Etude PROGENE : projet français d'analyse génétique du cancer de la prostate familial: recrutement et analyse.

16 juillet 2001

Mots clés : prostate, Tumeur, génétique
Auteurs : Valeri A, Berthon P, Fournier G, Buzzi JC, Briollais L, Méria P, Blanche H, Bellane-Chantelot C, Teillac P, Demenais F, Mangin P, Cohen N, Le Duc A, Cussenot O,
Référence : Prog Urol, 1996, 6, 226-235
BUTS : Initier une étude de liaison génétique afin de localiser un (plusieurs) gène (s) de prédisposition au cancer de la prostate (CaP) héréditaire. En effet, différentes études épidémiologiques ont mis en évidence une possible agrégation familiale dans environ 25% des cas. Une étude de ségrégation familiale [14] a par ailleurs montré qu'une prédisposition génétique, à transmission autosomique dominante et à pénétrance élevée (88% à 85 ans) pourrait être à l'origine de 9% de l'ensemble des CaP. METHODES : Une collecte nationale de familles avec au moins 2 CaP a permis, 1) d'identifier les familles à forme héréditaire, 2) de constituer une banque d'ADN constitutionnel après prélèvement sanguin de sujets appartenant à ces familles, et 3) d'effectuer une étude de simulation d'analyse de liaison génétique, en préalable au génotypage microsatellite.
RESULTATS : De juillet 1994 à septembre 1995, nous avons inclus 67 familles (180 CaP). Actuellement, 45 autres familles sont en cours d'inclusion. Parmi ces 67 familles, 24 (89 CaP, 54 vivants) répondaient à au moins un des critères de l'étude de Carter [14] pour les formes héréditaires de CaP familial. Deux familles ont été également retenues car les 3 porteurs de CaP sont des parents du second degré. Au total 26 familles sont porteuses d'une forme héréditaire, dont 18 (73 CaP, 46 vivants) sont considérées informatives pour une étude de liaison génétique (lod score = 4 pour q = 0,01 avec un marqueur à 8 allèles). L'ADN constitutionnel de 271 individus de ces familles informatives a été extrait à partir de cellules circulantes obtenues de prélèvements sanguins, les lymphocytes immortalisés, et le génotypage initié pour 216 marqueurs microsatellites répartis sur tout le génome, en moyenne tous les 20 cM.
CONCLUSION : Alors que le recrutement nous a permis d'identifier de nombreuses familles informatives pour un risque hérité de CaP, l'étude prédictive suggère une forte probabilité de localiser un gène de prédisposition par analyse de liaison génétique. Il deviendra alors possible d'identifier au sein des familles concernées les sujets porteurs de l'anomalie génétique, et donc à haut risque de CaP. Enfin, la mise en évidence d'un locus permettra d'envisager le clonage et l'identification du (des) gène (s) impliqué (s).