Devenir à long terme de la fonction rénale et facteurs prédictifs d’insuffisance rénale chronique après don vivant

25 septembre 2019

Auteurs : P.C. Sichez, M. Baboudjian, V. Depalorte, G. Karsenty, É. Lechevallier, R. Boissier
Référence : Prog Urol, 2019, 10, 29, 496-503
Introduction

Les transplantations rénales avec donneur vivant apparenté offrent les meilleurs résultats en terme de fonction rénale et sont une des principales solutions à la pénurie de transplants. Cependant la sélection des donneurs et l’évaluation de la fonction rénale post don sont essentielles. L’objectif de cette étude était d’évaluer la prévalence et identifier les facteurs prédictifs de l’insuffisance rénale (IRC) chez le donneur, après néphrectomie donneur vivant.

Matériels et méthodes

Il s’agissait d’une étude rétrospective, monocentrique, incluant tous les patients qui ont eu une néphrectomie donneur vivant de 2007 à 2015 au CHU de la Conception, APHM, Marseille. Le critère de jugement principal était la fonction rénale mesurée par le Débit de Filtration Glomérulaire (DFG en mL/min) à 1 an et 5 ans post-don. L’identification de facteurs prédictifs d’insuffisance rénale modérée a été menée par une analyse univariée et multivariée selon modèle de Cox.

Résultats

Quatre-vingt onze patients ont été inclus. Il y avait 40,7 % d’hommes et l’âge médian était de 49 ans (21; 70). Le DFG pré opératoire médian était de 94mL/min (67; 160). Le suivi médian était de 24 mois [1; 120]. Le DFG post opératoire à 1 mois, 1 an et 5 ans était respectivement de 63mL/min (33; 90), 65mL/min (38; 107) et 67,5 (56; 126) et significativement plus faible que le DFG pré opératoire (respectivement p <0,001, p <0,001 et p =0,005). La prévalence de l’IRC modérée (stade 3) à 1 mois, 1 an et 5 ans était respectivement de 43,1 %, 33,3 % et 25 %. En analyse univariée et multivariée, le seul paramètre significativement associé à un DFG à un an post opératoire supérieur à 60mL/min était le DFG pré opératoire>90mL/min OR 3,61 IC95 % (1,27; 10,28) p =0,02.

Conclusion

La néphrectomie pour don entraine une perte importante de fonction rénale à moyen et long terme. Les candidats au don ayant un DFG pré opératoire inférieur à 90mL/min doivent faire l’objet d’une décision collégiale au cas par cas et nécessitent un suivi et une prise en charge néphrologique rigoureuse.

Niveau de preuve

3.




 



En France en 2017, 611 transplantations rénales à partie de donneurs vivants ont été réalisées soit une progression de 71 % depuis 2012. En 2017 L'âge moyen des donneurs était de 51 ans et 21 % des donneurs étaient âgés de plus de 60 ans [1].


Le don vivant induit chez le donneur une diminution du Débit de Filtration Glomérulaire (DFG), une augmentation du risque de protéinurie et une élévation de la tension artérielle par rapport à la population générale [2, 3, 4].


En France, entre 2004 et 2017, le DFG médian des donneurs ajusté sur l'âge était de 91,9mL/min/1,73m2 en pré opératoire, de 59,8mL/min/1,73m2 à 1 an et de 63,4mL/min/1,73m2 à 5 ans [1].


Chez le donneur vivant, bien que le risque de développer une insuffisance rénale sévère (DFG<30) soit comparable à la population générale [5, 6, 7, 8]. La prévalence de l'insuffisance rénale modérée (30<DFG<60), est de 10 à 15 % [1].


L'insuffisance rénale, en particulier sévère, après don vivant est donc une problématique réelle. Sa prévention nécessite d'affiner les critères de sélection des donneurs potentiels.


L'objectif principal de cette étude était d'évaluer la prévalence de l'insuffisance rénale chronique modérée et sévère après néphrectomie pour don vivant.


