Éditorial

28 juin 2014

Auteurs : B. Boillot
Référence : Progrès FMC, 2014, 24, 2, F35
Une fois de plus, ce numéro couvre beaucoup de facettes de l’urologie. L’impression, quasi poétique, de « catalogue à la Prévert », dissimule à peine les révolutions en cours dans nos organisations.


En matière de prélévement et transplantation rénale

L’article de L. Martin et F. Kleinclauss sur la pénurie de greffons rénaux en France réalise une très belle synthèse de toutes les données françaises et internationales. On note, alors que le taux de prélèvements est stable, une augmentation du nombre de patients en attente de greffe, et donc un temps d’attente en augmentation.
Parmi toutes les possibilités envisagées pour améliorer le nombre des prélèvements, plusieurs pistes sont retenues :
  • amélioration du recensement des donneurs ;
  • amélioration de la rémunération des hôpitaux organisant les prélèvements ;
  • amélioration de la qualité des reins prélevés (actuellement, 8 % des reins prélevés ne sont pas greffés) ;
  • augmentation des prélèvements des donneurs limites, et des prélèvements à cœur arrêté, conjointement à la diffusion des machines à perfuser les greffons (les greffons de cette catégorie concernent 3 % des greffons prélevés en France ; l’objectif affiché est d’atteindre rapidement 20 à 40 %) ;
  • augmentation du nombre de greffes avec donneur vivant (10 % en France, 50 % en Europe du Nord).
Ces perspectives vont avoir d’énormes répercussions sur les équipes de transplantation rénale, avec nécessité d’avoir en permanence un urologue disponible dans un délai très court pour cette activité d’extrême urgence, et des salles d’opérations « bloquées » pour des greffes – donneurs vivants. L’impact sur l’activité opératoire des équipes de CHU est sans doute sous-estimé actuellement.


La description des techniques de curage laparoscopique robot-assisté

F. Rozet détaille ici avec brio, les fruits d’une grande expérience, avec des bénéfices nets en termes de complications. Savoir si les résultats sont dus plus à la technique robot-assistée, qu’à la qualité et l’expérience de l’opérateur est une question sans réponse indiscutable. Reste que la publication de tels résultats peut inciter les urologues à référer ces patients vers des centres supposés experts car disposant de la technique robot assistée. En termes d’organisation des soins, s’agirait-t-il d’un progrès ?


Un peu d’anatomie nous fait du bien

V. Phé rappelle de manière didactique la disposition des fascias péri-prostatiques, les conséquences de leur respect ou de leur sacrifice lors de la prostatectomie, quelle qu’en soit la manière.


La prise en charge des patients blessés médullaires

La prise en charge de ces patients est souvent initiée dans des centres experts, puis réalisée dans des centres plus proche du domicile de ces patients. B. Bemuz et G. Karsenty soulignent que le risque d’hyper réflexie autonome (HRA) est particulièrement important chez les patients blessés médullaires supérieurs à T6, et ayant des antécédents d’HRA. Ce risque doit être considéré et prévenu, en particulier par la suppression de la nociception. Trop d’urologues et d’anesthésistes considèrent encore qu’un patient tétraplégique qui n’a pas de sensibilité sous lésionnelle peut être exploré ou traité sans analgésie. Cet excellent article didactique détaille toutes les possibilités utilisables, y compris la rachianesthésie, qui doivent simplifier et améliorer la prise en charge de ces patients en ambulatoire.