L’adénomectomie selon Millin à l’heure de l’énucléation laser : résultats d’une série de 240 cas

25 mai 2014

Auteurs : P.E. Briant, R. Navarro, X. Matillon, A.C. Coste, E. Adam, D. Champetier, P. Perrin, A. Ruffion, M. Devonec
Référence : Prog Urol, 2014, 6, 24, 379-389
Introduction

Des nouvelles techniques sont proposées pour le traitement chirurgical de l’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) : l’énucléation laser et l’adénomectomie par laparoscopie. Le but de cette étude rétrospective était la comparaison des résultats de la technique d’adénomectomie selon Millin réalisée dans des conditions d’environnement médical contemporain aux résultats publiés avec les nouvelles techniques d’énucléation laser ou d’adénomectomie par laparoscopie.

Patients et méthodes

Deux cent quarante cas consécutifs d’adénomectomie réalisés selon la technique de Millin entre janvier 2004 et décembre 2008 ont été analysés. Chaque patient était évalué en préopératoire par un score IPSS, un score de qualité de vie (SQV), un débit maximum (Qmax), un résidu post-mictionnel (RPM), un volume prostatique total (VPT) mesuré par échographie endo-rectale. La durée opératoire, le poids de la pièce d’adénomectomie, le volume des pertes sanguines peropératoires, le taux de transfusion sanguine, la durée de sondage, la durée de séjour, les complications postopératoires immédiates ont été également rapportées selon la classification de Clavien. Chaque patient était revu en consultation à 3 mois puis était reconvoqué en 2012. Lors de chacun des deux contrôles, un score IPSS, un SQV, une débitmétrie, un résidu post-mictionnel étaient réalisés. Les résultats étaient comparés à ceux de la littérature concernant l’adénomectomie réalisée par voie ouverte ou par les nouvelles techniques chirurgicales.

Résultats

L’âge moyen était de 69ans, le volume prostatique total préopératoire moyen 111 cc, le poids moyen de la pièce d’adénomectomie 82gr, les pertes sanguines peropératoires moyennes 246mL, le taux de transfusion 6 %, la durée moyenne de l’intervention 88min, la durée moyenne de sondage 3,8jours, et la durée moyenne de séjour (DMS) 5,6jours. Les résultats fonctionnels à 3 mois mettaient en évidence une baisse du score IPSS de 25 à 5 points et du score de qualité de vie de 5 à 0,7 points, une augmentation du Qmax de 6,5 à 22mL/sec, une baisse du RPM de 115 à 7,5mL. Selon la classification classique ou de Clavien utilisée, le taux de complications précoces variait de 36 % à 49 %. Aucune complication de Clavien de Grade 4 ou 5 n’était observée. Les résultats à long terme chez 137 (57 %) patients avec un âge moyen de 80ans, revus avec un recul moyen de 5ans, mettaient en évidence, un score IPSS variant de 2,5 à 6,6 points, un score de gène de 0 à 1,2, un Qmax de 13 à 23mL/sec, un RPM de 0 à 25mL.

Conclusion

Le manque d’exhaustivité des résultats et l’absence d’utilisation de la classification de Clavien rendait délicate la comparaison des résultats des différentes techniques. La motivation d’une équipe en faveur d’une technique représentait un biais difficile à éviter, même par la réalisation d’une étude randomisée comparant deux techniques. L’adénomectomie selon Millin était encore à ce jour la référence pour l’évaluation des nouvelles techniques chirurgicales dans le traitement des HBP de gros volume.

Niveau de preuve

5.




 




Introduction


L'intervention la plus pratiquée dans le traitement de l'HBP est la résection transurétrale de la prostate (RTUP) pour les hypertrophies inférieures à 80mL. Pour les volumes supérieurs, la majorité des urologues réalisent une adénomectomie par voie haute (AVH). Il est possible de réaliser une RTUP pour les adénomes de gros volumes mais au prix d'un taux de ré-intervention plus élevé [1].


Actuellement, des techniques dites mini-invasives se développent et sont représentées par le laser, la cÅ“lioscopie, et la chirurgie robot-assistée. Nous avons souhaité évaluer et actualiser les résultats du traitement chirurgical des prostates de gros volume >80mL. Nos résultats avec la technique d'adénomectomie selon Millin [2] réalisée dans des conditions d'environnement médical contemporain, ont été comparés aux résultats des rares publications récentes sur l'adénomectomie voie ouverte, ainsi qu'aux résultats publiés actuellement avec les nouvelles techniques mini-invasives.


