Spécial AFU 2013 : Hypertrophie bénigne de prostate, cancer de prostate

03 avril 2014

Auteurs : A. Masson-Lecomte
Référence : Progrès FMC, 2014, 24, 1, F27-F30

Hypertrophie bénigne de la prostate

Cette année, l’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) a été traitée au cours de trois sessions, centrées sur le traitement (innovations, lasers et traitements physiques).
Bruyère et al. ont présenté les résultats de l’étude prospective randomisée Goliath comparant photovaporisation au laser Greenlight 180W XPS et la résection transuretrale de la prostate. Deux cent quatre-vingt-onze sujets ont été inclus dans 11 pays européens entre 2011 et 2012. Pas de différence significative entre les deux groupes pour l’IPSS, le Qmax, le taux de complications et le volume prostatique à 6 mois (O-151).
Une étude de l’équipe du CHU de Tours (Bodin et al. O-153) confirme la nécessité de prendre garde au risque de fistules rectales postopératoire après PVP laser en raison de l’importance de la zone nécrotique. Ils ont inclus 12 patients en prospectif et mesuré, à l’aide de l’échographie de contraste, l’épaisseur de la zone nécrotique induite par la PVP. Les 12 patients ont été désondés et sont sortis à j1. Les valeurs échographiques pré-, postopératoire et à 1 mois sont présentées dans le . L’épaisseur de la zone nécrotique (ZN) postopératoire était de 11mm en moyenne et pouvait aller jusqu’à 16,5mm. Le volume prostatique médian et l’épaisseur de la ZN diminuaient de 25 % en 1 mois. Ces données incitent à la prudence en particulier à la face postérieure de la prostate.
Tableau I : Valeurs échographique prostatiques (largeur, volume, diamètre de la cavité) et épaisseur de la zone dévascularisée en en pré-, postopératoire immédiat d’une photovaporisation laser et à 1 mois.
Préopératoire Postopératoire 1 mois
Mode B
Largeur (mm) 56 [45–65] 57 [44–69] 52 [10–59]
Volume (cm3) 77 [28–143] 66 [31–104] 60 [10–86]
Diamètre cavité (DC) (mm) 0 [0–0] 14 [5–34] 9 [0–26]
Mode MFI
Largeur (mm) 58 [40–63] 56 [40–68] 51 [44–61]
Diamètre zone dévascularisèe (DD) (mm) 0 [0–0] 37 [23–49] 19 [11–39]
Épaisseur de la zone nécrotique=EN (mm) 0 [0–0] 11 [3–16,5] 8,5[5,5–13]
Les valeurs quantitatives sont exprimées en médiane [extrêmes].
Deux études ont évalué la courbe d’apprentissage de la PVP Greenlight, d’une part, de l’énucléation Holmium, d’autre part (O-155 et O-158). Le volume prostatique moyen préopératoire était de 60mL dans l’étude PVP et de 55mL dans l’étude énucléation. Pour la PVP, la courbe d’apprentissage semble plus longue. L’étude portait sur 200 patients. Cent interventions ont été nécessaires pour observer une stabilisation des paramètres étudiés (durée de vaporisation/durée d’intervention, volume prostatique et PSA). La learning curve de l’énucléation était plus courte. L’étude portait sur les 90 premiers patients opérés. Vingt procédures ont permis de noter une nette amélioration des paramètres (poids d’énucléation/temps d’énucléation, poids morcelé/temps de morcellation). Les deux études sont cependant difficilement comparables en raison de l’hétérogénéité des variables mesurées dans les deux études.
Nous manquons actuellement de critères non invasifs pour évaluer la part obstructive des troubles du bas appareil urinaire chez les patients présentant une HBP. Chemaslé et al. ont réalisé une étude sur 62 patients programmés pour une RTUP ou une HoLEP (O-266). Tous ont subi un test urodynamique mesurant la relation pression–débit par l’intermédiaire d’une manchette pneumatique pénienne. Trente-cinq patients étaient classés comme obstructifs et avaient un bon résultat clinique postopératoire dans 94 % des cas (défini par une amélioration de l’IPSS>7). Vingt-sept patients étaient classés comme non obstructifs et avaient un bon résultat clinique dans 30 % des cas seulement (p<0,01). Cette technique mérite d’être décrite plus en détail et validée mais pourrait réduire le taux d’échec de la chirurgie à visée désobstructive en ciblant mieux l’indication.

