Base bibliographique

Complications chirurgicales et résultats à long terme des transplantations rénales avec transplants à critères élargis
Postoperative complications and long-term outcomes of transplantation with expended criteria donors transplants
2020
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2020, 12, 30, 655-662


Introduction

L’objectif de cette étude était d’analyser les complications chirurgicales et les résultats à long terme de la transplantation rénale avec transplants issus de donneurs à critères élargis (ECD) définis selon les critères de l’United Network of Organ Sharing (UNOS) par rapport aux résultats obtenus avec ceux issus de donneurs standards.


Matériel et méthode

Nous avons réalisé une étude rétrospective incluant 470 patients transplantés dans notre centre entre 2005 et 2016. Dans chaque groupe, les complications chirurgicales classées par type puis selon Clavien et Dindo ont été analysées et comparées de manières univariées et multivariées. Les survies des patients et des transplants dans chaque groupe ont été analysées et comparées.


Résultats

Cent quatre-vingt-dix-sept (41,9 %) patients ont reçu un rein issu de donneurs à critères élargis. Le suivi médian était de 61,4 mois [22,4–93,89]. Les patients recevant un transplant ECD présentaient plus de reprise de fonction retardée du transplant HR=2,1 (1,1–3,68), p =0,008 mais la survenue d’autres complications postopératoires n’était pas différente. En analyse multivariée, la survie des transplants ECD était moindre HR=1,81 (1,1–2,98), p =0,029 contrairement à la survie des patients qui n’était pas modifiée par le type de transplant.


Conclusion

La transplantation avec des transplants ECD n’entraîne pas plus de complications chirurgicales postopératoires. Elle est par contre associée à une reprise de fonction retardée du transplant plus fréquente. Elle est aussi associée à une survie moindre des transplants. L’évaluation de l’utilisation de machines à perfuser dans cette indication est souhaitable.


Objective

The objective of this study was to analyze early, late complications and outcomes following expended criteria donors (ECD) kidney transplantation compared to standard donors.


Materials and methods

We performed a retrospective study including 470 patients who received a kidney transplant between 2005 and 2016. Expended criteria donors were defined following the United Network of Organ Sharing criteria. In each group, length of stay, delayed graft function, surgical site infection, acute rejection, surgical complications by type and according to Clavien and Dindo classification were analyzed in univariate and multivariate analysis. The impact of ECD transplant on transplant and patient survival was assessed using a Cox proportional regression model.


Results

One hundred and ninety seven (41.9%) patients received ECD kidney. The mean follow-up was 61,4 months (22.4–93.89). Patients with ECD transplant presented more delayed graft function (HR=2.1 (1.1–3.68), P =0.008) but the rate of complications including surgical complications was not different. Patients and transplant survival were decreased in ECD transplant group (P =0.005 et 0.001 respectively). In multivariate analysis ECD kidney was an independent factor only associated with decreased transplant survival (HR=1.81 (1.1–2.98), P =0.029) but not with patient survival.


Conclusion

ECD kidney transplantation was not associated with increased postoperative complications but a higher rate of delayed graft function. Nevertheless, it was associated with a decreased transplant survival. The use of pulsatile perfusion machine for explanted criteria transplant should be evaluated to improve these results.

Connaissances, pratiques et attentes pour la prise en charge de l’hyperactivité vésicale en France
Knowledge, practices and expectations in the management of overactive bladder in general practice and gynecology in France
2020
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2020, 12, 30, 675-683


Introduction

L’hyperactivité vésicale (HAV) est un syndrome clinique caractérisé par des urgenturies, avec ou sans incontinence urinaire, et souvent accompagnées d’épisodes de nycturie et de pollakiurie. Le but de cette enquête de pratique était d’identifier les modalités de diagnostic et de prise en charge des patients ayant une HAV selon leur profil clinique et la spécialité du médecin non urologue en lien avec cette pathologie.


Méthodes

Enquête de pratique transversale réalisée en France auprès de 262 médecins, 181 médecins généralistes (MG) et 81 gynécologues, exerçant en France, sur questionnaires papier.


Résultats

Les gynécologues abordaient plus facilement la question des troubles urinaires que les MG. La première mesure de prise en charge de la pathologie était la thérapie comportementale, cependant la moitié des patients l’abandonnaient. Chez les femmes les plus âgées et les hommes de tous âges, le recours aux médicaments était privilégié, bien qu’ils ne fussent que 4 sur 10 à poursuivre le traitement au-delà de 6 mois. L’incontinence était le symptôme pour lequel les patients étaient le plus en attente d’un soulagement. Les MG comme les gynécologues exprimaient un besoin de disposer de recommandations, d’outils d’aide au dépistage, et d’outils d’évaluation et de suivi des symptômes.


Conclusion

Les patients et les médecins éprouvent des réticences à parler des troubles urinaires. Les MG et les gynécologues, professionnels de santé non urologues les mieux placés pour dépister et diagnostiquer l’HAV, sont en demande de formations, outils pratiques et recommandations.


Niveau de preuve

3.


Introduction

Overactive bladder (OAB) is a clinical syndrome characterized by urgency to urinate, with or without urinary incontinence, often associated with nycturia and pollakiuria. The aim of this practice survey is to identify diagnostic modalities and treatment circuits according to the patient's clinical profile and to practitioner's specialty.


Material and methods

A cross-sectional survey was conducted among 262 physicians practicing in France: 181 general practitioners (GPs) and 81 gynecologists.


Results

Urinary disorders were more easily addressed with patients by gynecologists than GPs. Behavioral therapy was the most widely used therapeutic measure, however half of the patients abandoned it. In oldest women and men of all ages, drugs were commonly prescribed, nevertheless only 4 out of 10 patients continued the treatment beyond 6months, according to the physicians. Incontinence was the symptom for which patients were in most need of relief. GPs and gynecologists expressed a need for training, practical tools and recommendations related to OAB.


Conclusion

Patients and doctors are reluctant to talk about urinary disorders. Non-urologist physicians such as GPs and gynecologists, as health professionals best placed to detect and diagnose OAB, are in demand for training, practical tools and recommendations.


Level of evidence

3.