Patients et méthodes


L'étude était rétrospective monocentrique, multi-opérateurs, et concernait une série de 240 patients. Les dossiers de patients opérés d'une AVH selon la technique Millin entre janvier 2004 et décembre 2008 étaient revus rétrospectivement. Les patients ayant été traités par radiothérapie dans les suites, pour découverte de cancer de prostate sur la pièce opératoire (5 patients), étaient exclus. Chaque patient était évalué par un questionnaire IPSS, un SQV, une débitmétrie et un résidu post-mictionnel (RPM). Le volume prostatique total était estimé par échographie endo-rectale avant l'intervention. La durée opératoire, le poids de la pièce d'adénomectomie, le volume des pertes sanguines peropératoires, la durée moyenne de sondage, la durée moyenne de séjour, le taux de transfusion sanguine, les complications postopératoires immédiates selon la classification de Clavien [3] étaient rapportées. Chaque patient était hospitalisé la veille de l'intervention, et la sortie était autorisée 24heures après l'ablation de la sonde à demeure.


Les patients en sonde à demeure avant l'intervention, du fait d'une rétention d'urine aiguë ou chronique, n'ont pas été pris en compte pour le calcul du résidu après miction. Tout traitement anticoagulant (AVK) ou antiagrégant (AAP) était arrêté au moins 8jours avant l'intervention, pour les AVK un relais par héparine (HBPM) était débuté.


Chaque patient était revu en consultation à 3 mois avec mesure de l'IPSS, du SQV, une débimétrie, un RPM. Au-delà de cette date, il n'était revu qu'en cas de complication. Pour cette étude, les 240 patients étaient recontactés par courrier pour être revus en consultation entre novembre 2012 et février 2013, c'est-à-dire en moyenne 5,5ans après leur adénomectomie. Lors de cette consultation, ont été réalisés un score IPSS, SQV, débitmétrie, mesure du résidu post-mictionnel. L'analyse statistique des données a été réalisée avec les tests de Student et du Chi2.


Le taux de complications était évalué de deux façons, soit classique, soit selon la classification de Clavien :

la classification classique comprend les complications précoces médicales avec les transfusions, les infections et les complications précoces chirurgicales avec les ré-interventions au bloc opératoire pour décaillotage, ainsi que les complications différées et tardives médicales telles que, thrombose veineuse profonde, embolie pulmonaire ou les complications chirurgicales telles que drainage d'abcès ou fistule urinaire ;
la classification de Clavien, compte en plus les pollakiuries et les urgenturies faisant l'objet d'un traitement anticholinergique, comme complications de grade 1.


Afin de comparer nos résultats à ceux publiés récemment avec la technique classique et avec les techniques mini-invasives, nous avions effectué dans Pubmed une revue de la littérature en croisant les différents mots clés suivants : Millin , open prostatectomy , benign prostatic hyperplasia , laser enucleation , laparoscopic adenomectomy , robotic adenomectomy . N'avaient été retenus que les articles de ces 10 dernières années sur le traitement des prostates de gros volume>80mL, et rapportant la morbidité postopératoire précoce et/ou tardive, par chirurgie ouverte, endoscopique (REUP, laser), laparoscopique ou robotique. Les articles rapportant les complications selon la classification de Clavien étaient sélectionnés en priorité.


L'adénomectomie était réalisée dans notre série selon la technique classique de Millin. Après dégraissage de la face antérieure de la prostate, les veines de la capsule prostatique étaient contrôlées par des points en X de fil tressé résorbable 3×0, disposés de part et d'autre de la future incision capsulaire horizontale et rétro-pubienne. La capsule était incisée à l'aplomb du bord supérieur de la symphyse pubienne avant de procéder à l'énucléation de l'adénome. L'hémostase était réalisée au niveau de l'incision de la capsule prostatique par deux points d'angle prenant largement la capsule à 5heures et à 7heures pour le contrôle des pédicules vasculaires prostatiques. Le col vésical était abaissé par 2 ou 3 points en U prenant le col et le versant postérieur de la cavité prostatique, pour assurer une hémostase complémentaire au niveau du col et faciliter le changement de sonde à demeure si nécessaire en période postopératoire.


