Prévention de l'obstruction prostatique temporaire après thermothérapie micro-ondes haute énergie par mise en place d'un tuteur prostatique.

16 juillet 2001

Mots clés : HBP, traitement instrumental non invasif de l'HBP, thermothérapie, endoprothèse uréthrale
Auteurs : Djavan B, Seitz C, Fakhari M, Ghawidel K, Marberger M.
Référence : Prog Urol, 1999, 9, 261-270
BUTS : L'intérêt clinique d'un nouveau tuteur prostatique transuréthral (T.P.) a été évalué dans la prévention de l'obstruction prostatique temporaire après Thermothérapie micro-ondes transuréthrale haute énergie (TMTU) chez des patients traités pour hypertrophie bénigne prostatique (HBP).
MATÉRIEL ET MÉTHODES : 54 patients porteurs d'une HBP ont reçu une séance de TMTU haute énergie après instillation d'un anesthésique local dans l'urèthre. Après la séance, un tuteur a été mis en place pour une durée de un mois. Les patients ont été évalués par mesure du débit urinaire maximum (Q max), score international des symptômes prostatiques (IPSS) et qualité de vie (QdV). Cette évaluation a été réalisée à l'inclusion, immédiatement après TMTU et mise en place du tuteur puis à intervalles réguliers jusqu'à un mois. Ce groupe de 54 patients a été comparé rétrospectivement avec ceux d1un autre groupe de 51 patients également traités par TMTU mais suivie d'un drainage urinaire standard, c'est à dire mise en place d'une sonde à demeure pour 24 heures.
RÉSULTATS : Immédiatement après la séance de TMTU et mise en place du tuteur, une amélioration significative (p < 0.0005) a été observée pour le Q max, le score IPSS et le score QdV, respectivement de 59.3 %, 33.5 % et 23.6 % par rapport aux valeurs d'inclusion. L'amélioration se poursuit puisqu'à un mois le Q max, le score IPSS et le score QdV sont respectivement 79.0 %, 54.9 % et 56.5 % supérieurs à la valeur moyenne à l'inclusion (p<0.0005). La comparaison rétrospective entre le groupe de patients receveurs d'un tuteur (groupe TP) et l'autre groupe de patients receveurs d'une sonde à demeure (groupe SAD) montre des valeurs moyennes de Q max, scores IPSS et QdV identiques à l'inclusion. Par contre à J14, le groupe TP a des résultats significativement supérieurs à celui du groupe SAD (p<0.0005) : le Q max est supérieur de 101.8%, le score IPSS et QdV respectivement 47,9% et 51.1% inférieurs. Le tuteur a bien été toléré et est resté en place pendant le mois complet de la surveillance chez 48/54 (88,9%) des patients. Un retrait précoce du tuteur a été nécessaire chez 3/54 patients (5.6%) du fait d'une rétention et chez 3/54 patients (5.6%) du fait d'une migration. Pendant la période post-TMTU, les patients porteurs de tuteur ont observé une diminution de leur fonction sexuelle qui, bien que statistiquement significative, a été de faible amplitude.
CONCLUSION : La mise en place d'un tuteur prostatique transuréthral permet la prévention efficace et avec une bonne tolérance de l'obstruction prostatique après TMTU. Elle évite l'inconfort et le risque infectieux de la sonde à demeure ou du sondage intermittent. L'insertion et le retrait du tuteur sont rapides, faciles et atraumatiques. Le tuteur prostatique pourrait améliorer les résultats précoces de la TMTU.