Efficacité et tolérance à long terme des injections d’abobotulinumtoxinA dans le traitement de l’hyperactivité vésicale idiopathique
Long-term follow-up reveals a low persistence rate of abobotulinumtoxinA injections for idiopathic overactive bladder
2020
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2020, 12, 30, 684-691




 

Impact des anticoagulants et antiagrégants sur complications hémorragiques chez les patients traités par HoLEP
Impact of antiplatelet and anticoagulant treatments on bleeding complications in patients treated with HoLEP
2020
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2020, 12, 30, 639-645


Objectif

Évaluer l’impact des traitements anticoagulants et antiagrégants chez les patients bénéficiant d’une chirurgie pour hypertrophie bénigne de la prostate par HoLEP.


Matériels et méthodes

Nous avons réalisé une étude monocentrique durant la période d’apprentissage sur une série consécutive de patients ayant bénéficiés d’une chirurgie par HoLEP de 2015 à 2018. Les patients étaient divisés en 3 groupes : un groupe contrôle, un groupe antiagrégant et un groupe anticoagulant.


Résultats

Au total, 223 patients ont bénéficié d’une chirurgie type HoLEP durant cette période : 124 dans le groupe contrôle, 63 dans le groupe antiagrégant et 36 dans le groupe anticoagulant. Dans le groupe anticoagulants, nous avons observé des différences significatives avec le groupe contrôle pour le temps de sondage (2,05jours vs 5,17jours ; p <0,001), le temps d’hospitalisation (1,5 nuits vs 4,49 nuits ; p <0,001) et les complications (8,9 % vs 58 % ; p <0,001). Pas de différence entre les groupes contrôle et antiagrégant en termes de durée de sondage, durée d’hospitalisation (2,05jours vs 2,68jours ; 1,5 nuits vs 1,6 nuits) mais des différences ont été observées concernant les complications et les complications hémorragiques (8,9 % vs 21 % ; p <0,001 ; 8,1 % vs 19 % ; p <0,001).


Conclusion

Notre étude montre que la chirurgie par énucléation prostatique au laser holmium est donc associée à un plus haut risque hémorragique pour les patients traités par anticoagulation orale. Ces complications augmentent la morbidité avec un temps de sondage et d’hospitalisation plus long ainsi qu’un taux plus élevé de transfusion, reprise chirurgicale et réhospitalisation.


Niveau de preuve

3.


Introduction

We aimed to assess the impact of antiplatelet and anticoagulation therapy for patients undergoing HoLEP.


Methods

We performed a study during the learning curve on a consecutive series of patients who underwent HoLEP surgery from 2015 to 2018. The patients were divided into 3 groups: a control group, patients with antiplatelet therapy and patients with anticoagulation therapy.


Results

A total of 223 patients underwent HoLEP surgery during this period: 124 in the control group, 63 in the antiplatelet group and 36 in the anticoagulant group. In the anticoagulant group, we observe significant differences with the control group for the catheterization time (2.05 days vs 5.17 days; P <0.001), the hospital length of stay (1.5 nights vs 4.49 nights; P <0.001) and complications (8.9% vs 58%; P <0.001). No difference between the control and antiplatelet groups in terms of catheterization time, hospital length of stay and complications (2.05 days vs 2.68 days; 1.5 nights vs 1.6 nights) but variation in terms of complications and bleeding complications (8.9% vs 21%; P <0,001; 8.1% vs 19%; P <0,001)


Conclusion

Our study shows that HoLEP is therefore associated with a higher risk of bleeding for patients treated with anticoagulation therapy. Complications increase morbidity with longer catheterization time, hospitalization times and higher transfusion's rates, revision surgery and readmission.


Level of evidence

3.

L’effet de faible puissance sur l’énucléation de la prostate par laser holmium (HoLEP); Une étude comparative avec 12 mois de suivi
The low power effect on holmium laser enucleation of prostate (HoLEP); A comparison between 20 W and 37,5 W energy regarding apical enucleation efficacy and patient safety
2020
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2020, 12, 30, 632-638




 

L’IMC du patient receveur influence-t-il les complications à court terme en transplantation rénale ?
Is recipient's body mass index a determinant of short term complications in early renal transplantation?
2020
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2020, 12, 30, 663-674




 

Surveillance active du cancer de prostate : survie sans traitement curatif selon critères d’éligibilité stricts ou élargis
Active surveillance of prostate cancer: treatement-free survival according to restricted or expanded eligibility criteria
2020
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2020, 12, 30, 646-654


Objectifs

Le cancer de la prostate (CP) à bas risque pose le problème du surtraitement. La surveillance active (SA) est une réponse, mais la sélection des patients éligibles reste débattue. L’objectif de cette étude était d’évaluer la possibilité d’élargissement des critères d’inclusion en évaluant la survie sans traitement curatif (SSTC) en fonction de critères de sélection stricts ou élargis.


Méthodes

Étude rétrospective de patients en SA entre 2008 et 2014, pour un CP localisé Gleason=6, PSA<15ng/mL, stade<cT3. Le groupe « critères stricts » était défini par :≤cT2a, PSA<10ng/mL, 2≤biopsies positives (BP+), longueur totale tumorale≤3mm,≤50 % d’envahissement, densité du PSA≤0,15ng/mL/cm3. Une IRM était réalisée, à l’inclusion et pendant le suivi. Le traitement était proposé en cas de progression biologique, biopsique, ou clinique. Les critères associés à la conversion étaient analysés par régression de Cox.


Résultats

Cent quatre-vingt patients ont été inclus (suivi médian 46 mois). Cent onze patients avaient des critères « stricts » vs 69 « élargis ». Quatre-vingt-deux patients (45 %) ont été traités soit une SSTC de 71 % à 2 ans, 52 % à 5 ans. L’élargissement des critères d’inclusion n’était pas associé à la SSTC (65 vs 54 % à 5 ans, p =0,13). Les facteurs significativement associés à la sortie de SA en analyse multivariée étaient : une tumeur palpable (HR=2,07) et la bilatéralité des biopsies (HR=2,12) ; la présence d’une cible à l’IRM (HR=2,48) tendait vers la significativité.


Conclusion

Notre étude montre une SSTC semblable pour les patients inclus avec des critères élargis versus stricts. Cependant, un haut volume tumoral initial est un facteur associé à la conversion.


Niveau de preuve

3.


Aim

Overtreatment is an actual problem in low risk localized prostate cancer (PC) management. Active surveillance (AS) is a solution to limit this problem, but eligibility criteria remained discussed. The aim was to assess possibilities of widening selection criteria for patient in AS, studying curative treatment free survival (CTFS) according to restricted or expanded eligibility criteria.