Résultats


Dans notre série (240 patients) l'âge moyen était de 69,9ans (±8,8), le volume prostatique total moyen préopératoire mesuré par échographie trans-rectale était de 111,5 cc (±43,8). Le poids moyen de la pièce d'adénomectomie était de 81,7 gr (±50,6). Les pertes sanguines moyennes peropératoires étaient estimées à 246mL (±268), le temps moyen d'intervention de 88min (±32). Quinze malades (6 %) ont été transfusés. La durée moyenne de sondage postopératoire était de 3,8jours (±3,2), la durée moyenne de séjour était de 5,6jours (±2,7) extrêmes (3 ; 29jours).


Résultats fonctionnels à 3 mois


Quatre-vingt pour cent des patients ont été revu à 3 mois (14 patients ont été perdus de vue). Le score IPSS médian passait respectivement de 25 à 5 points. Le SQV moyen passait de 5 à 0,7 points. Le débit maximum moyen passait de 6,5mL/sec à 22,1mL/sec. Le résidu post-mictionnel moyen baissait de 116mL à 7,5mL.


Complications à court terme


Ainsi selon la classification classique, le taux de complications médicales précoces était de 24 %, le taux de complications chirurgicales précoces est de 12 % et la morbidité globale de 36 % ; pour ces mêmes patients, mais cette fois avec la classification de Clavien, le taux des complications médicales précoces augmentait de 24 à 34 % (taux prenant en compte les urgenturies et pollakiuries postopératoires précoces) (Tableau 1). Le taux de complications chirurgicales précoces était inchangé et le taux de morbidité globale progressait de 36 à 49 %. Aucune complication de grade 4 ou 5 selon la classification de Clavien n'a été observée dans notre série. Lors du retrait de la sonde à demeure, 9 % des patients ont présenté des fuites par impériosités, et seulement 3 % (5) des patients avait encore des fuites à 3 mois, dont deux patients ont conservé des fuites après un an (0,8 %). Les patients en échec de désondage en postopératoire immédiat, (14) avaient tous repris des mictions spontanées par la suite. Les décaillotages au lit en secteur d'hospitalisation n'ont pas pu être pris en compte (données non disponible dans les dossiers), seuls les décaillotages nécessitant une reprise au bloc opératoire (Clavien grade 3) étaient pris en compte.


Si l'on comparait le groupe des patients avec un traitement anticoagulant par anti-vitamine K (AVK) ou antiagrégant plaquettaire (AAP), avec le groupe des patients sans traitement AVK ou AAP (Tableau 2). On ne notait pas de différence significative entre les deux groupes, sauf pour les taux de décaillotage et d'hématome de paroi plus élevés dans le groupe avec traitement.


Résultats à long terme


Le recul moyen était de 5,5ans (±1,4).


Sur les 240, 137 patients ont été revus (57 %). Les résultats fonctionnels étaient résumés dans le Tableau 3. L'âge moyen était de 80,3ans. Selon l'ancienneté du contrôle variant de 4 à 8ans, le score IPSS variait de 2,5 à 6,6 points, le SQV de 0 à 1,2 points, le débit maximum de 13 à 23mL/sec et le RPM de 0 à 25mL. Au moment de la consultation, 18 % (27) des patients présentaient des besoins impérieux nécessitant un traitement anticholinergique ; parmi eux, 2 étaient devenus impérieux dans les suites d'un AVC, 2 après un cancer de prostate traité par radiothérapie, 2 après résection pour tumeur de vessie récidivante, un patient était dément au moment de la consultation. Un tiers de ces derniers patients estimaient malgré tout avoir été amélioré par la chirurgie.


Les résultats de notre étude ont été insérés dans deux tableaux (Tableau 4, Tableau 5) pour permettre la comparaison avec les données de la littérature.


Discussion


Les résultats de notre série étaient comparés aux résultats des dernières séries de chirurgie ouverte publiées dans la littérature (Tableau 4).


Notre étude mettait en évidence comparativement aux autres études d'AVH, un saignement peropératoire plus faible, une DMS plus courte. Ceci pouvait probablement s'expliquer par la technique d'adénomectomie employée par notre centre, la voie transcapsulaire de Millin, alors que dans la plupart des autres études, la voie transvésicale était utilisée. Techniquement la voie transvésicale ne permettait pas une hémostase aussi efficace que la voie transcapsulaire selon Millin. La série de Madersbacher et al. [4] (23 123 patients) qui comparait l'AVH transvésicale à la RTUP retrouvait un taux de ré-intervention moins important pour la chirurgie ouverte (9,5 %).


