Résultats préliminaires du traitement de 44 patients porteurs de cancers localisés de la prostate par ultrasons focalisés transrectaux.

16 juillet 2001

Mots clés : prostate, Tumeur, ultrasons focalisés
Auteurs : Gelet A, Chapelon JY, Bouvier R, Pangaud C, Souchon R, Blanc E, Cathignol D, Dubernard JM
Référence : Prog Urol, 1998, 8, 68-77
BUTS : Evaluer l'efficacité et la morbidité du traitement du cancer localisé de la prostate à l'aide d'ultrasons focalisés de haute intensité émis par voie endorectale.
MATERIEL ET METHODES : 44 patients (âge moyen 72 ans) présentant des cancers de prostate stade clinique T1 (20) ou T2 (24) non candidats à la prostatectomie radicale ont été traités avec deux prototypes différents de l'Ablatherm(r) (Technomed Medical System). Le second prototype inclut plusieurs dispositifs de sécurité destinés à réduire la morbidité. 99 sessions ont été effectuées soit 2,25 sessions par patient : la prostate a été traitée en une session (5 patients), 2 (26 patients), 3 (10 patients), 4 sessions (3 patients), le plus souvent sous rachi-anesthésie. La valeur moyenne du PSA était à 9,92 ng/ml et le volume prostatique moyen de 37 g.
RÉSULTATS : Chez les 20 premiers patients traités (1993-1995) des complications sont survenues chez 10 (50%) : fistule rectourétrale 2, brûlure rectale asymptomatique 2, rétention urinaire stable 2, incontinence sévère 1, sclérose du col 3, et infection urinaire fébrile 1. Chez les 24 patients traités ultérieurement (1995-1997), des complications sont survenues chez seulement 4 patients (16%) : rétention urinaire stable 1, infection urinaire fébrile 1, sclérose du col vésical 1, incontinence d'effort 1. Une réponse complète (biopsies de contrôle répétées négatives) a été obtenue chez 27 patients (61%). Le taux moyen du PSA post-traitement des patients de ce groupe est de 1,09 ± 1,06, il est stable (suivi moyen 346 jours, extrêmes 60-1250). Un cancer résiduel a été décelé chez 17 patients (39%). 8 patients ont été considérés comme des échecs (PSA moyen post-traitement 4,8 ng/ml) et ont reçu un traitement adjuvant (hormonal 3, radiothérapie externe 5). Un traitement complémentaire par ultrasons focalisés sera réalisé chez les 9 autres patients, si leur taux de PSA s'élève au-dessus de 3 ng/ml (les patients de ce groupe sont asymptomatiques avec un taux de PSA moyen post-traitement de 1,6 ng/ml).
CONCLUSION : La morbidité du traitement par ultrasons focalisés transrectaux est actuellement réduite. Ces résultats suggèrent que ce nouveau traitement peut consitutuer une option intéressante pour certains patients porteurs de cancers localisés ne relevant pas de la prostatectomie radicale.