Methods

We retrospectively studied patients beginning AS between 2008 and 2014, for Gleason 6 localized PC, PSA<15ng/ml,<cT3. The group “strict criteria” was defined:cT2a, PSA<10ng/ml, 2positive biopsies (PB+), total tumoral length3mm, tumoral invading50%, PSA density0,15ng/ml/cm3. MRI was performed at baseline and during follow-up. Radical treatment was proposed in case of biological, histological or clinical progression. Criteria associated with AS survival were analyzed by Cox regression.


Results

One hundred eighty patients were included (follow-up 46 months). One hundred and eleven patients had “strict” criteria vs. 69 “expanded” criteria. Eighty-two patients (45%) were treated with median time of 18.2 months (CTFS was 71% at 2 years, 52% at 5 years.). The widening of the inclusion criteria was not associated with CTFS (65 vs 54% at 5 years, P =0.13). Factors significatively associated with discontinuation of AS were bilaterality (HR=2.12) and abnormal rectal digital examination cT2 (HR=2,07); MRI target (HR=2,48)) tended towards significance.


Conclusion

Our study concludes that curative treatment free survival is similar for patients included with expanded criteria compared with those included with strict criteria. However, high initial cancer volume) is associated with AS discontinuation.


Level of evidence

3.

Traitement de l’hyperplasie bénigne de prostate par thermothérapie à la vapeur d’eau (système Rezum) : résultats à 1 an
One year-outcomes after water vapor thermal therapy (Rezum) treatment for benign prostatic hyperplasia
2020
- Commentaire à...
- Réf : Prog Urol, 2020, 12, 30, 621-623




 

Traitement de l’hyperplasie bénigne de prostate par thermothérapie à la vapeur d’eau (système Rezum®) : résultats à 1 an
Treatment of benign prostate hyperplasia using the Rezum® water vapor therapy system: Results at one year
2020
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2020, 12, 30, 624-631




 

114è congrès français d'urologie 100% virtuel
2020

Chers collègues, chers amis,

Un mois nous sépare de notre congrès annuel. L’évolution défavorable de la situation sanitaire liée à la COVID-19 nous impose hélas d’annuler la tenue de notre congrès annuel en présentiel à Paris. Cet événement tristement exceptionnel, ne nous a pas désarmé pour autant. En effet, nous avons organisé pour vous le PREMIER CONGRÈS DE L’AFU VIRTUEL qui aura lieu du 18 au 20 novembre 2020.

11th CONGRESS OF THE LEBANESE UROLOGY SOCIETY
2020

Chers Collègues et ami-e-s,

La Société Libanaise d’Urologie tiendra son 11ème Congrès en format  hybride les 23-24 octobre 2020.

Le programme scientifique est accessible en cliquant sur le lien suivant.

Comment je réalise une reconstruction après une néphrectomie partielle mini-invasive ?
How I perform renorraphy after a minimally invasive partial nephrectomy
2020
- Truc et astuce
- Réf : Progrès FMC, 2020, 3, 30, F87


Après une exérèse tumorale par néphrectomie partielle mini-invasive, la fermeture de la voie excrétrice et l’hémostase sont nécessaires à des suites postopératoires sans complication. Cette mise au point résume les techniques possibles.


After a minimally invasive partial nephrectomy for renal tumour, efficient closure of urinary tract and haemostasis allow achieving favorable postoperative outcome. This review exposes the various techniques for completing the renorraphy.

Comment prescrire un traitement par ondes de choc de basse intensité dans la dysfonction érectile ? (Novelator®)
How to prescribe a low-intensity extracorporeal shockwave therapy in erectile dysfunction? (Novelator®)
2020
- Ordonnance commentée
- Réf : Progrès FMC, 2020, 3, 30, F102


De nombreuses thérapeutiques (pharmacologiques, mécaniques, chirurgicales) sont présentes pour le traitement de la dysfonction érectile. Depuis plus d’une décennie, supportée par une littérature scientifique, un nouveau traitement, des ondes de chocs de basse intensité, émerge dans le paysage sanitaire français. Il peut se discuter comme traitement exclusif ou synergique des IPDE5, étant une modalité non invasive et sans effet secondaire. Sa place dans la stratégie thérapeutique reste à définir.


Many therapies (pharmacological, mechanical, surgical) are available for the treatment of erectile dysfunction. For more than a decade, supported by scientific literature, a new treatment, low-intensity shockwaves, has been emerging in the French health landscape. It can be discussed as an exclusive or synergistic treatment of IPDE5, being a non-invasive modality with no side effects. Its place in the therapeutic strategy remains to be defined.

La prise en charge chirurgicale des calculs bilatéraux : traitement en un ou deux temps ?
The surgical management of bilateral calculi: Same-session or two-staged treatment?
2020
- Le point sur...
- Réf : Progrès FMC, 2020, 3, 30, F81


Objectif

Faire le point sur la prise en charge chirurgicale des calculs rénaux et/ou urétéraux bilatéraux. Rapporter les critères d’analyse intervenant dans le choix entre un traitement simultané en un temps et un traitement différé en deux temps. Discuter, préciser les arguments pour défendre l’une ou l’autre des deux stratégies.


Méthodes

Analyse de la littérature (Pubmed, Medline, langue anglaise et française) portant sur les traitements chirurgicaux des calculs bilatéraux chez l’adulte.


Résultats

Les critères décisionnels reposent sur le nombre et la taille des calculs, la présence ou non d’anomalies sur la voie excrétrice urinaire supérieure, le terrain et les facteurs de comorbidité, l’environnement et l’expérience du chirurgien. Plusieurs séries (rétrospectives) rapportent les résultats et les complications d’un traitement simultané en un temps des calculs bilatéraux. Il existe peu d’études prospectives comparatives. La LEC bilatérale en un temps n’a plus d’indication, l’URS(S) et la NLPC en un temps donnent des bons résultats (SF), en respectant certaines conditions, avec un taux de complications qui reste significatif (fièvre, douleur, hémorragie) sans être significativement supérieur à un traitement différé en deux temps. Les deux techniques (URSS et NLPC) sont parfois combinées (centre expérimenté à deux équipes). Le traitement simultané en un temps apparaît, en termes de résultats et de morbidité, équivalent à un traitement différé en deux temps sous réserve d’une sélection rigoureuse des patients et de l’exécution de l’acte par des équipes expérimentées.


