Facteurs de risques de toxicité urinaire et digestive après radiothérapie prostatique (IMRT-VMAT ® ) adjuvante/rattrapage après prostatectomie : étude prospective mono-opérateur

25 novembre 2017

Auteurs : A. Schneider, B. Schipman
Référence : Prog Urol, 2017, 13, 27, 678
Objectifs

Les nouvelles techniques de radiothérapie externe ont permis de réduire les doses d’irradiations des organes à risque. Les plans de traitement de radiothérapie de rattrapage ou adjuvante post-prostatectomie imposent un large champ d’irradiation pouvant contrecarrer ce précepte. L’objectif de cette étude était d’identifier les facteurs de risque de toxicité urinaire et digestive des patients traités de manière adjuvante post-prostatectomie ou, en rattrapage d’une récidive biologique à distance d’une prostatectomie, par radiothérapie externe avec modulation d’intensité/arc-thérapie.

Méthodes

Entre avril 2013 et septembre 2016, tous les patients traités en adjuvant ou pour un rattrapage d’un cancer de prostate localisé ou localement avancé, initialement traités par prostatectomie, ont été inclus. Une radiothérapie externe par modulation d’intensité/arc-thérapie dynamique, avec repositionnement scanographique quotidien, a été réalisée pour chaque patient. Les données cliniques (âge, score G8), les données oncologiques (PSA préop, PSA postop, Gleason biopsique et opératoire, pTNM) ainsi que les données dosimétriques ont été analysées. Un suivi clinique régulier permettait de recenser les toxicités urinaires et digestives de manière prospective. Les facteurs de risque de toxicité ont été recherchés en établissant deux groupes (toxicité de stade 0 et 1 versus toxicité de stade 2 et 3).

Résultats

Quatre-vingt-quatre patients ont été traités (57 en adjuvant, 27 pour un rattrapage). L’âge médian était de 66 ans [66 ; σ=8]. La médiane de suivi était de 15mois (10 toxicités urinaires [11,9 %] de grade2 ont été retrouvées ; dont une de grade 3 (1,1 %). Neuf toxicités digestives (10,7 %) de grade 2 ont été retrouvées ; aucune de grade 3. En termes de toxicité urinaire, on observait une différence significative quant à la dose totale reçue à l’ancien emplacement des vésicules séminales (46,6Gy vs 39,6Gy ; p =0,0003). En termes de toxicité digestive, on observait une différence à la limite de la significativité entre les groupes « irradiation pelvi-prostatique » vs « irradiation loge prostatectomie seule » (17,9 % vs 4,4 % ; p =0,057) (Tableau 1, Tableau 2).

Conclusion

Notre étude met en évidence une toxicité digestive accrue en cas d’irradiation pelvi-prostatique, ce qui diffère des résultats du traitement initial du cancer de prostate avec cette même technique d’irradiation. La dose reçue au niveau de la loge des vésicules séminales semble être un critère de risque de toxicité urinaire dans notre étude. Un suivi à plus long terme est nécessaire à la validation de ces résultats.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.




Tableau 1 - Toxicités urinaires 0,1 vs 2,3.







Tableau 2 - Toxicités digestives 0,1 vs 2,3.









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Publié par Elsevier Masson SAS.