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Médecine nucléaire, les dernières nouveautés de prise en charge du cancer de la prostate

L’imagerie médicale est une discipline utilisée aussi bien à des fins diagnostiques qu’à des fins thérapeutiques et dont les techniques évoluent constamment afin d’améliorer la prise en charge globale des cancers et notamment du cancer de la prostate. Le Dr Mathieu Gauthé, médecin nucléaire à l’hôpital Tenon, nous fait un point sur ces avancées et nous confie également quelques points de vigilance.

Vers un diagnostic plus performant

Ces dernières années, les techniques de médecine nucléaire ont beaucoup évolué pour améliorer la prise en charge du cancer de la prostate. C’est notamment le cas de l’imagerie dite aux ligands du PSMA qui est une nouveauté. Le but de cette technique est de cartographier les métastases, d’évaluer leur localisation et leur nombre afin de proposer des solutions thérapeutiques ciblées, plus adaptées, à la situation du patient. Cette technique d’imagerie est à ce jour, la plus précise possible et permet d’éviter de passer à côté d’un mauvais diagnostic.

Gagner de l’espérance de vie et une meilleure qualité de vie

L’un des buts ultimes de la médecine nucléaire et particulièrement de la thérapie vectorisée est in fine d’améliorer la qualité de vie des patients atteints de cancer de la prostate et d’augmenter leur espérance de vie. Le Dr Mathieu Gauthé nous explique que le principe de la thérapie vectorisée est d’avoir une cible cellulaire précise afin de détruire les cellules cancéreuses en évitant le plus possible de toucher aux tissus sains. Il nous précise cependant que la thérapie vectorisée concerne pour le moment, uniquement les personnes ayant des métastases et pour lesquelles les traitements classiques n’ont pas fonctionné. Il s’agit donc d’une option thérapeutique supplémentaire pour les équipes médicales et non d’une prise en charge systématique pour tous les patients atteints de cancer de la prostate.

La thérapie vectorisée en pratique

En pratique, les médecins nucléaires avant d’identifier le meilleur traitement anticancéreux, effectuent d’abord une imagerie TEP aux ligands du PSMA. Lorsque cette imagerie est positive, le traitement vectorisé est délivré de manière ciblée sur les cellules cancéreuses grâce à ces mêmes ligands. Dans le jargon médical, on appelle cela la RIV ou radiothérapie interne vectorisée. C’est une technique efficace avec a priori, une meilleure tolérance par les patients. 

Encore un peu de patience

Le Dr Gauthé nous confie qu’actuellement plusieurs études sont en cours et semblent démontrer que l’utilisation de la thérapie vectorisée pour les cas de cancers de la prostate résistants peut être intéressant. En revanche, on ne connait pas encore les résultats définitifs de ces études. Cela signifie qu’il n’y a, à ce jour, pas encore d’autorisation de mise sur le marché (AMM) en France. L’AMM est une obligation incontournable avant la mise à disposition d’un médicament. S’il n’y a pas cette autorisation, de fait, il n’y a pas encore de prix fixé pour ces nouveaux médicaments radiopharmaceutiques. Ils sont donc actuellement utilisés sous des conditions règlementaires très strictes, par exemple dans le cadre d’une autorisation temporaire d’utilisation nominative ou ATU. Ce cas de figure est envisageable uniquement si le patient concerné ne peut être inclus dans un essai thérapeutique et lorsque toutes les options habituelles avec AMM ont été utilisées comme l’imagerie TEP à la fluorocholine ou à la fluciclovine. Le Dr Gauthé nous précise à ce sujet l’importance de ne pas oublier ce qui existe déjà et qui fonctionne très bien pour certains patients. 

Un avenir prometteur 

L’arrivée de nouvelles techniques de médecine nucléaire comme celle des ligands du PSMA sont très prometteuses dans la prise en charge du cancer de la prostate, aussi bien sur le plan diagnostic que thérapeutique et participeront sans doute dans un avenir proche, l’amélioration de la qualité de vie des patients atteints de cancer et résistants aux traitements habituels. Cependant, Dr Gauthé nous rappelle qu’il reste encore des réponses à apporter sur plusieurs points et notamment sur l’intérêt médico-économique de ces médicaments radiopharmaceutiques.