Cancer de la prostate

Sept sessions cette année étaient consacrées au cancer de la prostate. Une session de dépistage et surveillance active, quatre sessions sur le cancer localisé (évaluation et traitements) et une session sur les cancers avancés.

Dépistage et surveillance active

Roumiguié et al. ont évalué à partir de quel niveau de risque selon les calculateurs disponibles (PCPT-cancer risk calculator et SWOP-Prostate risk indicator dérivé de l’étude ERSPC) les urologues français pratiquaient des biopsies de prostate (O-048). L’étude rétrospective portait sur 625 patients biopsiés. Le risque était calculé sur les critères pré-biopsiques (âge, espérance de vie, toucher rectal [TR], volume prostatique, antécédent de biopsies, PSA). L’étude montre que les urologues français tolèrent un haut niveau de risque avant de faire des biopsies. Ces derniers ont réalisé des biopsies pour un risque de cancer évalué à 50,6±14 % pour le PCPT-CRC et 31,2±17,3 % pour le SWOP-PRI. La décision de biopsie tenait compte de l’espérance de vie et de l’âge.
Surpris par le taux de mortalité post-biopsies de prostate rapporté par Gallina et al. en 2008 (1,3 % en moyenne, jusqu’à 2,5 % chez les plus de 75ans sur une cohorte de 22 175 patients), Perrin et al. ont utilisé la base des hospices civils de Lyon pour mesurer le taux de mortalité post-biopsies prostatiques à 3 mois (O-052). L’étude portait sur 11 816 biopsies réalisées sur 8804 patients entre 2000 et 2011. Seuls 2 décès sur 42 intervenus dans les 120jours post-biopsie étaient selon les auteurs imputables à la biopsie de prostate (0,02 %), soit 50 fois moins ! Le taux réel est probablement quelque part au milieu… Pour mémoire, Roghmann et al. ont présenté à l’AUA 2013 une étude menée sur 41 000 patients ayant eu plus d’une biopsie de prostate entre 1988 et 2005. Le taux de complications sévères était de 1,7, 2,9, 3,6, 3,8, et 4,0 % après la 1re, 2e, 3e, 4e, et 5e série de biopsies respectivement.
François et al. ont recueilli l’opinion des médecins généralistes de l’Oise sur le dépistage du cancer de la prostate (O-049). Quatre cent cinquante-six généralistes ont reçu un autoquestionnaire et 38 % ont répondu. Quatre-vingt-huit pourcent étaient favorables au dépistage, en rapport avec les arguments suivants : fréquence du cancer de la prostate, facilité du dépistage, guérison possible en cas de traitement précoce. Dans 79 % des cas, la demande de dépistage émanait du patient lui-même.
SURACAP est un PHRC de 2007 dont le but est d’évaluer les résultats de la surveillance active à 10ans chez des patients de moins de 75ans présentant un cancer de prostate à très bas risque (les critères de sélection sont particulièrement stricts). Les résultats présentés à l’AFU concernaient l’évaluation des causes anatomopathologiques d’exclusion à 2ans de suivi (O-044). Sur 100 patients inclus, 57 avaient une biopsie de confirmation. Deux ans après l’inclusion, 55 % des patients restent dans le protocole SURACAP. La cause la plus fréquente de sortie du protocole était la présence de plus de 2 carottes biopsiques positives sur les biopsies à 1 et 2ans. L’absence de cancer sur la biopsie à 3 mois après la première biopsie était fortement associée au fait de rester en surveillance active à 2ans (Chi2 ; p<0,012).

