pessimism of the intellect or optimism of the will Semin Reprod Med 2017 ;  35 (1) : 72-80
Bonneau C., et al. Incidence of pre- and postoperative urinary dysfunction associated with deep infiltrating endometriosis: relevance of urodynamic tests and therapeutic implications Minerva Ginecol 2013 ;  65 (4) : 385-405
Knabben L., et al. Urinary tract endometriosis in patients with deep infiltrating endometriosis: prevalence, symptoms, management, and proposal for a new clinical classification Fertil Steril 2015 ;  103 (1) : 147-152 [cross-ref]
Ballester M., et al. Evaluation of urinary dysfunction by urodynamic tests, electromyography and quality of life questionnaire before and after surgery for deep infiltrating endometriosis Eur J Obstet Gynecol Reprod Biol 2014 ;  179 : 135-140 [cross-ref]
Saccardi C., Vitagliano A., Litta P. Bladder endometriosis: a summary of current evidence Minerva Ginecol 2017 ;  69 (5) : 468-476
Renner S.P., et al. Major and minor complications after anterior rectal resection for deeply infiltrating endometriosis Arch Gynecol Obstet 2017 ;  295 (5) : 1277-1285 [cross-ref]
Azaïs H., et al. Persistent urinary retention after surgery for deep infiltrating endometriosis: a multi-center series of 16 cases Arch Gynecol Obstet 2015 ;  291 (6) : 1333-1339
Schonman R., et al. Deep endometriosis inflicting the bladder: long-term outcomes of surgical management Arch Gynecol Obstet 2013 ;  288 (6) : 1323-1328 [cross-ref]
Boileau L., et al. [Laparoscopic colorectal resection for deep pelvic endometriosis: evaluation of post-operative outcome] J Gynecol Obstet Biol Reprod (Paris) 2012 ;  41 (2) : 128-135 [cross-ref]
Kovoor E., et al. Endometriosis of bladder: outcomes after laparoscopic surgery J Minim Invasive Gynecol 2010 ;  17 (5) : 600-604 [cross-ref]
de Lapasse C., et al. [Urinary functional and urodynamic preoperative evaluation of patients with deep pelvic surgical endometriosis: about 12 cases] Gynecol Obstet Fertil 2008 ;  36 (3) : 272-277 [inter-ref]
Ballester M., et al. Preoperative evaluation of posterior deep-infiltrating endometriosis demonstrates a relationship with urinary dysfunction and parametrial involvement J Minim Invasive Gynecol 2011 ;  18 (1) : 36-42 [cross-ref]
Dubernard G., et al. Urinary complications after surgery for posterior deep infiltrating endometriosis are related to the extent of dissection and to uterosacral ligaments resection J Minim Invasive Gynecol 2008 ;  15 (2) : 235-240 [cross-ref]
Panel P., et al. Bladder symptoms and urodynamic observations of patients with endometriosis confirmed by laparoscopy Int Urogynecol J 2016 ;  27 (3) : 445-451 [cross-ref]
Fadhlaoui A., et al. Endometriosis and vesico-sphincteral disorders Front Surg 2015 ;  2 : 23
Spagnolo E., et al. Urodynamic evaluation and anorectal manometry pre- and post-operative bowel shaving surgical procedure for posterior deep infiltrating endometriosis: a pilot study J Minim Invasive Gynecol 2014 ;  21 (6) : 1080-1085 [cross-ref]
Serati M., et al. Deep endometriosis and bladder and detrusor functions in women without urinary symptoms: a pilot study through an unexplored world Fertil Steril 2013 ;  100 (5) : 1332-1336 [cross-ref]
Langebrekke A., et al. Endoscopic treatment of deep infiltrating endometriosis (DIE) involving the bladder and rectosigmoid colon Acta Obstet Gynecol Scand 2006 ;  85 (6) : 712-715 [cross-ref]
