Résultats oncologiques à long terme de la pelvectomie antérieure versus cystectomie seule pour carcinome urothélial chez la femme

25 novembre 2012

Auteurs : A. Masson-Lecomte, D. Vordos, N. Gillion, A. Hoznek, R. Yiou, Y. Allory, C. Abbou, A. De La Taille, L. Salomon
Référence : Prog Urol, 2012, 13, 22, 762




 

Type de financement .– Bourse AFU (financement Master 2).


Objectifs.– La pelvectomie antérieure est la chirurgie de référence en cas de carcinome urothélial chez la femme. Cependant, certaines équipes ont rapporté des séries de cystectomies seules avec des résultats oncologiques acceptables. L’objectif de cette étude est d’évaluer les résultats oncologiques à long terme de la pelvectomie antérieure versus cystectomie seule pour carcinome urothélial chez la femme.


Méthodes.– Entre 2001 et 2011, tous les cas de cystectomies pour carcinome urothélial chez la femme réalisées dans notre institution ont été revus rétrospectivement. La cystectomie seule (CS) consistait en une cystectomie sans hystérectomie avec ou sans exérèse d’une collerette vaginale. La pelvectomie antérieure (PA) consistait en une cystectomie avec hystero-annexectomie bilatérale et exérèse d’une collerette vaginale antérieure. Les données clinicopathologiques, opératoires ainsi que les données de suivi oncologique ont été comparées entre les patientes en fonction du type de chirurgie réalisée.


Résultat.– Au total, 32 cystectomies chez la femme ont été identifiées, 16 CS et 16 PA. Le suivi médian de la cohorte était de 39,8 mois (2,2–128,4). Il n’y avait pas de différences significatives entre les groupes pour les caractéristiques des patientes. Quatre patientes du groupe CS ont bénéficié d’une voie d’abord mini invasive versus aucune du groupe PA (p =0,03). Trois patientes (19 %) ont bénéficié d’une entérocystoplastie dans le groupe PA et quatre patientes (25 %) dans le groupe CS. La durée d’intervention les pertes sanguines, la durée d’hospitalisation et le taux de complications post opératoires n’étaient pas différents entre les groupes. L’analyse anatomopathologique n’a pas retrouvé de différences significatives pour le pT (62 vs 68 % de T3/T4, p =0,7), le pN (31 vs 37 % de N+, p =0,7), et le taux de marges positives (25 % dans les deux groupes). En cas de bilan d’extension préopératoire négatif, aucune patiente n’a présenté d’envahissement des organes gynécologiques (vagin, utérus). La survie sans récidive, survie spécifique et survie globale à cinq ans n’étaient pas statistiquement différentes entre les groupes (log Rank, p =0,59, 0,64 et 0,98 respectivement).


Conclusion.– La réalisation d’une cystectomie seule semble être envisageable chez la femme pour des patientes sélectionnées. Ces données doivent être confirmées dans une étude prospective randomisée.




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Publié par Elsevier Masson SAS.