L'objectif secondaire était d'identifier les facteurs prédictifs d'insuffisance rénale après néphrectomie donneur vivant.


Matériels et méthodes


Il s'agissait d'une étude rétrospective, monocentrique, incluant la totalité des patients qui ont eu une néphrectomie pour don vivant de 2007 à 2015 au CHU Conception, AP-HM, Marseille. Tous les patients ont signé un consentement pour l'utilisation de leurs données cliniques et l'étude a été déclarée au comité d'éthique de l'AFU (N°CERU_2019004).


Toutes les indications ont fait l'objet d'une discussion en RCP pluridisciplinaire.


Chaque cas a fait l'objet d'une validation par un comité d'experts, d'un passage au Tribunal de grande instance puis d'une validation en réunion de concertation pluridisciplinaire au cours de laquelle étaient définies la latéralité et la voie d'abord.


De juin 2007 à décembre 2014, les néphrectomies donneur vivants ont été effectuées par une lombotomie et un abord rétroperitonéal. De décembre 2014 à décembre 2015, les néphrectomies donneurs vivants ont été effectuées par laparoscopie transpéritonéale avec extraction du rein par une mini laparotomie ilio-inguinale.


Pour chaque patient, les caractéristiques suivantes ont été rapportées : âge, sexe, poids, taille, BMI, scores ASA, Charlson et Karnofsky, et les principaux antécédents : diabète, hypertension, tabac, dyslipidémie, antécédents lithiasiques ou infectieux et antécédents cardiovasculaires.


Les données opératoires (voie d'abord, durée opératoire) et les complications per- et post-opératoires ont également été recueillies et rapportées selon la classification de Clavien et Dindo [9].


Le critère de jugement principal était le DFG (calculé selon la formule de MDRD simplifiée) à 1 an et 5 ans. Les critères de jugement secondaires étaient les différents indicateurs biologiques de la fonction rénale (créatininémie, DFG, variation de créatininémie et de DFG et stade de maladie rénale chronique) en post opératoire immédiat, à 1 mois, 6 mois, 2 ans et 5 ans post opératoire. Nous avons utilisés les stades de la maladie rénale chronique (MRC) définis par l'HAS en 2012 [10] (Stades 1 à 5 respectivement pour un DFG>90, entre 60 et 90, entre 30 et 60, entre 15 et 30 et<15mL/min). Pour chaque patient, le DFG a été calculé à chaque période à partir d'une valeur de la créatininémie à l'aide de la formule MDRD simplifiée. Pour chaque patient, « un delta DFG » a été calculé à chaque période à l'aide de la formule : Delta DFG(t)=DFG(t)-DFG(pré-op). Le « Delta DFG » reflétait la variation de DFG par rapport au DFG pré opératoire. Une analyse uni- et multivariée a été menée pour identifier les facteurs pronostiques d'IRC.


Les variables quantitatives ont été rapportées en médiane et [min ; max] et évaluées selon le test de Mann-Whitney. Les données qualitatives sont rapportées en compte et pourcentages, et ont été evalué par le test exact de Fischer. Le seuil de signification a été établi à 0,05 opur tous les tests statistiques. Les statistiques ont été produites avec le logiciel Xlstat® version 2018.5 (Addinsoft, Paris, France).


Résultats


Caractéristiques générales et comorbidités


Quatre-vingt onze patients ont été inclus. Le suivi médian était de 24 mois (1 ; 120). Il y avait 40,7 % d'hommes et l'âge médian était de 49 ans [21 ; 70]. Les principales caractéristiques et les comorbidités des patients sont résumées dans le Tableau 1. Treize patients (14 %) ont été opérés par voie laparoscopique et 78 patients (86 %) par voie ouverte.


Dans la population, 63,7 % des patients n'ont eu aucune complication, et les taux de complication Clavien I, II et III étaient respectivement de 26 %, 9,9 %, 0 %.


