Résultats carcinologiques et fonctionnels de l’abord interfascial de la prostatectomie robotique comparé avec l’abord intrafascial

25 janvier 2015

Auteurs : X. Cathelineau
Référence : Prog Urol, 2015, 1, 25, 62-63




 



L'étude publiée par l'équipe de Nice évalue leurs 200 premiers patients traités par prostatectomie cÅ“lioscopique assistée par robotique.


Pour l'analyse, les auteurs ont divisé la cohorte en deux sous-groupes : les 100 premiers cas opérés selon la technique dite « intrafasciale » versus la deuxième centaine de patients qui ont eu une chirurgie de type « interfascial ». Les résultats montrent un taux de marges chirurgicales positives nettement plus élevé dans le groupe 1, ainsi qu'un taux de récidive biologique plus important dans ce même groupe. Sur le plan fonctionnel, les résultats de la série mettent en évidence une récupération plus rapide de la fonction érectile dans le groupe « intrafascial » mais une équivalence avec le groupe interfascial avec un recul de deux ans. Ces mêmes conclusions sont retrouvées en ce qui concerne la récupération de la continence urinaire.


Cette étude, très intéressante, appelle plusieurs commentaires :

tout d'abord, l'équipe de Nice doit être félicitée pour ce travail précis et son évaluation honnête. L'appréciation juste et la publication de nos résultats sont les seuls garants de l'amélioration de nos pratiques ;
parallèlement à la comparaison entre deux types de technique chirurgicale, l'étude rapporte la courbe d'apprentissage d'un chirurgien, unique opérateur en l'occurrence, source d'enseignement très instructif pour notre communauté urologique et particulièrement pour ceux qui débutent leur expérience « robotique » ;
sur le plan chirurgical, il est important de rappeler que le choix d'une technique de dissection, plus ou moins proche de la glande prostatique, dépend principalement de deux paramètres :
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a priori, c'est-à-dire en préopératoire : des caractéristiques du patient (âge, état fonctionnel préalable,...) et de son cancer (PSA, Gleason, localisation et pourcentage de biopsies+ et, de plus en plus, de l'IRM),
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en peropératoire : conditions locales (adhérences des tissus, vascularisation, anatomie,...) qui, naturellement, imposent de s'adapter et parfois de modifier le type de dissection prévu ;


comme cela a été fait dans ce travail, la méthodologie de l'évaluation fonctionnelle doit toujours être précisée. En effet, la revue de la littérature fait trop souvent apparaître des disparités importantes dans ce domaine (sur le moyen de recueil des données, sur le type de questionnaires utilisés, lorsqu'ils le sont, etc.), interdisant toute réelle conclusion et plus encore, toute comparaison ;
l'amélioration des résultats fonctionnels avec une technique dite « intrafasciale » par rapport à une dissection un peu plus à distance, se traduit surtout par une plus grande rapidité de récupération, les résultats à moyen terme, avec une prise en charge médicale adaptée, apparaissant comparables. Cela souligne aussi l'importance de la discussion préopératoire avec le patient sur le nécessaire équilibre à trouver entre des objectifs carcinologiques et fonctionnels.


Nous pouvons donc à nouveau remercier et féliciter les auteurs pour la qualité de leur travail et l'honnêteté de report de leurs résultats, qui, sont les bases de l'évaluation de nos pratiques et donc de l'amélioration de la prise en charge de nos patients.


Déclaration d'intérêts


L'auteur déclare ne pas avoir de conflits d'intérêts en relation avec cet article.






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