Kjer J.J., et al. Full-thickness endometriosis of the bladder: report of 31 cases Eur J Obstet Gynecol Reprod Biol 2014 ;  176 : 31-33 [cross-ref]
Li Y.H., et al. Bowel and bladder function after resection of deeply infiltrating endometriosis Aust N Z J Obstet Gynaecol 2014 ;  54 (3) : 218-224 [cross-ref]
Ruffo G., et al. Long-term outcome after laparoscopic bowel resections for deep infiltrating endometriosis: a single-center experience after 900 cases Biomed Res Int 2014 ;  2014 : 463058
Dubernard G., et al. [Assessment of the urinary side effects after surgery for deep pelvic endometriosis] Gynecol Obstet Fertil 2007 ;  35 (Suppl 1) : S1-S7
Rozsnyai F., et al. Outcomes of surgical management of deep infiltrating endometriosis of the ureter and urinary bladder JSLS 2011 ;  15 (4) : 439-447 [cross-ref]
Donnez J., et al. Rectovaginal septum, endometriosis or adenomyosis: laparoscopic management in a series of 231 patients Hum Reprod 1995 ;  10 (3) : 630-635 [cross-ref]
Possover M. Pathophysiologic explanation for bladder retention in patients after laparoscopic surgery for deeply infiltrating rectovaginal and/or parametric endometriosis Fertil Steril 2014 ;  101 (3) : 754-758 [cross-ref]
Nyangoh Timoh K., et al. Contribution of sacral neuromodulation to manage persistent voiding dysfunction after surgery for deep infiltrating endometriosis with colorectal involvement: preliminary results Eur J Obstet Gynecol Reprod Biol 2015 ;  190 : 31-35 [cross-ref]
Deffieux X., et al. [Voiding dysfunction after surgical resection of deeply infiltrating endometriosis: pathophysiology and management] Gynecol Obstet Fertil 2007 ;  35 (Suppl 1) : S8-S13
Diguisto C., et al. [Robotic assisted laparoscopy: comparison of segmentary colorectal resection and shaving for colorectal endometriosis] Gynecol Obstet Fertil 2015 ;  43 (4) : 266-270 [inter-ref]
Kavallaris A., et al. Follow-up of dysfunctional bladder and rectum after surgery of a deep infiltrating rectovaginal endometriosis Arch Gynecol Obstet 2011 ;  283 (5) : 1021-1026 [cross-ref]
Ceccaroni M., et al. Nerve-sparing laparoscopic eradication of deep endometriosis with segmental rectal and parametrial resection: the Negrar method. A single-center, prospective, clinical trial Surg Endosc 2012 ;  26 (7) : 2029-2045 [cross-ref]
Ercoli A., et al. Robotic-assisted conservative excision of retrocervical-rectal deep infiltrating endometriosis: a case series J Minim Invasive Gynecol 2017 ;  24 (5) : 863-868 [cross-ref]
Campin L., et al. [Urinary functional disorders bound to deep endometriosis and to its treatment: review of the literature] J Gynecol Obstet Biol Reprod (Paris) 2014 ;  43 (6) : 431-442 [inter-ref]
Bot-Robin V., et al. [Early evaluation of the feasibility of robot-assisted laparoscopy in the surgical treatment of deep infiltrating endometriosis] Gynecol Obstet Fertil 2011 ;  39 (7-8) : 407-411 [inter-ref]
Morelli L., et al. Robot-assisted surgery for the radical treatment of deep infiltrating endometriosis with colorectal involvement: short- and mid-term surgical and functional outcomes Int J Colorectal Dis 2016 ;  31 (3) : 643-652 [cross-ref]
Collinet P., et al. Robot-assisted laparoscopy for deep infiltrating endometriosis: international multicentric retrospective study Surg Endosc 2014 ;  28 (8) : 2474-2479 [cross-ref]
Gingold J.A., Falcone T. The retroperitoneal approach to endometriosis J Minim Invasive Gynecol 2017 ;  24 (6) : 896 [cross-ref]






© 2017 
Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.