Fonction rénale


Le débit de filtration glomérulaire pré opératoire médian était de 94mL/min (67 ; 160).


Le DFG post opératoire médian à 1 mois, 1 an et 5 ans post opératoires était respectivement de 63mL/min (33 ; 90), 65mL/min (38 ; 107) et 67 (56 ; 126) (Cf Tableau 2).


Le delta DFG moyen à 1 mois, 1 an et 5 ans post opératoires par rapport au DFG pré opératoire étaient respectivement de −28mL/min (−81 ; 9), −28mL/min (−58 ; 14) et −15mL/min (−35 ; 23). Ces différences étaient toutes significatives (respectivement p <0,001, p <0,001 et p =0,005) (Cf Tableau 2).


La prévalence de l'IRC de stade 2 à 1 mois, 1 an et 5 ans était respectivement de 55,6 %, 61,4 % et 62,5 %.


La prévalence de l'IRC modérée (stade 3) à 1 mois, 1 an et 5 ans était respectivement de 43,1 %, 33,3 % et 25 %.


Aucun patient n'a développé d'insuffisance rénale terminale ni a été dialysé 5 ans après le don. Ces résultats sont résumés dans le Tableau 3 et la Figure 1.


Figure 1
Figure 1. 

Stades de MRC après don vivant.




Analyse des sous-groupes : DFG préopératoire <90 versus >90mL/min


Pour les donneurs ayant un DFG préopératoire <90mL/min versus>90mL/min, le DFG était de 57 (33 ; 77) vs. 66mL/min (51 ; 90) (p <0,001) à 1 mois, 62 (38 ; 94) vs. 66mL/min (47 ; 107) (p =0,059) à 1 an et 60 (56 ; 69) vs 92mL/min (62 ; 126) à 5 ans, soit 64,3 % vs. 97,8 % de sa valeur préopératoire (p =0,009) (Cf Figure 2).


Figure 2
Figure 2. 

Évolution du DFG post opératoire en fonction du DFG pré opératoire (inférieur ou supérieur à 90mL/min).




La prévalence de l'insuffisance rénale modérée était de 40 % à 1 an et 33 % à 5 ans pour les patients avec DFG<90mL/min versus 25 % à 1 an et 0 % à 5 ans pour les patients avec DFG pré-opératoire>90/ml/min (Cf Tableau 4, Tableau 5).


Dans la population de patients ayant un DFG pré opératoire>90 il y avait 25 % d'insuffisants rénaux modérés à 1 an. À 5 ans, 60 % des patients avaient récupérés un DFG>90 et 40 % étaient insuffisants rénaux légers. Aucun patient ne présentait d'insuffisance rénale modérés ou sévère (Cf Tableau 5).


Identification des facteurs prédictifs d'insuffisance rénale modérée sévère après néphrectomie donneur vivant


En analyse univariée et multivariée, le seul paramètre significativement associé à un DFG à un an post opératoire supérieur à 60mL/min était le DFG pré opératoire>90mL/min OR 3,61 IC95 % (1,27 ; 10,28) p =0,02. Ces résultats sont résumés dans le Tableau 6.


Discussion


Dans cette étude monocentrique rétrospective nous avons rapporté une variation moyenne de DFG après néphrectomie donneur vivant de −28mL/min (−58 ; 14) à 1 an et −15mL/min (−35 ; 23). à 5 ans, soit respectivement 28,2 % et 18,2 % du DFG initial (respectivement p <0,001 et p =0,005). La prévalence de l'IRC modérée à sévère était elle aussi élevée (33,3 % à 1 an et 25 % à 5 ans).