Conclusion

Le traitement différé en deux temps des calculs rénaux et/ou urétéraux bilatéraux reste une approche prudente et sûre, encore d’actualité, à privilégier dans les situations de calculs de gros volumes, d’anatomie difficile de la VEUS, de comorbidité importante et en début d’expérience. Le traitement simultané en un temps apparaît équivalent pour certaines équipes, en termes de résultat et de morbidité, à un traitement différé en deux temps sous réserve d’une sélection des patients (calculs de faible à moyen volume, anatomie simple de la VEUS, sans comorbidité importante) et de sa réalisation dans un centre expérimenté. Au cours d’un traitement simultané en un temps, l’équivalent d’une « check-list » intégrant des critères cliniques et biologiques pourrait être recommandée avant de débuter le traitement de la deuxième unité rénale.


Objective

Review the surgical management of bilateral renal and/or ureteral stones. Report the analysis criteria involved in the choice between a simultaneous or a sequential delayed treatment. Discuss and specify the arguments for defending the first or the second strategies.


Methods

Analysis of the literature (Pubmed, Medline, English and French language) of surgical management of bilateral urinary stones in adults.


Results

The decision criteria are based on the number and size of the stones, the presence or absence of abnormalities of the upper urinary excretory tract, the comorbidity factors, the environment and the surgeon's experience. Several series (retrospective) report the results and complications of simultaneous treatment of bilateral stones during the same procedure. There are few comparative prospective studies. Simultaneous bilateral LEC has no indication. Simultaneous bilateral URS (S) or PCNL give good results (SF) under certain conditions with a significant rate of complications (fever, pain, bleeding) but not significantly superior to sequential delayed treatment. Both techniques (USSR and PCNL) are sometimes combined (experienced center with two teams). The outcome and the morbidity of the simultaneous treatments appears equivalent to the delayed treatment in two stages when performed by experienced surgeons on selected patients.


Conclusion

The sequential delayed treatment of bilateral renal and/or ureteral stones remains a safe approach, which has to be favored in case of large volume stones, difficult anatomy of the upper urinary tract, significant comorbidity and at the beginning of a learning curve. In experienced centers on high selected patients (low to medium volume stones, simple anatomy, without significant comorbidity), the outcome and morbidity of the simultaneous treatment appears equivalent to a sequential delayed procedure. In this case, a checklist incorporating clinical and laboratory criteria may be recommended before starting treatment of the second renal unit.

Le priapisme artériel
High-flow priapism
2020
- Le point sur...
- Réf : Progrès FMC, 2020, 3, 30, F77


Le priapisme artériel est une pathologie rare mais classique dont l’étiologie principale est le traumatisme périnéal suite à une chute à califourchon. Ce traumatisme est responsable d’une lésion vasculaire d’une artère caverneuse ou d’une de ses branches conduisant à une fistule artériocaverneuse et une dérégulation du flux artériel des corps caverneux. L’érection est le plus souvent incomplète et non douloureuse. La prise en charge n’est pas urgente mais doit être planifiée afin de ne pas compromettre la fonction érectile future. Dans un premier temps, le traitement est conservateur par compression échoguidée du faux-anévrysme et glaçage du périnée. En cas d’échec, un traitement par radiologie interventionnelle par une équipe spécialisée doit être proposé.


High-flow priapism is a rare but classic pathology whose main etiology is perineal trauma. This trauma is responsible for a vascular lesion of a cavernous artery or one of its branches, leading to an arteriocavernous fistula and arterial blood flow dysregulation in the corpora cavernosa. The erection is often incomplete and nonpainful. Its management is not a medical emergency but must be planned so as not to compromise future erectile function. It is based initially on a conservative treatment that consist on ultrasound-guided compression of the lesion and frosting of the perineum. In the event of treatment failure, interventional radiology by a specialized team should be proposed.

Pathologies urologiques liées à une consommation de cannabis
Urological diseases related to cannabis use
2020
- Le point sur...
- Réf : Progrès FMC, 2020, 3, 30, F73


Introduction

Bien qu’illégale, la consommation de cannabis est assez fréquente en France et son rôle dans les pathologies urologiques est peu connu. L’objectif était de rapporter une revue des effets du cannabis dans les pathologies urologiques.


Méthodes

Une revue de la littérature a été réalisée sur la base de données PubMed en mars 2020 en utilisant les mots clés « marijuana  », « urologic neoplasms  », « male infertility  » et « lower urinary tract symptom  ».


Résultats

Le cannabis aurait un effet myorelaxant sur le détrusor et pourrait soulager les symptômes du bas appareil urinaire (SBAU) de la phase de remplissage. Cette propriété a conduit à son évaluation dans le traitement de l’hyperactivité vésicale chez les patients atteints de sclérose en plaque avec des résultats encourageants. Il semblerait qu’une consommation excessive et prolongée de cannabis serait associée à un risque accru de tumeurs germinales testiculaires notamment non séminomateuses. Le rôle propre du cannabis sur le cancer de vessie est controversé mais les produits liés à sa combustion sont des carcinogènes urothéliaux comme pour le tabac. Les données cliniques sont faibles concernant les autres cancers urologiques et à ce jour, aucune association ne peut être établie. Enfin, le cannabis perturberait la fonction reproductive des hommes avec une altération des paramètres spermatiques.


Conclusion

Une consommation régulière de cannabis serait corrélée à de nombreuses pathologies urologiques oncologiques et fonctionnelles. Il convient d’interroger nos patients sur leur usage actuel et passé de cannabis afin de les informer sur les pathologies urologiques auxquelles ils s’exposent.


Objectives

The illegal consumption of marijuana is not exceptional in France and its role in urological diseases is few known. The aim was to report a review of marijuana effects in urological diseases.


Methods

A review of the literature was performed with the PubMed database in March 2020 using the keywords “marijuana”, “urological neoplasms”, “male infertility” and “lower urinary tract symptom”.


Results

Marijuana could have a muscle relaxant effect on the detrusor and may improves lower urinary tract symptoms (LUTS). This property led to its evaluation in overactive bladder treatment in patients with multiple sclerosis with encouraging results. It seems that excessive and prolonged use of marijuana is associated with an increased risk of testicular cancer, particularly in non-seminomatous germ cell tumors. The cannabis proper role in bladder cancer is controversial, but the products linked to its combustion are urothelial carcinogens like tobacco. Clinical data are few for other urological cancers and to date no association can be established. Finally, marijuana would disrupt male reproductive function by sperm parameters alteration.


Conclusion

Regular consumption of marijuana is correlated with many oncological and functional urological diseases. Our patients should be asked about their current and past use of marijuana in order to inform them of which urological pathologies they are exposed to.

