Sténoses de l'urètre masculin, reconstruction canalaire en un temps par greffe cutanée à pédicule nourricier

16 juillet 2001

Mots clés : Urèthre, sténose, uréthroplastie, greffon cutané, lésion
Auteurs : Falandry L
Référence : Prog Urol, 1993, 3, 753-770
Une série personnelle de 269 patients, traités de septembre 1984 à novembre 1992 pour sténose de l'urètre masculin, selon un même procédé conduit l'auteur à décrire une technique originale de reconstruction canalaire en un temps, à l'aide d'un greffon cutané à pédicule nourricier mobile. La particularité de la technique réside dans la grande souplesse de son pédicule, bien vascularisé, taillé aux dépens du tissu cellulaire sous cutané et du dartos. Le pédicule mobile, à l'extrêmité duquel est suspendu le lambeau de peau scrotal ou pénien destiné à la plastie, améliore très nettement ses possibilités d'utilisation, tant au niveau de l'urètre pénien, que périnéal. La technique consiste, selon le cas, à utiliser deux artifices de plastie: le patch d'élargissement, destiné à élargir la lumière urétrale et le greffon tubulé, dont la confection permet le remplacement total d'un segment urétral. Deux cent quarante cinq urétroplasties ont été analysées, concernant dans 80% des cas, des rétrécissements difficiles (sténoses fistulisées 56 fois, multi-opérées 47 fois) intéressant l'urètre pénien 47 fois, pelvien 159 fois, et bulbo-membraneux 39 fois, avec lésions associées dans 15,9% des cas. 187 patients de cette série ont bénéficié d'un patch d'élargissement et 58 d'un greffon tubulé, destiné à reconstituer un néo-urètre. Avec un recul égal ou dépassant 4 ans pour plus de la moitié des malades opérés, 224 patients ont obtenu un bon résultat (91,4%), tandis que pour 15 patients le résultat était moyen (6,1%). La guérison a été obtenue d'emblée dans 87,2% des cas. Enfin, 6 patients ont présenté un mauvais résultat (2,4%). Quelques aspects techniques, ainsi que les complications observées sont analysés: infections (8,9%), fuites d'urine (6,9%), urétrocèle (2%). L'expérience acquise dans l'utilisation de cette technique nous a montré son intérêt en particulier, dans les cas de sténoses, infectées, fistulisées, ainsi que dans les sténoses récidivées et étendues. Sa fiabilité et son efficacité soulignent la valeur de ce procédé, dont la spécificité relève de la grande maniabilité du greffon, liée à la qualité du pédicule. Sa spécificité relève encore du choix éclectique à la fois du site du prélèvement (scrotal ou pénien) et du type de la plastie (patch ou tube), augmentant considérablement les possibilités de la chirurgie réparatrice. Elle relève enfin de son indication très large, indépendamment de l'étiologie et des caractéristiques de la sténose. Cette technique, avec un taux d'échec de moins de 3%, mérite d'être connue et recommandée, car particulièrement utile pour les sténoses compliquées de l'urètre masculin.