Nos résultats ont permis d'identifier 2 profils évolutifs de la fonction rénale post néphrectomie, qui étaient corrélés au DFG préopératoire. Les patients avec DFG préopératoire<90mL/min avaient un profil « plat » avec un DFG postopératoire à 64,3 % de sa valeur préopératoire à 5 années postopératoire et une prévalence de l'IRC modérée a sévère de 40 % et 37,5 % respectivement à 1 et 5 ans. Les patients avec DFG préopératoire>90mL/min avaient une augmentation progressive de leur DFG jusqu'à 97,8 % de sa valeur préopératoire à 5 ans et une prévalence de l'IRC modérée a sévère de 22 % et 0 % respectivement à 1 et 5 ans.


L'analyse multivariée menée dans notre étude confirme que le DFG pré opératoire>90 est un facteur prédictif d'une insuffisance rénale modérée post opératoire OR 3,61 IC95 % (1,27 ; 10,28) p =0,02.


Ces données devraient nous inciter à sélectionner les donneurs potentiels de manière encore plus stricte, notamment privilégier les patients avec un DFG>90mL/min.


Dans cette étude, aucun patient n'a présenté d'insuffisance rénale terminale ou n'a nécessité d'être dialysé au cours de la période d'évaluation. Ces données confirment les résultats de plusieurs études affirmant que le don vivant exposait au même risque de dialyser que la population générale. Ces résultats doivent être mesurés par la faible population étudiée et le suivi relativement court (5 ans).


Une méta-analyse publiée par Kasiske & al en 1995 a rapporté une diminution du DFG de 17mL/min en post opératoire d'une néphrectomie don vivant [11]. Un DFG pré opératoire inférieur à 80mL/min était prédictif d'une risque d'insuffisance rénale chronique en post opératoire (RR=2,28 IC 95 % (1,183 ; 4,383) p =0,014) [11, 12]. Une étude de 2015 publiée par Klop et al., sur 97 donneurs avec un suivi médian de 10 ans, la perte de fonction rénale à long terme était de 12,9mL/min [13].


La méta analyse publiée en 2006 par Garg et al. a rapporté un taux d'insuffisant rénal modéré (30<DFG<60mL/min) et sévère (DFG<30mL/min) de respectivement 12 % et 0,2 % après néphrectomie donneur vivant [14].


La protéinurie était un facteur de risque de progression vers l'insuffisance rénale chronique. Son incidence après un don vivant variait de 3 % à 19 % [8, 14].


Une étude américaine réalisée entre 1963 et 2007 par Ibrahim et al. à propos de 3698 donneurs vivants a rapporté une incidence d'insuffisance rénale terminale de 180 cas par million de patients et par an dans la population des donneurs vivants. L'incidence dans la population générale était de 268 par million de personnes et par an [5].


En 2014 l'étude américaine de Muzaale et al. comparait un groupe de donneurs vivants et un groupe de patients dont l'état de santé aurait permis un don vivant. Le risque absolu de développer une insuffisance rénale chronique terminale à 15 ans était de 30,8 pour 10 000 (IC 95 % (24,3 ; 38,5)) chez les « donneurs » contre 3,9 pour 10 000 (IC 95 % (0,8 ; 8,9) chez les « non donneurs ». Les donneurs avaient un risque d'insuffisance rénale chronique quelque soit la tranche d'âge [15].


En 2014, l'équipe de Mjoen et al. comparait 1901 donneurs vivants a un groupe témoin de patients présentant un état de santé compatible avec le don et mettait en évidence un taux plus élevé d'insuffisance rénale chronique terminale dans le groupe « don vivant » (OR=11,38 [4,37 ; 29,6]) [4].


Les résultats des principales études évaluant la fonction rénale à long terme après don vivant sont résumés dans le Tableau 7.


Le don vivant expose donc à un risque accru d'insuffisance rénale, y compris sévère et terminale à long terme.