Place des aminosides en urologie
The use of aminoglycosides in urology
2020
- Truc et astuce
- Réf : Progrès FMC, 2020, 3, 30, F92


Les aminosides sont une classe d’antibiotiques que tout urologue doit savoir utiliser dans sa pratique courante. Ils sont à réserver essentiellement aux cas d’infections urinaires sévères, d’obstruction de la voie excrétrice supérieure et aux situations d’allergies notamment aux β-lactamines. Il est actuellement recommandé de privilégier les traitements de courte durée et à posologie élevée. L’objectif est de maintenir leur efficacité liée à leurs caractéristiques pharmacologiques et au faible taux de résistance bactérienne tout en se prémunissant de toxicités potentiellement graves pour le patient.


Aminoglycosides are a class of antibiotics that every urologist should know how to use in everyday practice. They are essentially reserved for severe urinary tract infections, upper tract obstruction and in cases of beta-lactam allergy. It is recommended to use higher dosages and shorter treatment duration. The objective is to maintain their effectiveness, which is linked to their pharmacologic characteristics and low rate of bacterial resistance while minimizing potential toxicity for the patient.

Pourquoi et comment l’urologue met en place des fiduciaires prostatiques ?
Why and how does the urologist set up prostatic fiducials?
2020
- Truc et astuce
- Réf : Progrès FMC, 2020, 3, 30, F97


La radiothérapie guidée par image est un concept essentiel dans l’arsenal thérapeutique des techniques de radiothérapie. La radiothérapie conformationnelle de la prostate utilise classiquement des repères cutanés ou osseux pour réaliser de manière relativement homogène les séances quotidiennes délivrant la dose totale prescrite (de 70 à 74Gy). Elle n’est pas fiable pour traiter des volumes d’irradiation ayant des marges réduites, pour réaliser une escalade de dose (dose totale de 78 à 80Gy) ou la radiothérapie stéréotaxique hypofractionnée. Les marqueurs fiduciaires (MFs) de la prostate sont utilisés depuis les années 1990. Ils permettent de repérer la prostate en temps réel et de repositionner le champ d’irradiation au début et pendant chaque séance. La meilleure visualisation de la prostate et le recalage effectué conduit à une plus grande précision d’irradiation, une augmentation de la dose délivrée sans augmenter la toxicité des tissus voisins (organes à risque [OAR]). Néanmoins, ils ont des risques tels que ceux liés à l’implantation, à la création de d’artefacts potentiels et la possibilité de migrations.


Image-guided radiation therapy (IGRT) is an essential concept among the therapeutic arsenal of radiotherapy techniques. External beam radiotherapy of the prostate typically uses cutaneous or bone markers to achieve homogeneous daily sessions delivering the total prescribed dose (70 to 74Gy). It is not reliable for treating irradiation volumes with reduced margins, to achieve a dose escalation (total dose of 78 to 80Gy) or hypo-fractionated stereotactic radiotherapy. Fiduciels markers (MFs) for prostate IGRT have been used since the 1990s to detect the prostate in real time and reposition the radiation field at the beginning and during each session. The best visualization of the prostate and the registration carried out leads to a higher accuracy of irradiation, an increase in the dose delivered without increasing the toxicity of the neighboring tissues (organs at risk [OAR]). Nevertheless, they have risks such as those related to implantation, the creation of potential artefacts and the possibility of migrations.

À propos d’une exposition vésicale bilatérale très tardive d’un TVT rétropubien
A very late bilateral bladder exposure of retropubic tension-free vaginal tape
2020
- Lettre à la rédaction
- Réf : Prog Urol, 2020, 11, 30, 618-619




 

Alpha-bloquants ou phytothérapie en traitement de première intention des SBAU/HBP en médecine générale : l’étude non interventionnelle PERSAT
Alpha-blockers or phytotherapy as first-line treatment of LUTS/BPH in general medicine: The PERSAT non-interventional study
2020
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2020, 10, 30, 522-531


Objectif

L’objectif de l’étude PERSAT était d’évaluer les traitements de première intention des SBAU/HBP en conditions de vie réelle.


Méthodes

Cette étude observationnelle prospective a été conduite en France par des médecins généralistes (MG) sur des patients avec SBAU/HBP d’intensité modérée à sévère (IPSS ≥12). Les MG décidaient librement de prescrire soit un alpha-bloquant (AB), soit un traitement de phytothérapie (PT). Le critère principal était le pourcentage de patients répondeurs (diminution du score IPSS total ≥3) à 6 mois.


Résultats

Sur les 849 patients inclus, 759 ont été analysés (381 traités par AB et 378 par PT) ; 718 ont été suivis à 6 mois, dont 90 % sans modification de traitement. Leurs caractéristiques à l’inclusion étaient similaires entre les groupes AB et PT (IPSS moyen : 18,6±4,5 et 17,8±4,1, respectivement). Les taux de réponse au traitement à 6 mois étaient 94,2 % [91,2 % ; 96,4 %] dans AB et 92,5 % [89,2 % ; 95,1 %] dans PT. L’IPSS a diminué de 10,0±5,6 points, sans différence entre les groupes. Le taux de patients ennuyés par leurs SBAU (IPSS-QoL ≥4) a diminué de 88,5 % à 6,5 % à 6 mois. L’amélioration des SBAU a été perçue par plus de 94 % des patients (PGI-I) et des médecins (CGI-I), 93 % des patients étaient satisfaits du traitement à 6 mois, indépendamment du traitement initié. Les effets indésirables les plus fréquemment rapportés étaient des troubles de l’éjaculation (3,9 % pour AB et 0,9 % pour PT).


Conclusion

PERSAT confirme en pratique courante l’efficacité des traitements AB et PT, recommandés en première intention dans les SBAU/HBP.


Niveau de preuve

3.


Purpose

The objective of the PERSAT study was to evaluate first-line treatment of BPH-associated LUTS in real-life conditions.


Methods

This prospective observational study was conducted in France by general practitioners (GP) on patients with moderate to severe LUTS (IPSS ≥12). GPs freely decided to prescribe either an alpha-blocker (AB) or phytotherapeutic treatment (PT). The main criterion was the percentage of responding patients (decrease in total IPSS score ≥3) at 6 months.