Cancer localisé : diagnostic et évaluation

Une étude lilloise a confirmé l’apport majeur de l’IRM pour évaluation des patients avant inclusion dans un protocole de surveillance active (O-214). Quarante et un patients adressés pour second avis ont reçu une série supplémentaire de biopsies de prostate systématisées plus des biopsies dirigées si une cible était présente sur l’IRM multiparamétrique. Les patients étaient reclassifiés comme non éligible en cas de grade 4 de Gleason, ≥3 biopsies positives et ≥5mm de cancer sur une carotte. L’IRM était suspecte dans 24/41 cas et les biopsies dirigées positives dans 20/24 cas. Vingt-quatre patients ont été reclassifiés, 67 % grâce aux biopsies systématisées et 70 % grâce à l’IRM ce qui correspond à un gain de 20 % par rapports aux biopsies systématisées seules.
Mozer et al. ont présenté une très belle étude prospective monocentrique comparant le rendement diagnostic de 12 carottes systématisées (BS) versus 2 à 3 carottes dirigées vers une cible IRM (CIB) (O-217). Il s’agissait de premières séries de biopsies de prostate chez des patients ayant un PSA10ng/mL. N’ont été considérées que les carottes biopsiques qualifiées de cliniquement significatives (longueur de cancer>4mm et Gleason7). Cent cinquante-quatre patients ont été inclus consécutivement. Quatre-vingt-douze pourcent des patients avaient un TR normal. La taille moyenne des cibles IRM était de 10mm. Environ 13,6 % des BS étaient positives vs 37,3 % des CIB (p<0,0001). 6,5 % des carottes BS et 28,2 % des carottes CIB étaient cliniquement significatives (p<0,0001). Au total, 2 à 3 carottes dirigées ont permis de diagnostiquer plus de cancers cliniquement significatifs que 12 carottes systématisées.
L’équipe du CHU de Bordeaux a évalué la tomographie par émission de positons à la 18-fluorocholine dans le bilan initial du cancer de la prostate à haut risque (O-180). Quatre-vingt-dix-sept patients présentant un Gleason8 ou du grade 4 majoritaire ou un PSA20 ou T3 clinique ont été évalués par un PET à la choline, un scanner thoraco-abdomino-pelvien (TAP) et une scintigraphie osseuse. Quarante-cinq curages ganglionnaires ont été réalisés et 36 prostatectomies radicales (PR). Pour l’envahissement ganglionnaire, la PET à la choline a une VPP de 55 % et une VPN de 88 % contre 37,5 % et 81 % respectivement pour le scanner TAP. Concernant le volume tumoral prostatique, il était de 6,5±5,1cm3 en histologie et 7,4±8cm3 sur le PET scanner (p=0,46). Enfin, le PET scanner a permis de détecter 5 métastases osseuses non vues sur la scintigraphie osseuse et inversement corrigé 3 faux positifs. Il a aussi découvert 4 cancers primitifs synchrones. Dans cette étude, le PET à la choline était supérieur au couple scanner TAP-scintigraphie osseuse pour la détection des lésions secondaires dans le bilan initial du cancer de prostate à haut risque.

