Priapisme : traitement et résultats. A propos d'une série personnelle de 56 cas.

16 juillet 2001

Mots clés : andrologie, priapisme, Chirurgie
Auteurs : Falandry L
Référence : Prog Urol, 1999, 9, 496-501
OBJECTIFS : Dégager à la lumière de notre expérience et des données de la littérature une attitude pratique, simple et rigoureuse, concernant la conduite à tenir dans un pays en développement, devant un priapisme dont la rareté rend l'approche thérapeutique controversée et difficile.
MATÉRIEL ET MÉTHODES : 56 cas de priapisme ont été observés chez des patients de race noire dont 49 étaient adultes et 7 enfants. Tous les patients ont été vus et traités par un même opérateur durant une période de 18 ans au Burkina (n = 8) puis au Tchad (n = 12), au Gabon (n = 19) et au Niger (n = 17).
RÉSULTATS : Tous les patients traités chirurgicalement ont bénéficié des diverses techniques de dérivations chirurgicales des corps caverneux. Sur les 51 patients suivis avec un recul il y a eu 17 succès (33,3%), 5 résultats partiels ( 9,8%) et 29 échecs (56,8%) . Le taux global de succès immédiat, obtention d'une détumescence, est de 70%. Ces succès initiaux concernent presque exclusivement les patients traités par shunt cavernoglandaire unilatéral après un délai n'excédant pas 2 jours. Si tous traitements confondus les résultats à distance restent décevants : 56,8% des patients avec un suivi suffisant sont impuissants. La réalisation d'une fistule unilatérale au gland de type caverno-balanique inspirée de la technique d'Al Ghorab nous semble avoir apporté les meilleurs résultats avec un taux de succès de 52% soit 13/25 cas de priapisme correctement suivi.
CONCLUSION : Excepté dans le cadre d'une hémopathie drépanocytaire où un traitement étiologique associé peut être proposé seul le traitement chirurgical en urgence est efficace si l'on veut éviter l'impuissance secondaire. Ayant le mérite d'une extrême simplicité, le shunt caverno-glandulaire unilatéral demeure à notre avis le meilleur geste.