Chirurgie laparoscopique rétropéritonéale et risque carcinologique

01 novembre 2001

Mots clés : laparoscopie, Cancer, Rein, Rétropéritoine, Récidive, Métastase
Auteurs : CICCO A, SALOMON L, SAINT F, HOZNEK A, CHOPIN D, ABBOU CC
Référence : Prog Urol, 2001, 11, 8-15
But:Evaluer de manière rétrospective la survenue de métastase sur site de trocart, de récidive locale et de métastase à distance associées à la chirurgie laparoscopique rétropéritonéale réalisée dans le cadre de tumeur maligne. Méthodes : De 1994 à 1999, 228 interventions chirurgicales par voie laparoscopique rétropéritonéale ont été réalisées dans notre centre.
Cinquante-six interventions chirurgicales (24,6%) ont été réalisées pour tumeur maligne et comprenaient 41 néphrectomies élargies et 8 néphrectomies partielles pour tumeur rénale et 7 néphro-urétérectomies pour tumeur de la voie excrétrice. Le stade pathologique et les marges chirurgicales étaient corrélés au stade TNM 1 997.
Les données post-opératoires étaient obtenues par un examen clinique et radiologique réalisé un mois puis trois mois après l'intervention et ensuite tous les six mois. Les métastases sur site de trocart, la récidive local et les métastases à distance étaient recherchées. La survie spécifique sans progression a été calculée selon la méthode de Kaplan-Meier. Résultats:Le suivi moyen était de 24,9 ± 13,8 mois. Tous les patients présentaient des marges chirurgicales indemnes de tumeur. Aucune métastase sur site de trocart n'a été notée.
Pour les néphrectomies élargies par voie laparoscopique rétropéritonéale: un patient présentait une récidive locale avec métastase hépatique 9 mois après l'intervention (pT3G2) et décédait 19,7 mois après l'intervention chirurgicale. Un patient qui présentait une tumeur rénale pT3 G3 M+ au moment du diagnostic décédait 23,1 mois après la néphrectomie élargie sans signe de récidive locale.
Pour les néphro-urétérectomies par voie laparoscopique rétropéritonéale: un patient avec une lésion pT3G2 avait une récidive locale à 12,1 mois et décédait 26,6 mois après la chirurgie. Un patient avec une tumeur pT1G2 présentait une métastase osseuse à 9 mois et décédait 29 mois après l'intervention chirurgicale. La survie sans récidive à 54 mois est de 91% pour les néphrectomies élargies, 71% à 30 mois pour les néphro-urétérectomies et 100% à 49 mois pour les néphrectomies partielles. Conclusion:Les tumeurs malignes du haut appareil urinaire peuvent être prises en charge par voie laparoscopique rétropéritonéale. Les résultats à court terme suggèrent que cette technique chirurgicale n'est pas associée à un risque augmenté de métastases sur site de trocart ou de récidive locale et que les survies sans récidive sont comparable à celles des séries de technique chirurgicale conventionnelle.