Le rapport neutrophiles/lymphocytes peut-il être utilisé pour prédire la récidive et la progression des tumeurs de la vessie non infiltrant le muscle ?

25 novembre 2019

Auteurs : I. Ziani, A. Ibrahimi, H. El Sayegh, L. Benslimane, Y. Nouini
Référence : Prog Urol, 2019, 13, 29, 697
Objectifs

Le rapport neutrophiles/lymphocytes (NLR), en tant que marqueur de la réponse inflammatoire systémique, a été étudié en tant que biomarqueur pronostique intéressant dans divers types de tumeurs. Le but de notre étude était de déterminer si la NLR au moment du diagnostic est un facteur prédictif de la progression et de la récurrence de la maladie chez les patients atteints de TVNIMV primaire.

Méthodes

Étude rétrospective d’une série de 150 patients suivis dans le service d’une tumeur de la vessie confirmée par une cystoscopie sur une période de 6 ans de janvier 2007 à décembre 2013. La valeur de seuil choisie était (NLR2,5). Les courbes de survie ont été analysées selon la méthode de Kaplan–Meier et comparées selon le test Log rank. L’association entre survie et NLR a été évaluée par des analyses à une et plusieurs variables incluant un risque de compétition (basé sur la récurrence ou la progression tumorale) selon la méthode de Fine et Gray. L’analyse statistique a été réalisée à l’aide du logiciel SPSS 13.00.

Résultats

Cinquante-cinq patients (36,6 %) avaient une NLR élevée. En analyse univariée, le NLR>2,5 était associée de manière significative à un stade pathologique T1, au haut grade (p =0,03), la taille tumorale>3cm et à la multifocalité des lésions (p =0,014). La survie sans récidive tumorale à 5 ans était de 51,8 % (IC95 %=44,9 %–57,8 %) pour les patients avec un NLR élevé et de 60,3 % (IC95 %=51,4 %–72,0 %) pour les patients avec un NLR normal (p =0,018). La survie sans progression tumorale à 5 ans était de 81,5 % (IC95 %=77,7–87,9) et de 88,3 % (IC95 %=85,8 %–92,1 %), respectivement (p =0,016). En analyse multivariée, la NLR élevé était associée de manière significative à la récurrence et à la progression tumorale (p =0,013) (Fig. 1).

Conclusion

Notre étude révèle une association étroite entre un ratio NLR élevé et une évolution défavorable de TVNIMV, En outre, le NLR a montré une valeur identifiant les patients qui ont échoué la thérapie immunitaire intravésicale.

Cette étude nécessite des confirmations par d’autres études multicentriques et prospectives dans le futur.




 




Fig. 1
Fig. 1. 

La courbe de progression/récidive en fonction du NLR > ou < 2,5.





Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






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