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Une nouvelle mandature pour quoi faire ? – Éditorial de Thierry Lebret, président de l’AFU

Un nouveau conseil d’administration (CA) de l’AFU vient d’être élu et les nouveaux administrateurs m’ont nommé à la présidence pour 3 ans. Je mesure l’honneur qu’ils me font et, au-delà du CA, la confiance que vous nous avez témoignée par vos votes lors du congrès en Novembre dernier. Mon rôle sera de coordonner la gestion de notre association, de la promouvoir et d’accompagner toutes ses actions. J’ai la chance d’avoir un bureau exceptionnel qui, comme le CA, reflète parfaitement la diversité de nos pratiques professionnelles (Public, Privé, Universitaire, Mixte, ESPIC …) et de nos domaines d’investissement (andrologie, neuro-urologie, cancérologie…) ; cette unité dans la diversité est probablement une des principales forces de l’AFU.

Alors une mandature pour quoi faire ?

En premier nous avons la volonté d’assurer une continuité et de maintenir l’image de notre association, sa cohérence et son efficacité. Qui pourrait récuser cette continuité, alors qu’à chaque fois que nous nous réunissons avec d’autres sociétés savantes médicales, que ce soit à la Fédération des Spécialités Médicale, au ministère, à l’INCA, à l’ANSM, à l’HAS… nous sommes cités en exemple et jalousés par les autres spécialités ?  Continuité ne veut pas dire immobilisme. Bien au contraire, c’est sur ce fondement solide que nous allons prospérer. L’ensemble du conseil d’administration est prêt à mettre son dynamisme au service de l’AFU et entend être à votre écoute. Nous avons pris conscience du travail déjà effectué et remercions les précédents présidents qui n’ont pas ménagé leur temps et leur énergie pour obtenir ce résultat. Je mesure l’héritage qu’ils m’ont transmis.

Je connais la vitalité des urologues : nous avons dénombré plus de 250 collègues qui ont un rôle actif dans les comités scientifiques ou transversaux de l’AFU. Ce seul chiffre permet de nous rassurer mais il ne faut pas nous endormir car le bénévolat et l’action à but collectif ne sont pas toujours des démarches pérennes. Il nous faut transmettre aux plus jeunes ces valeurs de partage et de don de soi dans l’intérêt collectif de l’AFU mais surtout afin de continuer à offrir aux patients la meilleure qualité de soins grâce a nos travaux et à notre formation continue. L’AFU a besoin de toutes les bonnes volontés ! Venez apporter votre contribution et à la question que j’entends parfois : « mais que fait l’AFU ? », ajoutez mais que puis-je faire pour l’AFU ?

La réforme de l’internat est un vrai rendez-vous pour notre association. Elle va avoir des conséquences non négligeables sur le futur métier d’urologue. Sa conception même, avec la réduction du nombre de semestres (en particulier ceux en dehors de la spécialité), va avoir un impact direct sur la sur-spécialisation au sein même de notre spécialité. Comment former aussi bien en moins de temps, avec les repos compensateurs, les 35h, la diminution des responsabilités et une présence moindre au sein des services ? Même si les négociations s’annoncent délicates, en collaboration avec le Collège, nous devons faire comprendre aux tutelles qu’il ne faut pas détruire ce qui fonctionnait bien, entre autres le compagnonnage. Nous allons bien sûr négocier en étant proactif et force de propositions afin d’essayer de conserver au maximum la qualité de la formation que nous connaissons aujourd’hui. Il nous faut anticiper le métier d’urologue de demain afin d’adapter la formation plutôt que le contraire. Les FST (Formation Spécialisée Transversale) qui vont remplacer les DESC (andrologie et cancérologie) vont être l’objet d’un combat important et comme nous l’avons fait avec la VAE, il nous faudra gagner cette bataille, avec ou contre les spécialités frontières, il en va de l’avenir de l’AFU, nous ne devons pas perdre la tri-appartenance : médicale, endoscopique et chirurgicale.

Nous aurons aussi à continuer la défense de notre exercice professionnel. Au quotidien, nous nous apercevons que nous avons des restrictions qui impactent la qualité des soins que nous pouvons fournir ; il n’est qu’à prendre comme exemple la sortie de l’Hexvix de la liste en sus qui signe l’aberration qui existe entre les recommandations françaises ou européennes et l’impossibilité d’en faire bénéficier nos patients dans de bonnes conditions. Nous allons continuer le combat et le mener à chaque fois que nous jugerons que la qualité de la prise en charge des patients est en jeu.