La comparaison des résultats des différentes études faisait ressortir une hétérogénéité dans la présentation de la morbidité postopératoire, et une hétérogénéité dans l'utilisation ou non de la classification de Clavien. Seule l'étude de Tubaro et al. [5] utilisait la classification de Clavien ; pour les autres études, nous avions repris toutes les complications mentionnées dans le texte, et nous les avions rapportées dans le Tableau 4 selon la classification de Clavien. Notre série avait une morbidité globale élevée, par rapport aux autres séries de voie ouverte, qui n'utilisant pas la classification de Clavien ne comptabilisaient pas certaines complications de grade 1, et avaient de ce fait une morbidité globale plus favorable que la nôtre. Les séries rapportant les taux de morbidité postopératoire les plus élevés, sont les études de Serretta et al. avec 28 % [6], Tubaro et al. avec 31 % [5] et de Naspro et al. [7] avec 79 %. La morbidité globale la plus faible, 14 %, était rapportée par Condie et al. [8], mais cette dernière ne tenait pas compte de la symptomatologie fonctionnelle, comme l'impériosité postopératoire précoce et tardive, qui bien que très fréquemment observée, est peu rapportée dans la littérature.


L'impériosité répond à la définition de complication de type 1 dans la classification de Clavien.


Par ailleurs, l'étude multicentrique de Condie et al. [8] réalisée en Asie rurale, rapportait un taux de transfusion de 1 %. Ce faible taux faisait se poser la question de l'accessibilité à la transfusion en Asie rurale où cette étude a été réalisée.


La comparaison des résultats de notre série avec les résultats des séries récentes d'énucléation laser et les résultats de résection endoscopique classique étaient résumés dans le Tableau 5. Les séries de la revue de la littérature faite en 2010 par Rieken et al. [9] étaient reprises dans ce tableau. Nous y avions rajouté les résultats d'autres publications avec le laser, celle de Krambeck et al. [10], de Moody et Lingeman [11], de Placer et al. [12] et les résultats de la série de plus de 10 000 REU P de Reich et al. [13].


Les publications rapportant les résultats de la vaporisation par laser KTP (potassium-titanyl-phosphate) n'étaient retenues, puisque le principe même de cette technique ne permettait pas de reproduire une énucléation du tissu adénomateux comparable à celle de la voie ouverte ou de l'énucléation endoscopique par laser Holmium ou Thulium.


Les résultats de notre série étaient moins bons que ceux de l'énucléation laser pour la DMS, la durée de sondage, la morbidité globale. La durée moyenne de séjour de 5,6jours de notre série d'AVH pourrait être artificiellement réduite à 4jours. En effet, le patient étant admis la veille de l'intervention dans notre étude, alors qu'il était admis le jour de l'intervention dans la plupart des séries de laser annonçant une DMS à 3jours. Par ailleurs, dans l'étude de Placer et al. [12], les patients sortaient de l'hôpital avec leur sonde à demeure et ils revenaient ultérieurement en consultation pour son retrait. Dans notre étude, les patients sortaient 24heures après l'ablation de la sonde à demeure. Cette différence dans la gestion de l'hospitalisation des patients représentait un biais dont il fallait tenir compte dans la lecture et l'interprétation des résultats. Selon la définition de l'objectif, les résultats des études pouvaient changer de façon significative : pour certains centres, la priorité était donnée à la durée de séjour, pour d'autres centres, la priorité est donnée au confort du patient. Pour ces derniers centres, la sortie de l'hôpital ne se concevait qu'une fois les soins terminés, c'est-à-dire, après l'ablation de la sonde à demeure suivie du contrôle d'une vidange vésicale satisfaisante autorisant le départ. Le patient quittait le service avec l'assurance d'un très faible risque de réadmission en urgence pour rétention aiguë d'urine secondaire à un caillotage vésical souvent lié à une ablation de la sonde et un départ trop précoces.