Cancer localisé : traitements

Prostatectomie radicale

Complications
Une étude lyonnaise a décrit le taux de mortalité après prostatectomie radicale (120jours postopératoires) à partir de la base de données de l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (O-014). Sur la période 2007–2011 et après ajustement sur l’âge et le score de Charlson, le taux de mortalité à 120jours est de 0,14 % pour la cœlioscopie (72/52 250) et de 0,26 % pour la voie ouverte (147/68 120 ; p<0,0001). En 2011, le nombre de chirurgies pratiquées par voie mini-invasives est passé au-dessus de la voie ouverte (12 651 vs 10 855). Rousseau et al. se sont penchés sur les complications lymphatiques en fonction des limites du curage ganglionnaire laparoscopique (O-187). Trois cent trois patients ont eu un curage entre 2000 et 2010 pour un Gleason4 ou un PSA>10ng/mL. Les patients ont été séparés en trois groupes : 176 curages ilio-obturateurs sous-veineux/60 curages étendus (bifurcation iliaque commune+iliaque externe incluant le bord externe de l’artère iliaque externe+artère hypogastrique et fosse obturatrice)/67 curages identiques au précédent en respectant le bord externe de l’artère iliaque externe. Le respect de la partie externe de l’artère iliaque externe n’a pas réduit l’efficacité du curage (15,8 ganglions retirés en moyenne dans ce groupe vs 15,4 dans le groupe 2 ; p=0,67) mais a permis une réduction significative du taux de complications lymphatiques (lymphorrée 11,5 vs 21,3 % ; p=0,09, lymphœdème 7,6 vs 24,6 % ; p=0,01).
Pronostic
Pichon et al. ont comparé le risque de récidive tumorale après prostatectomie radicale entre les patients traités ou non par statines dans les trois mois pré opératoires (O-011). Quatre cent trente et un patients ont été inclus dont 85 traités par statines. Ces derniers avaient un indice de masse corporelle supérieur (26,9 vs 26,3 ; p=0,043), des antécédents de cardiopathies ischémiques (p<0,0001) et de diabète (p=0,046). Le traitement par statines était associé à un risque plus élevé de récidive (23 vs 14 %, p=0,033). En analyse multivariée ajustée sur le PSA préopératoire, le stade pT et pN, le Gleason et les marges, le traitement par statine était un facteur de risque indépendant de récidive (HR 3,07, 95 % IC [1,19–7,87]). Cette étude fait echo à celle présentée par Xylinas et al. sur la récidive après cystectomie radicale (O-167). En analyse univariée, l’utilisation de statine était associée à risque plus élevé de récidive tumorale. Ces résultats n’étaient pas retrouvés après ajustement (Régression de Cox). À noter tout de même qu’une méta-analyse publiée en 2013 dans Annals of Oncology ne retrouvait aucun effet des statines sur la survie sans récidive après traitement radical pour cancer de la prostate (HR 0,90, 95 % IC [0,74–1,08]) [1].
L’équipe de Pointe-à-Pitre a évalué l’impact du délai entre le diagnostic et la prostatectomie radicale sur les résultats carcinologiques dans une population afro caribéenne à risque faible et intermédiaire (O-017). Mille quatre cent patients ont été opérés entre 2001 et 2010 et revus rétrospectivement. 921 étaient de risque faible ou intermédiaire et ont été divisés en trois groupes : délais <3 mois, entre 3 et 6 mois et >6 mois. Pour les patients de risque intermédiaire, un délai entre diagnostic et chirurgie >3 mois était associé à un risque plus élevé de récidive biologique (p=0,001). Aucune différence n’était retrouvée entre les groupes pour les patients de risque faible (p=0,21).
Résultats fonctionnels
Beauval et al. ont comparé les résultats fonctionnels de la PR par voie rétropubienne ou laparoscopique robot-assistée. Trois cent quatre patients ont été opérés entre 2009 et 2012 (O-183). Les données fonctionnelles étaient recueillies par un questionnaire d’autoévaluation à 6 semaines, 3 mois 6 mois et 1 an après la PR. Seuls 44 % étaient exploitables. Il n’a pas été observé de différence entre les deux groupes pour la continence (absence de fuite ou fuite modérée à 12 mois 72 vs 76 % ; p=0,6). En revanche, le taux de patients ne présentant pas de dysfonction érectile ou une dysfonction légère à 12 mois selon l’IIEF-5 était significativement supérieur dans le groupe robot (74,5 vs 51 % ; p=0,03).
Barré et al. ont présenté une technique de PR radicale rétropubienne respectant la capsule prostatique (O-184). Une étude prospective a été menée entre janvier et décembre 2011 chez 137 patients consécutifs. Une préservation nerveuse a été réalisée dans 77 % des cas (106/137), bilatérale chez 89/106. À l’examen anatomopathologique, 68,6 % des patients étaient pT2 et 31,4 % pT3-T4. Le taux de marges chirurgicales positives était de 9,5 % pour la cohorte entière et 7,5 % pour les préservations nerveuses. La capsule prostatique a été préservée dans 90,6 % des cas de préservation nerveuse avec 2,6 % de marges positives dites iatrogènes (pT2). Cette technique a permis chez les patients avec un score IIEF-5 préopératoire >17 de récupérer à 1 an des rapports sexuels satisfaisants avec ou sans IPDE5 dans 87,6 % des cas.