La morbidité de cette insuffisance rénale est d'autant plus importante qu'elle survient chez un sujet jeune. Dans notre étude le taux de patient insuffisants rénaux modérés dans la population de patient de moins de 5 ans restait relativement faible (<15 %) contre plus du double chez les patients de plus de 50 ans (39 % à 1 an). La sélection de donneurs avec un DFG pré-op>90mL/min paraît donc être préférable, cela devant être relativisé par l'âge du donneur, l'apparition d'une insuffisance rénale modérée étant moins problématique que chez un sujet jeune en raison du risque moindre d'insuffisance rénale terminale a long terme. En cas de DFG pré-op<90mL/min, le maintient du don doit être discuté au cas par cas compte tenu du risque important d'IRC du donneur. La baisse de prélèvement sur donneur cadavérique et les différentes problématique liées au receveur (patient hyperimmunisé, problème lié à la dialyse) pouvant conduire a prélever les donneurs avec un DFG<90mL/min. Une information sur les risques d'IRC et ses conséquences est primordiale dans tous les cas.


Dans la littérature, les facteurs prédictifs reconnus d'insuffisance rénale après don vivant sont le DFG pré opératoire inférieur à 90mL/min, le diabète, l'HTA, le tabac, le rapport albumine/créatinine urinaire élevé et dans une moindre mesure le BMI>30Kg/m2 [16]. Le nombre d'artères présentes sur le rein restant pourrait avoir également une influence sur le risque d'insuffisance rénale à long terme Plus celui-ci est important plus le risque de dégradation de la fonction rénale a long terme serait élevé, d'autant que pour des raisons techniques, les équipes privilégient souvent le rein ayant le moins d'artères pour réaliser la transplantation.


L'utilisation de nomogrammes prédictifs [16] pourraient permettre d'estimer le DFG post opératoire et d'évaluer le risque d'IRC modérée a sévère, notamment pour les candidats au don ayant un DFG pré opératoire<90mL/min.


La décision finale doit être validée en réunion de concertation pluridisciplinaire et le donneur potentiel doit bénéficier d'une information claire et précise sur le risque d'insuffisance rénale encouru à long terme et ses conséquences potentielles.


Les limites de cette étude étaient son caractère monocentrique, rétrospectif, la faible population étudiée et le grand nombre de patients perdus de vue. L'utilisation de la formule MDRD induisait un biais de mesure. Une analyse basée sur les valeurs de clairance au chrome 51-EDTA aurait été préférable mais elle n'a pas été privilégiée car le nombre de données manquantes était trop important. La recherche d'une corrélation entre l'apparition d'une HTA ou d'une protéinurie dans le suivi et la dégradation de la fonction rénale aurait été intéressante.


Les forces de cette étude étaient une population jeune et hétérogène, le suivi long et la surveillance stricte et la sélection rigoureuse des donneurs.


Le grand nombre de perdus de vue est une donnée également rapportée dans plusieurs études confirmant le caractère peu compliant au suivi de cette population, probablement expliqué par le fait qu'elle ne souffre à la base d'aucune pathologie et d'aucun symptôme.


Conclusion


La néphrectomie pour don entraîne en moyenne une baisse du DFG de 28,2 % et 18,2 % à 1 et 5 ans. Une information claire doit être donnée au donneur potentiel sur le risque encouru d'insuffisance rénale à long terme. Il existe deux profils d'évolution de fonction rénale post opératoire associés à un risque différent d'insuffisance rénale modérée à long terme selon que le DFG pré opératoire est inférieur ou supérieur à 90mL/min. Ces résultats doivent nous inciter à une sélection plus stricte des donneurs, en privilégiant notamment ceux présentant un DFG pré opératoire>90mL/min, la décision concernant ceux avec un DFG<90 devant être prise au cas par cas et accompagnée d'un suivi néphrologique rigoureux.


Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.