Dans l'étude de Kuntz et al. de 2004 [14], seule étude prospective et randomisée sur 120 patients, l'énucléation laser Holmium était comparée à l'adénomectomie chirurgicale transvésicale. L'énucléation laser avait de meilleurs résultats en termes de DMS, de durée de sondage, et de saignement peropératoire par rapport à la voie transvésicale. À l'inverse, à volume prostatique équivalent, la durée opératoire était en faveur de la chirurgie ouverte. Cette étude ne s'intéressait qu'aux résultats fonctionnels, elle ne traitait malheureusement pas la morbidité postopératoire, ce qui explique qu'elle ne figure pas dans le Tableau 5. L'étude de Moody et Lingeman [11] comparait également l'énucléation laser Holmium et la chirurgie ouverte transvésicale. La DMS était nettement en faveur du laser, la durée opératoire en faveur de la chirurgie ouverte, par contre la morbidité était élevée pour le laser. Dans ces études comparatives, laser versus chirurgie ouverte, la description de la morbidité postopératoire n'était pas détaillée, ce qui ne permettait pas la comparaison des deux techniques sur ce paramètre. En 2004, une étude de Hoffman et al. [15], mettait en évidence que la chirurgie par vaporisation laser (KTP 80W) favorisait la dysurie et les rétentions postopératoires, mais qu'elle était moins hémorragique que les techniques conventionnelles.


Dans notre étude le taux d'impériosité semblait inférieur à celui du laser dans les suites précoces. Le taux d'impériosité après énucléation laser s'élevait jusqu'à 53 %, avec une morbidité globale de 73 % dans l'étude de Placer et al. [12], qui rapportait la morbidité postopératoire d'une série de 125 patients traités par énucléation laser. En 2010, la revue de la littérature faite par Rieken et al. [9], comparait les résultats de plusieurs séries d'énucléation laser, de vaporisation laser, de résection endoscopique, et de chirurgie ouverte. Dans certaines séries de laser, on retrouvait jusqu'à 44 % d'impériosité en postopératoire immédiat, et jusqu'à 58 % de dysurie. À plus long terme, les taux d'impériosité était nettement plus bas, de l'ordre de 1 à 4,5 % pour la plupart des études mais étaient encore à 10 % pour certaines d'entre elles.


Des complications spécifiques de l'énucléation laser étaient rapportées, comme des perforations capsulaires, des plaies vésicales, des plaies des méats urétéraux avec le morcellateur pouvant atteindre jusqu'à 18 % des patients dans certaines séries [9]. L'énucléation laser semblait donner de meilleurs résultats que la technique de vaporisation laser, mais au prix d'une morbidité plus élevée.


L'énucléation laser apparaissait comme une technique difficile à maîtriser, avec une courbe d'apprentissage longue. Dans la mesure où les résultats publiés sont ceux d'auteurs ayant fait leur auto-apprentissage, il est possible qu'un opérateur entraîné, puisse enseigner cette technique plus rapidement, en une quinzaine de procédures seulement selon Gilling [16]. L'augmentation du nombre des sites utilisateurs et des centres formateurs à la technique laser pourrait inverser la situation actuelle où l'adénomectomie voie ouverte reste la plus utilisée pour le traitement des prostates de gros volume [17].


Peu de séries rapportaient les résultats de la morbidité de la chirurgie laparoscopique de l'adénome de prostate. La plupart de ces études étaient des études de faisabilité sur de courtes séries de patients. La laparoscopie est reconnue, en chirurgie, comme étant moins morbide que la laparotomie, et donnant des suites postopératoires de durée plus courte. La seule étude faisant un recueil précis des complications postopératoires de la laparoscopie était celle de Porpiglia et al. en 2011 [18], mais elle ne faisait pas référence aux impériosités postopératoires. La DMS de notre série de 5,6jours, était voisine de celle de la laparoscopie. La laparoscopie ne semblait diminuer de façon significative, ni la DMS, ni la durée de sondage, ceci au prix d'une durée opératoire plus longue.


Conclusion


L'objectif de notre étude était de présenter les résultats d'une série contemporaine d'adénomectomie par voie ouverte et de la situer dans le paysage chirurgical actuel, comprenant l'énucléation endoscopique par laser, l'énucléation chirurgicale laparoscopique éventuellement assistée par robot. L'AVH selon la technique de Millin était encore à ce jour la référence dans le traitement chirurgical de l'HBP de gros volume. Nos résultats mettaient en évidence un taux de complications élevé comparativement à celui des autres techniques, ce qui s'expliquait par notre utilisation de la classification de Clavien, peu rapportée dans la littérature. La DMS du Millin était compétitive quand on la comparait à celle de la laparoscopie, et de la REUP, avec un taux de ré-intervention à long terme nettement inférieur à celui de la REUP. L'énucléation laser semblait apporter un avantage dans la chirurgie des adénomes de gros volume pour la DMS, la durée de sondage, mais par contre le taux d'impériosité était plus important que celui de notre série. Une étude randomisée dans un centre enseignant couramment les deux techniques avec la même motivation, adénomectomie de type Millin et énucléation laser, et avec un cadre précisant clairement les objectifs primaires et secondaires de l'étude, ainsi qu'une évaluation comprenant la classification de Clavien serait nécessaire pour juger de leur compétitivité respective.