Nous devrons également repenser le DPC c’est-à-dire la formation continue. Cela va passer par une refonte des séminaires d’urologie continue (SUC) qui ont tant de succès mais que nous allons adapter dans un cadre différent. Nous devons également réfléchir à un DPC qui intègre non seulement la formation des médecins mais également celle de nos infirmières et des autres acteurs de la santé en relation avec l’urologie (kiné, pharmacien, secrétaire…).

Au niveau de la recherche, la nomination d’un vice-président chargé des bases de données et la création de l’intergroupe labellisés INCA sont des signes forts qui marquent un tournant dans la volonté qu’a notre société savante d’investir dans ce domaine. La recherche est la colonne vertébrale du progrès, nous devons investir afin que vive notre spécialité.

Nous avons engagé une grande réflexion sur la francophonie. En effet, nombreux sont les pays où le français reste la langue majoritaire et il nous a semblé que c’est à l’AFU que revient le rôle de leader pour coordonner des actions d’échanges, de coopération et de formation. Cette démarche s’inscrira en parallèle à l’action internationale que nous voulons clarifier afin de faire rayonner l’urologie française en identifiant de jeunes chercheurs ou de jeunes leaders.

Nous aurons également à retravailler sur l’éthique et la déontologie car, comme vous le savez, il est très important de faire respecter entre autre, notre charte de bonne conduite. Plusieurs exemples récents dont je vous ai parlé en direct par lettre, font état de probable déviance qu’il faut absolument corriger pour garder la cohésion de notre famille urologique. J’avais rappelé qu’il nous faudra toujours privilégier la qualité scientifique à la promotion personnelle, je ne suis pas sûr d’avoir été bien compris par certains, nous comptons sur le nouveau comité d’éthique et de déontologie pour défendre les valeurs de probité et d’éthique.

La communication est devenue si importante que nous avons élu un vice-président chargé de cette fonction. Le site UroFrance a été toiletté, nous avons entendu les critiques sur son fonctionnement actuel, il est en reconstruction et le groupe UF est maintenant constitué afin de corriger les nombreuses imperfections des nouveaux sites.

Nous n’oublierons bien sûr pas la convivialité, indispensable à la cohésion, et qui nous a été transmise par nos prédécesseurs et maîtres.  Notre journal  UroJonction va fêter bientôt son 100e numéro (2018), ce sera l’occasion d’une fête, entre nous, qui rappellera aux plus anciens le centenaire de l’AFU en 1996 ou le 100e congrès Français d’urologie en 2006. Ce congrès annuel reste la pierre angulaire de nos manifestations scientifiques, associé actuellement aux JOUM, à la JAMS et aux JITTU. Toutes ces manifestations sont réalisées grâce à des partenariats qui deviennent de plus en plus difficiles à organiser. Nous avions anticipé la rigueur législative en créant URO DIFFUSION, mais malgré cela, l’obtention des financements reste délicate. Il est indispensable que les urologues gardent en mémoire qu’il nous faut conserver notre droit de prescription médicale. C’est le garant de notre autonomie. Nous avons gagné une grande bataille avec la VAE, pour les plus jeunes la prochaine bataille s’appelle la FST, je vous promets qu’avec le CNU, le collège et bien sûr l’AFU, réunis au sein du CNPU (Collège National Professionnelles d’Urologie) nous serons présents et combatifs.

Face à tous ces défis, il nous faut rester rassemblés et unis, car ce n’est pas le travail qui va manquer mais comme disait Thomas Jefferson : « Je crois beaucoup à la chance, et je constate que plus je travaille plus la chance me sourit » alors … le CA s’est mis au boulot. Nous avons une structure solide, ancrée dans la maison de l’urologie (La MUR) avec un personnel dévoué dirigé par notre déléguée générale. Continuons à faire prospérer notre spécialité !

Il est de notre devoir de transmettre aux plus jeunes la passion de l’associatif et du collectif, le désir de s’engager dans l’AFU et de faire perdurer l’esprit de l’AFU tel qu’il nous a été légué par nos ainés. Tout le bureau de l’AFU s’engage dans cette voie. Nous sommes très complémentaires et avec le vice-président nous allons accompagner le secrétaire général et son adjoint qui effectuent tous les deux leur premier mandat d’administrateur, pour les finances le trésorier le fera dans le même esprit avec le trésorier adjoint également nouvellement élu.

Comme vous pouvez le constater, c’est avec beaucoup d’enthousiasme que le nouveau conseil d’administration prend les rênes de notre association en ayant pour but de défendre notre spécialité face aux autorités de tutelle, face aux spécialités frontières, dans un esprit constructif afin de maintenir la qualité des soins que nous offrons au quotidien à nos patients.

Thierry LEBRET
Président de l’AFU