Editorial

09 avril 2009

Auteurs : Alain Ruffion
Référence : Progrès FMC, 2009, 19, 2, F35
Le congrès européen d’urologie est aujourd’hui un des rendez-vous incontournables pour connaître les nouvelles tendances et avoir les premiers résultats des études qui changeront demain nos pratiques et nos prises en charge. Cette année, parmi les nouveautés, on pouvait retenir les premiers résultats de l’essai européen de dépistage du cancer de la prostate dont vous avez reçu un premier décryptage dans la lettre fax-AFU, mais aussi les premières bases des techniques de chirurgie coelioscopique par mono trocart ou par les orifices naturels, ou encore la sarcosine, qui pourrait être un nouveau marqueur d’agressivité du cancer de la prostate. Grâce aux quatre « envoyés spéciaux » de Progrès en urologie - FMC (Guillaume Ploussard, Evanguelos Xylinas, Jérôme Rigaud et Xavier Durand), vous pouvez avoir en quelques pages une idée plus précise des dernières tendances dans tous les domaines de l’urologie.
Ce Progrès en urologie - FMC est par ailleurs particulièrement orienté sur le thème des innovations thérapeutiques. Abdel-Rahmène Azzouzi poursuit la synthèse sur l’utilisation des différents lasers pour le traitement de l’HBP en abordant cette fois les aspects très pratiques de ces machines. En attendant les résultats des protocoles d’évaluation de ces lasers, cet article vous permettra de savoir si votre bloc opératoire est susceptible ou non d’accueillir ces machines. Vous aurez également une idée plus précise du coût de chaque procédure, ainsi que du matériel complémentaire à commander en plus du laser. Olivier Traxer, pour sa part, donne tous ses trucs et astuces pour préserver la durée de vie d’un urétéroscope souple. Au vu du coût de ce type de matériel, on ne peut qu’encourager tous les urologues utilisateurs à lire cette note technique qui peut permettre d’envisager une utilisation sans passage par la case « maintenance » d’environ une cinquantaine de fois. Emmanuel Chartier-Kastler fait enfin le point sur une technique prothétique de traitement de l’incontinence urinaire chez l’homme et la femme, encore mal connue : les ballons ACT et pro-ACT. Après une évaluation rigoureuse et à laquelle ont participé plusieurs centres français, cette technique va probablement être disponible pour tous les urologues prochainement. L’article vous permet de faire le tour de tout ce que vous voulez savoir sur ces dispositifs, de leur indication à la technique de pose, en passant par les petits « trucs » de la gestion postopératoire des patients. Deux articles de mise au point se concentrent sur des situations cliniques que vous pouvez rencontrer de temps à autre. François Rozet rapporte son analyse de la littérature concernant les expériences de prostatectomies radicales réalisées après résection endo-urétrale de la prostate. Le message principal à retenir est qu’en l’état actuel des connaissances, il semblerait que les résultats fonctionnels de la prostatectomie radicale, quelle que soit sa technique, soient moins bons après résection (notamment en ce qui concerne la préservation nerveuse). Les données sur les risques de marges chirurgicales positives sont discordantes et interdisent pour l’instant toute conclusion claire. Ce travail souligne l’absence étonnante de données collectées prospectivement sur ce sujet à l’heure actuelle.
Un autre article à faire diffuser largement est la synthèse du forum de cette année du comité de neuro-urologie sur la prise en charge des patients neuro-urologiques par les anesthésistes. L’équipe de Gilles Karsenty fait une synthèse remarquable des particularités de ces patients souvent pris en charge de façon hétérogène par nos collègues. À mettre d’urgence dans toutes les boîtes aux lettres des médecins anesthésistes avec lesquels vous travaillez !
Bonne lecture à tous.