Déclaration d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflits d'intérêts en relation avec cet article.




Tableau 1 - Résultats de notre série et morbidité selon la classification de Clavien.
Durée opératoire (min) : moyenne (extrêmes)   88 (40-180) 
Durée de sondage (jours) : moyenne (extrêmes)   3,8 (1-30) 
DMS (jours) : moyenne (extrêmes)   5,6 (3-29) 
Morbidité : nombre (%)   119 (49 %) 
Clavien 1   71 (29 %) 
Impériosité  21 (8 %) 
Impériosité à 3 mois  5 (2 %) 
Impériosité à 1 an  2 (0,8 %) 
Sténose urétrale  14 (5,8 %) 
Abcès de paroi  9 (3,7 %) 
Hématome de paroi  6 (2,5 %) 
Échec désondage  14 (5,8 %) 
Clavien 2   27 (11 %) 
Transfusion  15 (6 %) 
Infection urinaire  9 (3,7 %) 
Orchite  1 (0,4 %) 
Épididymite  1 (0,4 %) 
Ostéite pubienne  1 (0,4 %) 
Clavien 3   21 (8 %) 
Éventration  3 (1,2 %) 
Décaillotage  18 (7 %) 
Clavien 4  
Clavien 5  



Légende :
DMS : durée moyenne de séjour.



Tableau 2 - Résultats de notre série : comparaison entre patients avec et sans AVK ou AAP.
Nombre de patients (n Sans AVK ou AAP
136 
Avec AVK et/ou AAP
96 
p  
Pertes sanguines peropératoires (mL) : moyenne  258  228  NS 
Transfusions : % (n 6,6 % (9)  6,3 % (6)  NS 
Durée sondage (jours) : moyenne  3,6  4,2  NS 
Décaillotage : % (n 5 % (7)  10 % (9)  <0,05 
Hématome de paroi : % (n 1 % (1)  7,8 % (5)  <0,05 
Durée de séjour (jours) : moyenne  5,6  5,8  NS 



Légende :
AVK : anti-vitamine K ; AAP : antiagrégant plaquettaire.



Tableau 3 - Notre série de Millin : résultats à long terme.
Nombre patients  Suivi (années)  IPSS (/35)  Score de gène (/6)  Qmax (mL/sec)  RPM (mL) 
19  4,6  0,7  20,2 
18  6,6  1,2  23,8  20 
24  5,9  1,2  18,2  25 
39  5,2  0,9  20,8  10 
34  3,8  0,6  19,1  18 
2,5  13 



Légende :
Qmax : débit maximum ; RPM : résidu post-mictionnel.