HIFU

Crouzet et al. ont décrit le traitement des adénocarcinomes prostatique limités à un lobe par hémiablation Ablatherm® (O-234). Il s’agit d’une étude AFU multicentrique sur 97 patients. Les critères d’inclusion étaient un âge >50ans, stade T1c ou T2a clinique, PSA<10, Gleason7 (3+4), possibilité de réaliser une résection endoscopique de prostate. Tous les patients ont eu une IRM multiparamétrique et 12 biopsies randomisées+2 biopsies par cible IRM. À un an, le PSA était diminué de 48,2 %, le volume prostatique de 26,3 % et l’IPSS de 27,2 %. L’IIEF et le score de qualité de vie n’étaient pas modifiés à 1 an. Quatre-vingt-douze poucent des biopsies réalisées entre 6 et 12 mois de traitement étaient négatives sur le lobe traité (réalisées pour 39 patients sur 97). Pour l’ensemble de la prostate, les biopsies étaient négatives dans 74 % des cas. Parmi ces patients, 4 sont en surveillance active, 2 ont eu une deuxième session de HIFU (PSA nadir 0,3 et 0,6ng/mL), 2 ont été traités par PR (pT2b, PSA indosable) et 2 ont été irradiés.
Le même auteur a présenté une étude multicentrique internationale portant sur les résultats de l’HIFU pour cancer localisé de la prostate sur 5206 patients stratifiés par âge (<70ans et ≥70ans) (O-236). La récidive biochimique était définie selon les critères de Phoenix (nadir+2ng/mL [2]). Le suivi moyen était de 3,4ans et le PSA nadir de 0,15ng/mL atteint après 14±11 semaines en moyenne. La survie sans récidive biochimique à 5ans était de 84 et 73 % pour les bas risques, 74 et 65 % pour les risques intermédiaires et 69 et 63 % pour les hauts risques (<70ans et ≥70ans respectivement). Les taux d’incontinence >grade 2 et de sténoses urétrales ou du col étaient comparables entre les groupes de plus et moins de 70ans (4 vs 7 % et 18 vs 19 % respectivement). Les valeurs de « p » ne sont pas communiquées. Les auteurs concluent que les résultats oncologiques et fonctionnels sont encourageants et comparables entre les patients de moins et plus de 70ans.

Radiothérapie externe

La radiothérapie de sauvetage post-HIFU est un traitement efficace selon l’étude menée par Soria et al. (O-230). Entre mai 1995 et décembre 2011, les patients en récidive locale après traitement par HIFU à Lyon ont été traités par radiothérapie externe de rattrapage. La progression après traitement de rattrapage était définie par un PSA>1,5ng/mL. Deux cent vingt et un patients ont reçu une radiothérapie de sauvetage. Le PSA nadir post-irradiation était de 0,44±0,72ng/mL. La survie sans progression biologique à 7ans était de 70 %. La dose limite entre efficacité et tolérance semble se situer à 72Gy, dose à partir de laquelle les auteurs observaient une augmentation significative des toxicités urinaires tardives sévères. Ce d’autant plus que la survie sans progression à 5ans n’était pas différente entre les groupes > et < 72Gy.
Mathieu et al. ont présenté un outil de prédiction de la toxicité urinaire tardive après radiothérapie prostatique (O-232). Neuf cent soixante-cinq patients ont été traités dans 18 centres par radiothérapie externe. Une dose médiane de 70Gy a été délivrée selon différentes techniques (2d, 3D avec ou sans modulation d’intensité [IMRT] et avec ou sans radiothérapie guidée par l’image [IGRT]). La toxicité a été évaluée selon la classification CTCAE v3 [3]. Apres un suivi moyen de 61 mois, le taux de toxicité urinaire globale de grade ≥2 à 5ans était de 15 %. Le risque de toxicité urinaire globale était significativement augmenté par : la prise d’un traitement anticoagulant (RR 2,35), la dose totale (RR 1,09), l’âge (RR 1,06), la dose reçue par 25 % de la vessie (RR 1,03) et la dose maximale (RR 1,1). La survenue d’une pollakiurie était associée à une dose totale élevée (RR 1,07) et un diabète (RR 4), la survenue d’une hématurie à la prise d’un traitement anticoagulant (RR 2,9) et la dysurie à la dose totale élevée (RR 1,1). Les nomogrammes résultants de cette étude seront des outils pratiques d’aide à la décision clinique et d’information en fonction des antécédents du patient.