Tableau 1 - Caractéristiques de la population et principales données opératoires.
Caractéristiques de la population   
Âge (ans)  49 (21 ; 70) 
Sexe ratio (H/F)  37 (40,7 %)/54 (59,3 %) 
Taille (m)  1,66 (1,50 ; 1,90) 
Poids (Kg)  67 (45 ; 100) 
BMI (Kg/m2 23 (18 ; 38) 
I. Karnofsky ( %)  100 (90 ; 100) 
 
Charlson 
37 (40,7 %) 
41 (45,0 %) 
9 (9,9 %) 
4 (4,4 %) 
> 0 (0 %) 
 
ASA 
68 (74,7 %) 
22 (24,2 %) 
1 (1,1 %) 
0 (0 %) 
Tabac  42 (49,4 %) 
HTA  15 (17 %) 
Dyslipidémie  12 (14,1 %) 
ATCD cardiovasculaire  5 (5,9 %) 
ATCD lithiase  1 (1,2 %) 
ATCD pyélonéphrite  4 (4,7 %) 
Hb pré-opératoire  14 (12 ; 16) 
Créat pré-opératoire  71 (49 ; 113) 
DFG pré-opératoire  94 (67 ; 160) 
 
Stade d'IRC pré-opératoire 
DFG>90  42 (47,7 %) 
60<DFG<90  46 (52,3 %) 
30<DFG<60  0 (0 %) 
15<DFG<30  0 (0 %) 
Ouvert/Coelio  78 (86 %)/13 (14 %) 
 
Complications 
Aucune  58 (63,70 %) 
Clavien I  24 (26,4 %) 
Clavien II  9 (9,9 %) 
Clavien III-IV  0 (0 %) 





Tableau 2 - Evolution de la fonction rénale après néphrectomie pour don vivant. La colonne p concerne l'analyse statistique comparant le DFG à la période donnée et le DFG pré opératoire. Les résultats sont exprimés en médiane (min ; max) et moyenne (± écart type).
Période  DFG médian  DFG moyen  Delta-DFG médian  p   Créat médiane  Créat moyenne  Delta-Cr médiane 
pré-opératoire  94 (67 ; 160)  91,17 (±15,24)  71 (49 ; 113)  73,18 (±12,16) 
J1  62 (40 ; 112)  62,80 (±12,31)  −31 (−59 ; 2)  <0,001  101 (64 ; 180)  103,37 (±22,78)  31 (2 ; 67) 
1 mois  63 (33 ; 90)  62,45 (±12,63)  −28 (−81 ; 9)  <0,001  103 (67 ; 168)  103,47 (±22,33)  26 (7 ; 72) 
6 mois  60 (42 ; 112)  63,24 (±13,86)  −30 (−58 ; 15)  <0,001  100 (63 ; 133)  102,63 (±22,12)  27 (−10 ; 48) 
1 an  65 (38 ; 107)  64,60 (±13,98)  −28 (−58 ; 14)  <0,001  98 (52 ; 147)  97,96 (±20,70)  25 (−10 ; 54) 
2 ans  65 (43 ; 106)  64,54 (±10,79)  −24 (−51 ; 4)  <0,001  96 (67 ; 140)  96,57 (±19,63)  22 (−1 ; 54) 
5 ans  67 (56 ; 126)  71,81 (±19,79)  −15 (−35 ; 23)  0,005  95 (62 ; 134)  89,56 (±24,62)  16 (−17 ; 39) 
6 ans  81 (55 ; 117)  76,05 (±16,82)  −9 (−22 ; 12)  0,14  91 (59 ; 114)  84,11 (±19,92)  9 (−8 ; 26) 
7 ans  69 (57 ; 117)  68,07 (±14,44)  −15 (−24 ; 12)  0,02  93 (61 ; 148)  95,80 (±22,90)  15 (4 ; 35) 
8 ans  64 (56 ; 120)  67,51 (±21,57)  −15 (−23 ; 15)  0,08  90 (56 ; 155)  95,16 (±32,56)  18 (1 ; 42) 