Tableau 4 - Comparaison de notre série d'adénomectomie Millin aux autres séries de Millin ou de voie transvésicale.
Série  Notre série  McCullough et al. [19 Condie et al. [8 Serretta et al. [6 Gratzke  Tubaro et al. [5
Type étude   Rétrospectif  Prospectif  Rétrospectif  Rétrospectif  Prospectif  Prospectif 
Durée de suivi (mois)   3 et 48 à 96 
Technique utilisée   Millin  Transvésicale  Transvésicale  Millin et Transvésicale  Millin et Transvésicale  Transvésicale 
Année de l'étude   2011  2009  1999  2002  2007  2001 
Nombre de patients ( n)   240  184  200  1800  902  32 
Âge (années)   59  69  64  71  71  62 
Volume prostatique (cc) : moyenne   111  70  96  63 
Saignement peropératoire (mL) : moyenne   246  400 
Durée d'irrigation (jours) : moyenne   2,7 
Durée opératoire (min) : moyenne   88  54  80 
Durée de sondage (jours) : moyenne   3,8  6,4  5,4 
Durée de séjour (jours) : moyenne   5,6  7,7  10  11,9  6,2 
Morbidité : nombre (%)   119 (49 %)  52 (28 %)  27 (14 %)  512 (29 %)  180 (20 %)  10 (31 %) 
Clavien 1   71 (29 %) 
Impériosité  21 (8 %)  68 (3,7 %)  3 (9,4 %) 
Impériosités à 3 5 (2 %)  0 (0 %) 
Impériosité à 1 an  2 (0,8 %)  22 (1,2 %) 
Sténose urétrale  14 (5,8 %)  90 (5 %) 
Abcès de paroi  9 (3,7 %)  3 (1,6 %)  4 (2 %)  1 (3,1 %) 
Hématome paroi  6 (2,5 %)  1 (0,5 %) 
Phlébite  1 (0,5 %) 
Échec désondage  14 (5,8 %) 
Clavien 2   27 (11 %) 
Transfusion  15 (6 %)  18 (9,8 %)  2 (1 %)  148 (8,2 %)  67 (7,5 %)  22 autotransfusion 
Infection urinaire  9 (3,7 %)  18 (9,8 %)  45 (5 %)  4 (12 %) 
Orchite-épididymite  2 (0,8 %)  8 (4 %) 
Ostéite pubienne  1 (0,4 %)  155 (8,6 %) 
Sepsis uro  9 (4,9 %) 
Clavien 3   21 (8 %) 
Éventration  3 (1,2 %) 
Décaillotage  18 (7 %)  2 (1 %)  20 (1,1 %) 
Ré-intervention  2 (1,2 %)  2 (1 %)  8 (0,4 %)  33 (3,7 %) 
Fistule vésico-cutanée  2 (1 %)  1 (0,05 %)  33 (3,7 %)  2 (6,2 %) 
Clavien 4 et 5   2 (0,2 %) 
Série  Notre série  Naspro et al. [7 Madersbacher et al. [4 Kuntz et al. [14 Porpiglia et al. [18
Type étude   Rétrospectif  Prospectif  Rétrospectif  Prospectif  Prospectif 
Durée de suivi (mois)   12  24  96  18  12 
Technique utilisée   Millin  Transvésicale  Transvésicale  Transvésicale  Millin 
Année de l'étude   2011  2006  2004  2004  2006 
Nombre de patients ( n)   240  39  2452  60  20 
Âge patient (années) : moyenne   59  67  71  71  67 
Volume prostatique (cc) : moyenne   111  93  113  115 
Saignement peropératoire (mL) : moyenne   246  687 
Durée d'irrigation (jours) : moyenne  
Durée opératoire (min) : moyenne   88  58  90  95 
Durée de sondage (jours) : moyenne   3,8  5,6 
Durée de séjour (jours : moyenne)   5,6  5,4  10 
Morbidité : n (%)   119 (49 %)  31 (73 %) 
Clavien 1   71 (29 %) 
Impériosité  21 (8 %) 
Impériosités à 3 5 (2 %)  18 (40 %) 
Impériosité à 1 an  2 (0,8 %)  3 (8,5 %) 
Sténose urétrale  14 (5,8 %)  1 (2 %)  1 (5 %) 
Abcès de paroi  9 (3,7 %) 
Hématome de paroi  6 (2,5 %) 
Phlébite 
Échec désondage  14 (5,8 %) 
Clavien 2   27 (11 %) 
Transfusion  15 (6 %)  7 (18 %)  8 (13 %) 
Infection urinaire  9 (3,7 %) 
Orchite/épididymite  2 (0,8 %) 
Ostéite pubienne  1 (0,4 %) 
Sepsis uro 
Clavien 3   21 (8 %) 
Éventration  3 (1,2 %) 
Décaillotage  18 (7 %) 
Ré-intervention  2 (5 %)  233 (9,5 %) à 8ans  2 (3 %) 
Fistule vésico-cutanée 
Clavien 4   120 (4,9 %) à 8ans 
Clavien5   22 (0,9 %) à 3 mois 
      66 (2,7 %) à 5ans     