Cancer avancé de la prostate

Flinois et al. ont extrapolé la prévalence des patients atteints de cancer de prostate sous hormonothérapie en France à partir d’une cohorte observationnelle de 2133 patients suivis par 82 urologues et 81 oncologues (O-128). Selon cette étude 73 000 patients seraient traités par hormonothérapie en France, dont 51 % pour un CP au stade métastatique et 49 % pour un CP en progression biologique sans métastases. L’évolution de la prise en charge thérapeutique de ces mêmes patients après introduction de l’hormonothérapie est présentée sur la .
Figure 1 : Durée médiane des différents traitements après introduction d’une hormonothérapie pour cancer de prostate en progression biologique ou métastatique.
L’enquête PHARES a évalué la pratique du traitement hormonal (TH) en France (O-129). Il s’agit d’une enquête observationnelle réalisée auprès des urologues membres de l’AFU. Deux cent quarante urologues ont répondu aux questionnaires entre juin et septembre 2012. L’urologue a initié le TH dans 85 % des cas et reste en première ligne pour la prescription et la prise en charge du cancer de la prostate. Un TH était initié avant chirurgie dans 13 % des cas et avant radiothérapie externe dans 59 % des cas. Dans 72 % des cas il d’agit d’un BAC court (agoniste de la LH RH+anti-androgène). Le dosage de la testostéronémie n’est pas réalisé en pratique.
Le traitement par antagoniste de la LHRH est associé à un risque diminué d’événements cardiovasculaires comparativement aux agonistes (O-132). De la taille et al. ont réalisé une méta-analyse de 6 essais prospectifs randomisés comparant degarelix à la leuproréline ou goséreline chez 2328 patients. L’événement cardiovasculaire était défini par : embolie, thrombose artérielle, AVC ischémique ou hémorragique, infarctus du myocarde ou autre maladie cardiaque ischémique. Le taux de survenue d’événements cardiovasculaire ou de décès était significativement plus faible chez les patients traités par degarelix (p=0,011). L’analyse de sous-groupe a montré que cet effet n’était observé que chez les patients avec un antécédent cardiovasculaire. Chez ces derniers, la réduction du risque était de 50 %.
  • [1]
    Park HS, Schoenfeld JD, Mailhot RB, et al. Statins and prostate cancer recurrence following radical prostatectomy or radiotherapy: a systematic review and meta-analysis. Ann Oncol 2013;24:1427–34.
  • [2]
    Roach M, 3rd, Hanks G, Thames H, Jr., et al. Defining biochemical failure following radiotherapy with or without hormonal therapy in men with clinically localized prostate cancer: recommendations of the RTOG-ASTRO Phoenix Consensus Conference. Int J Radiat Oncol Biol Phys 2006;65:965–74.
  • [3]
    Trotti A, Colevas AD, Setser A, et al. CTCAE v3.0: development of a comprehensive grading system for the adverse effects of cancer treatment. Semin Radiat Oncol 2003;13:176–81.