Tableau 3 - Stades de la MRC après DV.
  Pré-opératoire  J1  1 mois  6 mois  1 an  2 ans  5 ans 
Stade 1  42 (47,7 %)  8 (9 %)  1 (1,4 %)  5 (7,9 %)  3 (5,3 %)  0 (0 %)  2 (12,5 %) 
Stade 2  46 (52,3 %)  44 (49,4 %)  40 (55,6 %)  26 (41,3 %)  35 (61,4 %)  25 (65,8 %)  10 (62,5 %) 
Stade 3  0 (0 %)  37 (41,6 %)  31 (43,0 %)  32 (50,8 %)  19 (33,3 %)  13 (34,2 %)  4 (25 %) 
Stade 4  0 (0 %)  0 (0 %)  0 (0 %)  0 (0 %)  0 (0 %)  0 (0 %)  0 (0 %) 
Stade 5  0 (0 %)  0 (0 %)  0 (0 %)  0 (0 %)  0 (0 %)  0 (0 %)  0 (0 %) 





Tableau 4 - Stades de la MRC après DV en cas de DFG pré op<90mL/min.
  Pré-opératoire  J1  1 mois  6 mois  1 an  2 ans  5 ans 
stade 1  1 (5 %)  1 (5 %) 
Stade 2  32 (100 %)  6 (32 %)  11 (46 %)  6 (32 %)  11 (55 %)  9 (60 %)  4 (67 %) 
Stade 3  13 (68 %)  13 (54 %)  12 (63 %)  8 (40 %)  6 (40 %)  2 (33 %) 
Stade 4 
Stade 5 





Tableau 5 - stades de la MRC après don vivant en cas de DFG pré op>90mL/min.
  Pré-opératoire  J1  1 mois  6 mois  1 an  2 ans  5 ans 
Stade 1  51 (100 %)  3 (9 %)  0 (0 %)  1 (5 %)  4 (13 %)  2 (10 %)  3 (60 %) 
Stade 2  0 (0 %)  23 (68 %)  31 (82 %)  12 (60 %)  20 (62 %)  13 (65 %)  2 (40 %) 
Stade 3  1 (0 %)  8 (23 %)  7 (18 %)  7 (35 %)  8 (25 %)  5 (25 %)  0 (0 %) 
Stade 4  2 (0 %)  2 (0 %)  0 (0 %)  0 (0 %)  0 (0 %)  0 (0 %)  0 (0 %) 
Stade 5  3 (0 %)  3 (0 %)  0 (0 %)  0 (0 %)  0 (0 %)  0 (0 %)  0 (0 %) 





Tableau 6 - Facteurs significativement associés à une baisse du DFG en post-opératoire en analyse univariée et multivariée.
  Univarie 
Multivarie 
Variables  OR  CI 95 %  p   OR  CI 95 %  p  
Âge <65 vs. >65  0,54  0,10 to 2,72  0,68       
Sexe H vs. F  1,73  0,64 to 4,64  0,31       
IMC <25 vs. >25  1,33  0,50 to 3,76  0,80       
HTA − vs. HTA+  1,42  0,36 to 5,67  0,75       
ECV − vs. +  1,50  0,16 to 14,21  1,00       
Dyslipidémie − vs. +  1,32  0,26 to 6,90  1,00       
Diabete  NR  NR  NR       
Tabac − vs. +  2,14  0,76 to 6,00  0,21  0,40  0,14 to 1,20  0,10 
DFG initial>90 vs. <90ml/min  0,32  0,12 to 0,88  0,04  3,61  1,27 to 10,28  0,02 





Tableau 7 - Comparaison des résultats de l'étude avec ceux de la littérature.
Étude  Année  Effectif  DFG (mL/min)  %IRC (DFG<60)  Recul (années) 
Notre étude  2019  91  −25,73  33,30 % 
      −16,61  25,00 % 
Klop  2015  100  −12,9  18,80 %  10 
Timsit  2012  113  56,00 % 
        41,60 % 
Ibrahim  2009  3698  −20,3  14,50 %  12,2 
Gres  2007  114  −37 
Garg  2006  3529  −26  12 % 
Scheuermann  2005  152  −21  11 
Kasiske  1995  2913  −17,1  10,6 




Références



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