Tableau 5 - Comparaison de notre série de Millin aux séries de Laser ou REU P (basé sur la revue de Rieken [9]).
Série  Notre série  Krambeck et al. [10 Montorsi et al. [20 Placer et al. [12 Gilling [21 Reich et al. [13 Naspro et al. [7
Type de série   Rétrospectif  Rétrospectif  Prospectif  Rétrospectif  Prospectif  Prospectif  Prospectif 
Suivi (mois)   12  12  12  24  72  24 
Technique utilisée   Millin  Laser  Laser  Laser  Laser  REU P  Laser 
Année de l'étude   2011  2010  2008  2009  2008  2008  2006 
Nombre de patients ( n)   240  1065  52  125  38  10 654  41 
Âge (années) : moyenne   59  75  71  69  71  66 
Volume prostatique (cc) : moyenne   111  76  75  45  89 
Saignement peropératoire (mL) : moyenne   246mL 
Durée d'irrigation (jours) : moyenne   0,8 
Durée opératoire (min) : moyenne   88  109  47  52  72 
Durée de sondage (jours) : moyenne   3,8  0,8  1,5 
Durée de séjour (jours) : moyenne   5,6  1,5  1,5  2,7 
Morbidité : n (%)   119 (49 %)  314 (30 %)  34 (65 %)  92 (73 %)  1437 (13 %) 
Clavien 1   71 (29 %) 
Impériosité  21 (8 %)  127 (12 %)  23 (44 %)  67 (53 %) 
Impériosités à 3 mois  5 (2 %)  36 (3,4 %)  15 (36 %) 
Impériosité à 1 an  2 (0,8 %)  19 (1,8 %)  1 (1,9 %)  2 (5,4 %) 
Sténose urétrale  14 (5,8 %)  64 (6 %)  1 (1,9 %)  2 (1,6 %)  (1,4 %)  3 (7 %) 
Abcès de paroi  9 (3,7 %)  9 (0,9 %) 
Hématome de paroi  6 (2,5 %)  -- 
Phlébite 
TURP syndrome  149 (1,4 %) 
Échec désondage  14 (5,8 %) 
Clavien 2   27 (11 %) 
Transfusion  15 (6 %)  4 (3,5 %)  309 (2,9 %)  2 (4 %) 
Infection urinaire  9 (3,7 %)  3 (2,4 %)  383 (3,6 %) 
Orchite/épididymite  2 (0,8 %) 
Ostéite pubienne  1 (0,4 %) 
Sepsis uro  1 (0,01 %) 
Clavien 3   21 (8 %) 
Éventration  3 (1,2 %) 
Décaillotage  18 (7 %)  53 (5 %)  5 (4 %) 
Ré-intervention  6 (4,8 %)  1,4  596 (5,6 %)  3 (7 %) 
Fistule vésico-cutanée 
Plaie morcellateur  2 (0,1 %)  9 (18 %)  5 (4 %)  3 (7,3 %) 
IDM  3 (0,2 %) 
Clavien 4 et 5   10 (0,1 %) 
Série  Notre série  Elzayat et Elhilali [22 Vavassori et al. [23 Moody et Lingeman [11
Type de série   Rétrospectif  Rétrospectif  Rétrospectif  Rétrospectif 
Suivi (mois)   96  24  36  12 
Technique utilisée   Millin  Laser  Laser  Laser 
Année de l'étude   2011  2005  2008  2001 
Nombre de patients   240  225  330  10 
Âge (années) : moyenne   59  73  71  74 
Volume prostatique (mL) : moyenne   111  126  151 
Saignement peropératoire (mL) : moyenne   246 
Durée d'irrigation (jours) : moyenne  
Durée opératoire (min) : moyenne   88  117  197 
Durée de sondage (jours) : moyenne   3,8  1,3  0,9 
Durée de séjour (jours) : moyenne   5,6  1,2  2,1 
Morbidité : n (%)   119 (49 %)  57 (25 %)  140 (42 %)   
Clavien 1   71 (29 %) 
Impériosité  21 (8 %)  41 (18 %)  92 (28 %)  4 (40 %) 
Impériosité à 3 mois  5 (2 %) 
Impériosité à 1 an  2 (0,8 %)  8 (3,5 %)  2 (0,6 %) 
Sténose urétrale  14 (5,8 %)  5 (2 %)  11 (3,5 %) 
Abcès de paroi  9 (3,7 %) 
Hématome de paroi  6 (2,5 %) 
Phlébite 
TURP syndrome 
Échec désondage  14 (5,8 %) 
Clavien 2   27 (11 %) 
Transfusion  15 (6 %) 
Infection urinaire  9 (3,7 %)  4 (1,7 %) 
Orchite-épididymite  2 (0,8 %) 
Ostéite pubienne  1 (0,4 %) 
Sepsis uro 
Clavien 3   21 (8 %) 
Éventration  3 (1,2 %) 
Décaillotage  18 (7 %) 
Ré-intervention  9 (2,7 %) 
Fistule vésico-cutanée 
Plaie morcellateur  18 (5,7 %)  1 (10 %) 
IDM 
Clavien 4 et 5  




Références



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