Faut-il doser la prolactinémie dans le bilan d'une insuffisance érectile? A propos d'une série de 445 patients. Revue de la littérature.

16 juillet 2001

Mots clés : andrologie, dysérection, bilan hormonal
Auteurs : Delavierre D, Girard P, Peneau M, Ibrahim H
Référence : Prog Urol, 1999, 9, 1097-1101
BUTS : Préciser l'intérêt du dosage de la prolactinémie dans le bilan d'une insuffisance érectile.
MATÉRIEL ET MÉTHODES : Le dosage de la prolactinémie (méthode radio-immunologique) a été réalisé chez 445 patients présentant une insuffisance érectile (âge moyen : 52,5 ans).
RÉSULTATS : 9 patients (2%) présentaient une hyperprolactinémie supérieure à 25 ng/ml dont 4 (0,9%) supérieure à 35 ng/ml. Parmi ces 9 patients 8 prenaient des médicaments hyperprolactinémiants. L'étiologie est restée imprécise chez 1 patient mais le scanner hypophysaire était normal. ANALYSE DE LA LITTÉRATURE : Dans la population des insuffisants érectiles, la prévalence de l'hyperprolactinémie supérieure à 20 ou 25 ng/ml est de 2,7%, supérieure à 35 ou 40 ng/ml de 1,3% et celle des tumeurs hypophysaires de 0,6%. Lors de tumeurs hypophysaires responsables d'hyperprolactinémie et d'insuffisance érectile 1°) la prolactinémie est supérieure à 30 ng/ml dans 90% des cas et supérieure à 50 ng/ml dans 83% des cas 2°) la testostéronémie totale est inférieure à 3 ng/ml dans 88% des cas et inférieure à 4 ng/ml dans 96% des cas 3°) la libido est émoussée dans 90% des cas.
CONCLUSION : La prévalence de l'hyperprolactinémie et des tumeurs hypophysaires dans la population des insuffisants érectiles est faible. Par ailleurs certains critères permettent de suspecter une hyperprolactinémie notamment quand elle est secondaire à une tumeur hypophysaire. En conséquence le dosage systématique de la prolactinémie n'est pas justifié. Ce dosage n'est réalisé que si la libido est émoussée, la testostéronémie totale abaissée ou si le patient présente des signes tels que céphalées, gynécomastie ou troubles visuels.