Results

Of the 849 patients included, 759 were analysed (381 treated with AB and 378 with PT); 718 were followed up at 6 months, 90% of which had no treatment modification. Their inclusion characteristics were similar between the AB and PT groups (mean IPSS: 18.6±4.5 and 17.8±4.1, respectively). Treatment response rates at 6 months were 94.2% [91.2%; 96.4%] in AB and 92.5% [89.2%; 95.1%] in PT. The IPSS decreased by 10.0±5.6 points, with no difference between groups. The proportion of patients bothered by their LUTS (IPSS-QoL ≥4) evolved from 88.5% to 6.5% at 6 months. The improvement of LUTS was perceived by more than 94% of patients (PGI-I) and doctors (CGI-I), 93% of patients were satisfied with the treatment at 6 months, regardless of the treatment initiated. The most reported adverse reactions were ejaculation disorder (3.9% for AB and 0.9% for PT).


Conclusion

PERSAT confirms in current practice the effectiveness of AB and PT treatments, recommended as first-line treatment in LUTS/BPH.


Level of proof

3.

Chirurgie du prolapsus : la fin d’une époque…aux depens d’une partie de nos patientes ?
Pelvic organ prolapse surgery: The end of an era …against the interests of some of our patients?
2020
- Éditorial
- Réf : Prog Urol, 2020, 11, 30, 551-553




 

COVID-19 et la susceptibilité du sexe masculin: le rôle de l’ACE2, la TMPRSS2 et le récepteur aux androgènes
COVID-19 and the male susceptibility: the role of ACE2, TMPRSS2 and the androgen receptor
2020
- Communication brève
- Réf : Prog Urol, 2020, 10, 30, 484-487




 

Douleur pelvi-périnéales et prolapsus génital : revue de la littérature
Pelvic and perineal pain after genital prolapse: A literature review
2020
- Revues de la littérature
- Réf : Prog Urol, 2020, 11, 30, 571-587


Introduction

Les douleurs pelvi-périnéales postchirurgie du prolapsus génital sont des complications postopératoires graves et fréquentes dont le diagnostic et le traitement peuvent être complexes.


Matériels et méthodes

Nous avons réalisé une revue de la littérature sur la base de données Pubmed en utilisant les mots et MeSH suivants : genital prolapse, pain, dyspareunia, genital prolapse and pain, genital prolapse and dyspareunia, genital prolapse and surgery, pain and surgery .


Résultats

Parmi les 133 articles trouvés, 74 ont été retenus. Les douleurs pelvi-périnéales chroniques évoluent depuis plus de 3 mois selon l’International Association for the Study of Pain, et peuvent être de type nociceptif, neuropathique ou dysfonctionnel. Leur définition est avant tout clinique. Leur incidence varie de 1 à 50 % et les facteurs de risques suspectés sont un âge jeune, des comorbidités, un antécédent de chirurgie de prolapsus, un stade élevé de prolapsus, des douleurs préopératoires, une voie d’abord chirurgicale invasive, la pose simultanée de plusieurs prothèses, une moindre expérience de l’opérateur, une durée importante d’intervention et des douleurs postopératoires précoces. La voie vaginale peut favoriser une modification de la compliance ou de la longueur vaginale, des lésions des nerfs pudendaux, sciatiques ou obturateurs ou un syndrome myofascial pelviens ; la voie cœlioscopique est à risque de lésion des nerfs pariétaux ; la chirurgie prothétique implique des complications liées aux modifications de prothèse. La prise en charge thérapeutique est complexe et doit être multimodale et pluridisciplinaire.


Conclusion

Les connaissances sur les douleurs pelvi-périnéales après chirurgie du prolapsus génital sont encore limitées à ce jour.


Introduction

Pelvic and perineal pain after genital prolapse surgery is a serious and frequent post-operative complication which diagnosis and therapeutic management can be complex.


Materials et methods

A literature review was carried out on the Pubmed database using the following words and MeSH : genital prolapse, pain, dyspareunia, genital prolapse and pain, genital prolapse and dyspareunia, genital prolapse and surgery, pain and surgery .


Results

Among the 133 articles found, 74 were selected. Post-operative chronic pelvic pain persisting more than 3 months after surgery according to the International Association for the Study of Pain. It can be nociceptive, neuropathic or dysfunctional. Its diagnosis is mainly clinical. Its incidence is estimated between 1% and 50% and the risk factors are young age, the presence of comorbidities, history of prolapse surgery, severe prolapse, preoperative pain, invasive surgical approach, simultaneous placement of several meshes, less operator experience, increased operative time and early post-operative pain. The vaginal approach can cause a change in compliance and vaginal length as well as injury to the pudendal, sciatic and obturator nerves and in some cases lead to myofascial pelvic pain syndrome, whereas the laparoscopic approach can lead to parietal nerve damage. Therapeutic management is multidisciplinary and complex.


Conclusion

Pelvic pain after genital prolapse surgery is still obscure to this day.

Éditorial
Editorial
2020
- Éditorial
- Réf : Prog Urol, 2020, 10, 30, 483




 

Évaluation de la gestion per- et périopératoire d’une prostatectomie totale pour cancer de la prostate par les urologues français en 2018
Radical prostatectomy for prostate cancer, perioperative management by French urologists in 2018
2020
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2020, 10, 30, 541-546


Introduction

La prostatectomie totale (PT) est une intervention courante pratiquée par de nombreux urologues. En 2018, 20 207 prostatectomies ont été réalisées en France, et peu d’études évaluent les habitudes périopératoires des urologues. Dans le cadre de la rédaction des recommandations pour réhabilitation accélérée après chirurgie (RAAC), nous avons souhaité photographier ces habitudes des urologues dans leur gestion hospitalière d’une prostatectomie.


Matériel et méthode

Un questionnaire a été adressé par Survey Monkey en juin et juillet 2018 à l’ensemble des urologues membres de l’Association française d’urologie.


Résultat

Cent soixante-sept urologues (14 %) ont répondu au questionnaire, 62 % exerçaient une activité libérale. Le nombre moyen d’opérateurs par centre réalisant des PT étaient de 4, avec un nombre médian de 70 interventions (0 à 486) par centre en 2018. La voie d’abord était principalement coelioscopique qu’elle soit robot-assistée (34,78 %) ou non (24,22 %), suivie par la voie ouverte (39,13 %). La réalimentation, comme le lever, étaient réalisés en moyenne au 1er jour postopératoire, et la durée d’hospitalisation moyenne était de 4±2 nuits. Le retrait de la sonde vésicale était le plus souvent réalisé au domicile par une infirmière diplômée d’état (49,06 %) au 7e jour postopératoire. Seulement 10,06 % des urologues réalisent systématiquement une cystographie avant le retrait de la sonde.


