Lettre à la Rédaction

24 mars 2007

Mots clés : Endoscopie, Tumeur, Voie excrétrice supérieure
Auteurs : Baptiste ALBOUY, Christian PFISER, Service de Chirurgie Urologique, CHU Charles Nicolle, Rouen
Référence : Prog Urol, 2007, 17, 114-114

Réponse à l'article : "Place de l'endoscopie dans la prise en charge des tumeurs de la voie excrétrice supérieure" par M. Roupret, Prog. Urol. 2006 ; 16 : 537-541.

La récente mise au point de M. Roupret et al. sur la prise en charge des tumeurs du haut appareil urinaire est un sujet d'actualité compte tenu de l'essor récent de l'uréteroscopie diagnostique et thérapeutique. Si la néphro-uréterectomie reste le traitement de référence, les indications du traitement conservateur de certaines lésions tumorales de la voie excrétrice supérieure (TVES) ont considérablement évoluées ces dernières années [1, 2]. Cet article est particulièrement intéressant puisqu'il actualise le bilan diagnostique et propose un arbre thérapeutique décisionnel moderne pour les TVES. Comme le soulignent les auteurs, la recherche de cellules anormales au cours d'une cytologie urinaire est un élément essentiel. Cependant, la fréquence des lésions de bas grade cellulaire rend son interprétation difficile et peu contributive en pratique courante même lorsque les prélèvements sont réalisés au niveau urétéral [3, 4]. Avant d'évoquer l'éventuelle valeur pronostique de l'instabilité des microsatellites, il nous paraît important de souligner la valeur diagnostique de certains marqueurs urinaires commercialisés [5, 6]. En effet, leur utilisation ne se limite pas à la détection d'une lésion vésicale du bas appareil urinaire, mais semble présenter un intérêt pour le diagnostic et la surveillance des TVES. Différentes études ont démontré que la réalisation combinée des cytologies urinaires avec le test uCyt+ pouvaient permettre le diagnostic de TVES [7, 8, 9]. Dans l'étude de Lodde, sur 32 prélèvements urinaires du haut appareil, la sensibilité était respectivement de 82% pour la cytologie urinaire, 91% pour le test uCyt+ et 100% en combinant les deux méthodes. Il est intéressant de noter que si la cytologie urinaire ne permettait que la détection des lésions de haut grade, le diagnostic de lésions de bas grade G1 était par contre possible avec le test uCyt+ [7].

Compte tenu du coût et de la morbidité potentielle de l'urétéroscopie, il nous paraît donc important de ne pas négliger la place des marqueurs urinaires en complément de la cytologie.

Ainsi, lorsque la cystoscopie est négative et les cytologies urinaires peu contributives, la positivité des marqueurs urinaires constitue un argument supplémentaire pour réaliser un uro-TDM à la recherche d'une TVES, voire une urétéroscopie à visée histologique.