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Nouveaux traitements médicaux des cancers urologiques, les urologues doivent répondre présents

Les solutions médicamenteuses pour le traitement des cancers de prostate, du rein et de la vessie ne doivent pas être négligées par les urologues. Ils sont chirurgiens tout autant que médecins. Une double compétence à valoriser. Dit autrement, les urologues sont aussi prescripteurs.

La première partie du cours, est consacrée aux hormonothérapies de nouvelle génération (HTNG) pour les cancers de la prostate à tous les stades : métastatique hormono-sensible et métastatique ou non métastatique résistant à la castration. L’objectif est de présenter aux urologues les nouvelles molécules pour qu’ils les intègrent dans leur arsenal thérapeutique ainsi que les recommandations relatives aux indications de ces nouveaux traitements. « Les urologues ne doivent pas délaisser ces traitements en pensant qu’ils sont réservés à des patients métastatiques tardifs. Ils sont prescrits de plus en plus tôt », indique Yann Neuzillet. Il revient sur les séquences, les résistances croisées et la place de la chimiothérapie avec ces nouvelles hormonothérapies. Géraldine Pignot présente dans le détail les modalités de prescription et de suivi d’un traitement par hormonothérapie de nouvelle génération. Quel examen faut-il faire avant le traitement ? Faut-il assurer une surveillance clinique pendant ? Que faut-il doser et mesurer pendant le suivi afin que tout se passe bien et que le patient reçoive son traitement le plus longtemps possible ?

Arrivée des immunothérapies

La seconde partie du cours est dédiée aux immunothérapies, avec les indications dans les cancers du rein et de la vessie. « Le traitement médical du cancer du rein repose sur des associations de molécules », rappelle Yann Neuzillet. Ces associations sont de plusieurs ordres : deux immunothérapies, une immunothérapie et un inhibiteur de tyrosine kinase, selon les recommandations. Sont rappelées les séquences des traitements. Même approche pour le cancer de la vessie, avec prescription d’une immunothérapie de plus en plus précoce en présence de métastases, en complément d’une chimiothérapie quand le patient répond. À défaut, l’immunothérapie est prescrite en deuxième ligne. Il reprécise les modalités de prescriptions et de suivi de ces nouveaux traitements.

Les urologues peuvent prescrire ces nouvelles molécules, sans difficulté. « Il faut démystifier cette prescription », conclut Yann Neuzillet.

Pierre Derrouch

Une place à préserver

• Dans le cancer de la prostate la place du traitement médical ne cesse d’augmenter. Les combinaisons de l’hormonothérapie avec la chimiothérapie et les HNTG sont prescrites à des stades très avancés de la maladie. Des études démontrent maintenant l’intérêt des HNTG à des stades plus précoces, pour des patients d’emblée métastatiques ou qui récidivent avec des métastases. « Tous les urologues sont concernés par ces situations, souligne Yann Neuzillet. Ces indications se discutent chaque semaine en réunion de concertation pluridisciplinaire ». Ne pas prescrire ces molécules faute d’en connaître les indications conduit « à perdre la main sur ces patients, et donc la spécificité médico-chirurgicale qui fait la richesse de l’urologie ».

• Le cancer du rein a été la premier pour lequel le traitement médical per os à transformer le pronostic, avec d’abord inhibiteurs de tyrosine kinase. Ils peuvent facilement être prescrits par les urologues car ne nécessitent pas d’hospitalisation de jour comme pour la chimiothérapie. « Peu d’urologues ont développé une expertise dans ce domaine, les TKI n’étant prescrit que dans le cancer du rein métastatique».

• Aujourd’hui, les immunothérapies arrivent sans la vessie. L’essai en cours Alban compare la BCG-thérapie seule ou avec une immunothérapie, au stade non-infiltrant. « Si l’association s’avère efficace, et que les urologues ne savent la prescrire, les patients se retrouveront partagés entre deux sites, soient des problèmes d’organisation ». Ce qui bénéficie au cancer de la vessie bénéficie au cancer du rein.

Crédit photo : © spaxiax