Conclusion

La gestion périopératoire des prostatectomies en France est relativement homogène, entre urologues. La durée d’hospitalisation reste importante et pourrait être diminuée en proposant un protocole de RAAC comme cela a été obtenu pour la cystectomie.


Niveau de preuve

III.


Introduction

Prostatectomy (PT) is a common procedure performed by many urologists. In 2018, 20,207 prostatectomies were performed in France, and few studies evaluated the perioperative habits of urologists. As part of writing guidelines for enhanced recovery after surgery (ERAS) we wished to evaluate practice of urologists in their hospital management of a prostatectomy.


Materiel and methods

A questionnaire was sent by Survey Monkey in June and July 2018 to all urologists who are members of the French Association of Urology.


Results

One hundred and sixty seven urologists (14%) answered the questionnaire, 62% have private practice. The average number of operators per center performing PT was 4, with a median number of 70 interventions (0 to 486) per center in 2018. Open surgery is still gold standard (39.13%), followed by the robot-assisted transperitoneal laparoscopic (34.78%) and standard laparoscopic (24.22%). Alimentation, like first stand-up, was re-established on the first post-operative day, and the average hospital stay was 4±2 nights. The removal of the bladder catheter was most often performed at home by nurse (49.06%), one week after surgery. Only 10.06% of urologists systematically perform a cystography before removal urinary catheter.


Conclusion

The perioperative management of prostatectomy in France is relatively homogeneous, between urologists. The length of hospital stay remains important and could be reduced by proposing an ERAS protocol as has been obtained for cystectomy.


Level of evidence

III.

Évolution des oncocytomes rénaux surveillés
Evolution of followed renal oncocytomas
2020
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2020, 10, 30, 514-521


Introduction

Les oncocytomes sont des tumeurs primitives du rein, considérées comme bénignes mais leur potentiel évolutif n’est pas complètement établi. La progression locale est globalement admise mais peu de données expliquent la croissance plus ou moins rapide d’un oncocytome. L’objectif de notre étude était l’analyse de l’évolution des adénomes oncocytaires du rein surveillés après confirmation histologique et la recherche de facteurs pouvant influencer leur croissance.


Matériel et méthode

Il s’agit d’une étude bicentrique (hôpital Nord et hôpital de la Conception de Marseille) rétrospective. Tous les patients porteurs d’un oncocytome rénal diagnostiqué par biopsie percutanée de septembre 2010 à avril 2016 et suivis depuis plus d’un an, ont été inclus. Les données épidémiologiques, histologiques, morphologiques ont été recueillies lors du diagnostic, en cours de surveillance et en cas de modification de stratégie (intervention). L’analyse statistique des facteurs influençant la croissance des oncocytomes était notamment basée sur le test de corrélation de Pearson.


Résultats

Cinquante-trois patients ont été inclus. L’âge médian au diagnostic était de 65 ans [39–85]. Le sex-ratio H/F était 6/5. Le suivi médian était de 34 mois [12–180]. La taille moyenne lors du diagnostic était de 29mm [12–90]. Treize patients (25 %) ont été secondairement traités dont 70 % par traitement conservateur. La croissance moyenne était de 0,25 (±0,23) cm/an. Les patients traités étaient plus jeunes et avaient une vitesse de croissance plus importante que les non traités (0,48±0,23cm/an versus 0,18±0,18cm/an, p <0,001). Selon l’analyse de Pearson, il existait une relation linéaire positive (ρ=0,27, p =0,047) entre la vitesse et la taille initiale et une relation linéaire négative (p =−0,44, p <0,001) entre la vitesse et l’âge au diagnostic. Ainsi la croissance tumorale était d’autant plus rapide que les patients étaient jeunes et que la tumeur était volumineuse au diagnostic.


Discussion

Une croissance rapide conduit souvent à un arrêt de la surveillance au profit d’une stratégie interventionnelle. Pour les patients jeunes, le traitement conservateur (tumorectomie ou traitement ablatif) à moyen terme est sans doute à privilégier, mais pour les patients âgés ou ayant des comorbidités importantes la surveillance est une alternative à une attitude invasive.


Niveau de preuve

3.


Introduction

Oncocytomas are primitive kidney tumours, considered benign but their evolution is not fully established. The local progression is generally admitted but few data explain what makes a oncocytoma to grow more or less quickly. The objective of our study is to analyse the evolution of followed renal oncocytomas after histologic confirmation and to identify factors that can influence their growth.


Material and methods

This is a retrospective study in two centers (North Hospital and Hospital of the Conception of Marseille). All patients with renal oncocytoma diagnosed with percutaneous biopsy from September 2010 to April 2016 and followed for more than one year were included. Epidemiological, histological, and morphological data were collected at diagnosis, during follow-up and in case of strategy change (intervention). Statistical analysis of factors influencing oncocytomes growth was based on the Pearson correlation test.


Results

Fifty-three patients were included. The median age for diagnosis was 65 years [39–85]. The sex ratio H/F was 6/5. The median follow-up was 34 months [12–180]. The average diagnosis size was 29 mm [12–90]. Thirteen patients (25%) were treated secondarily, including 70% by conservative treatment. The average growth was 0.25 (±0.23) cm/yr. The patients treated were younger and had a higher growth rate than the untreated (0.48±0.23cm/yr versus 0.18±0.18cm/yr, P <0,001). According to Pearson's analysis, there was a positive linear relationship (R =0.27, P =0.047) between velocity and initial size and a negative linear relationship (ρ=−0.44, P <0.001) between velocity and age at diagnosis. So tumor growth was faster if the patients were young and the tumor voluminous at diagnosis.


Discussion

Rapid growth often leads to a cessation of surveillance in favour of an intervention strategy. For young patients, conservative treatment (partiel nephrectomy or ablative treatment) in the medium term is likely to be preferred, but for elderly patients or with important comorbidities follow-up is an alternative to an invasive attitude.


Level of evidence

3.

Évolution des patientes avec ou sans incontinence urinaire à l’effort préopératoire après une cure chirurgicale de cystocèle par voie vaginale avec une implantation prothétique
Evolution of patients with and without preoperative stress urinary incontinence after surgical cystocele repair by mesh implantation using a vaginal approach
2020
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2020, 11, 30, 610-617




 

La surveillance active du cancer de prostate est possible en population afro-caribéenne : comparaison des résultats oncologiques avec une cohorte caucasienne
Active surveillance in prostate cancer is possible for Afro-Caribbean population: Comparison of oncological outcomes with a Caucasian cohort
2020
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2020, 10, 30, 532-540




 

L’orgasme féminin dans les pathologies neurologiques
Female orgasm during neurological disorders
2020
- Revues de la littérature
- Réf : Prog Urol, 2020, 11, 30, 554-570


Introduction

Les troubles sexuels chez la patiente neurologique ont peu été évalués en pratique quotidienne, en particulier, les troubles de l’orgasme. La prévalence semblait multipliée par deux chez les patientes médullaires comparativement à la population générale (Sipski, 2001).


Objectifs

Analyser la prévalence, la typologie et l’impact des troubles de l’orgasme chez les patientes neurologiques (accident vasculaire cérébral [AVC] [50 %], sclérose en plaques [SEP] [>65 %], maladie de Parkinson idiopathique [MPI], blessées médullaires [BM] [>50 %] et neuropathies périphériques [NP]).


Méthode

Revue systématique de la littérature à partir de Medline via l’outil Pubmed et The Cochrane Database of Systematic Review (Cochrane library).


Résultats

Les dysorgasmies féminines ont peu été étudiées au cours des maladies neurologiques. Il s’agissait d’études pour la plupart rétrospectives, réalisées sur de petits effectifs. Elles s’appuyaient sur des données cliniques à base de questionnaires généralistes étudiant la fonction sexuelle parfois associées à une exploration neuropérinéale. SEP et BM ont été les deux populations les plus étudiées. La prévalence des troubles de l’orgasme était importante (plus de 1/3 des patientes), souvent associés à d’autres troubles sexuels (altération de la libido) et à des troubles urinaires et anorectaux. Les lésions médullaires complètes et l’atteinte de l’arc réflexe sacré avaient un impact négatif sur ces troubles et sur la qualité de vie sexuelle (p <0,05).


Conclusion

L’évaluation spécifique des troubles sexuels et en particulier des troubles de l’orgasme chez les patientes neurologiques semblait importante dans la prise en charge globale du handicap pelvipérinéal afin d’améliorer la qualité de vie de ces patientes. L’éducation thérapeutique et des thérapies sexuelles ciblées paraissaient indiquées dans le traitement de ces troubles.


Introduction

Sexual dysfunctions, particularly orgasm dysfunction, were not routinely assessed in daily practice in neurological women.


Objective

To assess type, frequency and impact of neurological women orgasm dysfunction.


Method

A systematic review was conducted with Medline via Pubmed and The Cochrane Database of Systematic Review.


Results

Neurological women's orgasm dysfunction is poorly assessed. The most of these were clinical small retrospective studies assessed by general questionnaires and some with electrophysiological assessments. Multiple sclerosis (MS) and Spinal cord injury (SCI) were the two most studied conditions. Orgasm dysfunction is observed in one third of neurological women, associated with arousal troubles, voiding and anal dysfunction. Orgasm alteration seriously impact quality of life of these patients.


Conclusion

Specific studies could be conducted in this specific field in order to increase quality of life of these neurogenic patients suffered from such sexual dysfunction.

Modification de la structuration des potentiels évoqués cérébraux sensoriels par stimulation périnéale lors d’une focalisation attentionnelle sur le besoin d’uriner
Effects of attention and desire to void on sensory evoked cortical potentials following perineal stimulation
2020
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2020, 11, 30, 604-609


Objectifs

Les potentiels évoqués somesthésiques corticaux (PES) sont habituellement utilisés pour tester l’intégrité des voies lemniscales et donner ainsi des arguments en faveur de l’étiologie neurogène de symptômes sensoriels. Ainsi, les PES par stimulation périnéale (PES-P), ont été démontrés altérés dans l’incontinence ou les troubles sexuels neurogènes. Nous avons voulu vérifier intégrité, structuration et amplitude des réponses en champ lointain des PES-P dans deux conditions, la première sans sensation de besoin d’uriner (B0), la seconde avec besoin impérieux (BI).


Méthodes

Les PES-P ont été enregistrés chez dix patients sans pathologie neurologique dans les deux conditions B0 et BI après stimulation du nerf dorsal du pénis/clitoris. Trois réponses consécutives moyennées chacune sur 1000 passages à une fréquence 3Hz ont été enregistrées.


Résultats

Sept hommes, 3 femmes, d’âge moyen 53,8, (sd 16,8) ont été inclus. Tous les patients avaient des PES-P normaux en termes d’amplitude et de latence du complexe P40 et totalement reproductibles notamment pour les réponses tardives. Ces réponses précoces P40 étaient identiques dans les deux états BO et BI. Inversement, les potentiels de champ lointain, c’est-à-dire, les réponses tardives, étaient différentes dans les deux états, avec une importante diminution des amplitudes moyennes et maximales des réponses corticales dans l’état BI (p <0,008 au T-test).


Conclusion

Nous avons observé que les composantes tardives des PES-P sont altérées lors du besoin urgent d’uriner accompagné d’une attention soutenue et sélective sur ce besoin. Ces composantes tardives du PES-P pourraient être utiles pour mieux spécifier les mécanismes attentionnels impliqués dans le cycle continence-miction et pour préciser les dysfonctionnements sensoriels pathologiques (urgence, vessie douloureuse, fréquence…).


Niveau de preuve

4.


Objective

Cortical somatosensory evoked potentials (SEP) are usually used to test the integrity of lemniscal pathways and thus provide arguments for the neurogenic etiology of sensory symptoms. For example, PES by perineal stimulation (SEP-P) has been shown to be altered in incontinence or neurogenic sexual dysfunction. We wanted to verify the integrity, structure and amplitude of far-field responses of PES-P in two conditions, the first without feeling the need to urinate (S0), the second with urgency (US).


Methods

SEP-P were recorded in ten patients without neurological pathology in both conditions S0 and US after stimulation of the dorsal nerve of the penis/clitoris. Three consecutive responses each averaged over 1000 passages at a frequency of 3Hz were recorded.


Results

Seven men and 3 women were included. All patients had normal SEP-P in terms of amplitude and latency of the P40 complex and fully reproducible especially for late responses. These early P40 responses were identical in both S0 and US states. Conversely, the far-field potentials, i.e. the late responses, were different in the two states, with a significant decrease (P <0.008 paired T-test) in the amplitude of cortical responses in the US state.


Conclusion

We observe that the late components of SEP-P were altered by the need to urinate urgently with sustained and selective attention to this need. These late components of SEP-P could be useful to better specify the attentional mechanisms involved in the continence-voiding cycle and to specify pathological sensory dysfunctions (urgency, painful bladder, frequency…).


Level of evidence

4.